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ISBN : 2895858160
Éditeur : Les Editeurs Réunis (31/08/2016)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Nicolas fait partie de l’équipe d’enquêteurs chargés de résoudre le mystère entourant le meurtre de deux jeunes hommes. Ceux-ci avaient un point en commun : ils étaient inscrits au site de rencontre liaison.com, par l’entremise duquel ils ont courtisé les deux mêmes femmes. Désigné comme agent double, Nicolas doit infiltrer ce réseau social afin d’entrer en contact avec les suspectes. C’est ainsi qu’il commence à fréquenter l’une d’elles, la charmante Kaïna, essayan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Cielvariable
  29 janvier 2017
J'ai été agréablement surprise par ma lecture de Liaison.com. Tout d'abord, c'est bien écrit. Ensuite, dès l'entrée en matière, on est déjà intéressé par l'intrigue et cela va en s'amplifiant au fur et à mesure qu'on avance dans le récit. Les personnages sont juste assez bien définis pour qu'on s'intéresse à eux, l'intrigue est très bien ficelée: impossible de découvrir le coupable avant la fin! J'ai dévoré le roman tellement j'avais hâte au dénouement!
En gros, c'est l'histoire d'un jeune policier qui doit faire de l'infiltration en s'inscrivant à un site Web de rencontres, car il a le profil de deux victimes d'un tueur en série. Ces victimes ont été en contact avec les deux mêmes femmes quelques jours avant leur mort, donc ces femmes et leur entourage deviennent des suspects. Déjà, c'est intéressant l'idée de l'infiltration et du jeu de rôle du jeune inspecteur, en plus ce dernier se fera prendre à son propre jeu en développant une grande attirance, puis de l'amour pour une des suspectes. C'est à ce moment que l'intrigue devient encore plus corsée, car le jeune homme baisse sa garde et on se demande si cette inclinaison sera mortelle pour lui étant donnés les enjeux! Je ne donnerai pas plus d'indices quant au récit, mais je peux dire que j'ai passé un très agréable moment de lecture et que je lirais des récits comme celui-là plus souvent.
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monparadisdeslivres
  12 février 2017
Une auteure que j'ai déjà eu l'occasion de lire. Et bien que je n'ai pas voulu poursuivre ma lecture des deux autres tomes de sa série Les 7 secrets de mon ex, j'ai tout de même été curieuse de savoir ce que l'auteure allait nous réserver dans cette nouvelle romance de tout autre genre.
Une agréable surprise.
Le meurtre de deux jeunes hommes conduisent un enquêteur en infiltration via un site de rencontres en ligne. Mais l'une de ses rencontres va le troubler au plus haut point. Il va se retrouver face à un dilemme qui pourrait nuire à l'enquête et le mettre en danger…
Un univers fort attrayant.
Une plume qui est fluide et prenante. Une intrigue qui est menée avec subtilité et qui est riche en rebondissements. Un ton vif. Un rythme soutenu. Aucun temps mort. Mais ce qu'il m'a vraiment plu c'est que l'auteure a su trouver l'équilibre parfait entre la romance et l'enquête policière. Des sentiments bien présents qui sont retranscrit avec aisance. Des scènes pleines d'ardeur pour notre plus grand plaisir. le plus surprenant c'est que l'on se prend facilement au jeu pour trouver l'identité du meurtrier. Et l'auteure arrive facilement à nous berner et à brouiller les pistes. Mais là où je fus stupéfaite c'est la révélation du coupable. Bien que j'ai trouvé cela un peu farfelu, je dois avouer que je ne l'ai pas du tout vu venir.
Que dire des personnages ?
Un duo explosif et attachant. Une narration à deux voies qui vous réservent bien des surprises. Nous tombons sous le charme de notre héros qui est très sexy. Et on aura quelques doutes concernant notre héroïne par rapport à certains faits.
Quand aux personnages secondaires certains sortent du lot. En particulier les amis de notre duo. Leurs présences viennent rajouter une petite touche de légèreté à l'intrigue.
En bref
"Liaison.com" est un Romantic Suspens qui a tout pour plaire avec le parfait mélange de Suspens, de Danger, d'Humour, de Passion et de Sensualité. Tout ce qu'il faut pour passer un très bon moment. Et je me demande ce que l'auteur va nous réserver dans la suite à venir avec l'histoire de Samuel et Corinne.
Lien : http://wp.me/p5AuT9-2rY
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Passion3
  19 septembre 2016
Je trippe!!!!!
Intrigue contemporaine! Propos croustillants.
Histoire bien ficelée dont il est difficile de deviner l'excellent dénouement.
Le style d'écriture de cette auteure est accrocheur, voire addictif!
On en veut encore!!!
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Val13390
  11 décembre 2017
Un style si ennuyeux que je n'ai pas réussi à accrocher à l'histoire ni à poursuivre la lecture au-delà des trente premières pages...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   05 février 2017
Kaïna

— Les filles, ne vous gênez pas pour vous resservir du punch !

Mon père vient de nous balancer cette invitation avant de traverser la porte coulissante. Je suis installée sur une causeuse extérieure, surplombée par un parasol gigantesque bourgogne à une des extrémités de la cour de la résidence que mes parents habitent depuis plus de trente ans. Une des rares maisons de la rue Chenaux où le lac des Deux-Montagnes est directement accessible. Tout comme celle où a grandi Corinne, à deux maisons de là et dont elle a hérité lorsque son père est décédé. Mon amie, appuyée sur la base du parasol, me fait face. Elle est dos au lac, ses cheveux blonds sont transpercés par les rayons du soleil, qui achève sa descente. Elle me fixe avec ses yeux bleus en amande tout en agitant doucement le contenu de son verre.

— Je pense qu’il y a plus de rhum que de jus là-dedans, avance Cori. C’est sûr que ta mère n’y a pas goûté ! Je souris face à cette affirmation des plus vraies. Ma mère, qui veut toujours garder le contrôle de tout ce qui se passe – entre autres ma vie –, n’est certainement pas au courant que le jugement de ses invités risque d’être sérieusement altéré avant le coucher du soleil.

— Bah ! C’est probablement une bonne nouvelle pour tout le monde. Si les gens sont ivres, ils seront moins ennuyés par le monologue historique de mon père sur les patriotes ! affirmé-je en plongeant ma main dans le bol de M&M’s, – mes friandises préférées – posé à mes côtés.

Chaque année, mes parents font un party pour souligner cette fête. Mon père se fait alors un honneur de rappeler les raisons à l’origine de ce jour férié, nommé différemment au Québec que dans le reste du Canada. Cependant, sa fierté patriotique n’a pas de portée politique, lui qui est parfaitement bilingue et a des amis autant anglophones que francophones.

Pour souligner cette fête, il organise toujours un feu d’artifice. Enfant, j’étais fascinée qu’il puisse déployer cette pyrotechnie dans notre propre cour. Aujourd’hui, même si la magie est moindre, j’aime encore voir des couleurs illuminer le ciel.

— À quelle heure Angie est-elle supposée se pointer ?

Je me penche pour soutirer mon téléphone de mon sac à main.

— Elle a texté, il y a exactement deux minutes, qu’elle arrivait. Donc je dirais dans 3, 2…

— Salut, les filles ! s’écrie Angélik en nous apercevant.

Ses cheveux roux cendré, qui tombent en cascade jusqu’au milieu de son dos, entourent son visage rond pourvu de yeux bruns rieurs. À l’âge de quinze ans, ma cousine, dont la couleur naturelle de cheveux est brune avec des reflets roux persistants, a décidé que le roux franc correspondait plus à sa personnalité. Depuis ce jour, elle se teint les cheveux d’un beau cuivre cendré.

— Angélik !

Sa mère, ma tante, vient d’interrompre son élan alors qu’Angie marchait de son pas gambadant typique vers nous. Ma cousine, qui se situe une dizaine de kilos au-dessus de ce que la norme sociale absurde exige, assume parfaitement bien son embonpoint. Elle nous fait signe du doigt de patienter une minute et tourne les talons. Je la vois se diriger vers le groupe d’adultes qui pullulent sur le terrain, autour du foyer en briques. Nous l’observons saluer toutes les personnes présentes.

Angélik, la plus jeune de nous trois, habitait avec sa famille dans une rue perpendiculaire à la mienne. Donc, bien qu’elle ait été ma cadette de deux ans – ce qui constitue un ravin chez les jeunes –, elle me suivait partout. Timide et manquant de confiance en elle, strictement à cause de ses rondeurs physiques qu’elle a toujours arborées, elle a heureusement décidé au milieu de l’adolescence de les accepter comme faisant partie de son style unique. Quant à Corinne, ma meilleure amie depuis l’école primaire, elle passait beaucoup de temps chez moi. Elle fuyait son père monoparental qui, malgré l’amour qu’il portait à sa fille, en portait encore plus à ses bouteilles de bière. Abandonnée volontairement par sa mère à l’âge de cinq ans, et moins délibérément par son père à vingt ans, elle aimait venir à la maison où elle vivait un semblant de vie familiale. Et sa présence m’offrait la possibilité d’imaginer ma vie si je n’avais pas été une fille unique surprotégée par ses parents.

Angélik revient vers nous.

— Tu as presque réussi à t’en sauver ! lance Cori.

— Presque ! admet-elle en riant. Mais ça ne me dérange pas comme toi !

— J’ai effectivement eu trop de becs à mon goût en arrivant ici ! grogne-t-elle.

Corinne est contre l’idée de donner des becs sur la joue à des gens qu’elle voit une fois par année. Cette femme splendide, qui a pratiqué le mannequinat pendant ses années d’études, préfère préserver sa « bulle » pour ses amis proches et s’amuser avec le corps des prétendants qu’elle choisit de laisser approcher, quoique son jeu de séduction est terminé depuis qu’elle s’est récemment fiancée. Si on considère sa difficulté à s’attacher réellement, cette annonce avait créé toute une surprise.

— J’ai vu que tu avais réussi à en esquiver quelques-uns, approuve Cori.

— Deux sur une quinzaine ! Ta moyenne a dû être meilleure ?

— Oh que oui ! confirme Corinne.

Angélik se laisse tomber à mes côtés sur la causeuse.

— J’ai une grosse nouvelle pour vous. Une mauvaise.

Cori vient se positionner face à elle tandis que je me redresse. L’intonation d’Angélik, habituellement pimpante, nous inquiète.

— Qu’est-ce qui se passe ? m’inquiété-je.

— Mon voisin ! lâche Angie avec un air déçu.

— Le pétard ? précise Cori.

Le troisième voisin d’Angélik est un beau spécimen que nous avons eu la chance de remarquer lors d’une des belles journées d’avril. Comme la plupart des Québécois, nous étions excitées par l’atteinte des premiers quinze degrés sous le soleil après un hiver froid qui nous avait confinées trop souvent dans nos demeures. Nous nous étions donc installées sur la terrasse de ma cousine pour siroter du vin. C’est alors que nous avions aperçu, de loin, ce nouveau voisin qui raclait son terrain. Il avait emménagé durant l’hiver. Depuis ce jour, Angélik avait réussi à lui parler, de façon anodine, à quelques reprises. Et selon ses comptes rendus fréquents, il n’y avait qu’une automobile dans l’entrée.

— Il a une blonde et l’a baisée toute la soirée sur son balcon ? hasarde Corinne.

Angie fait une moue avant de s’exprimer.

— Il est mort.

Corinne et moi sommes sidérées, muettes quelques secondes.

— Tu en es sûre ? vérifié-je.

— Quand je suis sortie ce matin, il y avait une flopée de policiers autour de sa maison. J’ai ralenti en me rendant à ma voiture. Instinctivement, je me suis mise à marcher vers chez lui. Un des enquêteurs m’a remarquée.

— Beau ? questionne Cori d’un ton méthodique.

— Pas pire, mais pas comme dans les films. Dans la vraie vie, il ne semble pas y avoir de casting pour choisir les mâles qui effectuent ce genre de travail. Il m’a confirmé que la victime, dont la description physique correspond parfaitement à mon voisin, vivait seule.

— Donc il était célibataire ! Et il est mort ! Quel gâchis ! s’insurge Cori.

L’intensité de sa réaction est déstabilisante.

— Euh… Cori, dis-je, tu te souviens que tu as un chum ?

— Ouais. Je sais.

Angie et moi échangeons un regard inquiet.

— Tu as quelque chose à nous dire, Cori ? demande Angélik.

— Rien d’aussi frappant qu’un mort dans mon voisinage. Alors, est-ce qu’il y a encore de l’action autour de sa maison ?

— Non. Après avoir parlé avec l’enquêteur, qui voulait savoir si j’avais été témoin d’anormalités dans le coin dernièrement, je suis passée à mon bureau. J’y ai travaillé environ deux heures. Puis quand je suis revenue chez moi, je l’ai vu.

— Ton voisin ? demande Corinne, l’air ailleurs.— Il est mort, Cori ! rappelle Angélik.

— Ah oui ! Désolée, c’est un réflexe. Je suis habituée que tu nous parles de lui vivant.

— J’ai vu la civière, sur laquelle il y avait un sac noir.

— Ça, c’est comme dans les films ! affirme Cori.

— Mais tu ne l’as pas vu, donc tu ne peux pas être certaine que c’est lui, renchéris-je.

— Kaïna ! Un gars, qui habitait seul dans cette maison, est mort. Les chances que ça soit le beau mec, que j’ai vu des dizaines de fois à cet endroit, sont assez élevées. Tu ne crois pas ?

— Ça peut être un autre, soulevé-je, perdue dans mes pensées.

— Il était juste trop beau pour mourir. Ce n’est pas juste ! se plaint Cori.

Angélik alterne rapidement son regard entre mon amie et moi.

— Vous savez que vous avez vraiment des réactions bizarres ! C’est moi qui devrais être la plus affectée par cette histoire.

— Ah oui, pourquoi ? demande Cori d’un air suspicieux.

— Parce que c’est moi qui ai vécu tout ce scénario macabre. Mais toi, dit-elle en me pointant du doigt, tu sembles vouloir voguer dans le déni, tandis que toi – elle désigne maintenant Cori –, tu parais beaucoup trop intéressée aux hommes pour une fille qui va se marier.

— J’annule le mariage, lâche Corinne.

Cette nouvelle ne me surprend pas. C’est l’annonce des fiançailles qui m’avait étonnée puisque Cori est incapable de s’attacher à quelqu’un. Par contre, Angélik semble totalement consternée. Sa mâchoire ne présente plus aucun tonus et ses yeux s’écarquillent. Elle voulait croire que Corinne avait enfin trouvé un homme qui pouvait la combler à long terme.

— Tu annules ? Tu as annulé ou tu annuleras ? demandé-je d’un ton pragmatique.

— Futur simple, répond mon amie.

— Merde, les filles ! On n’est pas dans un cours de grammaire ! On parle du mariage qui doit avoir lieu dans deux mois, s’exclame ma cousine.

— Devait ! rectifié-je. À ce moment-ci, tu aurais dû utiliser l’imparfait.

— Je me fous des temps de verbes ! Corinne ne s’est pas mariée, ne se marie pas et ne se mariera pas ! L’important, c’est de savoir pourquoi ! réussit-elle à articuler en regardant Cori.
— Parce que tu ne l’aimes pas ? deviné-je en portant mon attention sur la fiancée.

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CielvariableCielvariable   05 février 2017
Dimanche 17 mai

Nicolas

— Salut, mamou ! crié-je en franchissant la porte d’entrée de la maison voisine de la mienne.

— Je suis dans le bureau, répond-elle.

Je délace mes chaussures de randonnée et me dirige vers la première pièce à droite. En y pénétrant, j’y vois ma grand-mère concentrée devant l’écran d’ordinateur installé sur un meuble massif en acajou. Jeffrey, mon frère cadet, se tient debout derrière elle. Je lui lance une tortilla, enveloppée dans une pellicule plastique. Il l’attrape sans difficulté et me jette un regard inquisiteur.

— Je t’en ai fait une en préparant la mienne. Ça fera changement de tes déjeuners « muffin du commerce et Gatorade » !

Jeff examine l’aliment.

— Tortilla banane et beurre d’arachide, décris-je. Ton estomac devrait reconnaître les ingrédients.

Sa bouche s’étire légèrement en un début de sourire tandis qu’il s’attaque à déballer son repas.

— Viens voir et dis-moi ce que tu en penses, Nicolas, demande ma grand-mère.

J’avance dans cette pièce où le boisé extérieur, visible par une large fenêtre qui a pratiquement la même hauteur que la pièce, constitue le décor principal. Je me positionne derrière mamou. La photo d’un homme remplit le moniteur.

— C’est qui ?

— Roger ! répond-elle en roulant le R. Il a soixante-quatre ans et il est intéressé par une relation stable. Il recherche une femme mûre qui aime marcher, danser, cajoler des chats et partager des bons repas.

— Et comment sais-tu tout cela ?

— Je suis sur un site de rencontre. Roger et moi sommes un match parfait !

— Tu es inscrite sur un site de rencontre ? m’écrié-je. Mamou ! Réalises-tu ce qu’ils veulent, ces hommes-là ? Ils ne veulent pas danser le tango ni flatter des chats !

Jeffrey me fait un sourire complice. Il retient certainement la vulgarité qui aurait été facile à formuler en reliant les chats aux chattes.

— J’espère qu’ils ne veulent pas danser le tango ! s’exclame ma grand-mère. Ce n’est pas ce qui m’intéresse non plus ! Quoique, s’ils se déhanchent bien en le dansant, ça peut être un bon indicateur pour la suite.

— Ouache ! Dis quelque chose, supplié-je mon frère qui a gardé le silence depuis mon arrivée.
— Elle est super bonne, ta tortilla, admet-il avant d’en croquer un autre bout.

Je le fusille des yeux avant de reporter mon attention sur ma grand-mère.

— Mamou, tu ne peux pas faire ça. Ça n’a juste pas de sens. Et pourquoi tu le prendrais dix ans plus jeune que toi ?

— Parce que ceux de mon âge sont déjà sur le déclin. J’ai besoin d’en avoir un qui saura suivre mon rythme. Un homme fringant ! explique-t-elle avec un sourire coquin.

Je regarde de nouveau l’image de cet homme que je vois comme un prédateur pour ma grand-mère.

— Il dit qu’il recherche une femme mûre. Pourquoi, selon toi ?

J’imagine déjà cet homme vouloir s’en prendre à l’argent des dames âgées.

— Parce qu’il veut une femme d’expérience, voyons ! J’ai la chance d’être encore en pleine forme. Je dois en profiter au maximum et utiliser toute ma tuyauterie avant qu’elle rouille !

Je lâche un soupir de découragement.

— Je suis justement venu ici pour réparer des tuyaux qui, eux, semblent moins bien fonctionner. Pour préserver ma santé mentale, je vais me concentrer là-dessus. C’est la douche en haut qui coule ?

— Oui, c’est la douche qui coule.

Ma grand-mère me fait un grand sourire rempli de sous-entendus.

Je quitte la pièce en tentant d’éliminer les images qui m’envahissent. Arrivé dans la salle de bain à l’étage, j’examine le pommeau de douche.

— Je suis surpris de ne pas te voir l’oreille collée à ton cellulaire pour entamer des recherches sur Roger ! lance mon frère qui vient de faire irruption derrière moi.

— Je n’ai pas son nom de famille, admets-je en regardant brièvement Jeff.

Il hoche la tête, avec un air sceptique.

— Mais demain, au bureau, je vais faire une recherche approfondie.

— Tu n’as que son prénom et son âge, soulève-t-il.

— Et sa photo.

— Bon point.

— Donc, c’est quoi le problème ici ?

Mon frère m’explique qu’une fuite d’eau semble provenir de l’arrière de la douche. Nous nous attelons à la tâche en commençant par faire un trou dans le mur pour nous rendre à l’endroit stratégique et identifier le tuyau défectueux.

Jeff et moi habitons de chaque côté de cette maison dans laquelle ma grand-mère a emménagé, il y a près de deux ans, à la suite du décès de mon père. Mes parents en avaient été les premiers propriétaires il y a plus de six ans. Ils avaient acheté les deux terrains adjacents, pour s’assurer de l’absence de voisins. Mais la vraie raison, qu’ils laissaient filtrer subtilement de temps à autre, était qu’ils espéraient un jour voir leurs fils acquérir ces terrains pour y construire leur propre maison ou leur chalet d’été. Cependant, ma mère, foudroyée par un cancer, n’avait eu le bonheur d’habiter qu’une seule année dans cette rue parfaitement isolée. Nos trois maisons, situées au bout d’une allée qui rejoint l’unique rue de L’Île-Cadieux, sont entourées d’arbres et bordées par le lac des Deux-Montagnes à l’arrière.

Jeff et moi avons construit nos résidences simultanément, il y a plus d’un an. Comme mon frère est entrepreneur – métier qu’il a assimilé en raison des nombreuses réparations que nous devions effectuer en conséquence directe de nos coups pendables dans notre jeunesse –, nous avons décidé d’unir nos forces pour ériger en même temps nos habitations. Nous avons donc réalisé le rêve de nos parents. Trop tard pour qu’ils le vivent.

Près de deux heures après avoir trouvé et réparé le problème, mon frère colmate le trou dans le mur.

— Je viendrai donner un coup de pinceau demain, proposé-je. J’imagine que tu travailleras ?

— Ouais ! La Journée nationale des Patriotes, je la célèbre en paradant sur les chantiers.

Nous regagnons le rez-de-chaussée les mains remplies des matériaux que nous avons montés au fur et à mesure que le travail le demandait. L’odeur de la cannelle, qui envahissait l’étage, est plus soutenue durant notre descente de l’escalier.

— Je vous attends dans la cuisine. Je vous ai préparé des brioches, annonce mamou.

— Parfait ! Tu peux toutes les garder pour moi. Nic aura trop peur de voir un bourrelet apparaître sur sa taille de guêpe pour y goûter !

Avec la spatule encore légèrement recouverte de plâtre, je lui assène un coup sur l’épaule. Sa chemise bleue à carreaux en est enduite.

— Fais attention à tes paroles, la guêpe peut piquer fort !

— Hé, ma chemise ! s’écrie-t-il en me poussant.
Comme j’ai les mains pleines, je ne peux pas amortir le choc de mon corps qui cogne fortement contre le mur près de l’escalier.

— N’avez-vous rien de mieux à faire que de créer des nouvelles façons de rénover ma maison ? lance ma grand-mère de la cuisine.

Nous déposons tous les matériaux sur le palier extérieur devant la porte d’entrée. Puis nous nous dirigeons vers la source de cette odeur enivrante.

Je prends place, à côté de mon frère, sur un des tabourets dans la cuisine de mamou. Installés comme deux gamins au comptoir, nous dégustons ses brioches sous son regard scrutateur.

J’attends. Je sais qu’elle meurt d’envie de nous informer de quelque chose. Si je garde le silence, elle se lancera. Exactement comme les suspects que j’interroge et qui flanchent sous la pression du silence.

— Roger vient souper ici ce soir.

La brioche, que je portais à ma bouche pour la troisième fois, vient d’être stoppée net dans son élan à moins de cinq centimètres de son objectif. Du coin de l’œil, j’aperçois Jeff qui soulève les sourcils en signe de surprise. Je me tourne vers lui.

— On a passé deux heures ou deux jours en haut ?

Il sourit.

— Je vous ai dit tantôt que je n’avais pas de temps à perdre. Ça fait déjà plusieurs mois que je cherche un homme sur ce site. J’ai vite appris à reconnaître les imbéciles ! Roger s’est inscrit récemment. En plus d’être bel homme, il a du jugement et de la culture. Aussi bien savoir tout de suite s’il a du potentiel.

Je dépose la brioche lentement dans mon assiette.

— De votre côté, avez-vous des plans pour la journée ? Une jolie demoiselle, peut-être ? suggère-t-elle.

— J’ai un excellent plan. Celui de rester assis chez moi, dans l’entrée, avec des jumelles. Toi, Jeff ?

— Même chose, mais dans la cour arrière. Les oiseaux y sont magnifiques.

— Oui, surtout les moineaux de soixante-quatre ans qui volent très bas. Tellement bas qu’on pourrait leur couper une aile, poursuivis-je en regardant seulement mon cadet.

— Ou la queue, propose-t-il.

— Aussi !

— Ça suffit, les gars ! s’interpose mamou. Je vous rappelle que je ne suis pas une jeune écervelée de douze ans qui rencontre un présumé pédophile sur Internet. Acheterque Sam m’a envoyée par texto. La petite maison entièrement recouverte de vinyle blanc est située sur la route 338, en face du lac Saint-Louis. J’aperçois Samuel qui sort de la modeste résidence. Je m’extrais de mon auto et me dirige vers lui.

— Qu’est-ce qu’on a ? questionné-je.

— Homme blanc, âgé de trente-trois ans, qui a vraisemblablement été assassiné.

— D’une mort que je n’aimerais pas avoir, ajoute Mathieu, l’autre inspecteur dans notre équipe.

— Parce qu’il y en a une qui te tente, Mat ? lancé-je.

— Dans mon sommeil, bien bandé, en rêvant d’une femme qui me chevauche, définit-il.

— Parce que tu peux juste y rêver ?

— Après quatorze ans de mariage, l’acte sexuel est pas mal plus fréquent en rêve qu’en réalité !

— Et comment est-il mort ? m’intéressé-je.

— Le médecin légiste nous confirmera la cause exacte. Mais viens voir, m’invite Sam.

J’examine les alentours en m’avançant lentement vers la maison. Des agents de police montent la garde à l’extérieur alors que des curieux ralentissent leur véhicule pour observer ce qui se passe. Une banderole jaune interdisant l’accès aux lieux a été déroulée. L’ambulance est stationnée, en attente de recevoir notre
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CielvariableCielvariable   04 mars 2018
Kaïna

Je me réveille dans la pièce qui était ma chambre dans la demeure familiale. Transformée en chambre d’amis lorsque j’ai annoncé à mes parents que je resterais à Québec à la fin de mes études, elle est décorée dans les tons de beige et olive. Ma mère m’ayant téléphoné au travail hier matin pour connaître mes plans du week-end, je l’ai informée du dégât d’eau qui avait eu lieu chez moi. À partir du moment où cette information est sortie de ma bouche, je l’ai regretté. Car mes parents, retraités et trop aimants, ont débarqué à mon bloc résidentiel sans que je le sache et ont géré le chantier en cours. C’est ce qui m’a été rapporté par le concierge lorsque je suis passée chez moi à la fin de ma journée de travail pour évaluer mes chances de réintégrer mon logement. Il était très fier, car mon père avait rabroué assez vivement la voisine aigrie venue se plaindre à eux.

Je m’étire en considérant que, malgré le désir parfois un peu trop accaparant de mes parents d’être présents dans ma vie, il y a de bons côtés. Car mon condo sera prêt, dans son état original, en fin d’après-midi. Je n’aurai donc pas à chercher un autre endroit où dormir ni à vivre dans les rénovations. Mon père s’est chargé de trouver une équipe pour installer un plancher de bois franc pré-verni dès aujourd’hui. Mais je ne suis pas dupe. Je sais bien que ces hommes devaient avoir un autre contrat à rendre, surtout à cette période de l’année, mais qu’ils ont été attirés par le montant astronomique que mon père a dû leur offrir. C’est dans des situations comme celle-ci que j’apprécie leur dévouement inconditionnel. Même si la méthode est quelque peu contestable.
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CielvariableCielvariable   04 mars 2018
Nicolas

Je me réveille au son de Beautiful Now. Je sens un mouvement qui m’oblige à bouger mon bras. C’est Kaïna. Elle a baissé le volume, qui montait graduellement de son iPod qu’elle utilise vraisemblablement comme réveille-matin.

— Bonjour, réussis-je à dire d’une voix rauque.

— Salut, toi.

Elle s’assoit sur le bord du lit.

— Toi ? repris-je. As-tu oublié mon prénom ?

— Ton prénom ? Bien sûr que non… Normand ? Naïme ? tente-t-elle avec un air espiègle.

J’essaie de la faire basculer sur le lit, mais elle réussit à se défaire de ma prise. Elle court vers la salle de bain.

— Désolée, mais je dois me préparer !
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