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EAN : 9782330012977
128 pages
Actes Sud (03/10/2012)
3.68/5   14 notes
Résumé :
Dans un glen enneigé des Highlands, le pasteur Adam Yestreen croise la trajectoire d’un être chimérique, Miss Julie Logan… Initialement publié dans le Times la veille de Noël 1931, un conte d’hiver fantastique, délicatement angoissant, qui égrène tous les motifs chers à l’auteur de Peter Pan : l’ambiguïté du rêve, le pouvoir de l’imaginaire, le monde secret et clos de la jeunesse à jamais perdue.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Dans ce journal d'un pasteur de campagne - pour parodier Bernanos- qui exerce son métier dans un glen perdu au fond de l'Ecosse et tombe amoureux d'une étrange et belle jeune femme, le lecteur ne sait plus très bien ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas tant Barrie nous fait passer de la réalité au fantastique avec une grande habileté, jonglant avec les apparences, les suppositions, les superstitions, les peurs et les croyances, les réalités historiques et les brumes d'un présent aussi réel qu'incertain.
Bref Barrie créé à partir de vieilles légendes un monde où le héros devient fou sans l'être totalement et retrouve la raison sans renoncer à sa folie. Dans ce texte très court Barrie dénonce impitoyablement la tyrannie des convenances, celle de la raison, pour inventer un univers où l'imaginaire se confond avec le réel, renvoyant à sa solitude celui qui l'expérimente en dépit des injonctions qui lui sont données.
J'ai beaucoup aimé ce texte où le passé devenant comme un univers parallèle, révèle au héros de l'histoire une vérité qui lui est propre, Sa vérité, refusée et niée par les autres, mais en somme bien réelle. Enfin quand je dis réelle... Vous aurez compris !
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Publié pour la première fois en français, une oeuvre d'un auteur admiré par Proust et Léautaud... "Adieu, Miss Julie Logan, conte de Noël de la plus eau qui soit, histoire de fantômes, ode au bon vieux temps jadis, est le dernier livre publié par Sir James Matthew Barrie. C'est, avant tout, une lettre damour écrite à lÉcosse, à son histoire, son folklore et ses ballades, jusque dans le titre, qui est une référence explicite à cette chanson écrite par James Hogg, Farewell Flora MacDonald. Julie Logan nest quun autre visage de Flora (personnage historique fameux), née du creuset des légendes écossaises. Bien sûr, Barrie nest pas le seul auteur à avoir personnifié lÉcosse sous la forme dune femme : Walter Scott fit de même dans The Highland Widow (in Chronicles of the Canongate). Si ce conte nest donc pas sans rappeler certains livres de Walter Scott (Wandering Willie Tale), de James Hogg (Confession of a Justified Sinner, The Jacobite Relics of Scotland), de John Buchan (The Witch Wood, The Watcher by the Threshold) ou de Stevenson (Thrawn Janet) il est avant tout un hommage appuyé à Robert Burns (Tam o' Shanter, Logan Braes) ; et, sil sinspire de la littérature et du folklore écossais, il nen demeure pas moins que ce court roman (ou longue nouvelle) demeure très personnel et constitue, in fine, le testament de Barrie. Il nous lègue véritablement son cur, car cest bien de cela quil sagit lorsque nous employons le mot « testament ». Ce conte étrange, terriblement lyrique saura émouvoir toutes les âmes romantiques (et les autres). Mi-Celte mi-Saxon, dans son écriture, Barrie est un digne frère de Stevenson l'humour et le tragique en plus." Céline-Albin Faivre, traducteur de l'ouvrage.
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Pendant longtemps l'oeuvre de l'auteur de Peter Pan est restée inédite en France. Ado, je rêvais de découvrir ses pièces et autres textes.
Voilà que je trouve ce court roman (grande nouvelle) fantastique. D'après les notes de la traductrice, l'histoire fait des clins d'oeil au Dracula de Bram Stoker. Étrangement j'ai davantage pensé à R.L. Stevenson.
Je ne peux pas dire que j'ai adoré cette histoire mais elle ma néanmoins enveloppé d'un voile de mystère attirant du début jusqu'à la fin.
Je pense que l'univers qu'elle décrit, un "glen" (vallon encaissé dans la montagne, traversé par une rivière et semblant n'avoir aucune issue) écossais et sa petite communauté rassemblé autour de son ministre m'a semblé aussi exotique que la planète Mars dans un roman de SF. J'ai donc le sentiment d'être passé d'une partie des codes et sous-textes implicites pour les contemporains de James Matthew Barrie. Néanmoins, le côté psychologique / fantastique m'a séduit. le protagoniste est-il le jouet d'un fantôme, d'un esprit ou est-ce son esprit qui lui joue des tours ? Réalité ou paranormal ? C'est bien mené et très joliment écrit.
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Je vais commencer par parler du format. Certes, le roman est court, mais le format du livre est horrible, je ne le trouve pas facile à prendre en main. La largeur est trop courte et ce n'est pas évident.

A présent, parlons du contenu. J'avoue que ce n'est pas ce que j'ai l'habitude de lire, c'est un classique et en général, j'ai du mal avec cette littérature.

La mise en place est brouillonne, les phrases sont longues. Il m'a semblé que dans le premier chapitre, le narrateur se perd un peu, il saute du coq à l'âne et c'est désagréable. Néanmoins, je me suis accrochée et j'ai bien fait. le style devient fluide et très agréable. On suit quelques jours de la vie d'Adam, pasteur en Ecosse, dans une paroisse, coupée du monde en hiver, dans le froid et le gel.

Il nous raconte sa rencontre avec un être fantastique, une jeune femme, très jolie, Julie Logan. le narrateur ne s'étend pas dans de grands sentiments. Il y a beaucoup de non-dits, on devine, plus qu'on ne lit vraiment ce qu'il se passe. L'auteur parsème des indices et des références à l'histoire d'Ecosse, cela m'a donné envie d'en savoir plus
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L'auteur de Peter Pan nous entraîne au coeur des Lowlands écossaises, hantées par le spectre de la révolte jacobite. L'Écosse aux glens enneigés, aux contes d'hiver que l'on se transmet de générations en générations, à l'histoire sanglante et héroïque, l'Écosse des plus grands écrivains anglais se niche au creux de ces pages. Voici un roman finement ciselé à lire au coin du feu...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Sous peine d'être régulièrement visité par les fantômes qu'il abrite, vous ne devriez en aucun cas ouvrir ce livre avant le 1er décembre. Le mieux serait même d'attendre la veille de Noël pour commencer à lire ce conte d'hiver qui vous entraînera dans un voyage nostalgique au coeur de l'Écosse, de ses légendes et de ses glens hantés. Ce livre est une sorte de «Brigadoon» bien avant l'heure (Allan Jay Lerner s'inspira de Barrie, il ne faut point l'oublier) ; il dessine une porte vers le monde des ballades du temps jadis et vous invite à la pousser ; c'est l'histoire immortelle d'un amour impossible - réel ou imaginaire ? - unissant le jeune ministre d'une communauté presbytérienne et une héroïne du passé. Il n'y a, vous le comprendrez aisément, qu'une seule façon de lire cette histoire sans danger : pendant le mois de décembre, enfermé à double tour dans votre chambre. À vos risques et périls, vous pouvez cependant agir autrement...
Il est une ancienne et tenace légende selon laquelle chaque écrivain porte en lui un seul livre, quel que soit le nombre de pages qu'il engendre. Lorsque, enfin, cet oiseau de papier et d'encre s'envole (malgré lui), il emporte avec lui un petit fragment coupant de l'âme de l'auteur. Cet éclat doré se brisera à nouveau mille fois et chaque tesselle se fichera dans le coeur d'un lecteur ; et c'est ainsi que le livre et son auteur hanteront ledit lecteur pour le reste de ses jours. Sauf si ce dernier est raisonnable et ne force pas la porte du livre, qui - faut-il le redire ? - ne s'ouvre qu'au mois de décembre...
James Matthew Barrie, bien que (trop) célèbre pour être le père de Peter Pan, n'en demeure pas moins très méconnu en France pour le reste de son oeuvre. Adieu, Miss Julie Logan est traduit pour la première fois en français ; Barrie y donne à entendre son chant du cygne et permet à l'homme entré dans l'hiver sans fin de dialoguer avec l'enfant de cet été que nous pensions alors éternel - cet enfant que nous fûmes aussi, il y a bien longtemps.
Pour les amoureux de contes de fées sans fées... Pour les coeurs qui saignent d'or.

Céline-Albin Faivre, traductrice de l'ouvrage
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I. Les Anglais

Le 1er décembre 186__

Je crois qu’il est plus sage de s’arrêter ici et de jeter un voile sur la date, de crainte que mon propos ne prenne fâcheuse tournure ou bien ne tombe entre des mains par trop inquisitrices. En revanche, il ne me semble pas contraire à la prudence de révéler le temps qu’il fait. C’est une nuit de bourrasques ; il y a une demi-heure, ces vents imprévisibles ont violemment projeté vers moi les battants de la fenêtre et ils ont traversé chaque pièce afin d’y jouer de la cornemuse : leurs cris étaient ceux de ces officiers de loi qui cherchent à appréhender et à livrer à la justice quelque intrépide ministre scots – celui-là même qui est assis ici et se tient prêt à mettre en accusation apparitions et sorcières. Il y a quelques instants, une autre bourrasque est passée. Ce soir, il me semble presque possible de prendre au piège tous ces vents et de rassembler en un seul et même endroit ces invités qui traversent le presbytère en hurlant ; puis je courrais de porte en porte, je les ouvrirais et les fermerais tour à tour pour devenir alors le chef d’orchestre d’un ensemble au répertoire plutôt lugubre.
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Ainsi, si l’on accorde quelque crédit à ces histoires semblables à la brume rampant le long de nos collines – où les Anglais ont dû les ramasser –, il existerait des apparitions nommées “Étrangers”. Sans que vous en ayez conscience, le trouble s’empare peu à peu de vous et vous vous adressez à ces revenants, vous vous promenez en leur compagnie, pensant qu’ils appartiennent à votre monde, jusqu’au moment où, peut-être, ils vous joueront de sales tours.
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Je m'empresse de m'acquitter de cette tâche, sous l'impulsion de cette idée qui m'est venue à l'esprit et qui promet d'être parfaitement appropriée. Je vais donner une conférence sur la superstition, avec des sous-entendus subtils mais frappants à un prétendu évènement, qui se serait récemment produit dans le glen ; le propos doit faire preuve de légèreté sans toutefois oublier la leçon à tirer : l'humour est le meilleur des antidotes à la crédulité.
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En catimini, une multitude de bougies commencèrent à être allumées dans l'eau. Je les épiai, la curiosité piquée au vif. La pleine lune avait déchiré les nuages pour se frayer un passage et c'était l'une de ces nuits où elle est d'humeur vagabonde. La grande fenêtre remplissait presque toute la pièce d'eau et, à travers elle, j'aperçus une foule dans la salle. Aussi longtemps que mes yeux furent fixés sur la surface de l'eau je ne voyais, bien entendu, que leurs reflets. Ils m'apparaissaient la tête en bas, comme dans un miroir inversé, et ils semblaient aussi agréables à regarder que dans l'autre sens ; lors du dernier soubresaut de l'année, la Nature a peut-être elle-même l'esprit sens dessus-dessous.
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Vidéo de J. M. Barrie
Bande annonce de Finding Neverland (2005) qui relate la genèse de Peter Pan.
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