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Céline-Albin Faivre (Éditeur scientifique)
EAN : 9782843623097
299 pages
Terre de brume (28/09/2006)
4.43/5   29 notes
Résumé :
Ce roman est inédit en France. Un seul fragment de ce récit, les cinq chapitres centraux consacrés à Peter Pan, a été publié, il y a quelques années, sous le titre Peter Pan dans les Jardins de Kensington. La démarche n'est pas tout à fait illégitime, si l'on considère que Barrie lui-même les édita sous cette forme. Toutefois, cela sous-entendrait que Peter Pan est l'amande de ce roman et que le reste - soit vingt et un chapitres - n'est que coquille. Rien de plus f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Le petit oiseau blanc existe en plusieurs instants et revêt plusieurs formes. C'est bien sûr le titre du roman tenu entre nos mains. Un homme, le capitaine W., fait le récit d'une histoire. Observateur des choses, des humains et de ses propres rêves. Il s'adresse au lecteur comme le ferait un metteur en scène. Mais il brouille les pistes, les identités. le narrateur parle d'un certain David. Au début, celui-ci est un oiseau, comme le sont tous les enfants avant leur naissance. Ensuite, l'auteur "organise", en quelque sorte, le mariage d'une femme admirée et aimée, plus jeune que lui, et autour de laquelle il va tenter d'exister. La famille est voisine. David devient un bébé. le capitaine W. s'immisce dans l'espace vacant au milieu de ces êtres dont il est le témoin depuis ses fenêtres. Il se voit accorder le privilège d'accompagner David dans des promenades qui aboutissent toutes aux portes des Jardins de Kensington, là où réside Peter Pan depuis son évasion.

A partir de ce moment, l'histoire se concentre sur les lieux et les personnages du jardin. Autour du bassin rond qui trône au centre du jardin, circulent les enfants sages ou espiègles avant de céder la place aux créatures de la nuit, après la fermeture. Les deux sociétés ne doivent jamais se rencontrer. Mais rien n'est impossible sous la plume de Barrie.

Le capitaine W. et David inventent les aventures fantastiques dans lesquelles ils jouent les premiers rôles et où se glissent parfois de nouveaux personnages, réels ou imaginaires. David grandit, il va avoir 8 ans et bientôt, il devra quitter les jardins et l'enfance et apprendre à être grand. Bientôt il aura une soeur, ou un frère. Il avoue au capitaine W., qu'il appelle "père", que sa mère nourrit l'intention d'écrire un livre qui aura pour titre "le petit oiseau blanc". Au lieu de cela, elle conçoit une fille.

Le capitaine W. décide alors d'écrire le livre à sa place, de lui offrir, souligné d'une émouvante dédicace. Ce livre, nous le tenons entre nos mains. La boucle est fermée. Chaînon fulgurant d'un amour assez fort pour rester secret. Matérialisation de l'ombre d'un désir, ou d'un désir qui sort de l'ombre. Comment savoir ? Car Barrie illustre dans ce roman sa vie à lui, ses sentiments. Tout est dit.

*******************

Il est des livres impossibles à commencer. Non pas qu'ils soient hermétiques ou pires inintéressants. Non, ce qui m'a retenue quelques temps est plus délicat. C'est une sorte de vénération de ce livre estimé avant la lecture. Il est là, et je n'ose l'entreprendre. Il faut attendre le moment déclencheur, comme un départ à perdre haleine. Patiemment. Parce que l'échauffement doit parfois être lent. Lenteur désirée inconsciente. Préface en tour de piste recommencé à épuisement. Encore et encore.
…il vola tout droit jusqu'à la fenêtre, qui était toujours ouverte pour lui. Mais la fenêtre était fermée et il y avait des barreaux et, à travers eux, il vit sa mère qui dormait paisiblement, les bras enlacés autour d'un autre petit garçon.
Avant ce livre je n'avais jamais prétendu m'intéresser au nom du traducteur, imaginant que n'importe quel érudit maîtrisant la langue originale de l'auteur fabriquerait de manière égale le livre considéré. On pourra bien sûr me taxer de délit d'initiée parce que je ressens un profond attachement à la traductrice, cependant, elle ignore encore au moment où je rédige ce billet, ce que j'ai pensé du livre et n'a certes pas besoin de mon avis pour savoir à quel point Barrie est un auteur d'exception. Céline-Albin Faivre connaît l'univers de l'auteur, qui se développe autour de l'auteur lui-même, auquel elle voue une très grande affection, au point d'avoir l'énergie de lui consacrer un site délicatement présenté, rédigé dans une prose qui n'appartient qu'à elle et qui est sa signature, et c'est ce qui rend la lecture encore plus sincère.
... il n'y a pas de seconde chance, pas de seconde chance pour la plupart d'entre nous. Quand nous atteignons la fenêtre, l'Heure de la Fermeture a sonné. Les barreaux en fer sont mis pour la vie.
Certains passages m'ont émus jusqu'aux larmes. Je suis sûre qu'il n'en aurait pas été de même avec une autre traduction, sans pouvoir me l'expliquer. Car il y a de l'âme qui passe au moment de choisir le mot. Un transfert imperceptible, une rencontre irrationnelle, semblable à la trajectoire suivie par deux oiseaux qui s'envolent de deux terres séparées et glissent au gré des vents avant de se rencontrer. Frôlant leurs ailes, produisant une diffraction de mille couleurs en un arc hyperbolique, arc en ciel généreux d'une osmose intemporelle. Un dernier regard avant de repartir chacun dans son univers, son époque, vibrant hommage d'un chaste attachement.

Pour en savoir plus, sur la richesse de l'univers de Barrie, sa vie et ses élans, je vous conseille la préface de ce livre, intensément riche de détails, images et références.
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Le Petit Oiseau Blanc annonce Peter Pan son oeuvre emblématique. Mais le Peter Pan du Petit oiseau blanc n'est pas le même du roman et de la pièce de théâtre. Dans ce livre là, le réel (la vie de James Matthew Barrie) se mélange à la fiction. Les effets de miroir sont nombreux. La féerie, l'imaginaire, le jardin de Kesington sont les éléments principaux que je retiens de ma lecture.
Le capitaine W aime se promener en compagnie de son chien Porthos dans les jardins de Kensington. Il fait la connaissance de David un petit garçon dont la maman se prénomme Marie. David est un personnage fictif mais David est le prénom ne sont frère mort à l'âge de 13 ans. C'est le jeune ami de l'auteur le capitaine W. Mary est la mère de David elle donnera naissance à Barbara la soeur de David.
Dans le réel Mary s'est Mary Ansel la femme de Barrie, mais c'est aussi Sylvia Llewelyn Davies la mère de Georges qui a influencé le personnage de David.
Le narrateur s'est inventé un enfant Timothy. le thème de la maternité est présent dans ce livre, la question de l'enfantement, le monde perdu celui de l'enfance.
Le blanc symbolise la pureté, mais c'est la couleur des tulipes blanches (le berceau des fées et des oiseaux dans lesquels sont nés les enfants). Ce livre est étrange, et attachant à la fois, intéressant. Mais ma lecture a du mal à se fixer, elle est décousue, par bribes, du mal à suivre. le réel est mélangé à la féerie : Fiction et réalité sont mêlées, mélange du naturel et du surnaturel. de belles images : les enfants nés dans les oiseaux blancs.

Lien : http://livresdemalice.blogsp..
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Quand j'ai appris, un peu par hasard, en découvrant le magnifique JIACO d'Holly (ici) consacré à James Matthew Barrie, qu'elle avait mis la dernière touche à son édition française du« Petit oiseau blanc » (traduction, mais aussi introduction et notes), j'ai aussitôt fondue, oserais-je dire à tire d'ailes pour le dénicher chez mon libraire préféré. Il est resté quelque temps dans ma PAL à me faire de l'oeil, je le regardais de côté, bien intriguée… Je ne connaissais pas encore Barrie, à peine Peter Pan, surtout celui de Walt Disney, ce qui n'est pas une référence…

Et me voilà ensorcelée par ce livre « hors norme », intemporel, où le lecteur navigue à vue dans un monde poétique teinté de merveilleux, entre rêve et réalité, une bonne dose d'humour et une certaine mélancolie.
« Il s'agit d'une fantaisie quotidienne, d'un exercice d'équilibre entre le réel et le rêve : lire Barrie, c'est partir ailleurs. Je ne sais où, mais ailleurs, Never Land, le pays du Jamais. » écrit Céline-Albin Faivre dans son introduction.
L'histoire est suffisamment complexe (d'ailleurs on pourrait parler d'histoires dans l'histoire, de petites boites dans la petite boite) pour que je ne la résume pas – impossible de le faire sans l'abîmer, la déflorer.
Quelques indices…
(......)
Lien : http://lily-et-ses-livres.bl..
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Un récit sublime, vraiment très touchant, mélancolique mais parsemé de quelques touches d'humour, et mené d'une plume de maître.
Comme il est dit dans le résumé, on se surprend à se sentir coupable et voyeur de le lire tant on a l'impression que l'auteur couche son âme sur le papier. On ne sait où commence le narrateur fictif et où finit J.M. Barrie.
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Fair winds Peter!
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Peter cria « Mère ! Mère ! » Mais elle ne l’entendit pas. En vain, il frappa avec ses petits bras contre les barreaux en fer. Il dut retourner en pleurant aux Jardins et il ne revit jamais plus son adorée. Quel glorieux enfant avait-il eut l’intention d’être pour elle ! Ah, Peter, nous qui avons commis de graves erreurs, comme nous agirions différemment si nous avions une seconde chance ! Mais Salomon avait raison : il n’y a pas de seconde chance, pas de seconde chance pour la plupart d’entre nous. Quand nous atteignons la fenêtre, l’Heure de la Fermeture a sonné. Les barreaux en fer sont mis pour la vie.
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…il vola tout droit jusqu'à la fenêtre, qui était toujours ouverte pour lui. Mais la fenêtre était fermée et il y avait des barreaux et, à travers eux, il vit sa mère qui dormait paisiblement, les bras enlacés autour d'un autre petit garçon.
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Les seuls fantômes qui se glissent dans notre monde sont de jeunes mères décédées qui reviennent voir comment se portent leurs enfants ? Il n’y a pas de motivation assez forte pour ramener ceux qui sont partis. Elles entrent sans bruit dans la chambre bien connue, quand, de jour et de nuit, les geôliers sont occupés. Elles murmurent : « Comment vas-tu mon enfant ? ». Mais, toujours, de crainte qu’un visage étranger ne l’effraie, elles murmurent si doucement qu’il ne peut entendre. Elles se penchent sur lui pour voir s’il dort paisiblement, et replacent son bras mignon sous la couverture, puis ouvrent les tiroirs afin de compter combien de petites vestes il possède. Elles aimeraient faire ce genre de choses.
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Cependant, maintenant que le moment était arrivé, je n'étais pas disposé à le laisser partir. Il me semblait me souvenir l'avoir porté ce soir-là (celui qui précéda le coucher du soleil, qui devait l'emporter) à la fenêtre avec une tendresse inhabituelle et lui dire avec une amertume non forcée qu'il devait me quitter parce qu'un autre enfant avait besoin de toutes ces jolies choses. Et, alors que le soleil son véritable père, le prit dans ses bras dansants, il envoya son amour à une dame qui depuis longtemps l'appelait par les noms les plus tendres, ne sachant pas dans son innocence que les petits oiseaux blancs sont les oiseaux qui n'ont jamais eu de mère.
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C’est la raison pour laquelle il y a des barreaux aux fenêtres des nurseries et un pare-feu : les très petites personnes oublient quelquefois qu’elles n’ont plus d’ailes et essaient de s’envoler par la fenêtre ou par la cheminée.
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Vidéo de J. M. Barrie
Bande annonce de Finding Neverland (2005) qui relate la genèse de Peter Pan.
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