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ISBN : 2953589155
Éditeur : Kariel B. édition (30/04/2017)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Alors, Marianne, bonnet Phrygien sur la tête, fut invitée par Ailhaud à aller planter le drapeau rouge au fronton de la préfecture.

Avec force, elle se détacha de la foule et se hissa sur le parvis. Puis, elle se retourna et, lentement, fit flotter l'oriflamme de la nouvelle République devant le peuple des Basses-Alpes.

De toute sa vie, elle n'avait jamais été aussi fière !

Une Marseillaise chantée à tue-tête salua l'évén... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
cicou45
  10 mai 2017
Avec ce nouveau roman, Daniel Berthet nous plonge une nouvelle fois dans une grande page de notre Histoire : celle du coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851. Certes, nous avons tous entendu parler sur les bancs de l'école de ce Bonaparte qui décida de s'auto-proclamer empereur mais a-t-on réellement pris le temps d'étudier son histoire et de comprendre les raisons qui l'ont poussées à agir de la sorte ? Président de la République avant de prendre les pleins pouvoir, si Bonaparte a agi de la sorte, c'est qu'il ne pouvait pas se représenter aux prochaines élections présidentielles. Un seul mandat, telle était la règle et cela, Bonaparte et les bonapartistes ne pouvaient pas le concevoir. Mais le peuple dans tout cela, lui a-t-on réellement demandé son avis ? A tous ceux qui se disaient Républicains ou encore Montagnards, qu'en pensaient-ils eux ?
Dans ce roman historique, Daniel Berthet replace non seulement les choses dans leur contexte mais en dénonçant, une fois encore, non pas seulement une injustice, celle du coup d'Etat, mais plusieurs autres qui se glissent dans le roman au travers de ses personnages. Lantoine et Simon en sont le parfait exemple. Originaires tous deux des Basses-Alpes, de Digne exactement, ils ont eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et pour tous les notables de l'époque, il vaut mieux ne pas trop s'appesantir sur les faits, quitte à envoyer deux pauvres innocents au bagne. Ces deux jeunes hommes étaient là...il y a eu un cadavre retrouvé non loin d'eux et un vol de surcroît : leur conclusion : ils sont coupables. Heureusement que la justice a bien évolué depuis même si l'on n'est jamais à l'abri d'une erreur judiciaire mais malheureusement, une fois que celle-ci est faite, l'on ne peut jamais la réparer car, même si la personne est acquittée, le doute et les rumeurs, elles, ne disparaîtront jamais et laisseront des traces indélébiles. le titre du roman vous interpelle et vous auriez bien raison ! Tous concluront trop vite à la Marianne, symbole de la République française et ils auraient probablement raison dans un sens mais pas seulement. La Marianne de l'auteur est également une femme de chair et de sang qui a marché depuis le village des Mées jusqu'à Digne au côté des résistants où elle a arboré le drapeau de la République sur la bâtiment de la Préfecture. Marianne est aussi une mère, celle de Lantoine, qui a souffert de voir son fils injustement accusé. Si il peut y avoir des personnes qui doutent, le coeur d'une mère, lui, saura toujours la vérité.
Plus qu'un roman historique, il s'agit ici d'un pan de l'Histoire que Daniel Berthet nous offre à découvrir, celui de deux départements que furent les Basses-Alpes et le Var et qui ont résisté plus que ce que la seule raison pouvait leur dicter en enfin l'histoire d'hommes et de femmes, qu'ils soient fictifs ou non, qui ont marqué à leur manière, ce temps et qui perdureront dans nos mémoires . Si vous ne les connaissez pas, ce qui est bien normal pour certains d'entre eux puisqu'ils sont sortis tout droit de l'imaginaire de l'auteur, je ne peux que vous inviter à vous plonger dans cette lecture !
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Fandol
  18 décembre 2017
Il ne faut pas oublier ces événements importants qui ont marqué l'histoire de notre pays. La menace d'un renversement de la République plane toujours puisque nous voyons des faits identiques se produire pas si loin de nous. Un homme politique au pouvoir, démocratiquement mis en place suivant les critères de l'époque, décide brutalement de confisquer ledit pouvoir, réalisant ce qui est pudiquement nommé un Coup d'État.
Cela s'est passé en France le 2 décembre 1851 et Daniel Berthet nous plonge dans la vie de l'époque dans ce département nommé les Basses-Alpes jusqu'en 1970 avant de prendre le nom actuel : Alpes-de-Haute-Provence. Pour que le tableau soit complet, il ne néglige pas le camp des puissants, de cette haute bourgeoisie où l'on se gargarise de titres de noblesse jamais complètement disparus depuis la Révolution.
Le récit, passionnant de bout en bout, débute en mai 1850 avec la légende du Pas de Marie, un lieu devenu arrêt de messagerie entre Manosque et Digne. C'est là qu'arrive la patache, la diligence que Marianne va prendre. Elle marche en sabots. « Enfoncé sur ses oreilles, un vieux bonnet phrygien dont le rouge avait pris la couleur de la terre à force de sueur et d'intempéries lui donnait des allures de sorcière. Ses mâchoires vides de dents accentuaient le trait lorsqu'elle ouvrait la bouche par saccades pour retrouver un peu d'air… »
C'est elle l'héroïne de 1851, Marianne des Mées. Ce bonnet phrygien était porté par son père assassiné par une bande de royalistes sous « la monarchie de juillet dans les années trente alors qu'il s'opposait au remplacement du drapeau tricolore par le drapeau blanc au fronton de la mairie de Digne. »
Les mots du terroir fleurissent « fan de chichourle, fan de pute » dans la bouche du père Laburlière et de Jules Sainfoure qui détaillent Marianne. Les descriptions sont savoureuses. À bord de la patache, Cunégonde de Louvion de Saint-Cyr est avec son mari, M. Dupré qui vient d'être nommé préfet dans ce département lointain.
Le décor est planté mais c'est à Digne que les événements se bousculent avec l'arrivée de ce nouveau préfet, un procureur et un colonel de gendarmerie n'hésitant pas à arrêter et condamner des innocents pour préserver les intérêts d'une caste regroupée dans l'Ordre de Pentacrine, des nostalgiques de l'Empire.
Les trois parties qui suivent portent des titres évocateurs : Haro sur la justice ! Haro sur l'assemblée ! Haro sur le peuple ! le récit est haletant, plein de rebondissements, nous emmène jusqu'au palais de l'Élysée où le Président Louis-Napoléon, surnommé Badinguet, prépare son Coup d'État. Au passage, l'auteur ne néglige pas les amours de Cunégonde et de Magloire.
Lantoine, le fils de Marianne, côtoie Ailhaud qui mena la seule révolte pour le maintien de la République. Farouches partisans de la démocratie, ils avaient pris la préfecture de Digne et jeté les bases d'un fonctionnement juste, respectant les droits de tous les habitants de leur département. Hélas, la répression fut très dure.
Daniel Berthet raconte cela très bien car « Pendant ces journées de communion du peuple dans la révolte, Marianne des Mées fut le symbole même de la lutte pour la liberté. »
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danakasa
  22 mai 2017
2 décembre 1851 - Louis -Napoléon Bonaparte renverse la 2eme République de 1848, dissout l'Assemblée Nationale, emprisonne les députés et réprime dans le sang les opposants parisiens au coup d'État. Mais en Province, plus particulièrement dans les Basses-Alpes et dans le Var, le peuple se révolte.
C'est sur les chemins de misère des Basses-Alpes que l'auteur guide le lecteur en le faisant passer par le palais de l'Élysée et les faubourgs parisiens sans oublier les arcanes d'une justice corrompue.
Le temps d'un mirage, Marianne des Mées va planter le drapeau rouge de la Sociale au fronton de la préfecture de Digne.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
cicou45cicou45   08 mai 2017
"Jadis, lorsqu'il avait été victime de l'injustice, il n'avait trouvé que le bras de la lecture comme secours. Et à plus de cinquante ans, c'était encore dans les livres qu'il puisait le moyen de se détacher de l'absurde du monde qui l'entourait."
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cicou45cicou45   07 mai 2017
"[...] le peuple est une grande girouette ! Il tourne toujours dans le sens du vent. Révolution, empire, monarchie, république, peu lui importe me régime qui le gouverne pourvu qu'il ait un peu de grain à casser dans son écuelle."
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cicou45cicou45   09 mai 2017
"Le major était un gendarme plein d'expérience militaire qui avait baroudé plus que de coutume. Il n'en était pas moins humain et connaissait le prix de la vie. Pour un garde-à-vous devant une condamnation qu'il estimait injuste, il n'était pas prêt à sacrifier la sienne et celle de ses hommes."
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cicou45cicou45   09 mai 2017
"_De toute façon pour nous, ça ne change rien. Monarchie, Empire pu République, le peuple a toujours été le perdant."
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cicou45cicou45   09 mai 2017
"Il suffit de quelques mots pou enflammer le peuple lorsque la cause est juste [...]."
Commenter  J’apprécie          170
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