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EAN : 9782849502501
157 pages
Éditeur : Syllepse (18/03/2010)
Résumé :
La mondialisation capitaliste met à mal les territoires politiques et "réféodalise" l'espace public. L'ordre libéral porté par la marchandisation promeut la "gouvernance" et les figures de l'égalité citoyenne et de la souveraineté populaire s'estompent. Une politique d'émancipation doit inventer de nouveaux territoires politiques et mettre en avant un universalisme démocratique qui s'oppose au retour du sacré et des ethnies. Pour en parler, Antoine Artous a choisi d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  29 décembre 2011
« … la citoyenneté moderne – comme procès de construction historique – renvoie d'abord au développement du suffrage universel et, à travers lui, à la définition de la souveraineté populaire. »
Je ne vais pas ici discuter des lectures d'Antoine Artous des différents auteurs cités. Je n'en ai pas la compétence. Mais il m'a semblé qu'au delà de ces analyses, ressortait, comme dans ses précédents livres, une lecture particulière de la politique comme moment séparé, comme modernité de la révolution bourgeoise/capitaliste, comme soubassement plausible des combats émancipateurs.
Je partage, au moins pour l'horizon historique pensable, que contrairement à une tradition marxiste, il s'agit d'un acquêt à défendre (et bien sûr à concrétiser encore et toujours) ici maintenant et demain contre d'autres théorisations visant à dissoudre le politique dans le social.
Ou pour le dire autrement, l'universel abstrait (les individus abstraitement égaux) travaillé et énoncé par la révolution française, me semble un authentique apport pour la pensée de l'émancipation « La référence à l'universel doit, au contraire, être pensée comme un procès d'universalisation qui, au-delà des différences, se construit entre autres, à travers les luttes pour l'égalité des droits. »
Universel abstrait, démocratie radicale et souveraineté sont au centre des analyses de ce livre, qui actualise les questionnements au travers la critique des effets de la mondialisation capitaliste aujourd'hui. « C'est un procès de dé-territorialisation/re-territoralisation de l'espace économique et politique mondial et de réorganisation hiérarchique de cet espace afin de mettre en oeuvre les politiques néolibérales. »
Antoine Artous nous parle des « conditions d'énoncé de la souveraineté populaire et de l'égale citoyenneté ». Pour un traitement historique de la question de la souveraineté populaire, je revois au beau livre de Sophie Wahnich : La longue patience du peuple, 1792. Naissance de la République (Editions Payot, Paris 2008). Je souligne par ailleurs que le terme même de souveraineté populaire n'est que rarement interrogé par les courants prônant l'émancipation. Cette question, et l'absence de référence à la souveraineté, était pourtant au centre de la critique de la constitution européenne.
L'auteur nous parle du suffrage universel, non comme simple extension sociologique du droit de vote mais comme procès d'universalisation des individus, présupposant à la fois « l'énoncé abstrait de l'égalité politico-juridique » saisissant les individus en dehors de toute détermination (sociale, de sexe, de ”race”…) et « construction d'un territoire spécifique » et « d'un pouvoir qui se dit public ; c'est à dire d'un pouvoir qui n'appartient à personne, ni à un individu, ni à un groupe social ».
Il s'agit là d'un débat théorique important qui ne saurait être réduit à l'opposition entre démocratie formelle et démocratie réelle ou entre démocratie représentative et démocratie directe.
Comme le souligne Antoine Artous, la question de l'émancipation politique dont parlait Marx reste toujours posée. « Non pas comme la simple défense d'acquis démocratiques issus de la période antérieure, en attendant un nouvel universalisme porté par le prolétariat – l'internationalisme prolétarien comme ordre politique universel – mais comme prise en charge du procès – sans fin, pourrait-on dire – d'universalisation portée par les exigences de l'énoncé de l'égalité citoyenne. Il faut donc inventer de nouveaux territoires politiques. »
Ou pour le dire autrement : « Il est nécessaire de reformuler un projet d'universalisme démocratique se situant dans une perspective de citoyenneté transnationale, ouverte sur les différences et d'un universalisme concret. »
Il resterait alors à discuter non seulement des forme possibles de citoyenneté transnationale, des modalités de développement de l'égalité citoyenne et aussi des mesures institutionnelles immédiates desserrant les carcans des discriminations contre celles et ceux considéré-e-s comme non universel-le-s (les femmes, les non-nationaux, les immigré-e-s, les minorités fantasmées ou réelles, etc…). Si l'auteur aborde les premières, sa critique des « actions positives » ne me semble pas aboutie.
Quoiqu'il en soit un livre qui ne contourne pas les difficultés et présente des argumentaires permettant des débats approfondis sur la démocratie, la citoyenneté et l'émancipation.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
dede   12 octobre 2011
Non pas comme la simple défense d’acquis démocratiques issus de la période antérieure, en attendant un nouvel universalisme porté par le prolétariat – l’internationalisme prolétarien comme ordre politique universel – mais comme prise en charge du procès – sans fin, pourrait-on dire – d’universalisation portée par les exigences de l’énoncé de l’égalité citoyenne. Il faut donc inventer de nouveaux territoires politiques.
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dede   12 octobre 2011
Il est nécessaire de reformuler un projet d’universalisme démocratique se situant dans une perspective de citoyenneté transnationale, ouverte sur les différences et d’un universalisme concret.
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dede   12 octobre 2011
… la citoyenneté moderne – comme procès de construction historique – renvoie d’abord au développement du suffrage universel et, à travers lui, à la définition de la souveraineté populaire
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dede   12 octobre 2011
C’est un procès de dé-territorialisation/re-territoralisation de l’espace économique et politique mondial et de réorganisation hiérarchique de cet espace afin de mettre en œuvre les politiques néolibérales.
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