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ISBN : 2266289063
Éditeur : Pocket (11/04/2019)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Stig vient d'avoir vingt ans, l'âge de porter une épée et de se rendre enfin sur le Wegg, l'étrange montagne où réside son souverain, le roi de la Clairière. Mais son premier solstice d'hiver ne se déroule pas comme il l'avait imaginé. À peine le jeune seigneur est-il arrivé que la mort répond aux augures néfastes et que les fils enchevêtrés du destin tissent un avenir que personne, ni homme ni dieu, semble pouvoir prédire. Menacé sans qu'il en comprenne la raison, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Kurukka
  29 mai 2018
Gros spoilers à venir.
Sans surprise, cette nouvelle "pépite" de l'imaginaire français me laisse perplexe. Je sais dorénavant que le prix des Imaginales n'est en rien un indicateur de qualité, mais n'est-ce pas simplement là la preuve que la SFFF française n'a rien à offrir à son genre depuis de nombreuses années et que les romans récompensés ne le sont que parce que nous n'avons rien de mieux à nous mettre sous la dent ? J'ai rencontré l'auteur lors de la sortie en avant-première de ce livre. Je lui avais demandé quelle était la place de ses personnages féminins et s'en était suivie une discussion sur le sexisme dans la littérature. Monsieur Bry m'avait paru bien naïf, et mal informé. Il m'avait admis que son histoire était une histoire d'hommes mais que les femmes y avaient aussi leur place.
Je lui ai senti une certaine gêne, comme souvent les hommes sont gênés lorsqu'on leur parle des violences et des erreurs de leur sexe. Je peux comprendre que le sujet du féminisme leur soit difficile, que les critiques vis-à-vis leur vision des femmes soient dures à entendre, surtout quand ils considèrent leur relation aux femmes somme toute décente par rapport aux prostitueurs et autres violeurs et qu'ils ne voient donc pas le mal où nous autres hystériques le voyons... Mais voilà : ils ne cessent de nous prouver que nous avons raison.
L'intrigue de Que passe l'hiver suit une certaine idée symbolique que j'appelle la sainte trinité du patriarcat : les dieux, les rois et les hommes. le roman prétend examiner les liens qui unissent les hommes (comprendre : l'espèce humaine) au divin et au destin avec, comme point de convergence, le roi, qui représente à la fois les dieux et les êtres humains (comprenons hommes).
Si vous avez suivi vos cours d'histoire, vous vous rappellerez que l'Eglise elle-même a placé cette responsabilité entre les mains de tous les monarques de l'ancien régime. de reine, les femmes n'avaient le titre que par alliance et symbolisme. L'obsession des héritiers mâles, porteurs de la précieuse semence qui permettait de faire perdure la lignée royale, rappelle que les femmes n'étaient jamais qu'un second choix dans la course royale. le roi représente Dieu, qui ne peut jamais être autre que masculin, et l'espèce humaine, qui ne peut être désignée que par un seul sexe, celui des hommes. Toujours selon l'Eglise, la femme, elle, ne vient qu'après l'homme.
Il est hautement pénible de devoir se farcir toutes ces références à la puissance du phallus comme pilier de la civilisation, même dans un roman de fantasy à décor médiéval. En fait, c'est même démontrer une grande paresse de l'imagination que de sans cesse revenir à un modèle de société qui se caractérise par sa grande violence religieuse envers les femmes et les hérétiques de tous bords. Qui a inventé le rôle de la méchante sorcière ? Qui désigne toute femme comme une séductrice aux mille pouvoirs envoyée par le Diable ? M'est avis que les auteurs doivent cesser de romantiser une période qui restera sans aucune doute la plus pauvre de toute l'histoire de l'humanité, que ce soit en matière de progrès technique ou éthique. La période du Moyen-Âge n'a pour elle que le mythos développé par sa littérature (ce qui est pas mal, ma foi) et c'est vraiment tout le bien qu'elle inspire.
Le propos est simple : les têtes des quatre clans complotent pour tuer leur roi, une espèce d'hybride cerf-homme avec des bois sur la tête. La raison étant que le roi est donc le lien entre le Dieu Urian et les hommes, l'un tissant les fils du destin des autres. L'idée est donc de se libérer de l'emprise de Dieu et de décider de leur avenir. le message que tente de porter le livre est que seul l'être humain est maître de son destin. En effet, la tragédie qui se déroule tout le long du livre n'est due qu'aux choix de ses personnages et Dieu n'a aucune véritable emprise sur leurs vies. Or, l'exécution de l'histoire dessert entièrement le propos et n'apporte aucune profondeur au thème quel qu'il soit. Pour commencer...
Il y a, en tout, sept femmes : Umbre Dewe, Elaine Dewe (mère d'Umbre), Anasie la prophétesse, Theudeusinde Lugen, Gaid Lugen, Vorgell la guerrière, et Sigrune Oren. Il y a aussi une certaine Mektild mais elle si peu importante que je n'ai rien à dire sur elle (elle ne doit avoir qu'une seule scène). Sur ces sept femmes, quatre d'entre elles meurent, deux sont les antagonistes de l'histoire, et la dernière ne sert à rien. Résumons :
• Umbre Dewe : héritière du clan des Dewe, elle est assassinée un peu avant la moitié du roman, tandis qu'elle cherche le meurtrier de son père.
• Dame Elaine Dewe : maîtresse du clan des Dewe, elle devient folle après l'assassinat de son mari et de sa fille et se jette d'une falaise.
• Gaid : fille inconnue de Theudeusinde Lugen, torturée par sa mère, se jette aussi d'une falaise vers la fin, après que son corps mutilé soit révélé aux yeux du héros.
• Anasie : de son vrai nom Geneva, mère du héros (sans que personne ne le sache), tuée une première fois avant sa renaissance en tant que prophétesse du clan, à nouveau tuée durant les premiers chapitres du livre après avoir déblatéré quelques mauvais augures.
• Theudeusinde Lugen : l'antagoniste principale, veut du pouvoir, séductrice, elle aime les décolletés plongeants et tue son père avec qui elle couche, par ailleurs.
• Sigrune Oren : vieille femme de mèche avec Theudeusinde, parce qu'elle veut du pouvoir.
• Vorgell : guerrière (ou lampadaire, je ne sais pas trop).
Les informations données dans ce petit tableau sont à peu près tout ce qui caractérisent ces femmes. Après l'assassinat de son père, Umbre Dewe s'associe à Stig pour découvrir ce qui se trame sur le Wegg. L'auteur nous fait croire que ce personnage fera partie intégrante du voyage, mais elle meurt avoir d'avoir proprement existé aux yeux du lecteur. le seul geste qu'on lui retiendra sera d'avoir confirmé l'empoisonnement de son père en jetant à un de ses chiens un rat qui avait goûté le plat toxique du défunt. Elle est décrite comme "pas spécialement jolie". On sait qu'elle veut se venger, mais elle n'a pas de passé, pas de personnalité. Son amitié à Stig n'en est pas une, puisqu'il ne la connaît pas et qu'ils s'allient plutôt par dépit qu'autre chose. Et c'est tout pour Umbre.
Dame Elaine, sa mère, est maîtresse du clan des Dewe et de mèche avec Theudeusinde et co, du moins, hors-livre. Son mari est tué parce qu'elle prévoyait, visiblement, de tout révéler. On n'en sait pas plus. Sa fille est tuée afin de la pousser à la folie et au suicide (c'était quand même largement parier sur par grand-chose mais comme les femmes sont prédisposées à la folie, j'imagine que ça suffit comme explication, non ?). Elle n'a pas de passé, pas de personnalité. Voilà pour Dame Elaine...
Gaid Lugen est la fille de Theudeusinde Lugen. Elle est décrite comme d'une grande beauté et Stig aussi bien que Johan, l'enfant du clan Oren (petit-fils de Dame Sigrune) qui rejoint leur petite enquête, tombent amoureux d'elle. Vous pensez que c'est cliché ? Tenez-vous bien... Gaid ne fait pas vraiment partie du clan jusqu'à ce qu'elle s'arrange pour s'y infiltrer afin de tuer sa charmante maman qui, on le découvre vers la fin, a décidé d'offrir la chair de sa fille à des esprits pour gagner de plus amples pouvoirs magiques (zzz). Dans une étrange et brève bataille magique entre mère et fille, Theudeusinde déshabille sa fille pour révéler son corps à moitié cramé et manquant de plusieurs parcelles de chairs laissant apparaître les os. La scène est assez graphique. Je ne suis pas certaine du potentiel de survie de quiconque a les fémurs à l'air (infections, tout ça ?), mais enfin, pourquoi pas. Après avoir été exposée et secouée nue dans les airs par l'horrible et méchante sorcière devant ses deux soupirants, Gaid décide que l'humiliation est insupportable et se jette dans le vide. Bye. Que retiendrons-nous de Gaid ? Qu'a-t-elle fait pour l'histoire ? Eh bien, pas grand-chose, à part être victime de l'amour de Johan : au courant de sa mort, après avoir vu tous les avenirs possibles de l'histoire, il décide de risquer la vie de la fille qu'il aime pour l'inciter à tomber amoureux de lui. C'est assez tordu comme explication : le clan de Johan a le pouvoir d'interroger le futur en ayant la possibilité d'entrevoir ce qui revient souvent comme "les fils", comprenons ceux du destin (j'y reviendrai). Selon Johan, il existait un fil en sa faveur, où Gaid le choisirait comme prétendant s'il prouvait sa valeur de guerrier, et patati. Son plan brillant était donc de lui porter secours. L'idée derrière cette ficelle grossière est que le choix des hommes (et là, je suis bien d'accord avec le choix du nom) est le seul qui décide de leur destin. La leçon à retenir est que la tragédie aurait pu être évitée si Johan avait fait un choix différent. C'est drôle : il semble ici plutôt que les femmes soient décidément destinées à souffrir de l'amour que les hommes leur portent. On n'est pas loin de la notion de "crime passionnel" à ce rythme-là. Les hommes aiment tellement les femmes qu'ils les tuent, n'est-ce pas ?
Anasie est la prophétesse du clan Feyren. C'est la seule dont le personnage est un tant soit peu développé via quelques flashbacks succincts concernant sa relation avec Stig. Après tout, c'est sa mère, l'auteur ne pouvait pas entièrement faire l'impasse. Mais son utilité à l'intrigue est somme toute assez relative. Elle répand ici et là la rumeur d'une tragédie à venir, déblatérant de grands et néfastes augures à faire trembler les morts. On apprend qu'à l'époque où elle n'était que simple femme, du nom de Geneva, elle a été empoisonnée par Theudeusinde et sa copine Sigrune pour nourrir l'animosité de son mari envers le dieu Urian, qui donc, dit-on, tisse tous les fils du destin. Ceci pour amener le maître du clan Feyren (le mari de Geneva, vous suivez ?) à comploter avec elles pour tuer le roi de leurs clans, qu'elles rendent responsables de la mort de sa pauvre épouse... Elle est tuée une deuxième fois après avoir partagé ses sombres visions de ruine.
Theudeusinde Lugen est une femme qui a peut-être la cinquantaine, qui aime le pouvoir et met les hommes dans son lit et... même son père, apparemment ? le texte les décrit comme des "amants" mais elle le tue trop vite pour qu'on comprenne quoi, comment, pourquoi. Qu'est-ce que c'est donc censé vouloir dire ? Qu'elle est décidément tordue ? C'est tout de même assez grossier, comme procédé... On ne sait donc pas qui est vraiment Theudeusinde, à part qu'elle est vraiment méchante, avide de pouvoir, et qu'elle se sert de ses charmes, BIEN QU'elle ne soit pas vraiment belle, insiste l'auteur. Même quand on est moches, on peut vendre son corps, après tout...
Dame Sigrune est une vieille femme qui veut aussi s'émanciper du dieu Urian et complote avec sa copine Theudeusinde pour se débarrasser du roi. Je n'ai vraiment rien d'autre à dire sur elle...
Vorgell est une guerrière qui ne fait rien d'autre que de limer son épée et, dans la seule scène qui lui donne plus de deux lignes de dialogue, à repousser les avances d'un homme qui propose de lui faire boire du vin pour la désinhiber. Je suis un peu amère à son sujet : l'auteur m'avait vendue ce personnage pour me convaincre de l'équilibre des sexes dans son histoire. Regardez, une femme guerrière ! Une femme qui se bat ! C'est bien, non ? Il est pas cassé là, ton cliché ? Sauf que... non. Vorgell ne se bat pas et ne prend absolument pas part à l'histoire. Elle est d'une telle inutilité que chaque mention du personnage me rappelait assez brutalement son existence. Elle ne sert que de faire-valoir à l'auteur. David Bry ne sait tellement pas quoi faire avec elle qu'il en fait la seule chose que les auteurs excellent à faire avec leurs personnages féminins : en faire l'objet de désir d'un homme. Il ne peut pas non plus s'empêcher de commenter sur son potentiel de sex-appeal, comme il le fait avec tous les personnages féminins, sans exception. Même quand elle est occupée à aiguiser son arme, David Bry ne peut s'empêcher de parler de "ses formes généreuses" (il est grand temps de bannir ce terme, de même que "ronde" et "pulpeuse", ces choses ne veulent plus rien dire). C'est franchement embarrassant, quand même.
Si je devais m'attarder sur les autres personnages, le constat serait le même, minus le sexisme : ils sont tous extrêmement creux et l'action se déroule principalement dans l'ombre. Les personnages principaux n'interviennent que très peu dans l'intrigue, qu'ils subissent au lieu de faire avancer. Pendant la première moitié du livre, il ne se passe rien, mais absolument rien. Les personnages parlent beaucoup entre eux pour ne donner aucune nouvelle information. Les maigres informations sont répétées, encore et encore, sur plus de 150 pages, de ce style :
"Qu'est-ce qui se passe ?"
"Je ne sais pas, mais je sais que le seigneur Dewe ne s'est pas étouffé, j'ai vu son expression, et j'ai aussi failli mourir par deux fois et le chien d'Umbre est mort après avoir mangé ce rat, sans oublier les augures d'Anasie."
"C'est curieux, oh, oui, c'est très curieux, tu penses que ça pourrait être qui ?"
"Tout ce que je sais, c'est que j'ai failli mourir par deux fois, qu'Umbre a donné ce rat à un de ses chiens et qu'il en est mort, il y a aussi les augures d'Anasie et je te dis que j'ai vu l'expression du seigneur Dewe, il n'avait pas l'air de s'étouffer, on l'a empoisonné, c'est sûr !"
"Mais enfin, ça n'a pas de sens, qui pourrait bien vouloir la mort de tous ces gens ?"
"Je n'en ai aucune idée, mais Umbre a donné ce rat à ses chiens..."
Vous avez compris. Les informations se découvrent par hasard, que ce soit grâce à des conversations qui tombent bien convenablement dans leur oreille (j'ai entendu machin dire) ou par des explications magiques vaseuses. C'est dommage, car ça retire au roman son propos sur le destin : les personnages n'ont aucune emprise sur les événements, ils n'y participent pas, ils en sont simplement victimes. L'importance de Stig, soulignée par les augures d'Anasie, est grossièrement exagérée. On veut l'éliminer, on le perçoit comme une menace, mais même lorsqu'il réchappe à la mort qui lui était assurée, il ne change pas la direction de la trame. le roi est tué, les méchants ont gagné. L'auteur désirait une tragédie shakespearienne. C'est sûr que, avec tous ces morts et ce pathos, on s'en approche. Mais en ôtant tout pouvoir d'action à ses personnages (à part Johan, l'amoureux des femmes), en ne leur donnant pas d'histoire ni de personnalité au-delà de quelques lignes, David Bry passe à côté de son propre propos : que nos vies dépendant de nos choix et de la façon dont tous ces choix impactent la vie des autres.
Trop occupé qu'ils sont à parloter et à philosopher sur le sens du destin, les personnages ne viennent jamais vraiment à la vie, leurs relations sont superficielles et ne reposent sur rien de durable. Une véritable tragédie s'ancre dans les raisons qui motivent les choix des personnages, et le moteur de ces choix ne s'exprime ici que par de vagues idées de l'amour et de la haine. En ce sens, l'histoire ressemble à un conte, comme le désirait l'auteur : elle est tout aussi creuse. On pourrait croire que le thème est trop ambitieux pour un one-shot mais l'échec est à attribuer à la qualité plutôt qu'à la quantité. Il y a trop de personnages, trop de lenteurs, trop de descriptions, pas assez de caractérisation et trop de facilités. Beaucoup de choses sont clairement là pour faire joli et rien d'autre, comme ce fameux "Un fil se brise. Un autre se renforce." qui apparaît presque dans chaque chapitre, comme s'il existait un sens terriblement profond caché là-dessous. Pourtant, la manoeuvre fonctionne : toutes les chroniques la mentionnent, comme le mantra d'une secte...
Par ailleurs, le roman est énormément encensé pour sa poésie. Mais l'émotion n'y est pas. La plupart du temps, l'auteur noie ses lecteurs sous des vagues de descriptions du paysage. Et que le soleil pointe ici, et que la neige tombe, et que les flocons...
"Les nuages, gris, ont repris possession du ciel : caché le soleil. D'innombrables flocons en descendent lentement, noient le plateau surélevé, la plaine, la Clairière tout entière dans une mer de brume et de silence où aucun autre mouvement, aucun autre son que la neige qui tombe ne semble vouloir ou pouvoir exister. de la fumée s'échappe des cheminées qui se dressent sur les toits des bâtisses du Wegg. Les panaches sombres s'élèvent en d'épaisses volutes, disparaissent sous l'effet de l'air glacé qui agite les bannières rectangulaires, carrées ou triangulaires brodées d'une main d'or, d'un oeil ouvert, d'une lune grise ou d'un ours à la gueule béante. Un peu plus loin, la salle des clans au foyer éteint s'est endormie. Elle seule semble s'être soumise à l'hiver, son toit de pierre recouvert d'un manteau plus épais à chaque instant."
Les personnages se lancent souvent dans des exercices du même style :
"Tout ce à quoi je n'aurais peut-être jamais prêté attention si je n'avais pas été atteint de cette infirmité. J'ai découvert les légendes de la Clairière, la magie qui souffle sur les rivières, sur les forêts, dans le vent du matin ou le cri d'un hibou."
Certes, c'est joli, mais ce n'est que ça. Il n'y a pas d'atmosphère, David Bry ne prend pas de risques, il ne s'essaie pas à des images inédites, se cantonnant à des descriptions génériques détachées de l'émotionnel. Elles sont soignées sur la forme, mais c'est le minimum syndical qu'on attend d'un auteur, tout de même. Les nuages cachent le soleil ? Les toits sont recouverts d'un manteau de neige ? La belle affaire. Tous les écrivains savent écrire ces choses. C'est en osant de nouvelles choses qu'un artiste se démarque. David Bry s'entête à décrire les saisons, les vêtements et les victuailles des banquets comme si cela apportait de la richesse à son écriture. Mais Gaid a souvent le sourire doux, le visage doux, l'expression douce, la voix douce. Elle "rougit" et "s'émerveille", elle a une "beauté fragile". Quand les personnages sont mal lunés, ils ont les traits "durs". Allons bon ! Quand Bry s'essaie à quelque chose de plus personnel, ce n'est pas tellement réussi :
"C'est un endroit empli de couleurs que nous ne connaissons pas ici : les tristes et les pâles, celles d'une profondeur insoupçonnée au premier regard comme au second, les chaleureuses et les tourbillonnantes, les tourmentées, les calmes, les insensées."
La maladresse stylistique enlève souvent énormément à l'intention poétique, tant dans la narration que dans les dialogues qui font souvent carton-pâte, non seulement parce qu'ils sont sentencieux mais aussi parce que l'auteur a tellement besoin de donner des informations qu'elles sortent de la bouche de ses personnages de manière totalement impromptue.
Je m'arrête là. Que passe l'hiver ne fait que dans le paraître. Contrairement à ce qu'en disent les blogueurs, son propos sur le destin (des hommes) est vu et revu, ses personnages sont des clichés romanesques et l'écriture, si elle est décente, n'a rien à offrir à l'art. le genre de la fantasy n'y gagne pas non plus : la magie est floue, incompréhensible. Et, comme toujours lorsqu'on a affaire à du pseudo-médiéval, les personnages féminins sont catastrophiques. Quand, lors de notre rencontre, je lui ai fait part de mes doutes sur le progrès de la représentation des femmes dans la littérature, Monsieur Bry s'est montré sceptique. J'ai tout de suite compris ce qui m'attendait.
J'ai quand même été déçue.
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Saiwhisper
  05 mars 2019
Voici un titre dont j'attendais beaucoup, notamment en raison du fil d'actualité du salon des Imaginales ! David Bry a apparemment été élu coup de coeur des Imaginales 2019, une distinction permettant de mettre en avant un écrivain de langue française dont les oeuvres sont déjà saluées par les critiques et la blogosphère. Or, j'avais déjà repéré « Que passe l'hiver » dont la couverture m'intriguait. le hasard a également voulu que Les fantasy d'Amanda vient juste de lire ce titre et a posté une belle critique enthousiaste ! J'ai donc mis la barre très haut, espérant être aussi conquise que la majorité… Hélas, j'ai eu du mal à rentrer dans le récit et, surtout, je ne me suis attachée à aucun personnage, ce qui a fortement joué sur mon plaisir de lecture… Je ressors partagée, voire déçue.
L'ouvrage avait pourtant de très bons atouts sous ses pages, notamment son univers nordique. L'atmosphère est tellement dépaysante ! J'ai beaucoup aimé découvrir une nouvelle culture et d'autres croyances comme l'idée de fils des âmes menant à plusieurs destinées. Les protagonistes sont également divisés en plusieurs clans possédant chacun un pouvoir qui leur est propre, ce qui m'a captivée. Celui de Stig, le héros, a par exemple la capacité de se changer en animal. Pour le jeune homme né pied bot et rejeté pour son handicap, ce don est une chance. Pouvant devenir corbeau à loisir, il se sent heureux lorsqu'il survole les montagnes et se laisse porter par le vent en savourant la liberté. Il n'y a que dans les airs que sa jambe boiteuse est oubliée… Malheureusement pour lui, de nombreuses choses vont arriver sur la terre ferme durant le solstice d'hiver, notamment un complot sacrément bien ficelé que l'on va suivre progressivement. L'auteur a souvent su me surprendre, n'hésitant pas à sacrifier de nombreux individus, parfois même ceux qui titillaient le plus ma curiosité ! Attendez-vous à être régulièrement étonné(e) par les différents rebondissements.
La plume de David Bry est vraiment féerique : il emploie un vocabulaire riche et travaillé, tandis que ses phrases dégagent beaucoup de poésie. Il a un style très intéressant. Honnêtement, c'est l'une des rares belles plumes que j'ai pu croiser jusqu'à aujourd'hui en matière de fantasy… Et c'est ce qui me fait vraiment regretter le fait que je n'ai pas réussi à plonger dans cette aventure. le début m'a d'abord effrayée avec son listing de personnages : ce n'est pas moins d'une cinquantaine de noms qui ont défilé ! (Oui, j'ai compté…) J'ai donc pris peur, car la mise en place de l'intrigue a été lente mais progressive et les protagonistes nombreux dès les premières pages… Pour moi, cela faisait beaucoup d'un coup. Un début long ne me dérange pas s'il permet de creuser la personnalité de cinq ou six personnages (grand maximum) et de poser les bases de l'univers. Néanmoins, il y a plus que six noms à retenir et il est important de comprendre le rôle ainsi que le pouvoir de chacun. Je regrette également la place des Femmes dans le récit : elles ont un rôle intéressant, mais peu développé à mon goût, ou ont une apparition très courte… On est plus sur une guerre des clans composés d'Hommes. Enfin, le dénouement m'a également laissé un sentiment mitigé. Je ne m'attendais pas à cela et aurais souhaité un ou deux chapitres supplémentaires. Il y a encore trop de zones d'ombre à mettre en lumière…
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DreamBookeuse
  12 mars 2019
Stig vient d'avoir vingt ans et il est temps pour lui de venir au Wegg, l'étrange roc enneigé où, chaque année, les quatre clans se réunissent pour renouveler leur serment au Roi au solstice d'hiver. Les augures ne sont pas bons. Des créatures sombres envahissent les bois. Des vengeances se préparent, des trahisons s'ourdissent et dans le froid de l'hiver les cadavres commencent à s'amonceler. Et au fond du coeur de Stig une incompréhension palpable : pourquoi ? pourquoi tous ces morts ? pourquoi cette haine ? Est-ce encore la destinée qui se joue des hommes ou les hommes qui se jouent des fils du destin ?
Mon avis
J'avoue tout. J'ai passé une bonne partie de la nuit en compagnie de Stig, du Roi aux bois de cerf, la neige jusqu'aux genoux et le coeur à moitié glacé devant tant d'horreur. Et oui, j'étais bien contente d'être sous ma couette.
Que passe l'hiver est un huit clos à la fois terriblement glaçant, étrangement poétique et franchement addictif. Nous suivons les aventures de Stig, un jeune homme au pied bot, dont l'enfance n'a pas été bercée par les chansons d'une mère aimante, les sourires d'un père fier ou les conseils sages et avisés d'un vieil oncle. Non. Il a eu le droit à la honte, une mère partie trop tôt, et un père à la manie détestable de passer ses nerfs sur lui. Pourtant Stig est un berceau d'humanité. Il s'est réfugié dans les histoires d'Anasie, la prophétesse qui lit les augures dans le vol des corbeaux, l'odeur de pluie et la forme des nuages, et se récite les contes et les légendes de son peuple. Plus attentif et sensible que les siens, il a appris à observer et s'imprégner des forces qui l'entourent. Il ne sait ni danser ni bien courir ou monter à cheval, pourtant, sous ses cheveux et ses yeux noirs, se cachent des lames précises et les ailes d'un corbeau de nuit. Il fait partie du clan des Feyren, capables de se changer en animal, et si son pied bot l'empêche de parcourir le monde, ses ailes l'emmènent par delà la voûte.
Ce sera sa toute première fois au Wegg, là où se réunissent les clans à chaque solstice d'hiver pour renouveler leur serment d'allégeance à l'Ordrain. Depuis le Nord, le Clan des Oren peut maîtriser les esprits par delà le Voile, depuis le sud, celui des Lugen entrevoit tous les possibles du destin, depuis le sud celui des Dewe se glisse dans les ombres, et depuis l'est, le Clan des Feyren se change en animal. Ils sont les descendants des filles et fils d'Urian dont un seul est resté au Wegg pour être au « Nord, comme à l'Est, au Sud comme à l'Ouest. Dernier né du jour de solstice, sans clan, on l'appela alors le Roi de l'Hiver, maître de la Clairière et des hommes, de la magie et des mystères ». le dernier lien avec Urian, leur Dieu, celui qui tisse les possibles et donne aux hommes la possibilité de choisir leur destin.
Le Solstice d'hiver est une période propice aux changements, à la musique, aux rires, aux chants et aux contes au coin du feu. Mais cette année tout commence sous de mauvais auspices, les augures ne sont pas bons et un premier mort, étouffé vient entacher le tableau. D'autant plus que Stig a assisté à toute la scène, il en est sûr, le chef des Dewe a été empoisonné. le début d'une lente descente aux enfers où la tension, palpable, pousse au bord de la folie.
Et c'est cette tension qui m'a tenue en haleine jusqu'à 1h32 précise. Je voulais savoir. Et il était absolument hors de question que ma nuit soit peuplée d'incertitude. C'est le véritable point fort de ce roman cette ambiance puissante et onirique, à la poésie certaine, où des êtres maléfiques rôdent et où le choix des hommes pousse le monde vers une bascule catastrophique. L'étau se ressert petit à petit sur ce roc enneigé, et le complot se dévoile peu à peu. « Un fil du destin se brise. Un autre se renforce ». Cette petite phrase se fait lancinante, oppressante. On ressentirait presque la destinée de notre héros se dessiner sous nos doigts.
L'ambiance donc. Et l'écriture aussi. Je l'ai davantage appréciée que dans le Garçon et la Ville qui ne souriait plus, plus détaillée, précise. C'est par ce biais que le paysage se tisse et qu'on s'immerge totalement dans ce nord fantasmé. Les quelques strophes qui rythment le récit lui donne un aspect légendaire et conté que j'aime beaucoup.
Outre Stig, auquel je me suis beaucoup attachée, l'ambiance et l'écriture, la trame de l'histoire se révèle être plus complexe que je ne l'avais imaginée sans toutefois me surprendre totalement. J'aurais presque préféré ne pas avoir les passages avec les autres personnages, notamment les « grands méchants », parce que cela m'a mis trop rapidement sur la voie alors que j'aurais préféré rester dans ce flou terrible dans lequel baigne notre héros. le seul petit, tout petit bémol que j'émets c'est le sort des personnages secondaires et notamment féminins. Je ne dirais rien pour ne pas vous spoiler mais j'aurais aimé qu'au moins l'une d'entre elle soit plus…constante. Voilà c'est tout, je me tais chut chut chut.
Bon c'est bien beau tout ça, mais, en vrai, de quoi ça parle ? Pour ma part je pense que c'est un message nous invitant à prendre notre destin en main..Et à ne pas nous cacher derrière de pseudos dieux. Tous nos actes ne viennent pas d'une force supérieure mais de nous mêmes. Nous ne sommes pas guidés par un destin unique et inaliénable. Tous nos actes conduisent à un destin possible et chacun d'entre eux renforce un fil plutôt qu'un autre.
On peut y voir également un sous entendu beaucoup plus triste : celui de l'inéluctable changement. le monde change, ses mythes, ses légendes, ses contes, se réinventent, évoluent, disparaissent. Les romans perpétuent la tradition de l'imaginaire, du récit légendaire et onirique, des vieilles histoires au feu de bois, mais ce ne sont plus celles d'hier. Mais il en reste toujours un petit bout, qui revient, qui se recréé, qui est là. Toujours.
En résumé
Que passe l'hiver est un huit clos terriblement addictif. Son ambiance onirique et glaciale, son héros tourmenté et sensible, ses neiges blanches et ses sombres trahisons en font un page turner redoutable qui laisse une place gigantesque à l'imagination. Servi par une plume poétique et précise, ce roman m'a emmenée très loin dans ce nord fantasmé peuplé de magie, de rires et de ténèbres. Un coup de coeur !
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
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FungiLumini
  01 mai 2018
J'avais dit que je n'achèterais des livres que des auteurs présents à la Foire du Livre de Bruxelles. C'était sans compter sur mon envie de découvrir ce livre depuis sa sortie, sur sa magnifique couverture qui m'attirait comme un aimant, et sur les mots de l'éditeur qui ont fini de me convaincre. Et j'ai bien fait de craquer. ;)
Stig est un jeune garçon au pied bot, fils du chef du clan des Feyren. Il va assister pour la première fois à la fête du solstice, durant laquelle les clans renouvellent leur serment de loyauté à l'Ordrain, fils du dieu Urian. C'est aussi l'occasion de festoyer autour de banquets, musique et contes. Cette année cependant, les choses ne se passent pas comme prévu : les morts s'enchaînent et les fils du destin s'emmêlent et rendent leur lecture floue. le Wegg n'est plus un endroit sûr, mais qui complote dans l'ombre?
En commençant ce livre, j'ai eu un peu peur : l'ouvrage débute par 3 pages de listes de clans et de leurs membres. Je me suis dit que je ne m'en sortirais jamais avec tous ces personnages ! Mais heureusement, chacun est introduit à son tour, et on s'y retrouve assez facilement au final. Il existe 4 clans et chacun possède un don magique : les Feyren se changent en animaux, les Oren lisent les différents fils du destin dans leurs rêves, les Dewe se rendent invisibles en marchant entre le monde réel et le Voile et les Lugen contrôlent les esprits. J'ai trouvé cet univers des clans et de leurs pouvoirs fascinant à découvrir !
Nous nous retrouvons dans un monde fermé : toute l'intrigue se déroule sur le Wegg et dans ses environs. L'ambiance, au départ joyeuse, devient vite sombre et angoissante : les morts sont de plus en plus nombreux, qui sera le prochain à mourir? Un complot se trame et la tension monte de plus en plus, jusqu'à éclater lors des révélations finales. J'ai beaucoup aimé la réflexion sur le destin proposée par l'auteur. Au final, sommes-nous réellement maîtres de nos actions ou notre destin est-il déjà tracé? Chaque acte posé par un personnage renforce ou brise un fil du destin et tisse un certain chemin, avec toujours davantage de possibilités.
L'univers proposé par l'auteur m'a aussi rappelé le moyen-âge, avec ses grands banquets, ses festivités entre le roi et ses vassaux pour prêter serment, les contes oraux déclamés par un barde, les fresques murales dans la salle commune. Un monde ancré dans les traditions et les vieilles croyances. le fait que la réalité soit connectée au monde des esprits, créatures magiques envoûtantes, mais terriblement dangereuses, m'a également beaucoup plu.
J'ai vraiment apprécié le personnage de Stig, jeune homme qui ne croit pas en lui et qui ne voit pas ses forces à cause de son handicap. Comme il ne doit pas devenir chef de clan (son frère, avec qui il a une magnifique relation, est l'héritier), il s'est nourri de contes et de légendes de la Clairière et possède un don d'orateur hors pair. Il va créer des liens forts avec des jeunes d'autres clans, qui vont leur permettre de déceler les indices qui les mèneront à la vérité, chacun mettant son pouvoir de clan au service du groupe d'amis. Cependant, Stig accorde bien trop facilement sa confiance, et cela lui jouera également des tours.
Si la narration principale suit le point de vue de Stig, des interludes nous permettent de voir à travers les yeux de personnages d'autres clans, et nous donnent des indices importants sur les machinations en cours et leurs origines. D'autres protagonistes m'ont captivée, notamment les prophétesses, femmes tatouées qui sont revenues du pays des morts, soi-disant sans âme, et qui lisent les signes du Dieu Urian dans les phénomènes naturels. Et bien sûr, j'ai adoré le personnage du roi cerf Cudwich, figure fantomatique qui est présent sans l'être vraiment, qui hante les paysages enneigés du Wegg. On ne sait pas où le trouver, mais il est là quand il faut pour dispenser sa sagesse et ses conseils. Un être mystérieux à l'aura mystique.
Le style d'écriture de l'auteur est très beau, à la fois poétique, sans en faire trop, et fluide. Chaque chapitre du livre commence par une strophe d'une légende contée, la légende de la dernière fête du solstice racontée par Stig Feyren. La seule chose qui fait que ce livre n'est pas un coup de coeur pour moi est que j'y ai trouvé certaines longueurs. Les éléments de l'enquête qu'on connaissait déjà sont souvent répétés. En fait, j'avais un peu l'impression d'entendre une de ces chansons qui répètent à chaque nouveau couplet les éléments du précédent en y ajoutant un nouveau. Cela donnait une certaine musicalité au texte, mais m'a quand même paru trop répétitif à mon goût.
Un monde fascinant de traditions et de légendes, de magie et de mystère, qui nous emmène dans les montagnes enneigées du Wegg prêter serment au fils du Dieu Urian. le complot qui se trame sera-t-il déjoué par notre héros ? Quels fils du destin ont été tissés pour lui et par lui?
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LesFantasydAmanda
  26 février 2019
--- La finesse incarnée ---
Ce qui m'a frappée en débutant ce one-shot, c'est la plume de l'auteur. Pour moi, David Bry a développé son propre style, unique et poétique, en dépit de quelques phrases à rallonge qui se sont malencontreusement immiscées dans le récit.
En outre, j'ai adoré les passages en début de chapitre qui, peu à peu, composent un poème au sens révélateur.
--- Un héros bien entouré ---
Le nombre de personnages dans Que passe l'hiver est impressionnant. Il est difficile de s'y retrouver ! Je pouvais toutefois me reporter à une liste complète des membres des différents clans dès que j'en ressentais le besoin, ce qui m'a beaucoup aidée.
L'histoire est portée par Stig, le dernier-né de la famille à la tête du clan Feyren… et une quantité négligeable aux yeux de son père en raison de son pied bot. Car, dans le monde dans lequel il vit, à la dure si je puis dire, c'est un handicap intolérable. Heureusement, Stig a bénéficié du pouvoir propre à son lignage ; il peut ainsi se transformer en corbeau à volonté. Sous cette forme, la liberté lui ouvre les bras !
Voilà donc un personnage loin d'être anodin qui a attiré l'attention des Dieux. Ceux-ci lui réservent d'ailleurs un destin à mille lieux de la place censée être la sienne…
--- Quand le climat est tendu ---
Chaque année, les clans se réunissent au Wegg afin de renouveler leur serment d'allégeance aux Dieux. Et pour la première fois, Stig est autorisé à y participer ; comme vous pouvez l'imaginer, il est très impatient. Néanmoins, ce qui l'attend, ce n'est pas le tranquille rassemblement des clans.
En effet, Que passe l'hiver est un complot savamment orchestré qui va pourtant rencontrer quelques obstacles. Entre victimes collatérales, conséquences irréversibles et douleurs que rien ne pourra apaiser, le prix à payer sera élevé. Il faut dire que David Bry ne ménage pas ses personnages, piégés malgré eux au coeur de l'hiver !
L'intrigue prenant des chemins inattendus, durs et même sanglants, j'ai été de surprise en surprise. Et les températures négatives qui enveloppent le récit ne font que rajouter à l'atmosphère glaciale de ce one-shot, à la méfiance que tous les protagonistes se portent mutuellement.
--- Toujours pas convaincu ? ---
Alors, j'ajouterai que la mythologie et les systèmes de magie inventés par l'auteur sont captivants. C'est un véritable univers qu'il a créé de toutes pièces. Même s'il ne revisite pas le genre, il a le mérite d'être prenant.
De plus, le final porte l'histoire à son apogée. Certes, il ne répond pas à toutes les questions, mais l'idée qu'il persiste des zones d'ombres me plait énormément. J'ai donc très envie de me lancer dans le garçon et la ville qui ne souriait plus, une uchronie également écrite par David Bry, car le synopsis a largement retenu mon attention !
Lien : https://lesfantasydamanda.wo..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   21 mars 2018
Le drame se déploie, à l’échelle d’une famille, d’un clan, d’un monde. La tension grimpe au fur et à mesure que les pages se tournent, et on se laisse emporter, comme un flocon de neige dans la tourmente.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
DreamBookeuseDreamBookeuse   12 mars 2019
Tu crois que le passé réside dans ce qui se trouve derrière nous. Tu te trompes, Stig. Car il porte également en lui l’ensemble de ce qui est déjà écrit et que nous ne pourrons pas changer, quoi que nous fassions […] Tout dépend des choix, des fils qui se renforceront, de ceux qui se briseront. Certains destins sont inéluctables. Il est cependant possible d’en modifier d’autres, oui.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   12 mars 2019
Je peux faire en sorte de t’aider à comprendre, mais ne te révélerai rien de ce que j’espère ou attends de toi. Car si je le faisais, ce serait te mettre un bandeau sur le visage. Tu n’as pas besoin de mon regard pour voir. Tu n’as pas besoin de mes oreilles pour entendre. Tu n’as pas besoin de mon coeur pour ressentir. Si je t’apprenais ce que je sais, alors je désavouerais tout ce que tu es. Vous faites cela très bien sans moi, vous autres, les hommes.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   12 mars 2019
Ce qui ne se répare pas se recrée. Ce qui s’est brisé s’invente à nouveau. La vie, Stig, possède des ressources infinies. Malgré tout.
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FungiLuminiFungiLumini   01 mai 2018
Rassure-toi. Il n’est jamais trop tard. Jamais. Ce qui ne se répare pas se recrée. Ce qui est brisé s’invente à nouveau. La vie, Stig, possède des ressources infinies. Malgré tout.
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CotonCoton   12 avril 2017
Que passe l'hiver sur la Clairière
Aux étranges trouées sombres,
À la magie puissante et aux mystères sans fin,
Aux dieux, aux hommes si cruels.

Que passe l'hiver sur un roi
Mi-dieu mi-homme, au destin funeste ;
Sur celui qui devina la mort de ses terres,
Ne put s’y résoudre.

Que passe l’hiver, oui.
Mais qu’en restent les souvenirs.
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Vidéo de David Bry
Conférence Métamorphes, berserkers, demi-dieux... Et autres créatures imaginaires enregistrée aux Imaginales 2018 Avec Eric Amon, Cassandra O'Donnell, Stefan Platteau et David Bry
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