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EAN : 978B08CJKDC4R
156 pages
Éditeur : Homoromance Éditions (31/08/2020)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Raphaël a tout pour être heureux. Il vit un vrai conte de fée... Grâce à son compagnon, il a une existence que beaucoup rêvent d’avoir. Mathieu lui a offert de vivre de sa passion, dans un cadre idyllique, dans un somptueux appartement avec vue sur la mer. Il lui a offert un environnement et un entourage qui le tirent vers le haut. Oui, selon les autres, Raphaël a une vie de rêve. Mais la réalité est bien différente. Quand les portes se ferment, qu’il n’y a plus de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
LivresGay
  09 février 2021
Vu de l'extérieur, Raphaël a de la chance. Il est jeune – la vingtaine finissante –, joli, pas tombé sur la tête, cultivé, il a un boulot qui le comble et que beaucoup lui envieraient (il corrige des romans en travaillant à la maison), il a la Méditerranée devant la porte, habitant Cannes… et il a un compagnon, Mathieu, fringant professeur de philosophie dans une école privée, de quelques années son aîné, qui l'aime et qui le soutient. Mais les apparences sont trompeuses. En fait, Raphaël va très mal, et personne ne le sait. Personne ne doit même le savoir tellement sa vraie vie ne colle pas à l'image qu'il projette. Il a un grand problème, et ce problème se prénomme… Mathieu, justement.
Les deux jeunes hommes se sont connus quelques années auparavant – une rencontre presque banale dans un bar –, et ça a fait Tilt tout de suite. Raphaël, frais et insouciant, plaît beaucoup au réservé Mathieu. de même, la classe, l'intelligence, l'assurance et la beauté un peu distante de Mathieu ont vite fait de séduire Raphaël. Certes, ses amis ainsi que sa mère ne trouvent pas Mathieu si génial que ça – il a quelque chose qui ne leur revient pas ; mais ils sont tout de même ravis de voir le volage Raphaël se poser enfin. Ce qu'ils ne soupçonnent même pas, c'est qu'ils ont tout à fait raison de se méfier. Petit à petit, Mathieu, pervers narcissique par excellence, attire son compagnon dans sa toile d'araignée, lui imposant avec douceur (en tout cas initialement) ses points de vue, ses goûts, ses opinions, sa façon de vivre et d'être. Raphaël finit par se couper de tout son entourage, pas assez bien pour lui selon Mathieu ; il quitte le boulot qu'il aime dans une librairie ainsi que son appartement et tombe ainsi complètement sous l'emprise malsaine de son partenaire. Jusqu'à ce que celui-ci lève la main sur lui pour la première (et, hélas, pas la dernière) fois. Oui, Mathieu est porté vers la violence – mentale, verbale et physique –, et bientôt, Raphaël change complètement de caractère, stressé en permanence, angoissé, vivant dans la peur des prochains coups, devenant l'ombre de lui-même, une coquille vide à deux doigts de se briser pour toujours. Jusqu'à ce qu'il rencontre par hasard un des anciens amis, Michael…
Ce n'est pas forcément un roman facile à lire, non pas à cause d'une écriture trop mauvaise – peu de choses à reprocher de ce côté-là ; j'en parlerai juste après –, mais parce que le sujet est sombre et que certaines scènes sont difficiles à supporter (moralement, je veux dire). Commençons par les choses qui m'ont déconcerté dans ce roman, qui a fini dans la sélection du Prix du roman gay 2020 (à juste titre, je tiens à le souligner). Tout d'abord, le livre aurait dû être relu et corrigé. Aucun correcteur n'aurait laissé passer les (trop) nombreuses fautes d'orthographe et de grammaire (notamment les circonflexes font cruellement défaut). Puis, je n'ai pas vraiment goûté l'usage trop prépondérant du plus-que-parfait. Que l'on ne me comprenne pas de travers – le plus-que-parfait est un temps tout à fait honorable et qui a sa justification. Quand il faut passer par lui, eh bien, il faut passer par lui. Sauf… quand on écrit un long flashback comme c'est le cas dans ce livre et que l'on a, du coup, le choix. Là, il conviendrait de l'éviter car il alourdit inutilement la narration. le roman, pour tout vous dire, débute par la rencontre de Raphaël avec Michael – une scène où Raphaël est donc déjà sous l'emprise de Mathieu, déjà très mal en point. Puis, l'on retourne aux débuts de sa relation avec Mathieu. Cette parenthèse est très bien amenée et bien racontée, le procédé du flashback bien rodé, mais à mon avis, cette partie aurait gagné en lisibilité, en impact si elle avait été racontée tout bêtement au passé simple. Celui-ci fait de brèves apparitions, mais le gros se passe exclusivement au plus-que-parfait. Dommage. Dommage aussi que les dialogues, très présents et importants, ne respirent pas ce que j'appellerais « la parole parlée » ; ils sont un peu trop « écrits » à mon goût.
Malgré tout ça, c'est un très bon roman, un roman en plus fort utile de par le choix du sujet. Preuve que les réflexions qui précèdent ne sont, somme toute, que du pinaillage de ma part, j'ai tourné les pages de façon fébrile, complètement sous l'emprise de l'intrigue (désolé, mon but n'est pas de faire une allusion facile au titre de l'ouvrage, mais « emprise » est le mot qui s'impose). Je voulais absolument savoir la suite, allez, encore une page, allez, encore un chapitre, mon Dieu, il est déjà tard, faudrait que je pense à faire dodo, mais encore quelques paragraphes… Oui, ce livre, qui raconte une histoire sombre et douloureuse, m'a tenu en haleine presque mieux qu'un quelconque thriller. Sûrement parce que tout est limpide, les choses même les plus dures à lire s'enclenchent naturellement, l'écriture mène de façon sûre, sans excès de fioritures, tout le récit à bon port. Oui, sans vouloir révéler trop, la fin, si elle n'est peut-être pas rose bonbon, laisse entr'apercevoir autre chose que du noir corbeau. Il y a de la rédemption, il y a de l'espoir, il y a un début de guérison, il y a même l'amour qui pointe le bout de son nez (bon, d'aucuns diront que cette étape que l'on voit venir de loin est un peu téléphoné ; n'empêche, j'ai quand même bien aimé).
Pour en arriver là, je suis néanmoins passé par toutes les affres, toutes les douleurs de Raphaël. Psychologiquement bien expliqué, sans jugement, sans jeter l'opprobre sur la victime surtout, le processus d'une personne qui tombe sous l'emprise d'un partenaire violent montre que Raphaël, ça pourrait être n'importe qui parmi nous, homme ou femme. Il suffit d'un bourreau (souvent ancienne victime, mais pas que) très habile, et puis le cauchemar a toutes les chances d'être déclenché… Ça passe par des modes d'action qui paraissent anodins au début, ridiculisation, dénigrement, humiliation, soumission par la force, le tout en maniant la carotte – tendresse et amour ne sont pas absents – et le bâton. Jusqu'à ce que la victime se trouve dans l'incapacité de réagir, de peur que cet amour qui commence à paraître essentiel, soit retiré d'abord ; de peur d'être violenté ensuite. le livre met aussi l'accent sur l'importance de l'entourage et combien c'est important (vu le nombre de victimes tués, je dirais même vital) de ne pas fermer les yeux lorsque l'on se rend compte que quelqu'un est victime de violences conjugales. Ça peut arriver à tous, dans tous les milieux, dans toutes les situations, dans tous les couples, et au vu des statistiques que l'auteure donne à la fin du livre (et qui font froid au dos), nous tous devons rester vigilants.
Lien : http://livresgay.fr/emprise-..
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GabrielKevlec
  07 mai 2021
Raphaël a vingt-quatre ans quand il tombe amoureux de Mathieu.
Tomber, c'est le mot clé.
Car quand on est simple observateur d'un corps en plein ciel, pour une seconde ou bien deux, comment faire la différence entre la grâce d'un envol et l'horreur d'une chute libre ?
Comment savoir ce qu'il se passe derrière les portes closes ?
Emprise est l'histoire de cette chute, si terrible et malheureusement si commune, qu'Emy Bloom raconte avec sensibilité et justesse. Les rouages insidieux de l'emprise mentale, les premiers coups, ceux qu'on refuse de voir parce que c'est forcément une erreur, il s'est excusé, il ne le refera plus jamais, il l'a promis, et puis je n'avais qu'à… Peu à peu Raphaël s'émiette. Comment se reconstruire lorsqu'on n'est plus qu'un tas de cendres ? Est-ce seulement possible ?
Émouvante, cette histoire m'a profondément touché. L'auteure sait conter sans voyeurisme ni sensiblerie cet engrenage qui, implacablement, se met en place. Elle sait trouver les mots pour dire la confusion de cet amour dévoyé, parce que l'amour n'est pas censé faire aussi mal, et Raphaël le sait, et tout le monde le sait, mais le vivre… le vivre, c'est si différent.
Deux petits bémols seulement restent après cette lecture : d'abord, les dialogues manquent, à mon sens, de réalisme. Emy Bloom écrit bien… trop bien peut-être pour s'autoriser ces hésitations, ces silences qui parfois disent bien plus que les mots, ces bégaiements parce que c'est si dur de parler, parfois, ça fait si mal… Il manque peut-être un peu de vie sur ces répliques, un peu de réalisme pour qu'on entende vraiment la douleur, les doutes, les peurs, l'amour.
Ensuite, mais il s'agit là d'un bémol aux accents de caprice, j'aurais aimé que l'histoire soit plus longue, plus complète. On a parfois envie d'en savoir plus, certains passages auraient mérité d'être développés, parce que, et c'est là le talent incroyable de l'auteure, on s'attache immédiatement à Raphaël, à Michael aussi. Certains épisodes auraient mérité des chapitres à eux seuls. Oui, je suis avide, bien sûr… Mais qui ne demande pas un 2e pour la route quand le premier vous a laissé le coeur ouvert ?
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Kochka94
  10 novembre 2020
Raphaël, 25 ans, gay, épanoui dans son job de vendeur dans une librairie, sent qu'il est prêt pour une histoire sérieuse. Sa bande d'amis fidèles est constituée de couples et il se sent un peu seul. Un soir, alors que l'un de ses amis, Joey vient de leur présenter son amoureux, Michael, il rencontre Mathieu, la trentaine, prof de philo et peu à peu, une relation se nous entre eux. Mathieu le comprend, partage sa passion de la littérature, le comprend, l'aime...
Cinq ans plus tard, il croise Michael alors qu'il est en train de faire ses courses. Il a coupé les ponts avec ses amis et sa famille qu'il ne voit plus. Il a quitté son job qu'il adorait pour travailler comme correcteur, de chez lui, ou plutôt de chez Mathieu, puisqu'il a quitté son domicile aussi pour vivre avec son amoureux. Mais Michaël trouve Raphaël tendu, apeuré, il n'est plus que l'ombre de lui-même...
Et quelques jours plus tard, Raphael appelle Michaël au secours, lui demandant de venir le chercher en bas de chez lui. Il est blessé, roué de coups, tremblant... et le responsable est Mathieu, qui cette fois est allé trop loin.
La première partie du roman est touchante quand, à l'aide de flash-backs, nous vivons du point de vue de Raphaël la lente influence de Mathieu qui le coupe peu à peu de tout ce qui faisait son monde : son job, ses amis, sa famille... Il est isolé, ne voyant plus que Mathieu et ses propres amis, qui ne cessent de vanter les mérites de celui-ci et insistent sur la chance de Raphaël. Certes, Raphaël parait naïf, vu de notre fenêtre, mais l'amour est aveugle dit le proverbe et il est fasciné et presque reconnaissant que quelqu'un d'aussi instruit que Mathieu s'intéresse à lui et il se laisse prendre dans cet engrenage... de violence psychologique et physique. Jusqu'au coup de trop...
J'ai moins accroché avec la seconde partie, qui présente ce qui se passe après de façon pour moi un peu trop académique. J'avais la sensation de lire par moments des cours de psycho et j'ai trouvé ça trop froid, j'aurais préféré moins de théorie.
La couverture est superbe et reflète bien l'ambiance du roman. L'écriture est agréable mais des lourdeurs dans certaines tournures de phrases m'ont par moments un peu gênée. Mais le thème est important et tient visiblement à coeur à l'auteur, je la remercie d'ailleurs de nous avoir proposé ce roman sur les violences conjugales, qui démontre bien la perversité et le degré de manipulations dont peuvent faire preuve les conjoint(e)s violent(e)s. Et personne n'est à l'abri...
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