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EAN : 9782354087401
291 pages
Mnémos (22/08/2019)
3.51/5   77 notes
Résumé :
XIX e siècle. Bertrand Lacejambe est un célèbre botaniste dont la particularité est de manger des fleurs, une bizarrerie culinaire qui lui vaut de de changer de couleur de cheveux au rythme de ses humeurs. Accompagné de son fidèle ami Fenby, elficologue amateur, il va braver les dangers pour démasquer un tueur dont le rituel consiste à tapisser le ventre des cadavres avec des fleurs au parfum entêtant.Sur leur route, ils sont entraînés dans une bien curieuse mélodie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
3,51

sur 77 notes
Les quatre mousquetaires de la fantasy. Voilà le surnom utilisé par certains pour désigner quatre jeunes auteurs français jugés particulièrement prometteurs dans les années 1990 : Mathieu Gaborit, Fabrice Colin, Laurent Kloetzer, et Sabrina Calvo dont « Délius » est le tout premier roman. Initialement paru en 1997, le texte fait l'objet en cette rentrée 2019 d'une nouvelle publication dans un superbe écrin (la couverture est signée Cindy Canévet) : l'occasion de (re)découvrir cet ouvrage malheureusement un peu tombé dans l'oubli. L'autrice y met en scène un duo de personnages truculents en la personne de Bertrand Lacejambe, botaniste de génie résidant à Marseille, et son ami Fenby, anglais exilé en France et profondément marqué par sa rencontre il y a plusieurs années avec ce qu'il pense être des créatures féeriques. Tous deux voient leur quotidien perturbé lorsqu'une troupe pour le moins hétéroclite débarque un jour dans leur demeure afin de leur confier une enquête pour le moins intrigante. En effet, voilà plusieurs semaine qu'un assassin sème les cadavres un peu partout dans le monde sans que les enquêteurs ne soient en mesure de définir ni le profil de l'homme, ni son mobile, ni la façon dont il procède. Ne voyant guère de rapport avec leur corps de métier, nos deux compères sont sur le point de refuser avant que la curiosité de Lacejambe ne soit titillée par un détail surprenant : les visages des victimes expriment tous une profonde béatitude et leur corps est intégralement recouvert de fleurs. Il n'en fallait pas plus au botaniste pour abandonner séance tenante toutes ses activités et se lancer à corps perdu dans cette enquête dont il pourrait bien regretter de s'être mêlé.

Le texte est d'une grande sensibilité et fait référence à de nombreux artistes dont l'autrice s'inspire et auxquels elle rend plus ou moins explicitement hommage. La musique occupe ainsi une place centrale dans le roman, surplombé par deux figures majeures des XIXe et XXe siècle : la musicienne et compositrice Kate Bush et Frederick Delius, compositeur anglais qui à l'honneur de figurer au nombre des personnages du roman. La poésie occupe aussi une place essentielle : quelques poèmes de P. D. Finn sont reproduits et servent de fil conducteur au récit qui, sous la plume de Sabrina Calvo, développe sa propre poésie. Toujours dans le domaine littéraire, difficile également de passer à côté des références à deux personnages emblématiques de la littérature anglaise. Que ce soit par leur physique ou par leur attitude, nos deux héros ont en effet des allures très reconnaissables de Sherlock Holmes et John Watson : le premier est un génie dans son domaine mais s'avère complètement farfelu, le second est terre-à-terre et plus doué pour les interactions sociales. le clin d'oeil ne se limite d'ailleurs pas qu'à une simple ressemblance puisque la petite troupe responsable de l'affaire fait à plusieurs reprises nommément référence au célèbre détective qui semble être considéré par certains comme un personnage bien réel (ce que d'autres réfutent absolument). Il est aussi amusant de constater qu'Arthur Conan Doyle figure lui aussi parmi les personnages du roman, l'autrice utilisant habilement certains pans de sa biographie pour les faire coïncider à son histoire (sa fascination pour le spiritisme, notamment). Toutes ces références participent à donner au roman une ambiance très particulière dont on comprend sans mal pourquoi elle a séduit tant de lecteurs lors de sa première parution.

En dépit de l'indéniable poésie qui se dégage du texte, le roman reste tout de même très particulier. Ne vous attendez pas à une enquête ou un récit conventionnel, vous serez déçu ! L'autrice fait en effet régulièrement le pari de l'absurde et s'amuse à faire perdre aux lecteurs et aux personnages tous leurs repères, enchaînant les situations plus burlesques les unes que les autres (c'est un aspect qui m'avait aussi gêné dans « Arcadia » de Fabrice Colin, un roman qui présente des similitudes avec celui de Calvo). Certaines scènes ou dialogues paraissent ainsi complètement surréalistes, au point qu'on a souvent l'impression (notamment dans la seconde partie) de se retrouver dans un univers à la « Alice au pays des merveilles », avec une multitude de personnages bizarres et des situations complètement absurdes. C'est amusant parfois, déroutant souvent, en tout cas ça ne laisse pas indifférent. Si certains pans de l'intrigue m'ont laissée dubitative, plusieurs trouvailles sont en revanche franchement originales. L'autrice n'hésite pas, par exemple, à se livrer à des tours de passe-passe narratifs très astucieux qui donnent un charme supplémentaire au roman (pour changer de point de vue entre plusieurs personnages, notamment, ou en entretenant volontairement le flou autour de la manière dont l'assassin tue ses victimes). Les personnages et l'univers souffrent quant à eux des mêmes problèmes que l'intrigue et peuvent rebuter par leur bizarrerie et leur manie d'aller à l'encontre de toute logique.

« Délius » est un roman très particulier et, si l'aspect burlesque du récit en déconcertera plus d'un, la poésie qui s'en dégage ne laisse pas indifférent. A noter que l'autrice a écris un autre roman mettant de nouveau en scène le duo Lacejambe/Fenby (« La nuit des labyrinthes ») qui devrait également faire l'objet d'une republication.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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Ce roman a été écrit dans les années 90 et c'est toujours un plaisir de voir des rééditions de livres plus anciens. Surtout que l'écrin de Délius, une chanson d'été est remarquablement belle et poétique. Sabrina Calvo nous entraîne dans une enquête entre meurtres curieux, fleurs et féérie. Qu'en ai-je pensé ?

L'autrice choisit de mettre en scène un duo pastiche de Sherlock Holmes et Charles Watson. Lacejambe, le français botaniste aux cheveux qui changent de couleur, et Fenby, elficologue gentleman anglais, forment un duo atypique et plein de charme. Les dialogues sont ciselés et offrent de beaux moments d'échanges entre les deux. J'ai beaucoup aimé la personnalité de Fenby, très humain et empathique dans sa manière d'aborder les choses, là où Lacejambe est beaucoup plus cérébral et excentrique dans son approche. On se demande qui est Watson et Holmes, pas vrai ? Les personnages secondaires sont aussi attachants et bien écrits.

Le roman se veut très onirique, ce qui confère à la lecture une sensation très étrange d'irréalité et de poésie. La plume est très belle, emprunte d'une vraie personnalité, qui s'exprime à travers différents formats, lettre, articles, narration traditionnelle… L'autrice construit un univers très originale grâce à sa plume atypique. Elle joue également beaucoup avec des thèmes qui prêtent à la création et à rêverie. La féérie, présente mais discrète, représente très bien cet aspect. Notamment car elles voyagent à travers les rêves, des artistes en particulier.

Tout au long du récit, Sabrina Calvo dresse de nombreux parallèles avec les notions de créativité et d'art. C'est notamment visible à travers de multiples références. Il y a des personnages réels qui font leur apparition. Ils viennent aussi bien du monde de la musique, comme Frédérick Délius. le monde littéraire, comme Arthur Conan Doyle. Une grande partie du mystère aussi bien sur la fameuse chanson d'été du titre que sur les poésies. Il y ainsi plusieurs scènes de bal qui animent le récit.

Il est également fait référence à un Diadème. Curieux élément, très cryptique, qui hante les rêves des artistes et s'y épanouit comme une fleur vénéneuse. Je pense qu'il s'agit d'une image de la folie créative qui anime les artistes, oscillant entre génie et démence. Mais cet aspect est resté très énigmatique, peut-être même un petit peu trop, ce qui nuit à certaines parties du roman.

Le dernier paragraphe vous laisse un court indice sur ce qui m'a déplu dans le livre. J'ai en effet eu parfois beaucoup de mal à rentrer pleinement dans l'histoire. C'est tout simplement car le scénario est parfois un peu confus. En effet, on alterne entre enquête, absurde et poésie. Des genres qui ne font pas bon ménage. Ceci pour la simple raison que le côté policier nécessite de suivre une certaine logique, logique qui est souvent réfutée par le roman.

Du coup, l'enquête fait des bonds de manière mystérieuse. On passe d'une scène à une autre sans lien scénaristique apparaissant. Il y a, il me semble, des deux ex machina. En somme, ne partez pas sur l'idée que vous allez découvrir une enquête traditionnelle à la sauce fantasy. J'ai même trouvé que les meurtres devenaient quasiment accessoires. Mais pensez plutôt que vous partez plutôt sur une histoire originale peuplée de personnages truculents dans une ambiance onirique.

J'ai du mal à dire si j'ai aimé ce roman ou si j'ai eu du mal à accrocher. Un peu des deux j'imagine. Je trouve la plume très belle, poétique et très immersive, avec une vraie recherche et une vraie singularité. Les personnages sont délicieusement excentriques, ce qui donne naissance à des scènes cocasses et des échanges qui ne manquent pas de piment. Cependant, à trop vouloir donner cette atmosphère énigmatique, j'ai trouvé que le tout manquait de cohérence, de liant. Les scènes s'enchaînent sans qu'il semble qu'il y ait de cause à effet, avec des symboles cryptiques qui laisseront les plus cartésiens d'entre vous sur le carreau.

Lien : https://lageekosophe.com/202..
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Le résumé de ce roman pourrait ressembler à une blague : un tueur en série, un botaniste, des fées et Arthur Conan Doyle entrent dans un bar… Personnellement, c'était plutôt pour m'attirer, et je peux dire que je n'ai pas été déçue, bien au contraire.
J'ai découvert l'existence de ce livre grâce à la bibliographie sur le steampunk réalisée par la bibliothèque Reiner Maria Rilke de Paris (rendons à César ce qui est à César, je vous encourage d'autant plus à consulter cette bibliographie sur le genre vous intéresse : http://b14-sigbermes.apps.paris.fr/userfiles/file/Bibliographies/steampunk/steampunk.html#6). Je l'avais mis sur ma liste de lecture, et n'ai fini par m'y mettre qu'un an après. J'avais alors complètement oublié de quoi il s'agissait, et j'ai été assez surprise de me retrouver avec un roman à la couverture que je trouvais plutôt peu engageante, et à la police d'écriture minuscule (dans la première édition chez Mnémos, il a ensuite été réédité chez J'ai lu). Bon, jusque-là ce n'était guère prometteur. Puis j'ai commencé à lire, et là, oubliées la couverture et l'écriture, j'ai été happée par cette histoire policière loufoque, atypique et féérique (littéralement).
On croise dans ce roman toute une série de personnages, du compositeur Délius au botaniste marseillais Lacejambe, en passant par Arthur Conan Doyle et le tueur en série autour duquel tourne l'intrigue. En effet, un jeune homme triste assassine et garnit les corps de ses victimes de fleurs. On fait donc appel à Lacejambe, botaniste excentrique, pour retrouver le coupable. Chaque personnage suit alors son chemin dans cet univers étrange, onirique, beau et effroyable que construit David Calvo.
Il y avait longtemps que je ne m'étais pas délectée autant d'une lecture, prise par surprise et entraînée dans cette aventure, je ne lâchai le livre qu'à contrecoeur. Je ne saurais trop vous conseiller de sauter le pas et de vous laisser tenter par ce voyage, vous laisser guider par la prose de David Calvo.

Je viens de découvrir qu'il existe une suite, je compte bien me jeter dessus rapidement !
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Soyons clair dès le début, je n'ai pas aimé ce livre. Il m'a pourtant été conseillé par ma libraire du Nuage Vert, mais, autant elle m'a permis de découvrir des pépites, autant cet ouvrage là m'a laissée la sensation d'avoir été flouée.

D'après la quatrième de couverture et de ce que m'en avait dit ma libraire, je m'attendais à un récit policier dans l'esprit victorien, le tout en finesse et poésie. C'est cette idée et la sublime couverture qui m'ont tentées, j'avais envie de lire de la fantasy un peu différente de d'habitude. Malheureusement, ce livre m'a déçu pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, parce que l'histoire racontée au début n'est pas celle qui clôt le livre. En fin de compte, pour l'autrice, l'histoire de meurtre n'était pas si importante que ça, ce n'était qu'un prétexte pour raconter autre chose dans son univers. Cela a donc créer une frustration en moi parce que j'avais justement commencé ce livre pour l'ambiance policière qui semblait s'en dégager. de plus, cette histoire se veut onirique ce qui se clôt régulièrement par des phrases alambiquées sans queue ni tête et des situations totalement absurdes. Malheureusement, je suis totalement hermétique à ce genre, qu'il soit littéraire ou cinématographique, la suspension consentie de mon incrédulité y est bien trop mise à mal et je n'arrive pas à me plonger dans le récit.

Ensuite, le style d'écriture ne m'a pas du tout convenu. C'est un point qui m'a frappé dès la première page mais j'ai persévéré en me disant qu'il allait soit s'améliorer une fois que l'histoire serait réellement lancée, soit que je m'y habituerai. Ça n'a, bien évidement, été ni l'un ni l'autre. Pour moi, il y a beaucoup trop de dialogues qui n'apportent rien, ni à l'histoire, ni aux personnages. Ils sont creux et plats et donc inutiles alors que la majorité des lignes de paroles pourraient être condensés en descriptions bien plus intéressantes. de plus, dans ces nombreux dialogues il n'y a quasiment aucune incise qui permettrait d'identifier facilement le personnage qui parle, son humeur ou le ton de la phrase, c'est donc très difficile de se projeter dans la conversation et de la visualiser convenablement. Pour l'exemple, la première page du récit contient vingt-deux lignes de texte dont dix-neuf lignes de dialogues pour trois personnages, avec seulement deux nommés... J'imagine que l'effet recherché par ce style d'écriture spécifique n'était pas cela mais pour moi ça a donné un aspect décousu et haché au récit. J'ai eu l'impression de lire du théâtre, ce qui, je trouve, n'a aucun intérêt.

Il y a également pour moi un gros soucis avec les personnages. Comme il n'y a presque pas de précisions ni sur les descriptions physiques ou psychologiques, ni sur les locuteurs, c'est très compliqué de s'attacher aux différents protagonistes et donc, suivre leurs histoires ne m'a absolument pas passionné. le duo principal d'enquêteurs est un copié-collé au rabais de Sherlock Holmes et du Docteur Watson, en plus loufoques et en moins brillants, donnant l'impression de sortir des déductions totalement au hasard. Il y a d'ailleurs l'apparition d'Arthur Conan Doyle en tant que personnage dans ce livre, ce qui est un procédé qui généralement me déplaît car une fois de plus cela ébranle ma suspension consentie d'incrédulité en me ramenant sans cesse au monde réel et non au monde créé par le livre.

Si j'ai poursuivi ma lecture jusqu'à la fin alors que le style d'écriture et les personnages ne me convenaient pas dès le début, c'est en partie à cause d'un faux suspens instauré par l'histoire. Je voulais savoir quel était le rituel floral instauré autour des meurtres car rien n'était décrit lorsqu'un personnage retrouvait un cadavre. Je me suis d'abord dit que ça devait être un élément vraiment important de l'enquête qui permettrait de retrouver le meurtrier, ou que ça devait être dû à une certaine pudeur d'écriture, mais en fait non, on apprend le principe du rituel qu'après plus de la moitié du livre sans qu'aucune conséquence n'en découle. Cela me permet également de mettre en lumière ce que, personnellement, je considère comme une grosse faute d'écriture, voire une trahison de la part de l'autrice : les personnages voient des choses qui ne sont pas retranscrite au lecteur. Comment s'immerger dans l'histoire lorsque nous sommes mis à l'écart ainsi ? C'est du suspens créé de façon totalement artificielle et je trouve que ce n'est pas acceptable. Qui plus est dans une histoire policière dont un des codes principaux est que le lecteur peut trouver lui même le coupable avec les éléments fournis par le récit. Ici, ce n'est clairement pas le cas, ce qui me fait dire, comme je l'ai énoncé plus haut, que l'enquête n'est qu'un prétexte.

Le dernier point que je vais aborder concerne une fois de plus l'histoire en elle même. On est catapulté dedans sans aucune explication sur l'univers, comme si le lecteur se devait déjà de tout connaître. Plusieurs fois je me suis demandé si ce premier tome était réellement bien le premier ou s'il y avait un tome en plus que j'avais raté, ça n'aide vraiment pas à l'immersion dans le récit.

Pour conclure, ce livre m'a déçu et a été source de nombreuses frustrations pour moi, je ne peux donc pas vous le conseiller.
Lien : http://plume-et-encre.over-b..
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Amis lecteurs, un petit conseil avant que vous ne débutiez la lecture de "Délius, une chanson d'été" : munissez-vous d'un gigantesque filet à papillons, tapissez-vous derrière un rocher qui vous servira de poste d'observation sur la vaste plaine de votre esprit, et attendez que votre esprit cartésien et votre logique passent près de vous. Soyez vifs et capturez-les avant de les enfermer dans une boîte confortable que vous n'ouvrirez seulement la dernière page tournée. Puis installez-vous confortablement et laissez-vous entraîner dans l'univers rock victorien et déjanté du roman de Sabrina Calvo.
Classer "Delius, une chanson d'été" dans un style littéraire bien précis me paraît tâche impossible. En voici un résumé. Dans un univers victorien où les hommes sont hantés à leur insu par une entité destructrice et où la féerie a dû se lier à leur seul imaginaire pour survivre, surviennent des crimes odieux des deux côtés de l'Atlantique. Des corps sont retrouvés, hommes, femmes, enfants, le visage béat et le ventre rempli de fleurs. le Fleuriste, ainsi est son nom, laisse les forces de l'ordre perplexes et désemparées, à tel point qu'en Angleterre on en vient à demander l'aide de Sherlock Holmes ! C'est finalement un français, Bertrand Lacejambe, botaniste de son état, et son fidèle acolyte B. Fenby, qui vont se lancer sur les traces de ce tueur poétique. Mais ils sont loin d'imaginer jusqu'où leur quête les entraînera...
J'avoue avoir eu de prime abord quelques difficultés à entrer dans ce récit loufoque et mystique (je soupçonne mon esprit logique d'avoir dissimulé quelques-uns de ses rejetons dans des cachettes inaccessibles pour ma taille). "Délius, une chanson d'été" débute comme un thriller, mais bien vite l'on verse plutôt vers le conte fantastique, peuplé de personnages étranges, inquiétants mais aussi beaux et sensibles. La poésie se mêle à la musique, la botanique au combat contre des monstres, et l'humour so british aux velléités énigmatiques d'un tueur en série qui se donne le masque d'un sauveur.
Un roman à part, donc, qui mériterait sûrement une seconde lecture maintenant que mon esprit s'est habitué à son étrangeté, afin de mieux apprécier l'écriture déliée et les chausse-trappes constants de Sabrina Calvo, qui donnent à ce récit une touche unique et, avec le recul, brillantissime.
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critiques presse (1)
Elbakin.net
10 septembre 2019
Peut-être que le roman ne maîtrise pas assez ses propres codes pour convaincre, cela n’empêche pas de saluer bien bas les ambitions et l’imagination de Sabrina Calvo car peu importe le résultat, prendre des risques pour raconter une histoire sortant des sentiers battus n’est certainement pas chose facile.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Mon raisonnement paraîtra hasardeux aux esprits trop rigoureux, mais pourtant l'évidence est là : en cherchant bien, toute chose possède son double, son écho en quelque sorte, un autre phénomène, qu'il soit biologique, sensuel, matériel, onirique ou chimique, qui interagit directement avec lui, et de façon souvent très complexe, comme une image et son miroir, sans qu'aucun des deux partis en présence ne soit sûr qu'il est bien le reflétant et non le reflété. Ainsi, les fleurs sont liées à la musique, les hommes aux nuages, les nénuphars aux fées, le raisin aux comètes.
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L'enquête pour retrouver l'hôtel n'avait pas été très longue. [...] A l'abri sur une colline du New Jersey, ils avaient brûlé la fleur, l'avait saupoudrée de terre, de talc et de chocolat pilé. Puis ils avaient soufflé dessus, pour la pousser sur le vent des directions. [...] Munis de filets, pour la rattraper au cas où elle se prendrait dans un arbre, ils avaient couru après elle, par monts et par vaux, ils avaient pris des fiacres en criant "Suivez cette fleur !" à des cochers ahuris.
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— Ne tue pas les fleurs, lui avait dit son père un soir. Ne tue pas les fleurs, car chaque fois qu'une fleur meurt, c'est une fée qui disparaît.
L'enfant fronça les sourcils, hésita un court instant, puis, finalement las d'écouter tout ce que ses parents lui disaient, arracha un pétale. Puis deux, puis trois. Tout simplement. Voilà.
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Délius avançait sur le trottoir comme un somnambule. Il jouait des coudes sans se soucier de quoi qui que ce soit. Seuls les déchets de la fête suscitaient son intérêt. Il aimait voir les restes décharnés, pendus à quelques réverbères érodés par les soûlards et l’urine de chien. C’était comme contempler un charnier de bonheur, où toutes les bonnes volontés, les espoirs, légers, virevoltants et bigarrés, seraient entassés comme des corps mutilés aux couleurs passées.
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- Ne tue pas les fleurs, lui avait dit son père un soir. Ne tue pas les fleurs, car chaque fois qu'une fleur meurt, c'est une fée qui disparait.
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Vidéo de Sabrina Calvo
Léanne, libraire du rayon Science-Fiction, présente Melmoth Furieux de Sabrina Calvo paru aux éditions La Volte.
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