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ISBN : 9791022607308
Éditeur : Métailié (11/01/2018)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Une ferme perdue en Islande, à des kilomètres du premier village, entre un champ de lave, des montagnes et des rivages désolés. Le ciel est vide et les visiteurs sont rares.
Mais l’écho de la Deuxième Guerre mondiale ne va pas tarder à atteindre ses habitants. Soudain soldats, déserteurs, espions débarquent, mais aussi radio, route, bordels et dollars. Puis viendront les touristes. L’ordre ancien vacille et ne se relèvera jamais.
Les personnages de Be... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Stelphique
  12 janvier 2018
Ce que j'ai ressenti:
J'ai une fascination pour les paysages enneigés…Une sorte d'attraction, que j'adore pouvoir ressentir en lecture. Cette fois-ci, je suis partie vers un horizon qui m'est encore inconnu, voir un peu les mentalités de ces fermiers qui vivent loin de tout… Si on se laisse séduire incontestablement par le panorama époustouflant du lieu dans laquelle la ferme se situe, la solitude tient quand même une grande place, et c'est sur ses habitants qu'elle abattra, son ombre mordante…Car, vivre dans en ces lieux, implique des sacrifices qui se mesurent en pertes et en retrouvailles, en deuils et naissances, en fuites et retour aux racines. Un espace nourri en attentes interminables et petites joies éphémères, un temps qui s'étire en longueur, une nature impitoyable, et puis soudain, le grondement de la Seconde Guerre Mondiale qui vient perturber encore plus, cet équilibre fragile…Une ligne temporelle de monotonie qui joue des boucles, et aux points reliés, continue son Histoire: cette guerre redistribue les rôles, régurgite des objets nouveaux, et l'Islande se modernise lentement…L'auteur raconte avec finesse, les bouleversements de cette petite communauté, reculée…
"On a besoin d'énergie qu'on soit en guerre ou en paix, la vie se nourrit de notre énergie et de celle de la nature, répondit le vieux, épuisé."
J'ai trouvé l'écriture de Gudbergur Bergsson très sensible et aussi, très riche. Un roman noir dans la blancheur des neiges, des destins sombres imbriqués dans l'âtre d'une ferme isolée. Dans cet espace réduit et une vie de labeur sans fin, il nous capte intensément avec le poids écrasant de cette continuelle patience inconsciente de « ceux qui restent »…Une patience aiguisée dans leurs contemplations de la faune et de la flore qui les bousculent, nourrie de la sagesse de ses temps de respect, rompue aux trop nombreux abandons de « ceux qui s'en vont »…Finalement, la magie de la plume de Bergsson nous raconte milles trésors d'enseignements d'humilité, et illumine dans leurs yeux, la joie de voir « ceux qui s'en reviennent » et…Il n'en revint que trois.
« Parce que être libre signifie à la fois jouir de certains droits et être garant de la liberté et des droits d'autrui. »
Une lecture qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, à l'image de cette renarde blanche qui gambade autour de ses lignes et d'une grotte mystérieuse… Toute beauté se mérite, c'est bien connu, et ici, elle prend forme dans les reliefs escarpés de l'Islande… La patience sera une vertu nécessaire pour l'ultime récompense: le plaisir de saisir toute la poésie de ce nouveau roman fraîchement sorti pour cette rentrée littéraire de Janvier 2018.
"Les lecteurs comme toi aiment les histoires qui sentent la poussière d'os."

Ma note Plaisir de Lecture 8/10
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PHILIPPEGREGORIUS
  03 avril 2018
L'Islande et ses champs de lave, ses failles traîtresses, ses fermes isolées, l'Islande dans l'entre-deux guerre et au delà.
Une famille, des personnages sans nom: la grand-mère les gamines, le fils, ....Une sensation de mystère et de cruauté. Seuls deux visiteurs anglais auront un prénom.
La guerre surgit tout à coup au sein de cette communauté, la guerre qui apporte parfois les cadeaux des troupes d'occupation, de libération.
Les femmes, qui veulent fuir ce lieu de solitude et sont prêtes à avoir un enfant ou une relation avec les soldats étrangers pour connaître un univers plus réjouissant. Les islandais qui commandent des femmes étrangères sur un catalogue ! Sordide à souhait. Une vision de notre monde.
Triste déroulé d'une époque et d'un monde sur la bascule vers la société du tourisme. le fils, chasseur, cynique et cruel, peut aussi révéler l'hypocrisie de certaines attitudes. Mon personnage le plus attachant est l'Allemand qui a fui le nazisme ; viennent ensuite les anglais puis le gamin dans la deuxième partie. Ils nous aident à respirer, à entrevoir la lumière.
Ce roman est prenant, sordide parfois, ressemble de temps à autre à un conte, nous entraîne vers cet univers inquiétant et touchant. Un plaisir qu'on ne lache pas. Le charme de ce roman est manifeste.
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Biblioroz
  28 janvier 2018
Aucun évènement ne vient perturber les immuables corvées monotones qui rythment la vie dans cette ferme d'Islande complètement isolée. Et pourtant, les gamines scrutent les alentours, mais très rares sont les marcheurs qui franchissent le champ de lave ou la montagne qui ceinturent avec la mer leur pauvre habitation. Vivent ici le grand-père, la grand-mère, le fils et les deux gamines.
Le grand-père, incontinent et bougon est souvent alité mais s'estime heureux de manger à sa faim.
La grand-mère se contente de prières et de psaumes et instruit ses deux petites-filles dans cette conviction chrétienne.
Le fils ne vit que pour la chasse et épie les renards, il est dur, sarcastique et cynique dans ses propos.
Les gamines ne veulent pas se contenter de cette monotonie journalière et ont soif d'ailleurs.
Il y a aussi le gamin, un cousin du village qui vient régulièrement séjourner à la ferme et qui éprouve une attraction indéfinissable envers ce lieu jusqu'à la fin du roman.
Le village le plus proche est à deux heures de marche et nulle route n'y mène encore.
Un ciel invariablement couvert, une mer souvent mugissante, des failles dans cette étendue de lave, et des plaques de mousse où le pied s'enfonce.
Des personnages rudes, rustiques, à l'image de cette nature indomptable et forte.
Deux randonneurs anglais vantent cette nature intacte.
Les sentiments ne semblent pas avoir leur place dans cette ferme.
Mais avec l'arrivée de la Seconde Guerre Mondiale, le monde va rattraper tout cet isolement.
C'est le devenir de cette ferme que l'auteur nous retrace, à la manière d'un récit sec mais précis, sans fioriture, ni poésie, et avec beaucoup d'amertume me semble-t-il.
Aucun isolement, si éloigné soit-il, n'a pu résister à l'installation de ces troupes britanniques puis américaines. L'Islande en est le plus bel exemple et cette ferme en particulier.
Ce fût, en ce qui me concerne, une lecture atypique qui mérite de « décanter » un peu pour en apprécier pleinement la profondeur. L'auteur s'attarde sur certains éléments et passent ensuite très rapidement sur d'autres, ce qui déstabilise un peu, mais c'est à l'image de l'accélération de ce changement inévitable qui secoue cette île jusque là isolée.
Une découverte intéressante. J'ai pleinement apprécié le choix du titre que je vous conseille de découvrir au fil de ce roman islandais.
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zazy
  07 avril 2018
« Dans ce lieu isolé où le ciel était le plus souvent chargé de nuages bas, il ne se passait jamais rien. Les gamines n'allaient plus tarder à faire leur communion, et elles s'ennuyaient ». Même pas la possibilité de s'échapper pour aller à l'école, c'est la grand-mère qui leur donne des cours. C'est-à-dire que les gamines apprennent par coeur ce que la grand-mère a étudié dans le manuel scolaire « Interdit à la vente » la veille au soir lorsque toute la maisonnée est endormie.
Elevées par leurs grands-parents dans une ferme isolée, il y a de quoi s'ennuyer ferme. Seul, le colporteur raconte dans chaque maison, les mauvaises nouvelles du monde. « Heureusement, nous vivons dans un pays où ces agitateurs publics n'existent pas. Ici, nous avons de quoi manger et vous vêtir même si les terres cultivables sont rares. »
La nature sauvage et austère a façonné les personnages âpres, durs. Pourtant, ils savent être accueillants lorsque des promeneurs, comme les deux anglais, arrivent. Ils partagent la pitance des fermiers sans que leur soit posé une question.
La guerre éclate et l'Islande devient base anglaise puis américaine. Imaginez le changement. Les islandais passent subitement du XIXème siècle au XXème. L'Islande, occupée perd son intégrité. L'argent devient facile pour ceux et celles qui travaillent ou flirtent avec l'occupant.
La dernière guerre mondiale permet à l'Islande d'entrer dans le monde moderne avec, en contre partie, la perte de son âme.
Le roman balaie cette période de grands changements depuis la seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours et l'arrivée du tourisme de « masse », l'utilisation de la géothermie, une modernisation à marche forcée. "Cette guerre est une aubaine. Vous ne le comprenez pas ? Si seulement elle nous permettait d'entrer de plain-pied dans le présent. Ce serait un miracle pour la couronne islandaise".
Gudbergur Bergsson observe une certaine distanciation avec les personnages de ce roman jamais nommé autrement que par leur lien de filiation. Ainsi, le gamin reste toujours le gamin, même adulte ce qui désoriente quelque peu lorsqu'il transforme, après guerre, avec la soeur de sa belle-mère, la ferme en hôtel de luxe. D'ailleurs, il me semble que cette ferme qui dans les années quarante n'avait pas l'électricité, où les gens vivaient en autarcie, devient, après sa transformation, symbole du modernisme à marche forcée. le travail à la ferme ne paie pas, le tourisme, si. La ferme du bout du monde est devenue « hôtel biodynamique » auprès des touristes étrangers ou locaux.
Au fond de lui, le gamin n'a pas changé, il rigole en lisant ce genre de commentaires sur le livre d'or de l'hôtel : « Il ne manquait ici qu'un terrain de golf et, peut-être, un aérodrome qui permettrait aux millionnaires de venir en jet privé pour goûter la quiétude de cette merveilleuse nature » ! Il regrette le temps où les promeneurs étaient accueillis à la ferme sans que rien ne leur soit demandé. Il ne retrouve plus cette entraide qu'il affectionne.
Dans le livre, les femmes tirent leur épingle du jeu et prennent les rennes de leurs vies et du commerce dans le cas du gamin.
L'auteur traduit très bien la nudité, l'immensité superbe du paysage, la solitude qui en découle. Son écriture est dépouillée comme les paysages islandais. L'ennui des deux gamines est palpable, la haine du fils pour les yankees aussi. J'ai retrouvé l'atmosphère de l'occupation découverte dans les livres de Svava Jakobsdottir, un locataire, ou les deux premiers tomes de la trilogie Arnaldur Indridason. Une histoire d'amour-haine entre l'occupant et les islandais.
Une image forte ; Pour moi, le fils, remarié avec une islandaise, se trouve « remisé » dans la chaufferie sur un grabat lorsqu'il devient impotent représente l'Islande traditionnelle alors que sa femme, représente l'Islande nouvelle.
Une lecture très intéressante.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Aifelle
  07 février 2018
Une ferme perdue dans un coin isolé d'Islande, à deux heures d'une route praticable. Une pauvre habitation occupée par le grand-père, alité et incontinent, la grand-mère, pieuse et pilier de la maisonnée, le fils, ricanant et cynique, passant son temps à chasser le renard, et les deux petites-filles, abandonnées aux grands-parents par leurs mères volages. S'y ajoute un gamin venant du village voisin. le tableau est âpre, rude et l'histoire va se charger de bouleverser l'univers clos de la famille.
Voilà une lecture qui s'apprivoise lentement, l'univers décrit est assez primaire et brut, les sentiments n'y ont guère de place, tout paraît n'être que calcul ou résignation entre les êtres. La nature et la pauvreté y sont certainement pour quelque chose. Perdus entre montagne, mer et champ de lave, les habitants de la ferme n'ont guère l'occasion de se frotter à leurs semblables.
Tout va changer à l'approche de la deuxième guerre mondiale. le pays a une importance stratégique et va être occupé successivement par les Britanniques et les Américains. Avant cela, la ferme va recevoir la visite de deux Anglais amateurs de nature sauvage, puis d'un Allemand fuyant le régime nazi. Ils reviendront par intermittence dans le récit.
Un afflux d'argent arrive d'un seul coup avec les troupes d'occupation, les filles n'en ont plus que pour les soldats, plus raffinés que les autochtones ; beaucoup se mettent à travailler pour l'armée et goûtent un confort inconnu.
A la ferme, les échos de la guerre arrivent, mais la vie n'y change guère, malgré une nouvelle route. Seules les gamines ne résistent pas à l'attrait des soldats et suivent la voie de leurs mères, s'éloignant définitivement. Leur compagnon de jeux, le gamin, se retrouve seul.
Ce roman couvre une période qui va de l'entre-deux guerres à nos jours. L'auteur peint une vaste fresque de l'évolution de l'Islande, en suivant certains personnages ; d'autres sont laissés de côté sans explication. Finalement, c'est le gamin qui restera attaché à la ferme, incapable de se détacher du lieu de son enfance à la beauté sauvage. Entretemps, grâce à sa femme, le lieu se sera transformé en centre de vacances pour citadins avides de retrouver une vie simple dans une nature préservée.
Ce n'est pas une lecture aimable, mais elle a un côté envoûtant et j'ai apprécié d'en savoir plus sur l'histoire de cette île qui est passée presque sans transition d'une vie inchangée depuis des siècles à la modernité. Les descriptions de la nature islandaise sont superbes, le récit est ample et profond, les personnages saisissants.

Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
AifelleAifelle   07 février 2018
L'été passa, riche en journées étonnamment chaudes. Le ciel était limpide et ensoleillé. La douceur de l'air plongeait les gamines dans un état d'esprit tout aussi radieux. Elles décidèrent de faire le grand ménage dans la maison avant l'hiver et d'en nettoyer jusqu'au moindre recoin. Elles ouvrirent les portes et les fenêtres pour laisser les dernières brises tièdes de l'été balayer les sols et débarrasser les lieux de leur humidité. Le beau temps ne durait toutefois jamais assez longtemps pour qu'elles puissent mener à bien leur projet de laisser les murs, les sols et le plafond se gorger de chaleur avant l'arrivée de l'hiver. Quoi qu'elles fassent, on sentait toujours dans la maison une odeur d'humidité même s'il faisait chaud à l'extérieur, au pied du mur où les chiens se couchaient les pattes en rond, impatients qu'arrive un visiteur ou que se produise un évènement inattendu.
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PHILIPPEGREGORIUSPHILIPPEGREGORIUS   31 mars 2018
Alors qu'elles étaient plongées dans ces pensées, leur hôte entreprit de leur expliquer que c'étaient les hommes, et non les bêtes, qui rendaient le monde dangereux. Il suffisait de se plier à quelques règles fondamentales et on pouvait fréquenter tous les êtres vivants en paix.
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PHILIPPEGREGORIUSPHILIPPEGREGORIUS   03 avril 2018
Le gamin se souvenait de ces moments où le chasseur rentrait à la maison avec des renardeaux enfermés dans son sac de toile. Il les autorisait, lui et les gamines, à regarder dans les yeux les animaux qui gémissaient au fond des ténèbres, puis déclarait :
Allez, mes petits, prenez le sac, ça vous amusera un peu de noyer ces bestioles.
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kathelkathel   07 février 2018
Il savait d’expérience que le monde était aussi beau que multiple, mais ne se sentait nulle part aussi bien que dans cet endroit désert, abrité dans une ancienne grotte à moutons, au milieu d’un champ de lave.
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StelphiqueStelphique   11 janvier 2018
Les lecteurs comme toi aiment les histoires qui sentent la poussière d’os.
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