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EAN : 9782843048692
Éditeur : Zulma (05/09/2019)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 524 notes)
Résumé :
Islande, 1963 – cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d’accomplir son destin : elle sera écrivain.

Avec son prénom de volcan, Hekla ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (151) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  22 septembre 2019
Charmante dans son pantalon à carreaux la jeune Hekla, qui par un beau jour de l'année 1963, lestée de sa machine à écrire, débarque de sa campagne à Reykjavik. Elle veut devenir écrivaine. Elle aime le plus beau garçon de son bled, Jon John, un garçon pas comme les autres, qui veut devenir costumier de théâtre.
Hekla et Jon, deux êtres sensibles, prisonniers de leurs conditions, de femme pour elle, d'homosexuel pour lui, qui devront patienter pour réaliser leurs aspirations créatives, dans un pays contre toute attente conservateur, du moins dans les années 60. Comme dit la maman de Hekla, il faut “porter en soi un chaos ....pour pouvoir mettre au monde une étoile qui danse”.

Dans ce quatrième opus que je lis d'elle, comme pour les précédents, je succombe très vite au charme de la prose et de l'histoire. A part ses personnages émouvants de sincérité et de tendresse, l'écrivaine touche ici à la création littéraire à travers Hekla, son petit ami le Poète et sa meilleure amie Isey, “Quand une idée me vient, j'ai l'impression de recevoir une décharge électrique, comme quand on touche le fil dénudé d'un fer à repasser.” La grande question étant, comment évaluer la valeur de cette création ?
J'adore aussi la forme, parsemée de petits poèmes, aux chapitres aux titres insolites, et quand elle gambade avec; comme avec ces phrases inachevées adressées par la maman du Poète à Hekla, coupées et achevées de suite par son fils, un beau ballet de langage.
Je vous invite donc à découvrir si non déjà fait, le conte de Miss Aurore boréal et de son Marin, au titre extravagant qui y donne le ton et sa fin surprenante, magnifique clin d'oeil d'Olafsdottir aux milieux de l'édition islandaise à domination mâle jusqu'au XXI éme siècle. Elle-même en souffrira beaucoup à ses débuts.
Coup de coeur !
“Je suis réveillée.
le poète dort.
En dehors des étoiles qui scintillent au firmament,
le monde est noir.”
“C'est la vérité. Mais pas forcément la réalité .......j'ai tellement envie de continuer chaque jour à inventer le monde”
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Afleurdelivres
  14 juillet 2020
Quel beau et envoûtant roman d'atmosphère❤️
Islande, années soixante. En cette île volcanique de feu et de glace où conservatisme et patriarcat écrasent toute velléité d'émancipation féminine, la très jolie Hekla, du nom d'un volcan, écrivaine en devenir, quitte sa contrée natale pour s'offrir un destin à contre-courant de celui auquel elle est prédestinée. Elle part avec pour seule et vraie richesse une valise contenant sa machine à écrire, ses manuscrits et un roman. Inviter avec insistance à briguer le titre de Miss Islande elle refuse, sa voie est dans l'écriture et elle préfère enchaîner les petits boulots en attendant d'être peut-être publiée même si la production littéraire d'alors ne se conjugue qu'au masculin. Portée par ce « pouvoir d'allumer une étoile sur le noir de la voûte céleste. Et celui de l'éteindre » que confère l'écriture.
Sa rencontre amoureuse avec « le poète » qui souffre de la supériorité du talent d'Hekla, ses retrouvailles à Reykjavik avec son ami homosexuel Jon John, sa correspondance épistolaire avec ses proches restés au pays, le travail et l'écriture compulsive et cachée constituent son quotidien. Jon et Hekla sont des précurseurs et ont une idéologie résolument moderne. le courage et la pugnacité de cette étincelante héroïne l'aide dans son combat intime et dans celui contre le diktat du conformisme. Hekla avec sa robe couleur d'aurores boréales va sortir de sa chrysalide et déployer sa plume pour tenter de s'envoler vers une destinée écrite de sa main de femme et non imposée. « Je suis en vie. Je suis libre. Je suis seule. » La force de ce très beau roman tient à sa poésie et à son pouvoir évocateur. Ce n'est pas uniquement un livre sur la passion de la littérature, sur la force créatrice et sur la condition féminine. L'observation, la contemplation et l'émerveillement y tiennent une place prédominante. Sous la plume hypnotique de l'auteure le moindre détail ou petit évènement est sublimé. Son univers imagé est émaillé de sensations, de saveurs, d'effluves, de douce mélancolie, de rêves et d'émotions contenues, tout ici n'est que poésie, pudeur et grâce. Quelle beauté ❤️
prixmedicisetranger2019, prixbookstagram 2020.
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Kirzy
  26 août 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #7 °°°
Ce que j'aime chez cette auteure islandaise, c'est son don à camper des personnages décalés avec tendresse et sincérité, on les adopte immédiatement. Impossible de ne pas aimer son héroïne, Hekla et son prénom de volcan. Elle est jeune, libre, moderne, sûre d'elle pour déterminer son destin qui sera d'être écrivaine et poétesse. Elle quitte la ferme de ses parents pour la capitale afin de mener à bien ses projets.
Mais voilà, en 1963, dans une société islandaise minuscule et étriquée, conservatrice et sexiste, il est fort difficile pour une femme, quel que que soit le talent qu'elle possède, de prétendre à être publiée et reconnue. D'autant plus lorsqu'on est aussi belle que Hekla et qu'on ne vous propose comme unique voie de réussite et de réalisation personnelle l'élection de Miss Islande, un voyage aux Etats-Unis et des fourrures.
Les ellipses sont toujours très justement semées pour susciter étonnement ou émotion chez le lecteur. L'écriture d'Audur Ava Olafsdottir peut sembler très simple voire naïve avec ses phrases courtes. Elle est en fait dénuée de toutes afféteries, droite, directe, évidente pour dire avec beaucoup de finesse et de subtilité toute la difficulté d'être différent et de vouloir s'accomplir malgré les obstacles.
Car il n'y a pas que Hekla dans ce roman. Il y a deux personnages secondaires qui gravite autour d'elles, eux aussi voient leurs aspirations être en décalage avec ce que la société leur propose. Plus que Hekla, personnage éminemment romanesque mais assez linéaire, c'est celui de sa meilleure amie, Isey, qui m'a profondément touchée.
«  Je me sentais tellement à l'étroit chez mes parents. La montagne touchait la clôture de la ferme, j'avais envie de partir. Je suis tombée amoureuse. Je suis tombée enceinte. L'été prochain, je serais seule avec deux enfants dans un appartement en sous-sol de Nordurmyri. Et je n'ai que vingt-deux ans. »
Isey, qui n'a pas eu le temps de tisser son destin individuel, Isey embourbée dans la solitude des tâches ménagères et maternelles mais qui essaie de s'échapper, elle aussi par l'écriture secrète de son quotidien. Elle est bouleversante lorsqu'elle se raconte à Hekla.
L'autre ami de Hekla, Jon John, est lui aussi différent, homosexuel tourmenté par ce que la société islandaise lui impose, la solitude, l'hypocrisie et la violente injonction à entrer dans le rang. Mais il m'a un peu agacé avec ses jérémiades constantes même si justifiées. Il permet en tout cas à l'auteur de traiter de thèmes lourds, toujours en profondeur et sans cynisme.
Avec ce beau roman, plus profond qu'il n'en a l'air, l'auteure rend hommage au travail des écrivains et poètes, à la force de la pulsion d'écriture. Sans doute pour cela que j'ai été assez stupéfaite des dernières pages. Je n'ai pas compris l'acte de Hekla, si étonnant étant donné le caractère linéaire du personnage, qu'après quelques jours. Il m'a désolée mais est porteur de sens dans cet hymne à l'écriture et rend le personnage de Hekla complexe et encore plus puissant. Libre avant tout.
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Cannetille
  11 février 2020
Hekla a vingt ans, du talent, et ne rêve que d'écrire. Née en 1945 dans une Islande patriarcale et conservatrice, la jeune femme aura besoin de tout le tempérament suggéré par son prénom, choisi d'après un volcan de son pays, pour s'extraire de la gangue dans laquelle sa vie menace de s'enliser. L'impulsion nécessaire viendra de son ami d'enfance, un homosexuel qui ne trouve pas non plus sa place dans la société de l‘époque.

A travers Hekla et son ami Jon John, l'auteur pose la question du droit à être soi-même, de l'ouverture à la différence, et de la liberté de faire ses propres choix. Racisme – dans les années soixante, l'Islande s'est opposée à la présence de noirs sur la base américaine installée sur place –, sexisme, homophobie, sont trois thèmes que le livre évoque avec pudeur, loin du cynisme parfois cru des Fureurs invisibles du coeur de John Boyne, auquel on pense d'autant plus facilement qu'Islande et Irlande opèrent déjà un phonétique et insulaire rapprochement entre les deux romans. En Irlande, l'histoire de John Boyne est marquée par la forte imprégnation catholique du pays, en Islande, celle d'Olafsdottir fait une large place à l'âpreté du climat, aux rudes splendeurs de la nature, et à des références culturelles dépaysantes pour les non-autochtones.

Les aspirations littéraires d'Hekla et de son amie Ivey sont aussi émouvantes les unes que les autres : tandis que la seconde s'escrime tant bien que mal à voler des moments d'écriture à une existence par ailleurs conforme à celle dévolue aux femmes d'alors, rythmée par d'incessantes maternités, la première ose le non-conformisme et la rupture totale avec son monde, sacrifiant tout pour que son oeuvre puisse être publiée, fut-ce en ayant recours à des pseudos masculins ou à des prête-noms.

Hommage à l'écriture, protestation contre les préjugés sexistes et immersion dans la société islandaise, ce roman exprime en douceur, et avec beaucoup de tendresse pour ses personnages, un engagement féministe résultant, on s'en doute, des propres et injustes difficultés de l'auteur à trouver sa place dans le monde littéraire masculin islandais.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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sabine59
  07 décembre 2019
J'ai retrouvé l'auteure avec grand plaisir. Ce dernier roman est, je trouve, une réussite et un de mes préférés d'elle!
J'éprouve une grande tendresse pour ses personnages si attachants, en apparence fragiles mais qui forcent l'admiration par leur détermination à vivre leur différence, à faire entendre leur voix unique.
C'est encore le cas ici: Hekla, au prénom volcanique, décide, toute jeune encore, dans les années soixante, de tenter sa chance en tant qu'écrivain à Reykjavik. Elle a déjà publié sous des noms d'emprunt masculins ( les femmes sont rares dans la litterature islandaise, à l'époque!) des poèmes et des nouvelles. Elle rejoint ses deux amis d'enfance, Jón John, homosexuel qui souffre du rejet des autres, et Isey, engluée dans son quotidien d'épouse et de maman, alors qu'elle a aussi le don d'écrire.
De nombreux thèmes, très intéressants, sont abordés, souvent avec humour et un peu de dérision, notamment la volonté de s'affirmer en tant que femme dans un monde machiste. Celui, évidemment aussi, de la différence, et de l'intolérance des gens face à celle-ci. Les passages sur l'acte d'écrire, sur l'inspiration , la création m'ont particulièrement plu.
" Une phrase vient à moi, puis une autre, une image se dessine, cela fait toute une page, tout un chapitre qui se débat dans ma tête, comme un phoque pris dans un filet."
De nombreuses et belles citations d'auteurs jalonnent le roman, riche en émotion, poétique, et exaltant la liberté de s'accomplir, en dépit des obstacles. Un très bon moment de lecture. Je le recommande chaudement!
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critiques presse (4)
Actualitte   09 décembre 2019
Audur Ava Ólafsdóttir, née en 1958 et auteure de Rosa Candida, qui a séduit le public français en 2010, nous offre là un nouveau roman enchanteur, couronné par le prix Médicis étranger 2019. Avec son style sobre et très visuel, son humour et un sens aigu du détail qui frappe. En plein cœur, l’air de rien.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeJournaldeQuebec   28 octobre 2019
Avec toujours autant de délicatesse et de tendresse, Auður Ava Ólafsdóttir dresse le portrait de trois êtres qui, bien malgré eux, ont été enfermés dans la mauvaise époque.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaCroix   04 octobre 2019
Toujours à sa manière douce et subtile, avec une économie de mots qui n’entrave en rien l’émotion qui sourd au creux des personnages, Audur Ava Olafsdottir fait de sa discrète narratrice une femme conquérante dont la vie tout entière est vouée à l’écriture.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LaPresse   04 octobre 2019
Avec une langue à la fois simple et poétique, c’est toute la difficulté de créer au féminin qui est évoquée ici avec beaucoup de finesse et un soupçon d’humour. On s’en délecte à chaque page.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   24 octobre 2020
Les mots m'évitent, dès qu'ils me voient, ils prennent la fuite comme un banc de nuages noir poussés par un vent propice. Il en suffit d'une quinzaine pour écrire un poème et je ne les trouve pas. Je suis au fond de l'eau, oppressé par le poids de tout un océan salé et froid, mes mots n'atteignent jamais le rivage.
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le_Bisonle_Bison   22 octobre 2020
Il y a aussi un jeune bibliothécaire que j'ai quelque fois aperçu au Hressingarskalinn en compagnie des poètes. Je l'ai surpris qui m'épiait tandis que je feuilletais un livre debout devant le rayonnage.
Quand je pose La Montagne Magique de Thomas Mann sur son comptoir, il me sourit et dit : La vie, l'amour, la mort.
Il porte une chemise blanche, une cravate, et un gilet de laine.
J'ajoute deux recueils de poésie que j'ai pris pour Isey.
- Nos lecteurs ont parfois du mal à rapporter les livres de poésie, dit-il. C'est ce qu'ils aiment le plus. Il nous est même arrivé de devoir aller les récupérer chez eux.
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le_Bisonle_Bison   18 octobre 2020
- Raconte-moi ce que tu lis en ce moment, Hekla. Ce pavé.
- C'est un roman de James Joyce.
- Comment écrit-il ?
- Comme un écrivain islandais. toute l'histoire se déroule sur une journée. 877 pages. Je n'en suis encore qu'au début, le texte est tellement complexe.
- Je vois, répond-elle en coupant une part de gâteau qu'elle pose dans mon assiette. Ce que je préfère, c'est écrire mon journal à la clarté du matin. Quand les contours du monde sont encore flous. Le jour peut mettre six ou sept pages à se lever. J'imagine que c'est un peu comme ça chez Joyce.
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BookycookyBookycooky   22 septembre 2019
Une phrase vient à moi puis une autre, une image se dessine, cela fait toute une page, tout un chapitre qui se débat dans ma tête, pataud comme un phoque pris dans un filet. J’essaie d’accrocher mon regard à la lune par la lucarne, je demande aux phrases de s’en aller, je leur demande de rester,il faut que je me lève avant qu’ils s’évanouissent.
p.136
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   03 mars 2020
- La vérité, c'est qu'il ne me vient rien. Je n'ai aucune idée. Je n'ai rien sur le coeur. Tu sais ce que ça fait d'être banal ? Non, tu l'ignores. Tes pages sont traversées par les torrents impétueux et dévastateurs de la vie et de la mort, moi je suis un ruisseau qui murmure. Je ne supporte pas l'idée d'être un poète médiocre.[...]
- Les mots m'évitent, dès qu'ils me voient, ils prennent la fuite comme un banc de nuages noirs poussés par un vent propice. Il en suffit d'une quinzaine pour écrire un poème et je ne les trouve pas. Je suis au fond de l'eau, oppressé par le poids de tout un océan salé et froid, mes mots n'atteignent jamais le rivage.
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Auður Ava Ólafsdóttir nous parle de son roman Miss Islande
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