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ISBN : 9791097434229
Éditeur : Lynks Editions (10/01/2019)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Romain fuit chaque nuit sa demeure bourgeoise et confortable, pour rejoindre la Cour des Miracles où vivent les anormaux – fous, difformes, obèses, et autres parias parqués là par les Lois de l’Église. Le soir de ses quinze ans, il découvre qu’un terrible complot vise les habitants de la Cour.
Des coupe-gorges de Mouffetard aux ruines de Notre-Dame, il devra compter sur son ami Ambroise, sur Joséphine, Lion et Akou, pour lever le voile sur la conjuration et é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
LeslivresdeRose
  09 février 2019
Je remercie chaleureusement les éditions Lynks et le site Simplement Pro pour l'envoi de ce service presse ! Merci de m'avoir permis de découvrir cette pépite ! 😊
Ce récit prend place en France au 19ème siècle, dans un Paris alternatif ! En effet, il ne ressemble pas exactement au Paris des siècles passés décrit dans nos livres d'histoire ! Entre autre chose, une loi abjecte qui, heureusement, n'a jamais vu le jour dans notre réalité, a été votée début 1800. Celle-ci a pour nom « Loi de la Norme » et a été mise en place dans le but de créer une société lisse et sans défaut, où tout le monde serait « identique ». Elle prône donc le bannissement de tous ceux qui présentent des différences flagrantes (qu'elles soient physiques ou mentales) c'est-à-dire : les nains, les estropiés, les fous, les homosexuels, les obèses, les boiteux,… Ces personnes, appelées les « anormaux », sont dénoncées et rejetées par la bonne société bien-pensante. Elles sont ensuite parquées sur l'île de Paris (la fameuse île où se situe la cathédrale Notre-Dame) rebaptisée la Cours des Miracles. Là encore, le paysage n'a rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd'hui ! La cathédrale a perdu sa splendeur d'antan : en ruine et abandonnée depuis bien longtemps par les fidèles. Ainsi séparés des autres habitants par la Seine, ces « anormaux » ne dérangent plus personne.
Notre héros, Romain, est un jeune adolescent qui vient d'avoir 15 ans au moment où débute cette histoire, en 1858. Il a grandi au sein d'une famille aisée, dans une maison cossue des quartiers huppés de la ville. Son père occupe le poste de chef de police et sa mère est une ancienne aristocrate désargentée. À priori, il ne manque donc de rien. Et pourtant…Régulièrement le soir, il traverse le fleuve à la nage et se rend à la Cours des Miracles. Caché derrière les vestiges de la cathédrale, il observe et envie la joie de vivre et la liberté des « anormaux ». Il se sent proche d'eux pour une raison qu'il garde secrète. La découverte d'un complot qui menace de détruire l'île et tous ses habitants va quelque peu changer son quotidien et le forcer à faire des choix !
J'ai adoré sillonner les rues de ce Paris à la fois si différent de celui que j'ai déjà visité (lois et configurations de certains quartiers) et si semblable (le nom des rues et de certains lieux-dits n'ayant pas changé). Je pouvais facilement m'imaginer les allées bordées d'arbres, les petites ruelles sombres, l'inquiétant cimetière ou encore les murs, gargouilles et statues atrophiés de la cathédrale. Tout le récit prend place dans la capitale française. le contexte en dehors de la ville est, de ce fait, à peine effleuré, puisque pas nécessaire, en soi, pour comprendre l'intrigue. Inutile, en effet, de noyer le lecteur sous une tonne d'informations qui ne lui servira, ensuite, à rien. D'autant que c'est un roman jeunesse, je comprends donc parfaitement ce parti-pris de la part de l'auteur !
L'important, je pense, c'est que le lecteur s'imprègne du message qui transparait dans les lignes de ce texte : la tolérance et l'acceptation des différences. Plus encore même que la « simple » acceptation des différences, c'est la richesse de ces dernières qui est mise en valeur ! Grâce à elles, chacun a l'occasion de se confronter à d'autres points de vue que les siens, de se remettre en question et donc d'évoluer. Sans elles, le monde stagnerait, en quelque sorte. Il serait peut-être plus sécurisé (et encore…) mais présenterait un visage lisse et sans attrait, immuable à travers le temps. D'un ennui mortel, en somme. J'ai apprécié que l'auteur propose aussi bien les points de vue des opposants que des adeptes à cette Loi de la Norme. le lecteur peut ainsi les comparer et se forger son propre avis. Les discours tenus par l'archevêque sont séduisants : ils promettent prospérité et sécurité dans un monde où tout le monde poursuivrait un idéal commun. Mais ils sont également dangereux, comme le mettent en lumière les écrits de ses adversaires. En effet, qui est-il pour décider ce qui est « normal » ou non ? Sur quels critères certains hommes s'arrogeraient-ils le droit de décider que d'autres ne méritent pas de vivre parmi eux ? Autant de questions criantes d'actualité… Si l'opinion de l'auteur à ce propos ne fait aucun doute (vu le chemin que prend son récit) je trouve, malgré tout, qu'il laisse une certaine liberté à son lecteur. Liberté de se faire sa propre idée et de peser le pour et le contre de chaque discours, ce qui me semble très bien joué de sa part !
Au niveau des personnages, l'auteur les croque avec précision et arrive à les rendre tous terriblement attachants ! J'ai adoré Romain, Ankou, Lion, Joséphine, Ambroise et toute la clique ! Ils sont courageux et déterminés mais ont également leurs faiblesses (Romain avec le secret qu'il n'ose révéler et qui le hante, Lion avec sa sensibilité à fleur de peau qu'il cache derrière ses airs bravaches,…). Ces jeunes ne sont cependant pas seuls pour déjouer le complot! Ils sont aidés et protégés par des adultes, ce qui rend le récit plus réaliste.
L'intrigue est bien menée et rythmée. Si j'ai vu venir certaines révélations, je pense qu'un public plus jeune se laissera plus facilement surprendre ! Ce qui est sûre c'est que j'ai beaucoup aimé suivre les péripéties de Romain et de ses compagnons ! La plume de l'auteur est fluide et les pages se tournent toutes seules. La fin est, d'ailleurs, arrivée trop vite à mon goût... J'ai eu bien du mal à laisser les personnages derrière moi !
En bref, un roman jeunesse à lire absolument quel que soit votre âge ! L'intrigue entrainante et les thématiques abordées par l'auteur séduiront aussi bien les petits que les grands, j'en suis persuadée. Ce n'est pas un coup de coeur pour moi (du moins pas encore mais à voir comment l'histoire va continuer à vivre en moi) mais une excellente lecture que je recommande chaudement ! À mettre entre toutes les mains ! Et si je ne vous ai pas convaincus, je vous conseille d'aller lire les chroniques d'OmbreBones, de Livraisons Littéraires ou encore de Les lectures de Sophie (pour ne citer qu'elles) qui en parlent en des termes très élogieux également ! 😊

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xnewlo
  05 février 2019
C'est la magnifique couverture et l'histoire atypique qui a porté mon choix sur ce livre lors de la dernière opération Masse Critique. Je remercie donc les éditions Lynks et Babelio pour m'avoir permis de découvrir ce roman.
On suit l'histoire de Romain, adolescent bourgeois, qui s'efforce de suivre le chemin que ses parents se donnent tant de mal à lui tracer. Mais, au fond de lui, ce jeune homme sait qu'il est différent des autres, et n'est pas heureux dans la vie que l'on est en train de lui choisir. Pour palier à cela, Romain s'enfuit de chez lui chaque nuit pour se rendre à la "Cour des Miracles", une île en plein coeur de Paris, où sont parqués les "anormaux", dont la société et l'Église ne veulent plus. Il va y découvrir la joie, l'amitié, l'amour, la liberté. Hélas, bien vite, le jeune homme va vite se rendre compte que l'île est en péril et qu'un complot se prépare pour l'éradiquer... Romain va donc devoir lutter pour protéger la "Cour des Miracles", quitte à tout perdre...
Romain est un jeune homme sensible, intéressant et courageux. Il est humble malgré sa condition de bourgeois, et est prêt à tout pour aider son prochain. Il a grand soif de liberté et de découvertes, choses qu'il n'a pas dans sa vie morose toute tracée...
Ambroise est le meilleur ami de Romain. C'est le fils du préfet de la ville. Cela ne l'empêche pourtant pas d'accompagner son camarade dans ses escapades nocturnes ! C'est un jeune homme digne de confiance, sur qui l'on peut compter.
Enfin, il y a foule de personnages secondaires dans cet ouvrage. Parmi eux, Lion, un jeune rouquin téméraire, Akou son ami, Ninon la domestique de la famille de Romain, Adélaïde la soeur de Romain, les "Guenillards", etc..
Dans l'ensemble, "Le garçon et la ville qui ne souriait plus" est assez divertissant. L'histoire n'est pas si originale que cela, mais le fait de l'intégrer dans le 19éme siècle, plutôt qu'à une époque futuriste, donne un rendu atypique mais bien mené. J'ai plutôt apprécié les différents personnages, assez nuancés et donc parfois difficiles à cerner tout au long de l'histoire.
L'époque, ainsi que la place de l'Église dans la société étaient intéressants à suivre.
Mention spéciale aux documents et aux illustrations à chaque début de chapitres, qui sont absolument magnifiques et s'incluent parfaitement dans le récit. Ce livre est vraiment très beau sur la forme.
Sur le fond, c'est divertissant, original, mais par moment, cela manque tout de même de détails. Les dernières pages tournées, on reste sur notre faim, et on aurait tellement voulu en savoir davantage sur les "anormaux", et sur l'évolution de la société présentée. Une fin un peu vite expédiée en somme, et un cadre spatio-temporel qui méritait davantage d'approfondissement.
En conclusion, ce livre est magnifique, que ce soit la couverture, ou les illustrations à chaque début de chapitre. L'histoire est agréable et divertissante. Les personnages sont attachants.
Toutefois, l'ensemble méritait un peu plus d'approfondissement compte tenu du potentiel immense de l'histoire. Un peu dommage, mais le roman reste bon. Bonne lecture !
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Lucilou
  01 décembre 2018
Tout d'abord, merci aux éditions Lynks et à Babelio pour la découverte de ce roman, dans le cadre d'une masse critique consacrée à la littérature jeunesse.
"Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus" est un roman singulier, surprenant et dont je ressors un peu mitigée, frustrée. Sur ma faim en fait.
Nous sommes à Paris en 1858, sous l'empire mais pas celui de Napoléon III, non, celui d'un certain Nicéphore le IIIème. La France du roman n'est pas celle du Second Empire que nous connaissons, bien qu' on y retrouve certains points communs: le fossé entre grande bourgeoisie et bas peuple, bals splendides, tractations maritales, mélodies jouées au piano au coeur d'un salon feutré, argot gouailleur... Au jeu des différences, outre le nom de l'empereur, le pouvoir de la religion et le fonctionnement de la société. Dans la France du roman, un jour de novembre 1808 furent votées un ensemble de décisions pour garantir la stabilité, la sérénité du territoire. de ce terrible conciliabule politique influencé par un archevêque aussi fanatique qu'inquiétant naquit "la Police de la Norme" chargée de rechercher puis d'arrêter toute personne coupable de difformité physique ou mentale, de toute maladie de même nature ou de toute conduite contraire à la morale dominante. Traqués, arrêtés, parqués, c'est ainsi que tous les "anormaux" (les obèses, les boiteux, les homosexuels, les grands brûlés, les handicapés... la liste est d'une terrifiante longueur...) se retrouvent à la Cour des Miracles, sur l'île de la Cité et dans les ruines de Notre Dame de Paris.
Romain est le fils aîné du chef de la police et d'une aristocrate déchue. Il vit dans les beaux quartiers de la capitale et pourrait se contenter d'une existence dorée faite de brioches au petit déjeuners, de dîners mondains et d'un brillant mariage de convenance. Mais il a quinze ans et rêve de liberté et d'une autre vie. Il a quinze ans et sa vie l'ennuie tout autant que le chemin que les siens ont tracé pour lui. Et puis.. il y a ce que quelque chose ne lui, ce secret qui lui fait penser que lui aussi est un "anormal", un "indésirable" et il n'en peut plus de se cacher. C'est pour cela entre autre qu'avec son meilleur ami Ambroise, il aime à faire le mur pour aller apprendre la savate à Montmartre, boire dans un cabaret louche de la rue Mouffetard et surtout se rendre à la Cour des Miracles qui l'attire comme un aimant.
Un soir Romain découvre presque par hasard qu'un gigantesque complot menace la Cour des Miracles et la vie de ses habitants. L'adolescent décide alors de tout faire pour les sauver, quitte à rompre avec les siens. Il entraîne dans son sillage Ambroise mais aussi ses nouveaux amis de la cour: Lion, Akou, Joséphine... Mais le chemin vers la lumière sera long et semé d'embûches: qui croire? Comment lutter contre une conjuration qui prend racine dans les plus hautes sphères du pouvoir? Qui sont les lames noires qui n'hésitent pas à tuer au nom de la religion? Comment mettre fin à cinquante d'intolérance et de peur?
Il y a du bon, voire du très bon, dans ce roman et du moins bon.
Le bon, c'est l'univers né de la plume de David Bry: garder les caractéristiques de notre Second Empire tout en lui conférant une dimension complètement nouvelle avec la Police de la Norme, le ghetto d'indésirables... Je sais que le terme "dystopie" sert le plus souvent (toujours?) à qualifier une oeuvre qui décrit une société future et imaginaire qui empêche ses membres d'être heureux et qui veux mettre en garde contre les dangers des idéologies dominantes, mais ce mot me semble approprié pour "Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus", sauf que nous voilà dans une "dystopie du passé"... C'est très bien pensé, on est proche de la fascination mais c'est aussi là que le bât blesse: on voudrait en savoir plus. Cet aspect du roman aurait mérité d'être développé, approfondi. L'auteur passe souvent trop vite sur ce cadre, ce qui l'a amené, sur le pourquoi du comment... L'idée était si géniale... c'est dommage de ne pas l'exploiter à fond...
Le bon, c'est aussi la sensibilité de l'écriture qui sait très bien rendre les tourments et les questionnements de Romain, joli personnage tout en finesse et en sensibilité.
Le bon, ce sont aussi d'attachants personnages secondaires (j'ai personnellement un faible pour Roderic de Sens).
Le bon, c'est encore l'idée d'avoir mis au début de chaque chapitre des extraits de chansons, de journaux intimes de personnages, de textes de lois relatifs au monde décrit et qui tente de se déployer dans le roman.
Le bon, c'est enfin ce XIX°siècle bien dépeint qui rappelle Eugène Sue avec sa profusion de personnages atypiques et gouailleurs au parler argotique savoureux, qui rappelle aussi parfois le Gavroche de Hugo ou sa Cour des Miracles.
Au registre des points négatifs, il y a ce manque de profondeur que j'ai tant regretté, qui m'a tant frustré et dont j'ai parlé plus haut. Pourquoi? Comment en sont-ils arrivés là?
Il y a aussi cette impression générale désagréable d'un roman qui va trop vite, beaucoup trop vite: tout arrive au bon moment et rapidement aux personnages. Même quand ces derniers sont en difficultés, ils s'en sortent trop bien trop rapidement... Cette sensation est particulièrement présente pour la fin du roman menée tambour battant, si bien qu'elle manque de vraisemblance parfois et d'explications.
Il y avait matière à écrire un chef d'oeuvre mais le tout donne l'impression d'avoir été bâclé... C'est d'autant plus regrettable que les idées étaient là et bien là, excellentes... Oui mais voilà... Un roman qui aurait mérité plus d'approfondissement, de labeur peut-être...
Pas un mauvais moment en somme, mais un moment gâché par cette impression et la frustration qui en découle.

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FungiLumini
  17 janvier 2019
Je remercie les éditions Lynks pour l'envoi de ce livre ! C'était une des sorties que j'attendais le plus de ce début d'année, ayant adoré Que passe l'hiver du même auteur. Et il s'est fait attendre ce colis (c'était une super belle box avec deux posters, une clé et un livret en plus du livre ❤ ), puisque la poste l'avait égaré, puis miraculeusement retrouvé ! Je n'ai jamais été aussi contente de voir mon facteur arriver avec cette box 😀 Bien que ce livre soit assez volumineux, je l'ai dévoré !
Romain fait partie de la haute société de Paris, mais ne s'y sent pas à sa place. Tous les soirs, il s'échappe par sa fenêtre et plonge dans le fleuve pour aller observer les soirées festives de la Cour des Miracles. Cet endroit, situé sur l'île de la Cité (où se trouve Notre-Dame de Paris), regroupe tout ce que la ville abrite d' »anormaux », ces personnes rejetées pour leurs physiques différents, esprits jugés dérangés ou moeurs dépravées. Tout aurait pu continuer ainsi si Romain n'avait pas appris en écoutant aux portes du bureau de son père (chef de police) qu'un complot visait à détruire l'île, se débarrassant ainsi de ses habitants indésirables par la même occasion…
L'auteur nous décrit une société dans laquelle la différence n'a pas sa place, un monde régi par les lois de la Norme et la peur, qui dictent la bonne conduite à adopter, le physique à avoir et qui ne laissent aucune place à la liberté. Ordre et sécurité sont de rigueur. Notre protagoniste cache un secret qu'il ne peut révéler à personne – même pas à ses proches, ce qui lui pèse énormément – sous peine de se retrouver à son tour paria. Avec l'annonce du complot, il va devoir choisir entre sa famille, très stricte et conformiste mais qu'il aime et qu'il ne veut pas décevoir, et ce peuple à qui il s'identifie de plus en plus et qu'il apprend à connaître pour son plus grand plaisir. Un choix difficile entre qui il doit paraître être et qui il est véritablement.
Je trouve que l'auteur a construit de magnifiques personnages dans ce récit, des êtres à qui on s'accroche et qui nous touchent énormément, par leur vécu, mais aussi par leur courage et leur persévérance. Tous veulent sauver la Cour des Miracles et n'hésiteront pas à mettre leur vie en danger pour y parvenir et ainsi sauver les gens qu'ils aiment. Une véritable famille s'est formée sur l'île, sans lien de sang, mais unie par un attachement bien plus fort. Liés dans l'adversité et la misère, ils s'entraident pour survivre, partageant ensemble le butin du jour pour que chacun puisse manger.
Si j'ai aimé suivre Romain et partager avec lui ses aventures, c'est les personnages de Lion et Zacharie qui m'ont le plus touchée. Lion est un grand rouquin costaud avec une partie du visage déformée, qu'il cache sous ses mèches. Il est brave, courageux et défend avec ferveur ses amis. Zacharie est quant à lui un petit garçon avec des taches de vin qui sont apparues sur sa peau et un zozotement trop mignon. Abandonné par sa famille, il attend toujours désespérément sa maman, car il est sûr et certain qu'elle va venir le rechercher.
L'auteur fait parler ses personnages « anormaux » avec un parler particulier : celui de la Cour des Miracles (un lexique est disponible à la fin de l'ouvrage si besoin, mais je n'en ai presque jamais eu besoin pour ma part). Une langue à part qui donne un ton particulièrement familier et doux aux personnages qui la parlent.
Les valeurs mises en avant dans ce livre sont essentielles : refuser l'ordre établi quand il est injuste, exiger la liberté, avoir le droit d'être soi-même tout simplement. Vers la fin, plusieurs scènes m'ont mis la larme à l'oeil, tellement elles étaient touchantes, fortes en émotions. Quand enfin les injustices sont dénoncées, quand enfin les gens se lèvent pour défendre les laissés pour compte, même si c'est parfois en vain, cela fait tellement chaud au coeur.
Dernière chose, mais non des moindres, la mise en page du livre est top ! Chaque chapitre commence par un extrait de loi, de discours d'un officiel, d'une chanson populaire, qui nous plonge directement dans cette société atypique et son fonctionnement. À la fin de chaque partie se trouve l'illustration d'un objet déterminant dans le chapitre. Et cette couverture magnifique, on en parle aussi? Tout est fait pour vous attirer vers ce livre, et vous auriez bien raison de craquer, parce qu'il est vraiment super !
J'ai juste trouvé dommage que la partie de l'île plus dangereuse soit sous-utilisée. On l'évoque vaguement comme un endroit sordide regroupant les assassins, voleurs et autres truands mais on n'y met presque pas les pieds et ses habitants ne semblent pas vouloir s'impliquer dans le sauvetage de l'île, qui les concerne pourtant directement ! Autre petit élément, mais qui ne devrait pas déranger le lecteur qui a acheté le livre : j'ai reçu un petit livret avec une nouvelle de 4 pages, sorte d'épilogue à l'histoire. Je pense cependant que je n'ai eu qu'une seule des 5 parties (« à l'église Sainte-Mathilde »). Si des chroniqueurs qui ont reçu les autres parties sont intéressés par des échanges avec les parties que je n'ai pas, n'hésitez pas à me le dire en commentaire ! :p J'espère que la maison d'édition ou l'auteur rendront ces contenus accessibles à tous !
Une magnifique couverture qui cache un superbe roman plein de belles valeurs : courage, force de caractère, amitié, amour et bravoure. Des personnages super touchants à qui on s'accroche énormément. Une ode à la différence et contre les injustices qui régissent la société. À lire sans modération !
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DreamBookeuse
  04 février 2019
Romain fuit. Quoi ? Vers où ? Qui ? Il fuit pour se retrouver un peu plus dans les nuits noires, dans les danses de cet homme roux, dans les couleurs des visages de la Cour des Miracles. Il fuit un foyer où il n'a ni place ni amour ni tendresse. Il fuit sa mère qu'il ne sait plus comment gérer, fuit les obligations du fils du chef de la Police, vole les cartes de patrouille et vadrouille dans les rues sombres de Paris avec Ambroise à la recherche d'un abandon auquel ils n'ont plus droit depuis la Police de la Norme.
Jusqu'au jour où tout bascule. Conversation surprise, échange de lettre entachée de sang, un complot menace la Cour des Miracles et Romain est le seul à pouvoir le déjouer. Un combat solitaire contre les Lames Noires, l'Église, sa famille, Paris tout entier qu'il n'est pas sûr de remporter. C'est sans compter sur les hors normes, les miraculés, les éjectés de la société, sans compter sur la Cour toute entière.
Après un prologue haletant c'est sur les lois de la Norme que s'ouvre le roman de David Bry. Une sentence irrévocable et un souffle de mort, de peur, d'angoisse. Vous voilà prévenu.e.s, ici terrain miné. Dans un Paris fantasmé, uchronique réalité, de 1808 à 1858, son personnage s'installe : Romain, 15 ans, tente de faire comprendre à sa mère qu'il n'est pas comme les autres, qu'il n'est pas comme tous ces jeunes gens voués à un grand avenir. Et dans le regard d'Isabelle de Sens, de la colère…et de la peur. Ce regard que beaucoup de jeunes aujourd'hui connaissent. Et partout dans le monde entier des Cours des Miracles s'installent en marge, bruissent aux sons de musiques païennes, s'engouffrent dans les brasiers et les coeurs, il ne sera pas dit que la liberté sera endiguée tant qu'il y aura dans les âmes un petit peu de ce courage qui manque parfois à beaucoup d'entre nous.
Parce que le courage il en faut à Romain pour comprendre et accepter ce qu'il est, pour braver le canal glacé et remonter l'échelle rouillée jusque dans la Cour, pour observer celui qu'il cherche sans cesse dans la foule.
Mais le jour de ses 15 ans, Romain surprend une conversation qui changera à jamais son destin : les jours de la Cour des Miracles sont comptés. le jour du cinquantième anniversaire de la Norme il ne restera d'elle plus que des cendres. Bien décidé à empêcher que tout cela n'arrive et ne détruise ce qui le fait sortir chaque nuit de sa cachette, le jeune homme se fait mousquetaire et réclame justice, justice pour les nains, fous, homosexuels, malades et mendiants qui se terrent dans des ruines sous prétexte qu'ils sont différents, qu'ils ne respectent pas la norme. D'un combat solitaire c'est une véritable petite équipe qui se met en branle pour sauver leur ville et leur façon de vivre. D'uchronie le Garçon et la Ville qui ne souriait plus passe dans les rangs du roman d'aventure aussi haletant que prenant qui ne laisse pas une seule seconde de répit à son lecteur.
De complots en révélations, il m'a semblé volé sur les toits de Paris en compagnie de Romain et ses acolytes à la recherche des Lames Noires, du Chasseur et des fanatiques de l'Empire. Élancés dans un combat perdu d'avance contre des forces qui les dépassent, ils pourraient cependant avoir bien des surprises et découvrir des combats autrement plus féroces, sanglants et violents : l'abandon d'un enfant, la vengeance, la rage, la haine… Autant de fragments de vie qui d'un coup explosent au visage de nos protagonistes.
Alors peut-être que les auteurs devraient se retrouver à la Cour des Miracles pour nous proposer des romans ainsi faits : qui vous transportent et vous galvanisent, qui vous donnent envie de croire en un avenir meilleur, qui vous redonnent un espoir. Une flamme aussi. Et oui, il y a quelque chose d'assez magique à lire un page turner de cet acabit en sachant que plus d'un.e.s le liront en ayant au coeur l'idée de pouvoir vivre dans un monde plus juste.
Et non, je n'oublierai pas de souligner l'écriture de David Bry dont on m'a souvent vanté les mérites. Rapide et efficace je n'ai pas particulièrement trouvé sa plume poétique ou magique comme d'autres chroniqueurs et chroniqueuses ont pu le dire mais empreinte d'une certaine justesse. Loin des sabres de cérémonie, sa plume frappe avec finesse et pour ce roman…c'était exactement ce qu'il lui fallait.
En résumé
Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus est un roman haletant et romanesque qui prend ses sources dans un Paris uchronique et sombre. Sans rien avoir à envier à un Alexandre Dumas, David Bry nous propose 350 pages d'aventure et d'adrénaline ponctué d'un message politique fort de tolérance. A travers le personnage de Romain c'est notre propre identité que nous retrouvons, quelle qu'elle soit.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
DreamBookeuseDreamBookeuse   04 février 2019
En ce onze septembre mille huit cent huit, la nouvelle loi relative à la stabilité de l’Empire ordonne :
– Que soit créé la Police de la Norme
– Que cette Police de la Norme arrête toute personne coupable de difformité physique ou mentale, de toute maladie de même nature ainsi que de toute conduite ou mœurs contraire à la Nature.
– Que tout citoyen permettant la découverte d’un individu présentant des troubles d’anormalité soit récompensé d’un quart d’once d’or.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   04 février 2019
Qui sommes-nous, pour décider de ce qui est normal ou pas ? Qui sommes-nous pour décider qui doit vivre dans notre société, et qui ne le doit pas ? Et sous quel prétexte ? Et il y a autre chose encore. Si nous poursuivons dans cette voie, qui nous garantit que demain, la Police de la Norme ne viendra pas chercher les veuves éplorées coupables d’avoir perdu leur mari, les gauchers, ceux à la vision trop basse, les vieux ou les femmes et les hommes aux cheveux roux ?
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DreamBookeuseDreamBookeuse   04 février 2019
Grand, à peine plus vieux que lui, il porte une simple salopette qui laisse voir sa poitrine et ses bras musculeux. une épaisse crinière rousse lui mange la moitié du visage et vole au grès de ses pas de danse. Son œil droit brille sous les reflets du brasier et sa figure tout entière irradie d’une joie païenne.
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FungiLuminiFungiLumini   17 janvier 2019
Nous savons tous, bien sûr, qui sont ces ennemis: ceux que Dieu, dans Son immense bonté, nous avait depuis si longtemps désignés par leurs traits ou leurs esprits si différents des nôtres, par leurs mœurs incompatibles avec la bienséance, les règles de la nature et celles de Dieu. Les anormaux.
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FungiLuminiFungiLumini   17 janvier 2019
Tu es mon ami parce qu’avec toi, il n’y a pas de limite à ce qu’on peut vivre, à ce qu’on peut essayer d’être. Je comprends aujourd’hui pourquoi. Mais ça n’enlève rien. Au contraire. Ça t’ajoute le courage. Alors, pour tout ça, tu es et tu resteras mon ami. Quoi que tu sois.
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