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Critiques sur L'amant de Patagonie (47)
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nameless
  18 juillet 2017
Le 26.03.1880, Emily, 16 ans, orpheline, quitte son Ecosse natale pour la Terre de Feu, la Patagonie, pour devenir la gouvernante des enfants du pasteur d'Ouchouaya. Dès qu'elle accoste dans cette hostile contrée du bout du monde, Emily est frappée par les panoramas grandioses, sent s'établir en elle un pacte profond avec cette nature vierge et son climat extrême, sait d'instinct qu'elle est arrivée là où elle doit être. C'est là, dans ce Grand Sud encore inviolé, que l'Eglise anglicane envoie des pionniers, des colons, chargés d'évangéliser les "sauvages" qui y vivent depuis la nuit des temps. Parmi d'autres peuples primitifs, les indiens yamanas, sont des chasseurs-cueilleurs-pêcheurs.


Irrigué en profondeur par ses connaissances, son expérience et son respect, ce deuxième roman d'Isabelle Autissier est historique, ethnographique, écologique, tolérant, humaniste, mais il est avant tout un hymne à la nature, dans lequel elle incruste un magnifique et impossible amour entre Emily l'écossaise et Aneki le Yamana. Evitant un manichéisme facile, l'auteure décrit à la fois les rudes conditions de vie des tribus originelles dont les journées sont rythmées par la recherche de nourriture et la construction de huttes, les guérillas inter-ethniques, ainsi que celles des colons, qui ont souvent fui leurs vies misérables pour s'établir dans ce qui leur a été présenté comme un Eldorado. Les premiers sont finalement exterminés par les seconds, qui ont apporté dans les cales de leurs bateaux, des germes de maladies jusqu'alors inconnues des autochtones, de l'alcool, mais surtout des fusils.


Avec beaucoup de talent, Isabelle Autissier restitue des émotions fortes, imagine un monde idéal dans lequel des hommes et des femmes de toutes origines pourraient vivre en harmonie. Emily sert de trait d'union entre deux civilisations, deux cultures, entre lesquelles elle tente de jeter une fragile et utopique passerelle. Elle rêve de devenir Yamana, de partager leur science atavique, mais suffit-il de s'enfuir avec son amoureux dans la forêt, de se dénuder et de peinturlurer son corps pour effacer toute trace de son éducation ? Peut-on désapprendre ce que l'on sait ? Malgré tous les drames vécus, l'attachement à la Patagonie reste le plus fort pour Emily, qui, sa vie entière, se demande quelles sont les clés du destin qui l'ont amenée à venir vieillir à l'autre bout de la Terre.


Isabelle Autissier, marin et femme d'exception, est aussi un grand écrivain, qui m'a prise une fois de plus dans ses filets littéraires, après la découverte de Soudain, seuls, puis de Seule la mer s'en souviendra qui m'avaient déjà fait chavirer.
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joedi
  28 janvier 2016
Emily, jeune fille Ecossaise est orpheline de son père depuis peu mais de sa mère depuis sa naissance, celle-ci est morte en la mettant au monde ; Emily s'est toujours sentie responsable de la mort de sa maman. Son frère envoyé travailler chez des fermiers, Emily est confiée à un pasteur qui correspond avec un confrère émigré en Patagonie soucieux d'obtenir une aide ménagère pour son épouse. le révérend Mac Kay lui parle de ce courrier et, sans hésiter, elle se dit partante. le 26 mars 1880, Emily a seize ans, sa malle est chargée sur la diligence de Glasgow, en route vers le Nouveau Monde. Emily découvre les magnifiques paysages d'Ouchouaya, aujourd'hui devenu Ushuaia, tandis qu'elle trouve les autochtones hideux. Au fil des jours, sa première impression sur ces sauvages va se dissiper, elle apprend à les connaître, enseigne l'anglais aux enfants et trouve un interprète sympathique en Aneki qui l'initie à sa langue et aux coutumes des yamana. Contrairement à ses compatriotes qui traitent les autochtones en sauvages, Emily, jeune fille éprise de liberté, recherche leur compagnie et s'éprend d'Aneki ...
Isabelle Autissier, d'une belle écriture, offre de belles images de la Patagonie, raconte l'histoire de ce peuple décimé par les Blancs et offre à son lecteur un beau roman au titre de L'amant de Patagonie.
Isabelle Autissier, navigatrice, se révèle être une auteure de talent !
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le_Bison
  24 juin 2016
Le vent m'emporte aussi loin que le bout du monde. Les voiles font profil bas, la houle affiche sa fière, les vagues chevauchent le pont. le pied marin, l'âme patagonne, la mer me jette sur cette terre hostile. Dans toute sa splendeur, sa démesure. Des galets froids sur la grève, comme une ultime escale, la fin d'une errance, j'ose le silence. le ciel, le même mais pourtant si différent, la lumière qui s'y jette, la poussière qui s'y mêle. Comme une impression de déjà vu, la sensation d'y avoir vécu.

1880, Emily, jeune écossaise de 16 ans, s'embarque vers l'inconnu et débarque dans une lointaine contrée qui en ce temps-là s'écrivait Ouchouaya, pour servir non pas le Seigneur tout-puissant mais un pasteur venu évangéliser cette région du bout du monde perdue au-delà des caps et de la raison. Evangéliser pour les uns, coloniser pour les autres. Pour les blancs, le but est le même, parquer les indiens encore vivants, ceux qui n'ont pas encore été décimés par les armes ou les maladies.

Isabelle Autissier a laissé en cale son voilier pour prendre la plume du cormoran et conter les légendes et l'amour de Patagonie. Je sens son profond respect pour cette Terre de Feu. Elle a de nombreuses fois franchi ce cap ; probablement les escales de la vie l'ont emmené dans ces eaux froides et majestueuses. Elle écrit sur ces paysages ancestraux, une terre de toute beauté, le ciel qui éblouit la mer qui chante, sur ces indiens, yamanas, alakalufs, onas, que la civilisation occidentale a si rapidement mis à leurs pieds ou dans une fausse commune pour s'approprier des terre à parquer leurs moutons blancs, sur ces guanacos qui se font de plus en plus rares ou ces baleines qui brillent par leur absence subite. Isabelle connait ces terres, autant que Florent Pagny, et je vois sa plume comme un bel hommage à l'écrivain local Francisco Coloane. Ses passages naturalistes me font penser au grand « Tierra del Fuego », ses escales maritimes avec « le Petit Mousse », ses légendes indiennes à « El Guanaco ».

Emily, jeune femme forte, trouvera là-bas la paix qu'elle cherchait. Et l'amour aussi. Avec un sauvage, en plus. Ces indiens, sauvageons un jour, sauvageons toujours, comme dirait le pasteur. Mais avec l'amour, elle découvrira ce peuple, ces croyances, le drame. D'ailleurs les croyances ne sont pas faites pour être comprises, mais juste pour être acceptées, chaque peuple ayant son lot de mystère et d'étrangeté. Elle deviendra, une des leurs, éprise de dons, habitée par la magie, celle du ciel, celle de la terre, celle du feu qui transformera le coeur et l'âme d'une écossaise en patagonne jamais indienne, mais plus vraiment européenne.

Le drame prévisible, avec la colonisation blanche rien n'est imprévisible même l'invraisemblable, alors je ne suis pas surpris, juste chagriné parce que forcément, l'Histoire s'est déroulée ainsi. Des drames, l'homme blanc en est familier, surtout loin de ces terres, surtout en période d'évangélisation, excuse presque bidon pour assouvir simplement leur puissance et suprématie obtenue au bout d'une arme à feu. La route s'arrête devant l'océan dans l'aube tiède du levant… Je commence à comprendre…
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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viou1108
  25 octobre 2016
Challenge ABC 2016-2017

Il y a moins d'un an, j'embarquais mes godasses de rando, destination la Patagonie, Ushuaïa et le canal de Beagle, au bout du bout du monde.
Le 26 mars 1880, Emily, seize ans et orpheline, charge sa « petite malle sur la diligence de Glasgow, en route vers le Nouveau Monde ». Destination : Ouchouaya, à l'époque petite mission évangélisatrice composée de quelques catéchistes, implantée au milieu des Indiens Yamanas.
A l'arrivée, la foudre a frappé, tant pour moi que pour Emily. Les montagnes, la mer, les glaciers, les arbres pliés par le vent, la végétation rare mais tenace, les sommets enneigés, le soleil, la pluie, le ciel... On ne peut résister à cette beauté intimidante, parfois flamboyante, parfois glaciale, fascinante.
La comparaison s'arrête là, j'en suis revenue après trois semaines de voyage, Emily ne sait pas combien d'années elle y passera. Mais peu lui importe, avide de nature et d'indépendance, elle a choisi de se lancer dans cette aventure. Destinée au poste de gouvernante des enfants du pasteur d'Ouchouaya, elle découvre les Yamanas, les « sauvages », qu'elle trouve tout d'abord hideux. Ceux-ci se sont regroupés autour de la mission, travaillant pour les colons – pardon, les missionnaires, contre de la nourriture et des vêtements, quitte à abandonner leur mode de vie ancestral et à oublier leurs techniques de pêche. de cours d'anglais en distribution de chiffons, Emily apprend à connaître et à apprécier les Yamanas. Surtout Aneki. La foudre frappe à nouveau, mais l'histoire est impossible et s'achève inévitablement en drame.
Au-delà de cette histoire d'amour improbable, il s'agit surtout de la confrontation entre « état de nature » et « civilisation », qui tourne au profit de cette dernière. Avec ses bons sentiments, son « progrès », ses maladies, son alcool, sa surexploitation des ressources ou, au besoin, sa puissance de feu, elle anéantit les rares velléités de résistance des Yamanas, mais aussi des Onas ou des Alakalufs, aboutissant, en quelques décennies, à une extermination presque totale.
Désabusé, ce plaidoyer pour un respect de la Nature montre l'attachement de l'auteur pour cette mythique Terre de Feu, faite aussi d'eau et de vent, et ses doutes pour l'avenir d'Ushuaïa, « ville-pieuvre », qui repousse ses pauvres « en haut dans des taudis qui mitent les bois des collines ».
Il y a moins d'un an, je traînais mes godillots autour d'Ushuaïa, émue par les paysages grandioses, malgré les glaciers qui reculent et qui menacent l'approvisionnement en eau d'une ville qui ne cesse de s'étendre. Quel gâchis... Et comme il est étrange de lire que, pour les Yamanas, le blanc est la couleur du malheur...
Lien : https://voyagesaufildespages..
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nadiouchka
  01 juin 2018
Quand on aime voyager, il existe une région en Amérique du Sud, vraiment très attirante et mystérieuse, la Patagonie. D'ailleurs ce simple nom fait rêver. On la désigne comme « la région de tous les superlatifs » avec son cadre si particulier.

Isabelle Autissier, grande aventurière qui fut la première femme navigatrice à effectuer le tour du monde en solitaire (en 1991), est aussi une écrivaine que je suis particulièrement pour son courage et ses récits.
Mais cette fois, c'est un roman de fiction (son second roman) que j'ai à nouveau parcouru : « L'Amant de Patagonie". Si c'est une fiction, l'auteure se sert tout de même de ses expériences vécues et ici on peut dire que c'est une « Bienvenue au bout du monde » !

Nous sommes à la fin du dix-neuvième siècle (en 1880) et une jeune écossaise, Emily (seize ans) , débarque en terre inconnue, à Ushuaïa (anciennement Ouchouaya). Elle va y découvrir d'abord un climat extrême (un grand choc), la beauté de la nature sauvage. Encore bien innocente, elle va rencontrer un jeune indien, Aneki de la peuplade des Yamanas, habitants de cette région la plus australe du monde. C'est une population qui montra une grande puissance et un immense courage pour survivre dans cet univers de forêts enneigées, de mers démontées et de vents glacés.

Dans sa vie de « gouvernante » des enfants du révérend Bentley, c'est une violente passion qui étreint Emily jusqu'à fuguer avec Aneki. Mais jusqu'où tout cela va-t-il les mener ?

Isabelle Autissier a su écrire un bel hymne à la nature, faire montre de poésie dans les descriptions des paysages qu'elle a eu l'occasion de rencontrer pendant ses navigations. Elle nous transmet ainsi sa passion pour cette « Terre du bout du monde ». Mais elle s'est aussi faite l'interprète d'un dramatique roman d'amour ainsi que celle de l'impitoyable fin d'une ethnie.

Amour, drame, poésie, grand dépaysement, tout cela donne un joli petit ouvrage de cette grande femme aventurière qui démontre son talent aussi bien pour l'écriture de romans que pour des récits authentiques, ceux de ses aventures.

Comment ne pas aimer Isabelle Autissier pour qui « la mer est une émotion, mais aussi une connaissance ? ».

Je possède peut-être une dizaine de ses ouvrages et c'est toujours un réel bonheur de les relire et ici ce fut bien évidemment le cas.
A signaler qu'elle a reçu le Prix Maurice Genevoix en 2013 pour ce livre.

Une dernière notification, la critique de Lucie Cauwe (Le Soir) : « Un magnifique hommage à un pays qu'elle a découvert lors de ses courses en voilier, la lointaine mais vibrante Patagonie dont elle raconte le passé ».
Ainsi tout est dit et je vais passer certainement à un autre de ses récits.

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Josephine2
  27 avril 2017
Partez avec Emily, à l'autre bout de la terre, partez à la découverte d'un pays quasiment inconnu, vivez au milieu des indigènes de Patagonie, apprenez d'eux, laissez-vous porter par le vent, jouissez de la nature, rompez les amarres et tout ce que vous savez, laissez vous guider par Aneki…

Mais n'oubliez pas : « Ce qui doit être, sera » et le destin sera scellé.
Pas facile la vie que s'est choisie Emily, par la force des choses au départ, mais par amour ensuite, amour pour un pays, pour Ouchouaya, qui ne se démentira jamais. Même au plus fort de la tourmente.

Décidemment, c'est le deuxième roman que je lis d'Isabelle AUTISSIER et je suis toujours aussi séduite par son écriture et sa capacité à nous emmener dans son monde. A chaque fois, la nature est omniprésente. Mais aussi, la tendance de l'homme à la détruire pour acquérir encore plus ce dont il n'a pas forcément besoin.

J'ai mis 3,5 et non pas 3 étoiles !
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Palmyre
  18 mars 2013
Roman historique, d'aventure, d'amour, ce livre nous entraîne en Patagonie avec comme personnage principal Emily. Jeune fille orpheline envoyée en Amérique du Sud, sur une terre hostile qu'elle ne connaît pas. Elle va seconder la famille nombreuse d'un pasteur.
Dans cette contrée sauvage, elle fera la connaissance d'Aneki et du peuple indien. Elle tombera amoureuse de leur culture et du jeune indien. Rattrapée par la réalité, son rêve de liberté, de vie sauvage, va se heurter à un choc culturel, avec d'un côté un peuple blanc colonisateur et de l'autre les indiens avec leurs modes vie traditionnelles spécifiques.

Isabelle Autissier nous transporte littéralement en Patagonie à travers le personnage d'Emily dans lequel on peut facilement s'identifier. Jeune fille un peu sauvage qui aime et veut défendre la nature et ses convictions quitte à s'opposer au reste d'un peuple blanc conservateur et borné.
Elle est l'une de seules à s'intéresser à la culture indienne, à son fonctionnement. Elle apprend leur langue, s'intègre peu à peu à eux. Elle s'improvise même enseignante en apprenant l'anglais aux plus petits.

Au delà, d'un livre d'amour, j'y ai surtout retenu l'histoire d'un peuple massacré par la volonté des blancs d'imposer leurs idées, leurs religions et leurs modes de vie alors qu'il ne souhaitait rien d'autre que de continuer à vivre comme il l'avait toujours fait en respectant la nature.
D'où pour moi, ce sentiment d'énervement, on ne peut pas imposer systématiquement nos volontés, chacun devrait pouvoir rester libre de choisir.

Excellente découverte!
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Aela
  27 mai 2012
Je connaissais Isablle Autissier en tant que navigatrice mondialement connue.
Je la découvre aujourd'hui en tant qu'écrivain et je dirais même en tant qu'écrivain de talent.

Dans son dernier roman, elle nous entraîne dans les étendues sauvages et glacées de Patagonie, côté argentin.

Tous les ans, la célèbre navigatrice parcourt cette zone sauvage et s'est découvert une passion pour ce pays, tout spécialement pour cette zone des îles du Cap Horn et du détroit de Beagle, que j'ai eu la chance de parcourir aussi lors d'un voyage en Argentine il y a trois ans.

A travers l'histoire de Emily, jeune Ecossaise qui arrive en Patagonie en 1880 pour servir de gouvernante à une famille de pasteur, c'est aussi l'histoire de la rencontre entre les Blancs et les Amérindiens vivant dans cette région depuis des millénaires qui est racontée.

Une rencontre entre ces deux peuples qui a eu lieu depuis la moitié du 19ème siècle et qui ne se passe pas au mieux, c'est le moins que l'on puisse dire.

Chacun des deux peuples en présence, Blancs d'un côté et Amérindiens de l'autre (Yamanas, Alakalufs,Onas), trouve l'autre répugnant, laid, et "sauvage";

C'est dire à quel point le projet d'Emily de vivre avec Taneki, un autochtone yamana qu'elle vient de rencontrer, va révulser la communauté occidentale et tout spécialement les "clergy men".

Comment une femme Blanche pourrait épouser un de ces sauvages qui n'a pas d'âme et qui ne pourra pas lui offrir une existence chrétienne??

Voilà toute la mentalité occidentale de l'époque résumée en quelques lignes.

Isabelle Autissier restitue parfaitement les mentalités de l'époque et le "carcan mental" qui emprisonnait les jeunes femmes blanches de l'époque.

Emily va vivre sa passion avec le Yamana Taneki mais à quel prix!!
Rejet par les siens, vie de paria, remariage forcé avec un fils du pasteur lors de son veuvage d'avec Taneki...

Un livre magnifique, dur et âpre, à l'image de ce pays sublime.
Encore une fois on pleure cette rencontre ratée, entre Blancs et Amérindiens...
Une très belle oeuvre.
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raton-liseur
  13 janvier 2014
Depuis qu'Isabelle Autissier se fait écrivaine, elle s'aventure de plus en plus loin dans la fiction et de plus en plus loin à l'intérieur des terres. Après la biographie d'un marin célèbre, Kerguelen, le voyageur du pays de l'ombre, puis une fiction à partir d'un tragique évènement lors de la première course en solitaire autour du monde, Seule la mer s'en souviendra, son dernier roman n'a rien de maritime, mais si l'on n'est pas loin, dans le canal de Beagle et le premier village occidental qui deviendra Ushuaïa.
Je dois avouer que ni le titre ni le résumé ne m'auraient fait acheter ce livre si je n'avais pas beaucoup aimé le livre précédent d'Isabelle Autissier, Seule la mer s'en souviendra. Cela sentait trop l'histoire à l'eau de rose sur fond de pampa argentine mais je voulais espérer qu'Isabelle Autissier saurait sortir de ce piège… Et effectivement, même si je n'ai pas autant aimé que le livre précédent, c'est une lecture agréable et bien loin des clichés que l'on aurait pu craindre.
Emily est une jeune Ecossaise sans le sou qui arrive sans l'avoir véritablement planifié comme domestique (ou gouvernante si l'on veut s'imaginer encore dans la société policée de la campagne anglaise) chez un pasteur tentant de gagner à la foi le peuple Yamana. Mue par une curiosité supérieure à celle de ses coreligionnaires, elle s'attache à un Indien et décide, quelles qu'en soient les conséquences, de vivre en accord avec ses désirs et ses aspirations. Mais la vie ne sera pas la robinsonnade romantique qu'elle avait rêvée, et, elle devient vite le témoin d'un affrontement entre deux cultures entre lesquelles elle ne veut choisir.
La réflexion qu'Isabelle Autissier nous livre au travers de la pensée d'Emily est finalement assez inattendue, puisque c'est plus un constat amer et désabusé qu'une prise de position. le choc entre les deux cultures était inévitable, l'issue et la disparition de la culture autochtone aussi, et se battre pour la préserver n'avait peut-être aucun sens. En définitive, c'est la nature qui reste et qui est importante, la culture que l'homme développe sur ces terres ne change rien à la beauté des ciels et à la force du vent. Et Emily l'orpheline se révèle avant tout habitée du désir immense de trouver un endroit où elle se sente chez elle, un foyer en quelque sorte ; elle aurait aimé que les choses se passent différemment mais n'est pas certaine que cela soit possible, alors elle prend racine, malgré tout.

Même si l'écriture est parfois un peu maladroite, elle est rattrapée par les très belles descriptions des paysages qui font la part belle aux changements de lumière et aux sautes du vent. Je n'ai pu alors m'empêcher de me souvenir que l'auteure est navigatrice et qu'elle a croisé à de nombreuses reprises dans ces parages. L'attachement d'Emily à cette terre et à ces paysages est, je m'imagine, l'expression presque brute des sentiments que la navigatrice elle-même a pu alors ressentir.
En définitive, ce livre est une agréable lecture qui, sous couvert d'une histoire simple, amène le lecteur à réfléchir à ce que fut la colonisation hier et à ce qu'elle est aujourd'hui. le propos est toujours actuel, comme l'uniformisation des sociétés le laisse penser. Je ne sais si Emily est Isabelle Autissier, peut-être au moins en partie ; je ne sais si je suis Emily. Avec son caractère entier et un peu sauvage, on a bien envie de s'identifier à elle, mais je ne sais encore si je suis d'accord avec sa vision de ce qu'il s'est passé en Argentine et ailleurs au XIXème siècle. Un petit livre au titre fleur bleue mais qui fait encore tourner dans ma tête des questions irrésolues sur notre petit bout de terre.
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patriciajobe
  21 août 2018
J'ai été très étonnée de constater la différence de style entre L'Amant de Patagonie et Soudain, seuls que j'avais lu quelques semaines plus tôt.
J'avais apprécié l'intrigue du deuxième et la tension ressentie à la narration des conditions de survie des naufragés.
Mais la plume m'avait semblé un peu simple.
Par contre, dans L'Amant de Patagonie, Isabelle Autissier fait preuve d'une belle qualité d'écriture.
J'ignore si elle a navigué dans ces eaux de la Terre de Feu mais la manière dont elle en parle le laisse penser.

Elle nous conte là une histoire dramatique dans tous les sens du terme qui s'inscrit dans le triste tableau de la colonisation de ce qui devint l'Argentine.
Colonisation, avec son lot de mépris pour les peuplades autochtones et leurs coutumes.
Cette terrible arrogance des "gens bien pensant" envers des êtres aussi humains qu'eux et qu'ils considèrent pourtant comme des sauvages.

Agréable lecture !
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