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EAN : 9782246827993
608 pages
Grasset (05/01/2022)
4.37/5   26 notes
Résumé :
Un homme se retrouve dans une église, quelque part dans les fjords de l’ouest, sans savoir comment il est arrivé là, ni pourquoi. C’est comme s’il avait perdu tous ses repères. Quand il découvre l’inscription « Ton absence n’est que ténèbres » sur une tombe du cimetière du village, une femme se présentant comme la fille de la défunte lui propose de l’amener chez sa sœur qui tient le seul hôtel des environs. L’homme se rend alors compte qu’il n’est pas simplement per... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  10 janvier 2022
A l'été 2020, dans un fjord de l'ouest de l'Islande, un homme s'éveille sur un banc dans une petite église. Il ne comprend pas ce qu'il fait là, il ne se rappelle pas comment il est arrivé dans cet endroit. Pire, il ne se rappelle pas qui il est, il ne sait même pas s'il rêve, s'il est mort ou vivant.
En sortant de l'église, il découvre dans le cimetière une pierre tombale portant l'inscription « Ton souvenir est lumière, et ton absence ténèbre ». Toujours aussi perdu, il y rencontre une femme, qui le reconnaît. L'inverse n'étant pas vrai, l'homme comprend qu'il est amnésique, mais n'en dit rien et fait semblant, tentant de donner le change. Il rencontre ensuite la soeur de cette femme, puis d'autres personnes qu'il est censé connaître mais dont il ne se souvient pas. Au fil des conversations avec les uns et les autres, il assemble peu à peu les tranches de vie et reconstitue la généalogie d'une saga familiale. Une histoire qui en réalité a débuté 120 ans plus tôt, lorsqu'une femme du peuple a osé écrire un article sur le lombric, ce « poète discret oeuvrant dans la nuit de la glèbe », et qu'elle a osé l'envoyer à une revue scientifique locale qui décide de le publier. Cette femme ne se doutait pas alors qu'elle allait dévier le cours du destin.
Au début tout est nébuleux et flou pour le narrateur (et pour le lecteur), mais peu à peu les morceaux d'histoire s'imbriquent les uns dans les autres et chaque génération prend sa place sur l'arbre généalogique. Les ténèbres s'éclaircissent peu à peu pour le narrateur, sans disparaître complètement. Il est beaucoup question de perte, de deuils, de tristesse, de stagnation, d'ombre et de mélancolie, de sacrifices et de renoncements. Mais tout est dans tout et chaque revers a sa médaille, alors on trouve aussi dans ce roman de la lumière douce, du bonheur tendre, de l'amour, du désir, du sexe, de l'humour et de la joie, du mouvement et de la vie. Et de la poésie, des lettres envoyées ou pas, même aux morts, des coups de téléphone et des e-mails qui arrivent à temps ou non. On croise Zola, Hölderlin et Kierkegaard, des réfugiées syriennes, des touristes japonais, des moutons, des chiens et un chat qui a le mal des transports. On y tire à la carabine sur des poteaux ou des camions, on s'y soûle sous les étoiles et surtout on entend beaucoup de musique avec la « compilation de la Camarde », parce que « le désir le plus brûlant de la mort est d'embrasser la vie, mais chaque fois qu'elle se risque à l'étreindre, elle l'anéantit. C'est là sa plus grande douleur, une douleur que seule la musique a le pouvoir d'atténuer ».
« Ton absence n'est que ténèbres » est un roman un peu déroutant au début parce que sa narration n'est pas chronologique. Mais on apprend très vite à relier les fils entre eux, et la lecture devient alors addictive. Tous les mystères ne seront pas résolus à la fin, on ne saura pas tout, mais c'est sans doute mieux comme ça, parce que: « Celui qui sait tout ne peut pas écrire. Celui qui sait tout perd la faculté de vivre, parce que c'est le doute qui pousse l'être humain à aller de l'avant. le doute, la peur, la solitude et le désir ».
Un brin onirique et très nostalgique, ce roman raconte avec un souffle impressionnant des histoires d'amour sublimes et questionne les thèmes de la mémoire, de la transmission et des choix (ou de l'absence de choix) qui déterminent une vie (« On doit toujours choisir de deux choses l'une, mais qu'importe celle que vous choisissez, cela créera toujours un trou noir quelque part. Dans ce cas, comment vivre? »).
« Ton absence n'est que ténèbres » est un de ces rares romans dans les phrases duquel on a envie de s'enrouler tellement l'histoire et l'écriture sont belles, dont on n'a pas envie de sortir tellement on s'y sent bien même si on est heureux et triste en même temps. Coup de coeur pour ce livre ambitieux, lumineux, déchirant, bouleversant, magnifique.
En partenariat avec les Editions Grasset via Netgalley.
#Tonabsencenestqueténèbres #NetGalleyFrance
Lien : https://voyagesaufildespages..
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dannso
  14 janvier 2022
C'est un roman étrange, à la narration atypique, ce qui n'est pas surprenant pour les amateurs de l'auteur.
Un homme se réveille dans une église au bord d'un fjord perdu en Islande, « un fjord situé à la limite du monde habitable, un fjord où ne vit presque personne et où si peu d'événements se produisent en hiver que les gens sortent, armés d'une carabine, pour tirer sur les poteaux des clôtures ».
Il ne sait pas pourquoi il est là, comment il y est arrivé, et plus grave il ne sait plus qui il est.
Les habitants de cet endroit le connaissent, ceux qui y sont depuis des années en tous cas. Il n'ose révéler son amnésie et les pousse à lui raconter des histoires pour essayer de comprendre. Ces histoires s'enchainent, sans ordre apparent, mettant en jeu de nombreux personnages. Cela semble un peu décousu au départ, et puis les différents pans d'une saga familiale se mettent en place : tout a commencé par une histoire de lombric, il y a plus d'un siècle.
Au-delà de l'histoire elle-même, fascinante, et de sa mise en place déroutante et pourtant addictive, j'ai aimé l'atmosphère et les mots de ce livre. Jon Kalman Stefansson est un conteur-né, à l'écriture poétique, qui nous parle autant des hommes que des poissons, des moutons ou des chevaux :
« Certains chevaux sont peinés de voir les hommes pleurer, mais ils n'ont pas de bras pour les réconforter et c'est pour cette raison que leurs grands yeux, parfois, s'emplissent de tristesse. »
Il nous parle de mort, de deuils, de pauvreté, de vies âpres et difficiles, mais aussi d'amour, de rires, de musique et de lumière. Il décrit des femmes et des hommes, des paysages, des vies de son écriture évocatrice, inventive qui fait surgir mille images dans notre esprit.
Un roman où le rêve, le passé se mêlent à la réalité d'aujourd'hui, où les morts sont aussi présents que les vivants :
« Évidemment que ce fjord est hanté parce que nous avons toujours été si peu nombreux à vivre ici que nous sommes réticents à laisser les défunts le quitter »
La musique rythme ce livre, celle de la compilation pour la Camarde, qui se construit tout au long de ces histoires et celle des mots, les mots des chansons et ceux de l'auteur toujours justes, peignant tout aussi magistralement les paysages et les sentiments, les femmes et les hommes, la mort et la vie.
Un roman magnifique, lumineux, riche de tant d'histoires, de tant de réflexions, de tant de thèmes qu'il est difficile de lui rendre justice dans un simple billet. Un roman dans lequel j'aurais pu relever une citation à chaque page tant l'écriture est belle.
En deux mots, lisez-le.
Merci aux éditions Grasset pour ce partage #Tonabsencenestqueténèbres #NetGalleyFrance
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sylvaine
  19 janvier 2022
Islande les fjords de l'ouest. le temps ralentit . et Jon Kalman Stefansson nous enlace dans une prose à nulle autre pareille.
Un homme dans une église, qui est il, comment est il arrivé là? Il n'en sait rien il n'a plus aucun souvenir, sa mémoire est vierge de tous souvenirs . Alors qu'il est en arrêt devant l'inscription "Ton absence n'est que ténèbres " sur une tombe dans le petit cimetière accolé à l'église il est rejoint par une femme qui semble être très heureuse de le revoir, surprise mais heureuse... Ainsi commence un roman surprenant, foisonnant où l'on remonte le fil du temps, où l'histoire de l'arrière-arrière-grand-mère prend corps, où une décision change la face du monde, où l'amour intervient toujours et encore, où ....
Ton roman n'est que ténèbres est un roman inclassable mais à mes yeux incontournable , un roman que j'ai lu en prenant mon temps, en m'accordant le droit de faire une pause, de relire certaines pages , en trainant des pieds pour ne pas tourner la dernière page , en allant écouter encore et encore les titres de la play-list de la Camarde .
Jon Kalman Stefansson est un grand, un très grand auteur . Sa plume est ici une fois encore illuminée par la traduction de son complice Eric Boury.
Un roman à lire et à relire.
Merci aux éditions Grasset pour ce partage via netgalley
#Tonabsencenestqueténèbres #NetGalleyFrance !
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spleen
  24 décembre 2021
"Ton souvenir est lumière , et ton absence ténèbres "
telle est l'inscription que lit sur la tombe d'une femme dans un cimetière islandais le narrateur lorsque débute le roman et qu'il s'imagine être dans un rêve se transformant peu à peu en balade nostalgique sur les airs de Dylan et de Cohen lorsqu'il rencontre la fille de la défunte qui semble bien le connaitre .Pour lui, surgit alors une évidence, il est amnésique . Se déroulent , à partir de ce moment là , des pans de la vie de ceux qu'il va croiser et de leur famille comme des tableaux formant lorsque on les remet dans l'ordre chronologique et qu'on les assemble une vaste saga familiale dans cette Islande qui peut paraitre si hostile, les hivers sont longs et froids et la vie est rude mais un pays si riche de ses habitants , vaillants et accueillants , férus de littérature et de musique, de la plus petite masure aux confortables maisons de Reykjavík .
" Raconte mon histoire pour m'aider à retrouver mon nom ou bien , en d'autres termes: le premier écueil ",
A travers l'histoire de ses parents , se forge notre personnalité , et le lecteur est transporté dans ce fjord perdu à l'Ouest du XIX eme siècle à nos jours , c'est lui ,qui en même temps que le narrateur , emboite les pièces de cette mosaïque humaine.
Au départ , c'est comme si on avait de nombreuses branches d'arbres généalogiques , flottant dans une grande nébuleuse , puis tout se remet en place et au fur et à mesure , on s'attache à ces hommes et ces femmes .
Chaque histoire est touchante car elle raconte l'amour , les bonheurs, les douleurs ,les renoncements et les pardons , elle parle de la vie d'un lombric qui va changer le cours de la vie d'une femme . Elles nous font pleurer quand la pauvreté oblige une mère à envoyer ses enfants dans d'autres foyers pour les sauver ...
Le narrateur est suivi comme un double, une ombre dont on ne sait si elle est maléfique ou ange gardien par un individu étrange qu'il appelle chauffeur de bus sanctifié , peut-être même l'écrivain lui-même .
Entre nostalgie et oubli, on entrevoit le processus de la mémoire , la sienne et celle dont on hérite de ses parents.
"je suppose que vous avez compris que vous ralentissez la course du temps lorsque vous écrivez "
Accompagné tout au long de ce grand périple par la musique , en particulier cette compilation de la Camarde dont on trouve avec plaisir les titres à la fin de l'ouvrage et par ce rapport étroit qu'ont les Islandais avec les écrivains et les poètes .
Il y est beaucoup question de ténèbres mais c'est bien la lumière qui émerge de ce magnifique roman : Puissant, poétique, bouleversant , il me réconcilie avec J.K Stefanson , grand écrivain islandais dont il faut accepter les rouages de la construction de ces histoires, et se laisser emporter dans les tumultes islandais .
J'y ai retrouvé toute la magie de la tristesse des anges qui m'avait fait découvrir cet auteur .
Un grand merci à NetGalley et aux Editions Grasset pour cette lecture qui sort vraiment de l'ordinaire .
#Tonabsencenestqueténèbres #NetGalleyFrance
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Zazaboum
  11 janvier 2022
Voici un roman complexe et intense non dépourvu de la poésie propre à Stefansson mais je n'ai pas autant vibré qu'à la lecture de Lumière d'été, puis vient la nuit !
Non pas à cause de la multitude de personnages ni des nombreuses époques évoquées mais parce que j'ai eu l'impression parfois de textes comme une verrue et plus particulièrement avec le quasi monologue de Ásmundur ! Ce passage m'a tiré de l'état évanescent où m'avaient plongé les pensées de l'amnésique narrateur !
J'ai vraiment apprécié le chemin pris pour aller de la genèse des familles jusqu'au temps présent, un voyage temporel captivant. Même si la finalité était une certitude, son contenu et la manière d'y arriver ne se dévoilaient que petit à petit !
L'amour, la mort, l'absence, la trahison tout est bien évoqué sur une tombe près de l'église où le narrateur reprend conscience : "Ton souvenir est lumière, et ton absence ténèbres"
#Tonabsencenestqueténèbres #NetGalleyFrance
Challenge Multi-Défis 2022
Challenge Pavés 2022
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critiques presse (3)
Telerama   21 janvier 2022
Auteur exigeant qui aime se glisser entre le rêve et la réalité, bousculer les chronologies et les certitudes, Jón Kalman Stefánsson plonge le lecteur dans un pays d’une beauté ténébreuse, aux côtés de personnages qui apprennent à aimer, perdre, partir, revenir, sans jamais se figer dans des certitudes.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   13 janvier 2022
C’est un tsunami d’émotions, une lecture qui console de toutes les peines tant c’est bonheur de vivre la douleur comme la joie sous sa plume.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaLibreBelgique   12 janvier 2022
L’écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson poursuit une œuvre toujours stupéfiante de beauté, de maîtrise, de poésie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
PsychikFabPsychikFab   19 janvier 2022
Et j'ai l'impression de sentir quelque chose dans les profondeurs de mon ventre, je ne saurais dire si c'est du désir ou du chagrin - n'est-on pas censé reconnaître l'un de l'autre ?
Commenter  J’apprécie          40
TagliatelleTagliatelle   17 janvier 2022
Pourquoi des jours pareils doivent-ils s'achever, pourquoi le bonheur ne reste-il pas quand il vient à nous, pour que nous puissions l'emporter à travers la vie comme la tortue emporte sa maison, comme un bouclier invincible qui nous protègerait des flèches que décroche le malheur ?
Commenter  J’apprécie          70
dannsodannso   14 janvier 2022
Hélas, celui qui ne se confie jamais à personne se change lentement et sûrement en mollusque. Il avance lentement à travers la vie, recroquevillé dans sa coquille, enroulé autour de lui-même – et toutes ces choses importantes qu’il n’évoque jamais finissent par se confondre avec cette coquille, elles s’épaississent, elles durcissent au fil des ans comme une carapace qui empêche les autres de l’atteindre, et lui barre la route vers autrui. Cette coquille devient à la fois refuge et prison. Veut-on vivre ainsi ? Veut-on mourir ainsi ?
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dannsodannso   13 janvier 2022
Celui qui sait tout ne peut pas écrire. Celui qui sait tout perd la faculté de vivre, parce que c’est le doute qui pousse l’être humain à aller de l’avant. Le doute, la peur, la solitude et le désir. Sans oublier le paradoxe. Vous ne savez pas grand-chose, en effet, mais quand vous écrivez, votre regard a le pouvoir de traverser les murs, les montagnes et les collines. Vous assistez à la division des cellules, vous voyez le président des États-Unis trahir sa nation, vous entendez les mots d’amour murmurés à l’autre bout du pays, les sanglots qu’on verse dans un autre quartier de la ville. Vous voyez une femme quitter son mari, et un mari tromper sa femme. Vous entendez le sanglot du monde. C’est votre paradoxe, votre responsabilité et votre contrat. Vous ne pouvez pas vous y soustraire et vous n’avez d’autre choix que de continuer.
À écrire ?
Oui, quoi d’autre ? Écrivez, et vous pourrez aller à cette fête donnée en l’honneur de Páll d’Oddi, d’Elvis et pour célébrer la vie.
Écrivez. Et nous n’oublierons pas.
Écrivez. Et nous ne serons pas oubliés.
Écrivez. Parce que la mort n’est qu’un simple synonyme de l’oubli.
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TagliatelleTagliatelle   17 janvier 2022
En revanche, on peut toujours faire des crêpes. Les temps ne sont vraiment délétères qu'à partir du moment où l'on ne peut plus se consoler et consoler les autres avec de bonnes crêpes tièdes.
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Videos de Jón Kalman Stefánsson (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jón Kalman Stefánsson
Considéré comme l'un des plus grands écrivains contemporains, le style de Jón Kalman Stefansson est éblouissant. Conteur hors pair, ses romans sont saturés de poésie et parsemés de philosophie. L'auteur islandais publie aujourd'hui "Ton absence n'est que ténèbres", chez Grasset. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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