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EAN : 9782953589184
218 pages
Éditeur : Kariel B. édition (30/03/2020)

Note moyenne : 4.62/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Gaza assiégée, Gaza sous les bombes !

Rescapé du carnage, Mounir décide de fuir cet enfer pour sauver Amal, sa fille, âgée de quelques mois. Ayant réussi à rejoindre la Tunisie, il embarque avec d'autres migrants pour une traversée de la Méditerranée.

C'est sur une plage française qu'on retrouvera la petite fille dans un sac de sport protégé par un arceau de sécurité et quelques ballons gonflables en guise de bouées.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Cancie
  07 mai 2020
J'ai à nouveau été conquise par le dernier roman de Daniel Berthet Comme un oiseau sur la mer.
Celui-ci débute en décembre 2001, à Khan Yunis, ville palestinienne du sud de la Bande de Gaza, par un bombardement sur le camp de réfugiés al Amal, dans lequel Mounir va perdre les membres de sa famille, sauf son frère Jamal et voir sa maison détruite. Ils devront dorénavant vivre sous une tente. Jamal s'était engagé dans le mouvement de résistance depuis la mort de son père, il y avait à peine plus d'une année, avant tout pour faire vivre sa famille. Il va alors financer les études de Mounir qui va réussir le baccalauréat, et son master, rencontrer Hadda qui vit dans le camp de Jabaliya.
Jamal sera tué, en 2012 par une balle tirée par un snipper du poste garde-frontière. Dans l'attente d'un visa pour l'Europe, pour fuir l'enfer de Gaza, Mounir et Hadda se marient et ont une fille Amal. Mais Hadda est tuée en même temps que ses parents par un bombardement sur Jabaliya.
En 2016, alors qu'Amal souffre d'une dermatose sévère, Mounir doit la conduire en Égypte pour y être soignée. Il décide alors de ne pas rentrer. Il va atteindre la Tunisie et embarquer avec d'autres migrants pour traverser la Méditerranée, avec son enfant, ayant pris soin de transformer le sac dans lequel elle dormait en véritable mini canot de sauvetage. "Ne pas mettre sa fille en danger, c'était devenu une obsession pour le père". Mais une chose plus qu'importante est à noter : Mounir a pris soin de glisser dans la poche intérieure du sac une enveloppe plastique contenant la clef rouillée et la photo jaunie de la maison de Burayr, village détruit lors de la Nakba. Jamal les avait confiées à son frère pour les transmettre à ses enfants. Cette petite fille sera retrouvée sur une plage française et un long chemin mouvementé l'attend.
C'est donc une véritable épopée avec beaucoup d'aventures et beaucoup de suspense que nous livre Daniel Berthet. Mais c'est avant tout l'histoire de ce peuple palestinien, ce peuple éclaté pour qui la liberté de circuler n'existe pas. Ils doivent chaque jour résister pour tenter de sauver leurs terres face aux colons toujours plus envahissants, sous l'oeil indifférent des autres nations. Ce sont les souffrances, les insultes, les attentes sans fin aux checkpoints, les bombardements subis depuis plus de soixante-dix ans, depuis la Nakba en 1948 qui a vu l'expulsion de plus 700 000 palestiniens de leur terre et de leurs villages par les troupes sionistes, processus continuant encore aujourd'hui, qui sont la trame de ce roman.
Ce roman permet de façon simple mais extrêmement bien documentée de comprendre la lutte que mène le peuple palestinien entré en résistance, qui exige que justice lui soit rendue et que cesse enfin l'apartheid.
Comme un oiseau sur la mer, l'histoire de cette petite palestinienne naufragée nous raconte la lutte menée dans ces territoires occupés pour sauver l'espace qui se réduit de plus en plus. Tout en sachant que le combat sera long, les palestiniens ne baissent pas les bras et même si les anciens meurent, les jeunes n'oublient pas ! C'est donc, à la fois un constat de combat voué à l'échec et en même temps un entêtement et une volonté qui ne se démentent pas et qui espérons-le seront finalement entendus. Comme le dit si justement Patrice Saunier dans sa préface : « Comment un peuple peut-il assujettir un autre peuple quand il a été lui-même tant persécuté ? » Je dirais même comment un peuple peut-il en assujettir un autre ?
Ce livre, une fois ouvert, ne peut se refermer tant on est happé par ces personnages que l'auteur a su parfaitement rendre vivants et attachants et à qui il a su donner une force remarquable. Par des histoires croisées, de femmes principalement, ce sont l'amour, l'entraide, le courage, la ténacité, la souffrance souvent mais aussi l'espoir qui sont mis en lumière et qui illuminent ce récit tout en sensibilité que je recommande chaleureusement.

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Fandol
  13 avril 2020
Courageusement, fort de ses convictions humanistes, Daniel Berthet, pour son huitième roman, s'est lancé dans un récit essentiel, absolument nécessaire pour contrebalancer les versions officielles des grands de ce monde qui ne font même pas respecter les résolutions des Nations Unies. D'ailleurs, nous voyons en ce moment (avril 2020) où ils nous conduisent, où leurs choix de société mènent notre monde si fragile…
Tout là-bas, de l'autre côté de la Méditerranée, un peuple est brimé, terrorisé, martyrisé par un autre peuple qui a, lui aussi, subi les pires atrocités. Est-ce juste ? Est-ce normal ?
Comment ne pas penser à ce qu'a écrit Janina Hescheles Altman dans son livre paru en 1946, Les Cahiers de Janina ? Elle l'a écrit alors qu'elle avait douze ans et se trouvait dans le ghetto de Lvov, en Ukraine, ajoutant ceci en 2015 : « Notre passé tragique ne nous donne pas le droit, en Israël, de confisquer des terres, de détruire des maisons, d'arracher des champs d'oliviers entretenus pendant des générations. »
En écho à cette phrase essentielle, l'histoire que conte Daniel Berthet est d'un réalisme terrible. Elle débute en 2001 pour se terminer en 2048, en une dystopie avec, tout de même une petite pointe d'espoir. Prétendant se défendre contre des attaques terroristes, l'État d'Israël n'hésite pas à bombarder, détruire hôpitaux, écoles, immeubles, dans cette bande de Gaza où tentent de survivre plus de deux millions de Palestiniens, réfugiés ici depuis 1948. Cette année-là, s'est produit la Nakba, la destruction de quatre cents villages palestiniens et l'expulsion de plus de 800 000 personnes après la création de l'État d'Israël. Puis, de provocation en représailles, Gaza est devenu une prison à ciel ouvert.
Dans son récit, l'auteur ne masque aucune des contradictions opposant les factions palestiniennes. Il s'attache avant tout au côté humain, ce qui est la base de toute vie possible sur Terre. Comme le reconnaît Rachel, un personnage du roman, j'ai longtemps pensé nécessaire la création de l'État d'Israël, indispensable après l'atroce Shoah. Hélas, le souci sécuritaire primant tous les droits de l'Homme, c'est le sionisme qui s'impose et n'hésite pas à chasser les Palestiniens, nommés Arabes de façon simpliste et méprisante. Comme Élisa qui découvre Hébron cadenassée par les colons et Éléonore, avocate franco-israélienne, il faut déconstruire les idées reçues à propos de la création de l'État d'Israël.
L'attitude de ces colons, juifs orthodoxes ou pas, qui n'hésitent pas à s'installer de force sur des terres attribuées par l'ONU aux Palestiniens, est un scandale absolu. Ce livre permet d'en prendre conscience en suivant l'histoire de la famille Belhadj. Si tout débute et revient à Gaza, quelques échappées m'ont emmené en Roumanie puis en France avant de partager la fuite de Mounir qui conserve précieusement la clé et la photo de la maison de Burayr dont sa famille a été chassée, village détruit et remplacé par le kibboutz Bror Hayil. Une partie du livre se passe aussi à Hébron, en Cisjordanie, où la pression des colons n'a pas de limites.
Quand il réussit à sortir de Gaza, côté égyptien, Mounir n'est pas seul car il emmène avec lui sa fille, Amal qui, Comme un oiseau sur la mer, dans sa nacelle sur laquelle est brodé Gaza Libre, va connaître une aventure incroyable et très complète, profondément révélatrice du sort terrible réservé à tout un peuple qui trouve quand même la force de résister mais qu'il faut absolument aider comme le fait l'Association France-Palestine Solidarité : http://www.france-palestine.org/.

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cicou45
  06 avril 2020
Daniel Berthet nous plonge une nouvelle fois dans des histoire mais aussi dans L Histoire avec un grand H, celle du conflit israélo-palestinien. Soucieux de dénoncer des injustice, comme il l'a fait dans ses sept précédents romans, l'auteur nous interroge ici sur de nombreux problèmes, à la fois politiques certes, de guerre mais aussi s'interroge sur la question de l'identité. Un simple nom ou une appartenance à un groupe religieux, certains objets ayant appartenu à nos aïeuls peuvent-ils définir à eux seuls un individu, quel qu'il soit ? La réponse est à la foi Oui et non, ai-je envie de répondre.
Après un avant-propos de Monique Etienne, fortement engagée dans l'association AFPS (Association France Palestine Solidarité), tout comme l'auteur d'ailleurs et une préface rédigée par Patrice Saunier, l'auteur nous plonge au coeur de l'horreur en décrivant ce conflit entre Palestiniens et Sionistes (à ne pas confondre avec tout le peuple juif bien évidemment). Ici, nous ne devons pas faire de généralisation mais l'auteur, en dénonçant vertement s'appuie sur des faits concrets, dates et chiffres à l'appui. Ouvrage divisé en quatre parties, le lecteur fait d'abord la connaissance de Mounir, un jeune garçon innocent et de son grand frère Jamal, d'origine palestinienne tous les deux et dont d'aîné est fortement engagé par le voie des armes concernant la résistance. Voulant protéger son cadet, celui-ci tiendra à distance son cadet de cette lutte armée, guerre qui dure depuis trop longtemps notamment sur la bande de Gaza mais pas que, de ce conflit qui ne le concerne en rien, tout comme de milliers d'autres jeunes de quelque partie à laquelle ila appartiennent. Il lui finance ses études et soutient son mariage, encourageant ce dernier à avoir une vie aussi normale que possible suite au décès de leurs parents alors que lui, Jamal, se doit de continuer la lutte. du mariage de Mounir naîtra une jeune fille qui connaîtra par la suite une histoire des plus incroyables qui soit. Retrouvée seule, alors âgée de même pas deux ans, dans un sac rempli de bouées de sauvetage sur les côtes de la Méditerranée à Marseille, celle-ci sera considérée comme une miraculé. Recueillie ppar une jeune roumaine, Irina, elle aussi sortie difficilement du milieu de la prostitution par celle qui deviendra sa compagne, Rachel, une brillante journaliste, la petite fille sans nom se verra appelée "Gaza Libre"par ce couple, seules inscriptions marquées sur ce sac de fortune. A l'intérieur de ce dernier se trouvaient une vieille clé rouillée et une photo jaunie par le temps, seuls éléments qui rattacheront cet enfant à son passé. Les jeunes femmes n'auront alors plus qu'une obsession en tête : s'occuper de la petite fille et lui redonner son identité mais cela s'avère très compliquée, notamment pour l'une d'entre elle qui est dépourvue de papiers français ou de quelconque papiers d'identité d'ailleurs.
Dans un même temps, à Hébron, ville de Cisjordanie ou prés des monts de Judée et dans de nombreuses autres zones, le combats s'intensifie et c'est au coeur-même de ces dernier que notre "Gaza Libre" renommée "France Libre par la cour d'appel sera envoyée, non pas pour se battre bien sûr mais pour y être adoptée.
Trois noms différents pour qualifier un seul être humain, cela commence à faire beaucoup, non, d'autant plus qu'en arrivant dans sa nouvelle famille, elle sera "rebaptisée" Judée mais en attendant, cette dernière ne sait toujours pas qu elle est vraiment et au fur et à mesure qu'elle avancera en âge, elle n'aura de cesse de s'interroger sur sa véritable identité mais s'opposera farouchement aux idées extrémistes de son père adoptif et de son frère Ismaël ( frère adoptif là aussi il va sans dire).
Je ne voudrais pas trop en dire sur cet ouvrage, extrêmement fort et puissant, accusateur certes mais révélateur aussi dans un sens pour certains. IL ne faut certes pas généraliser, comme je le disais en commençant cette critique car car certains personnages dans cet ouvrage démontrent bien qu'il y a des exceptions mais sont-elle suffisantes pour que cette guerre et ce carnage qui durent depuis trop longtemps déjà cessent enfin un jour ? Bien trop naïve, je le sais mais je me force à y croire et ne peux que vous encourager à découvrir cet ouvrage par vous-mêmes ! Ce n'est peut-être pas la lecture idéale en ce moment-même mais cela nous permet de relativiser sur beaucoup de points et surtout nous amène à nous poser de nombreuses questions...A découvrir !
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   08 mai 2020
En déambulant dans les ruelles tracées au cordeau, il tenta d'imaginer Gaza devenue station balnéaire de la Méditerranée. "Si la Palestine était un pays libre, Gaza serait une perle de couleurs, une princesse sur son trône couverte de diamants que le peuple porterait fièrement dans son cœur et dont on dirait du bien dans le monde entier." C'est comme cela qu'il rêvait de parler de Gaza dans l'avenir lors de ses déplacements futurs à l'étranger. Son rêve lui faisait oublier les odeurs fétides des détritus entassés un peu partout, les murs troués d'impacts et les surcharges de graffitis sur les façades. Hélas, au lieu des hôtels de luxe aux façades blanches de son imagination, il ne rencontrait que moitiés de ruines qui débordaient de paquets de linge aux fenêtres. "Quel gâchis ! Toute la bande de Gaza n'est qu'un camp assiégé alors que ce devrait être un paradis !" songea Mounir en accélérant le pas.
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CancieCancie   14 mai 2020
Cette date (30 mars) fit sourire Rachel.
Elle coïncidait avec la commémoration de la journée de la terre en Cisjordanie. L'histoire datait du 30 mars 1976. Ce jour-là, des dizaines de Palestiniens d'Israël avaient été tués ou blessés par les forces de l'occupation alors que la population manifestait pacifiquement contre la confiscation de terres palestiniennes par l'administration israélienne. C'était le premier acte de désobéissance civile collective contre le régime colonialiste. Et depuis, pour rendre hommage à ces victimes, pour montrer l'attachement des Palestiniens à cette terre, un peu partout dans le monde, chaque 30 mars, on commémorait cette répression sanglante qui n'avait fait que s'accentuer au fil des années vis à vis des populations colonisées.
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CancieCancie   13 mai 2020
Tout au long de son parcours, Mounir avait fait de nombreuses rencontres de gens qui lui ressemblaient. Tous les migrants, tous les marginaux, tous ceux qui voulaient laisser derrière eux la misère du Sud convergeaient vers le Nord, poussés par le souffle d'un mirage.
Et tous butaient, un jour ou l'autre, sur le mur de la méditerranée.
La misère, c'était leur trait d'union.
La traversée de la mer, c'était leur espoir commun.
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FandolFandol   21 avril 2020
Ils ne sont qu’un millier et ils imposent aux milliers de palestiniens de la zone H2 un couvre-feu permanent. Pour ces derniers, ce n’est plus une ville mais un ghetto sans aucun droit en attendant un jour ou l’autre d’être expulsés de leurs maisons. Ils n’ont plus la liberté de circuler, plus d’autorisation pour réparer leurs maisons, plus le droit de recevoir des visites de leurs familles qui habitent en zone H1. Ils sont contrôlés en permanence et sont soumis à la loi militaire. L’armée peut les embarquer pour n’importe quel motif et les emprisonner sans jugement.
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CancieCancie   08 mai 2020
Mais, à peine le pied posé sur le sable, il dut se rendre à l'évidence. Sous la chaleur de cette fin d'après-midi, la plage était encore plus grouillante et plus bruyante que les ruelles d'Al-Shati. Il eut l'impression que Gaza n'était qu'un ventre mou qui, sous la pression de l'occupant, dégueulait son trop plein de populace sur cette languette de sable. Tous ces cris lui apparurent comme un appel au secours inaudible, une cocotte-minute dont la vapeur force le couvercle avant l'explosion.
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