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ISBN : 2843048699
Éditeur : Zulma (05/09/2019)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Islande, 1963 – cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d’accomplir son destin : elle sera écrivain.

Avec son prénom de volcan, Hekla ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  22 septembre 2019
Charmante dans son pantalon à carreaux la jeune Hekla, qui par un beau jour de l'année 1963, lestée de sa machine à écrire, débarque de sa campagne à Reykjavik. Elle veut devenir écrivaine. Elle aime le plus beau garçon de son bled, Jon John, un garçon pas comme les autres, qui veut devenir costumier de théâtre.
Hekla et Jon, deux êtres sensibles, prisonniers de leurs conditions, de femme pour elle, d'homosexuel pour lui, qui devront patienter pour réaliser leurs aspirations créatives, dans un pays contre toute attente conservateur, du moins dans les années 60. Comme dit la maman de Hekla, il faut “porter en soi un chaos ....pour pouvoir mettre au monde une étoile qui danse”.

Dans ce quatrième opus que je lis d'elle, comme pour les précédents, je succombe très vite au charme de la prose et de l'histoire. A part ses personnages émouvants de sincérité et de tendresse, l'écrivaine touche ici à la création littéraire à travers Hekla, son petit ami le Poète et sa meilleure amie Isey, “Quand une idée me vient, j'ai l'impression de recevoir une décharge électrique, comme quand on touche le fil dénudé d'un fer à repasser.” La grande question étant, comment évaluer la valeur de cette création ?
J'adore aussi la forme, parsemée de petits poèmes, aux chapitres aux titres insolites, et quand elle gambade avec; comme avec ces phrases inachevées adressées par la maman du Poète à Hekla, coupées et achevées de suite par son fils, un beau ballet de langage.
Je vous invite donc à découvrir si non déjà fait, le conte de Miss Aurore boréal et de son Marin, au titre extravagant qui y donne le ton et sa fin surprenante, magnifique clin d'oeil d'Olafsdottir aux milieux de l'édition islandaise à domination mâle jusqu'au XXI éme siècle. Elle-même en souffrira beaucoup à ses débuts.
Coup de coeur !
“Je suis réveillée.
le poète dort.
En dehors des étoiles qui scintillent au firmament,
le monde est noir.”
“C'est la vérité. Mais pas forcément la réalité .......j'ai tellement envie de continuer chaque jour à inventer le monde”
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Kirzy
  26 août 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #7 °°°
Ce que j'aime chez cette auteure islandaise, c'est son don à camper des personnages décalés avec tendresse et sincérité, on les adopte immédiatement. Impossible de ne pas aimer son héroïne, Hekla et son prénom de volcan. Elle est jeune, libre, moderne, sûre d'elle pour déterminer son destin qui sera d'être écrivaine et poétesse. Elle quitte la ferme de ses parents pour la capitale afin de mener à bien ses projets.
Mais voilà, en 1963, dans une société islandaise minuscule et étriquée, conservatrice et sexiste, il est fort difficile pour une femme, quel que que soit le talent qu'elle possède, de prétendre à être publiée et reconnue. D'autant plus lorsqu'on est aussi belle que Hekla et qu'on ne vous propose comme unique voie de réussite et de réalisation personnelle l'élection de Miss Islande, un voyage aux Etats-Unis et des fourrures.
Les ellipses sont toujours très justement semées pour susciter étonnement ou émotion chez le lecteur. L'écriture d'Audur Ava Olafsdottir peut sembler très simple voire naïve avec ses phrases courtes. Elle est en fait dénuée de toutes afféteries, droite, directe, évidente pour dire avec beaucoup de finesse et de subtilité toute la difficulté d'être différent et de vouloir s'accomplir malgré les obstacles.
Car il n'y a pas que Hekla dans ce roman. Il y a deux personnages secondaires qui gravite autour d'elles, eux aussi voient leurs aspirations être en décalage avec ce que la société leur propose. Plus que Hekla, personnage éminemment romanesque mais assez linéaire, c'est celui de sa meilleure amie, Isey, qui m'a profondément touchée.
«  Je me sentais tellement à l'étroit chez mes parents. La montagne touchait la clôture de la ferme, j'avais envie de partir. Je suis tombée amoureuse. Je suis tombée enceinte. L'été prochain, je serais seule avec deux enfants dans un appartement en sous-sol de Nordurmyri. Et je n'ai que vingt-deux ans. »
Isey, qui n'a pas eu le temps de tisser son destin individuel, Isey embourbée dans la solitude des tâches ménagères et maternelles mais qui essaie de s'échapper, elle aussi par l'écriture secrète de son quotidien. Elle est bouleversante lorsqu'elle se raconte à Hekla.
L'autre ami de Hekla, Jon John, est lui aussi différent, homosexuel tourmenté par ce que la société islandaise lui impose, la solitude, l'hypocrisie et la violente injonction à entrer dans le rang. Mais il m'a un peu agacé avec ses jérémiades constantes même si justifiées. Il permet en tout cas à l'auteur de traiter de thèmes lourds, toujours en profondeur et sans cynisme.
Avec ce beau roman, plus profond qu'il n'en a l'air, l'auteure rend hommage au travail des écrivains et poètes, à la force de la pulsion d'écriture. Sans doute pour cela que j'ai été assez stupéfaite des dernières pages. Je n'ai pas compris l'acte de Hekla, si étonnant étant donné le caractère linéaire du personnage, qu'après quelques jours. Il m'a désolée mais est porteur de sens dans cet hymne à l'écriture et rend le personnage de Hekla complexe et encore plus puissant. Libre avant tout.
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Ziliz
  29 septembre 2019
Née en 1942 à Dalir, Hekla porte le nom d'un volcan - choisi par son père.
« Bouillonnante d'énergie (littéraire) créatrice », elle fait indubitablement honneur à son prénom.
Dans les 1960's, l'Islande aussi connaît son exode rural : la campagne semble trop étriquée pour les jeunes. Direction Reykjavík, la capitale.
Hekla écrit depuis longtemps et rêve d'être publiée, son ami Jón John se voit styliste. Quant à Ísey, elle tient en cachette un journal intime lorsque son bébé dort et en l'absence de son mari.
Ce roman m'a déçue sans doute parce qu'il ne s'y passe pas grand chose 'en surface' - contrairement à 'L'exception' et à 'L'embellie' de cette auteur.
On y suit les questionnements existentiels de quatre jeunes gens, leurs tâtonnements pour se faire une place dans le monde adulte, dans la société, sans trop renoncer à leurs rêves et leur identité.
Hekla n'entend pas se cantonner à un rôle de potiche lorsqu'on lui propose à plusieurs reprises de devenir Miss Islande.
Ísey craint d'être réduite à sa vie de mère et d'épouse.
Et Jón John fuit la cruauté homophobe :
« Je suis un hôte de passage sur cette Terre. Je suis né par accident. On ne m'attendait pas. Je suis parfois tellement fatigué, Hekla. Tellement las d'exister qu'il m'arrive d'avoir simplement envie de
somnoler
sommeiller
de passer un mois entier
dans les bras de Morphée. »
C'est ce personnage aux désirs 'contre nature' (sic)* qui m'a le plus touchée. Sa détresse est bouleversante : « Je voudrais tant être normal, Hekla. Je voudrais ne pas être moi. »
J'aurais aimé qu'il apparaisse davantage dans cette histoire, trop axée sur le 'poète' condescendant et jaloux, et sur Hekla - que j'ai paradoxalement perçue comme une ombre, malgré son énergie et sa détermination.
___
* 'Animaux gays' - Tu mourras moins bête - ARTE
« L'homosexualité est très courante dans la nature. Bizarrement, l'espèce humaine aura été la seule à l'avoir interdite. »
>> https://www.youtube.com/watch?v=SNJdvTHBOE4
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mollymon
  07 octobre 2019
Hekla, une jeune islandaise, quitte sa campagne natale pour s'installer dans la capitale afin d'y trouver un emploi qui lui permettrait de gagner suffisamment d'argent pour partir à l'étranger. Non pas parce qu'elle n'aime plus son pays mais pour pouvoir simplement exister en tant qu'écrivain de sexe féminin.
A Reykjavik elle retrouve ses amis d'enfance Isey et Jón John et fait la connaissance de Starkadur , un jeune homme nourrissant quelques ambitions littéraires.
Hekla aussi est douée pour l'écriture. Deux de ses nouvelles et quelques poèmes ont été publiés sous un pseudo masculin, un de ses manuscrits attend chez un éditeur et elle travaille sur un roman. Mais elle cache soigneusement son talent, seuls ses amis sont au courant.
Ysey, mère au foyer angoissée à l'idée d'enchaîner les grossesses, écrit aussi en cachette. Elle ne peut s'en empêcher car tout l'inspire, surtout les petites choses insignifiantes où se niche la poésie. Jón John, lui, aime les travaux d'aiguille, sa machine à coudre est sa machine à écrire. Il se rêve costumier de théâtre mais est forcé de gagner sa vie en mer, même s'il est toujours traité avec brutalité par l'équipage à cause de son orientation sexuelle. Tous trois sont animés par une énergie créatrice qu'ils ne peuvent exprimer librement en raison des préjugés. Le seul en mesure de le faire serait Starkadur s'il ne passait pas plus de temps à "être un poète" qu'à l'écriture.
Alors que l'Islande est synonyme de grands espaces, les personnages d'Auður Ava Ólafsdóttir en semblent prisonniers. Tout d'abord de l'île elle même, dont il ne parait pas facile de partir quand on n'a pas d'argent, puis de la ville et leurs lieux de vie confinés (mansarde, sous-sol, bateau, café ) et enfin plus largement d'une société très conservatrice où chacun est enfermé dans les schémas traditionnels où la question du genre est primordiale. Hekla et Jón John sont des exemples de l'injustice enracinée dans les notions pernicieuses de relations entre les sexes.
De tous les romans d'Ólafsdóttir c'est celui-ci que j'ai préféré pour sa mélancolie qui se marie si bien à un humour discret, rendant les personnages très attachants et leur l'histoire particulièrement agréable à découvrir.
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traversay
  26 septembre 2019
Hekla, l'héroïne de Miss Islande a un prénom de volcan. Et un tempérament bien trempé dans ces années 60 en Islande où l'émancipation féminine n'est encore qu'un fantasme (contrairement à ce que l'on peut penser, l'Islande reste toujours aujourd'hui une contrée dominée par le patriarcat). L'une des grandes qualités d'Audur Ava Olafsdottir, depuis sa découverte dans le parfumé Rosa candida, est de réussir des portraits humains sensibles et profonds et c'est encore le cas dans son dernier livre, avec Hekla mais aussi ses meilleurs amis, une jeune mère de famille et un garçon homosexuel. le roman est léger, seulement en apparence, porté par un style vif et incisif et est construit en petits chapitres qui lui donnent une fluidité parfaite. A travers ses 3 personnages principaux et quelques autres Olafsdottir dresse une physionomie pertinente et percutante de son pays natal. Mais au-delà de ces considérations, l'on retient, comme presque toujours chez la romancière islandaise, le charme narratif qui s'exhale de ses pages avec cette chaleur et cette bienveillance pour l'ensemble de ses protagonistes. Qui plus est, Miss Islande est un bel hommage à la création littéraire dans ce pays dont un cliché persistant prétend que la moitié de la population lit la production de l'autre moitié des habitants.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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critiques presse (2)
LaCroix   04 octobre 2019
Toujours à sa manière douce et subtile, avec une économie de mots qui n’entrave en rien l’émotion qui sourd au creux des personnages, Audur Ava Olafsdottir fait de sa discrète narratrice une femme conquérante dont la vie tout entière est vouée à l’écriture.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LaPresse   04 octobre 2019
Avec une langue à la fois simple et poétique, c’est toute la difficulté de créer au féminin qui est évoquée ici avec beaucoup de finesse et un soupçon d’humour. On s’en délecte à chaque page.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Tricia12Tricia12   10 octobre 2019
Je lui verse du lait dans une écuelle.
Me voici propriétaire d'un chat.
Je le caresse.
Me voilà propriété du chat.
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mollymonmollymon   07 octobre 2019
Je m'endors tôt le soir, à peu près à la même heure que les pissenlits.
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BookycookyBookycooky   22 septembre 2019
Une phrase vient à moi puis une autre, une image se dessine, cela fait toute une page, tout un chapitre qui se débat dans ma tête, pataud comme un phoque pris dans un filet. J’essaie d’accrocher mon regard à la lune par la lucarne, je demande aux phrases de s’en aller, je leur demande de rester,il faut que je me lève avant qu’ils s’évanouissent.
p.136
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ZilizZiliz   28 septembre 2019
Allongé sur le lit, [il] a replié son journal, 'La Volonté du peuple', sur sa poitrine.
- Ils sont en train d'installer ici une organisation qui relève du capitalisme pur et dur : les spéculateurs spolient le peuple, et le profit est le mètre étalon de tout chose.
Il s'est levé, il s'enflamme et fait de grands gestes comme un tribun.
- L'Islande est indépendante depuis 19 ans. Mais les grossistes ont pris le relais des rois du Danemark et des marchands qui détenaient le monopole du commerce. Ils se font construire des magasins dignes de palais le long du boulevard Sudurlandsbraut grâce aux profits qu'ils engrangent en vendant des fonds de tartes importés du Danemark.
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ZilizZiliz   28 septembre 2019
[ Islande, 1963 ]
- La plupart des hommes qui aiment les garçons sont pères de famille, ils ne sont homosexuels que le week-end. Ils se marient pour cacher ce penchant contre-nature. Leurs femmes sont au courant. Elles les connaissent. Et ceux qui viennent de province prétendent qu'ils ont une petite amie et un enfant, chez eux à la campagne.
Il baisse les yeux et enfouit son visage dans ses mains.
- Je n'ai pas envie de devenir comme eux et de vivre caché. Je veux juste aimer un garçon comme moi, lui tenir la main dans la rue. Ça n'arrivera jamais, Hekla.
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Videos de Auður Ava Ólafsdóttir (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Auður Ava Ólafsdóttir
Audur Ava Olafsdottir vous présente son ouvrage "Miss Islande" aux éditions Zulma. Rentrée littéraire Août 2019. Parution le 05/09
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2339383/audur-ava-olafsdottir-miss-islande
Notes de musique : Youtube Audio Library
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