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ISBN : 2757863789
Éditeur : Points (09/03/2017)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 223 notes)
Résumé :
Snjór. La neige, en islandais.
Celle qui tombe sans discontinuer sur la ville la plus au nord de l’Islande, Siglufjördur. Un village de pêcheurs auquel on ne peut accéder que par un tunnel étroit, creusé à même la montagne. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Sa fiancée refuse de le suivre dans ce trou paumé.
Siglufjördur, la ville où il ne se passe rien, où personne ne ferme jamai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (87) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  20 octobre 2017
« Il ne se passe jamais rien à Siglufjördur ». Après avoir lu Snjor (pardon pour l'assent manquant et la prononciation), je confirme ce mantra qui traverse de part en part le roman de Ragnar Jonasson. En effet, « Il ne se passe jamais rien à Siglufjördur », au point que le lecteur s'interroge sur les motivations intimes qui ont poussé Ari Thor, prêtre défroqué avant même d'être froqué, après un coup de fil de 2 minutes chrono, à venir s'enterrer dans cette bourgade de l'Islande du nord où la météo est pire qu'au sud, alors qu'à Reykjavik il aime Kristin, une étudiante en médecine qu'il considère comme la femme de sa vie et qui vient d'emménager chez lui. L'auteur explique que Ari Thor a fait un grand écart professionnel et souhaite quitter l'uniforme de prêtre pour celui de policier. Soit ! Ari Thor veut faire carrière dans la police dans une bourgade où « Il ne se passe jamais rien ». Soit !
Puisque Snjor est un roman policier, dès que Ari Thor arrive à Siglufjördur où il ne se passe jamais rien, un accident douteux et une femme agressée sont à déplorer. C'est heureux, sinon l'appellation roman policier aurait été usurpée s'il ne s'était rien passé. Les policiers sortent de leur torpeur, ils enquêtent, c'est-à-dire qu'ils demandent aux habitants qu'ils connaissent tous, s'ils n'ont rien vu de suspect et ce qu'ils faisaient au moment des faits. Concomitamment, Ari Thor ne résiste pas au charme d'une jolie jeune femme, Ugla, mais soyez rassurés, Ari Thor éprouve une culpabilité affreuse envers Kristin puisqu'il a failli être révérend. L'intrigue avance à un train de sénateur !
L'éditeur informe les lecteurs que ce nouvel auteur exotique a été découvert par l'agent d'Henning Mankell. Ca ne m'étonne pas, les agents ont un sens commercial très développé et sentent avec un flair de Cocker spécialisé dans la chasse à la bécasse, espèce à laquelle j'appartiens, le bon filon et puis, fort opportunément Henning Mankell n'est plus là pour donner sa caution littéraire à quiconque. Il ne s'agit pas d'un mauvais roman, mais d'un roman qui s'inscrit dans la mouvance scandinave à la mode porteuse de royalties. Tout le travail de l'auteur, concentré sans être laborieux, pour entrer dans le moule éditorial imposé, est visible. C'est dommage, Ragnar Jonasson méritait vraiment mieux, on sent du potentiel dans son style et son imagination, hélas bridés par des contraintes mercantiles dont j'espère qu'il s'affranchira rapidement. Il aurait pu se passer quelque chose à Siglufjördur, mais dans Snjor, il ne se passe rien à Siglufjördur.
Sinon, pour la découverte, sachez que près du cercle polaire, les hivers sont froids, neigeux et que les nuits sont longues. Je suis bien contente de vous avoir appris quelque chose ! Il faut que j'arrête d'être une bécasse, c'est trop facile pour les Cockers de me repérer chez Gibert.
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florencem
  03 juin 2016
Une excellente découverte avec ce premier roman d'une série, qui je l'espère continuera à être traduite en France. Je lis assez peu, finalement, de romans policiers ou de thrillers, mais j'y prends à chaque fois goût et je me dis que je devrais poursuivre dans mes « explorations » (les conseils sont les bienvenus). Ici, avec Snjor, Ragnar Jonasson nous fait découvrir sont pays natal mais encore plus une communauté à l'apparence sans histoire. Entre claustrophobie et paranoïa, l'auteur nous emmène dans un huit clos où l'on se rend compte que les petites villes où tout le monde se connait sont peut-être les pires.
Nous suivons l'histoire, en grande partie, à travers les yeux de Ari Thor, un tout jeune policier qui se voit offrir un poste dans une ville du Nord de l'Islande, un lieu reculé où la neige est reine et où tout le monde se connaît. L'ambiance est déjà posée dès le départ. Que ce soit la ville en elle-même, isolée, coupée du reste du monde une grande partie de l'hiver, la neige étouffante, ou bien la communauté où les étrangers (entendez par-là ceux qui ne sont pas nés à Siglufjördur) ne sont absolument pas considérés comme des habitants mais des choses curieuses, l'hostilité est de rigueur. Mais Tomas, le chef de la police local ne cesse de nous dire que Siglufjördur est une petite ville tranquille où jamais rien de ne se passe. Bien entendu, vous le voyez venir gros comme une maison : quelque chose se passe.
Un accident survient est la petite ville de Siglufjördur est bouleversée dans tous les sens du terme. Et ce qu'il y a de bien avec les petites villes, surtout dans les romans policiers, c'est qu'il y a tout de suite une ambiance bien particulière. Personne ne semble pouvoir être le suspect, et en même temps, tout le monde a un secret. Mais impossible d'enquêter réellement sur son voisin, c'est assez mal vu. Cela pourrait avoir des airs comiques, mais il n'en est rien. On se rend rapidement compte que les choses ne vont pas être évidentes, que les pistes ne seront en rien aisées, si elles veulent bien se révéler. Cette communauté étriquée, isolée du reste de la population devient alors un dôme imperméable qui gangrène, un condensé de sentiments et ressentiments qui ne pourra qu'un jour où l'autre explosé. L'ambiance est assez lourde à de nombreux moments, la sensation de mal être de Ari Thor accentuant encore plus cette impression.
L'enquête avance doucement nous permettant par la même occasion de découvrir Siglufjördur et ses habitants. Aucune piste ne ressort vraiment, tour à tour chacun est suspect, et notre héros finit même par déterrer des choses peu reluisantes. Il n'y a, au final, pas tellement d'action, mais le roman est prenant nous dévoilant petit à petit des personnages à multiples facettes qui n'ont au final qu'un réel soucis : bien paraître aux yeux de tous. le tout est rythmé de façon très intelligente. D'abord parce que nous avons droit de temps à autre au point de vue des divers personnages que nous rencontrons. Je trouve toujours cela très intéressant, surtout que l'auteur ne dévoile rien jusqu'aux toutes dernières pages. On en apprend plus, on découvre les « vraies » personnalités des personnages, les pistes se brouillent. Nous avons aussi le tout premier chapitre. Il nous présente une agression qui au final ne revient qu'au milieu du roman mais qui ouvre tout de suite « l'appétit ». Une autre entrecoupe les différents chapitres. On ne sait pas trop qui sont les personnages, ni quand elle a eu lieu, ni où. C'est déroutant car jusqu'à la fin je cherchais à faire des connexions sans y parvenir, mais encore une fois, c'est un choix judicieux car en temps que lecteur, c'est encore un autre « indice » auquel on s'accroche. Et le but de ce genre de lecture est souvent pour moi, de trouver le coupable avant qu'on ne l'annonce. Un petit jeu auquel je ne suis pas parvenu et c'est une preuve de qualité pour moi.
Je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages, par contre. Cet effet « petite communauté » y est sans doute pour beaucoup. Il y a un côté beaucoup trop négatif. Trop de rancoeur, de mépris, de nonchalance… Ari Thor est intéressant, mais sous exploité à mon avis. Il est encore jeune, et c'est son premier poste, mais l'enquête de son point de vue ne nous est pas trop révélé. Son malaise aussi face à son nouvel environnement n'aide pas, tout comme sa relation longue distance avec sa petite amie. Tomas aurait pu se montrer agréable, mais franchement, je n'ai pas apprécié son côté : je connais tout le monde, un meurtre n'est pas possible ici, je le connais depuis gamin, il n'aurait jamais fait ça… Ou comment discréditer la police. Ce côté caricatural m'a un peu agacé, même si au final il évolue un peu.
Un très bon moment donc, et je serais ravie de découvrir la suite ainsi que les autres oeuvres de Ragnar Jonasson.
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mesrives
  05 octobre 2016
Sur l'écran noir de ses nuits blanches,
Ari Thor fait des cauchemars
Sans lumière et dans le noir
Bjork peut partir en vacances
Sa vedette c'est maintenant Ugla
Pour lui dire qu'il l'aime rien à faire il flanche
Il a du coeur mais pas d'estomac
C'est pourquoi il prend sa revanche
Sur l'écran noir de ses nuits blanches
Où il se fait du cinéma
D'abord un gros plan sur la blanche
Puis un travelling panorama
Sur Siglufjördur grand format
Voilà comment le livre commence
Chaloupant, l'auteur s'avance vers moi...
Snjor, un polar de plus de trois cent pages
Des traductions d'Agatha plein les manches,
Il gratte des pages blanches
Où il nous fait un roman noir
Le voilà déjà entre mes doigts...
La fin arrive en avalanche...
Sur l'écran blanc de mes nuits noires
Où moi je lis en pyjama,
Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois,
Je recommence la séquence
Où les victimes tombent à plat...
Ari Thor tourne tous les soirs
Y compris le dimanche...
Parfois il sonne, on ouvre, c'est un suspect...
Vas-t-il le prendre par les manches
Comme sur l'écran de ses nuits blanches ?
Non, il me dit : "T'en penses quoi ? "
Et il m'emmène sur les planches
Dans un théâtre rouge et blanc.
Me voilà alors dans le froid..
Où je glisse sur la blanche...

Pastiche givré de « Le cinéma » de Claude Nougaro
Fiche signalétique
Ari Thor ARASON
Né à Reykjavik
Age :23 ans
Profession : policier
Surnommé le Révérend
Première affectation : Siglufjordur
( petit port de pêche au Nord de l'Islande)
Etudes : Université de philosophie, puis de théologie
Situation de famille : Fiancé à Kristin (étudiante en médecine à Reykjavik)
Particularités : première enquête
Claustrophobe et orphelin
Météo : Tempête, neige, blizzard
(pas besoin de Bison Futé, on se déplace peu ou pas du tout!)
Un huit clos islandais, première enquête de la série Dark Iceland de Ragnar Jonasson.
A découvrir.
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sandrine57
  31 juillet 2017
Après s'être essayé à la philosophie, puis la théologie, Ari Thór a finalement trouvé sa voie en s'inscrivant à l'école de police de Reykjavik. L'avenir semble radieux pour le jeune policier qui vient de s'installer avec sa petite amie Kristin. Pourtant au moment où il lui faut choisir sa première affectation, c'est sans la consulter qu'il accepte un poste à Siglufjördur, une petite ville des fjords du Nord. Kristin est furieuse, refuse catégoriquement de le suivre et leur couple ne tient plus qu'à un fil. C'est donc passablement déprimé qu'Ari Thór arrive à Siglufjördur. La ville est calme, l'hiver est déjà là, il ne se passe pas grand chose. Ari Thór doit se faire à l'isolement, au sentiment oppressant d'être entouré de montagnes, d'être enfoui sous la neige. Quand une ancienne gloire de la littérature désormais à la tête du club de théâtre, est retrouvé mort lors d'une répétition de la troupe, les choses sont claires : le vieil homme avait trop bu, il a fait une chute mortelle. Puis c'est Linda, la compagne d'un des acteurs, qui est retrouvé presque morte dans son jardin. Malgré les dénégations de son chef, Ari Thór soupçonne un tueur de sévir dans les rues de cette ville si tranquille.
Passons sur Ari Thór, le jeune flic qui veut faire ses preuves. Passons sur son histoire d'amour longue distance avec Kristin et son faible pour la sympathique Ugla. Passons sur la petite communauté de Siglufjördur qui cache si bien ses petits secrets et ne se montre pas forcément accueillante avec les étrangers. Passons aussi sur l'enquête policière qui suit son bonhomme de chemin sur le rythme lent propre aux polars nordiques. Parce que l'héroïne de Snjór, c'est la snjór, autrement dit la neige. La neige qui recouvre tout de son blanc manteau, qui se fait tempête aveuglante, qui sait aussi se faire avalanche et couper du monde les habitants de Siglufjördur. La neige qu'Ari Thór croyait connaître, après tout il est islandais ! Mais cette neige-là l'oppresse, l'opprime, l'asphyxie, le rend claustro. Ajoutée à la neige, la nuit qui n'en finit pas et l'ambiance devient cauchemardesque, glaçante, étouffante.
Un huis-clos plutôt réussi avec des personnages bien fouillés qu'on aura plaisir à retrouver dans la suite de leurs aventures.
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Fortuna
  07 février 2017
Ambiance neigeuse pour ce polar islandais, huis clos dans le grand nord de l'île, à Siglufjördur où les conditions climatiques extrêmes rendent la population rare et le crime encore plus...Tout le monde se connaît depuis de nombreuses générations mais les secrets demeurent enfouis sous plusieurs couches de neige jusqu'à l'arrivée de Ari Thor, jeune policier venu de Rekjavik...L'Islande faisant face à la crise économique de 2007, il y a pénurie de boulot, et Ari Thor a accepté volontiers cette offre inespérée malgré sa séparation d'avec sa compagne.
Mais dès son arrivée une première mort suspecte au théâtre, un vieil écrivain qui n'a écrit qu'un seul livre, va être suivie de la découverte du corps ensanglanté d'une femme dans la neige...La mort du vieil homme est-elle accidentelle ? Qui a tué Linda, compagne d'un des acteurs ?
Les nuits sont longues, la neige condamne tous les accès à la ville, et Ari Thor va bientôt ressentir douloureusement cette atmosphère oppressante mêlée aux secrets de ses habitants...Sans compter sa culpabilité alors qu'il tombe sous le charme de la mystérieuse Ugla...
Un roman sympathique, à mi-chemin entre scènes de la vie islandaise et policier nordique, qui manque peut-être de rythme par moments mais plein de promesses. A suivre...
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   06 octobre 2016
Le fjord les accueillit sous le gris oppressant d'un ciel chargé. Des nuages traversés de bourrasques escamotaient l'encerclement des montagnes, empêchant le paysage de révéler toute sa splendeur. Sous la faible lumière, les toits des maisons se fondaient dans un monochrome uniforme ; une mince couche de neige tapissait leurs jardins, traversée çà et là par des touffes rebelles qui paraissaient refuser l'hiver. Tout autour se dressait la masse écrasante des montagnes.
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mesrivesmesrives   07 octobre 2016
Depuis son arrivée, il avait éprouvé par tous les pores de sa peau l'impression d'être un nouveau venu dans un lieu étrange. Personne ne l'approchait, et pourtant, tout le monde savait qui il était – tout le monde savait qui était tout le monde dans cette ville repliée sur elle même. Au club de sport ou à la piscine, personne ne venait lui parler. Il croisait souvent des regards interrogateurs, qui jaugeaient cette nouvelle recrue de la police locale.
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nadiouchkanadiouchka   19 juillet 2017

Tombe la neige 
Tu ne viendras pas ce soir  
Tombe la neige 
Et mon cœur s'habille de noir 

Ce soyeux cortège 
Tout en larmes blanches 
L'oiseau sur la branche 
Pleure le sortilège 

Tu ne viendras pas ce soir 
Me crie mon désespoir
Mais tombe la neige 
Impassible manège 

Tombe la neige 
Tu ne viendras pas ce soir 
Tombe la neige 
Tout est blanc de désespoir 

Triste certitude 
Le froid et l'absence 
Cet odieux silence 
Blanche solitude 

Tu ne viendras pas ce soir 
Me crie mon désespoir 
Mais tombe la neige 
Impassible manège
Chanson de Salvatore Adamo
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RoggyRoggy   23 juillet 2017
Le poisson.
Tout était la faute du poisson.
Sans poisson dans cette mer, personne n’aurait jamais pensé à s’installer ici. La première maison n’y aurait pas été construite et Ari Thor ne serait jamais venu à Siglufjördur où, à présent, il n’était même plus certain de garder son job, sous la menace d’une accusation pour voies de fait.
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leolechatleolechat   04 février 2017
Aussi loin que le regard portait, le monde était blanc. Les trottoirs des rues délavées étaient colonisés par des congères aux reflets d'argent. Les montagnes étincelaient, l'étendue nacrée de leurs versants se tachetait par endroit de noir, le ciel pâle annonçait une chute de neige imminente. On aurait dit que la nature avait décrété une trêve, même si chacun savait que, tôt ou tard, le temps se couvrirait de nouveau.
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