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Robert Soupault (Préfacier, etc.)
ISBN : 2259186521
Éditeur : Plon (12/09/1999)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Né à Sainte-Foy-lès-Lyon le 28 juin 1873, Alexis Carrel a été élevé par sa mère, devenue veuve prématurément. Spontanément attiré par les sciences naturelles, il entreprend des études médicales. A vingt-trois ans, il est nommé interne des hôpitaux de Lyon. Livre penseur et sceptique, il a l'occasion, comme il accompagne des malades à Lourdes, d'assister à un miracle. La relation rigoureusement objective qu'il fait de ce cas dans une gazette de la ville lui vaut l'ho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
belcantoeu
  19 août 2017
Alexis Carrel, qui a soutenu en 1938 le parti pro-nazi de Doriot, et qui préconise la construction de chambres gaz, a reçu le Prix Nobel de Médecine en 1940. Voivi quelques extraits de son best seller, L'Homme cet inconnu (1935): "Les maladies de l'esprit... détériorent de plus en plus les races blanches" (p. 223). L'égalité des êtres humains est une illusion (p. 373), un mythe (p. 374). "L'être stupide... il est absurde de lui donner le même pouvoir électoral qu'à l'individu complètement développé. Les sexes ne sont pas égaux". Il y a des inférieurs et des supérieurs, et la démocratie affaiblit la civilisation (p. 374). "Beaucoup d'êtres inférieurs ont été conservés (sic) grâce aux efforts de l'hygiène et de la médecine... Leur multiplication a été nuisible à la race" (p. 405). Il existe chez les prolétaires des indivisus capables d'un haut développement, mais c'est rare. "Les prolétaires doivent leur situation à des défauts héréditaires" (p. 408). L'eugénisme devrait amener à imposer aux candidats au mariage un examen médical, comme pour entrer à l'armée (p. 410). Les faibles d'esprit et ceux qui portent le fardeau d'un cancer "ne doivent pas se marier... et encore moins procréer" (p. 411). Il faut "permettre à tous, mais surtout à l'élite, d'avoir une vie stable, de former un monde familial, de posséder une maison, un jardin, des amis" (p. 412). La nourriture des élites ne convient pas aux travailleurs manuels (p. 417). "La femme doit être rétablie dans sa fonction naturelle... de faire des enfants" (p. 431). Les prisons et les asiles d'aliénés coutent trop cher. Il ne faut pas conserver les êtres déficients, inutiles ou nuisibles (p. 434). "Un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d'en disposer de manière humaine (sic) et économique... Les systèmes philosophiques et les préjugés sentimentaux doivent disparaître devant cette nécessité (p. 436). Vous croyez rêver? Apprenez que la Faculté de Médecine de Lyon a s'est vu baptisée Faculté Alexis Carrel, et cela après mai 68. Il a fallu attendre 1996 pour que cette référence soit supprimée par les autorités académiques de Lyon.
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Verlaine
  04 mars 2014
Un ouvrage plutôt difficile à lire personnellement par son caractère et sa complexité "scientifique". Mais intéressant si on veut en savoir un peu plus sur l'eugénisme. A lire avant Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits de Boris Thiolay ou le meilleur des mondes de Aldous Huxley écrit en 1931
ou pas.
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SebastienPoupoul
  07 août 2013
Auteur maudit, livre visionnaire.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   30 avril 2017
Il n’y a aucun avantage à augmenter le nombre des inventions mécaniques. Peut-être même faudrait-il donner moins d’importance aux découvertes de la physique, de l’astronomie, et de la chimie. Certes, la science pure ne nous apporte jamais directement le mal. Mais elle devient dangereuse quand, par sa fascinante beauté, elle enferme complètement notre intelligence dans la matière inanimée. L’humanité doit aujourd’hui concentrer son attention sur elle-même et sur les causes de son incapacité morale et intellectuelle. A quoi bon augmenter le confort, le luxe, la beauté, la grandeur et la complication de notre civilisation, si notre faiblesse ne nous permet pas de les diriger ? Il est vraiment inutile de continuer l’élaboration d'un mode d’existence qui amène la démoralisation et la disparition des éléments les plus nobles des grandes races. Il vaudrait beaucoup mieux nous occuper de nous-mêmes que de construire de plus grands télescopes pour explorer la structure des nébuleuses, des bateaux plus rapides, des automobiles plus confortables, des radios à meilleur marché. Quel progrès véritable sera accompli quand des avions nous transporteront en quelques heures en Europe ou en Chine ? Est-il nécessaire d’augmenter sans cesse la production, afin que les hommes consomment une quantité de plus en plus grande de choses inutiles ? Ce ne sont pas les sciences mécaniques, physiques et chimiques qui nous apporteront la moralité, l’intelligence, la santé, l'équilibre nerveux, la sécurité, et la paix.

Il faut que notre curiosité prenne une autre route que celle où elle est engagée aujourd’hui. Elle doit se diriger du physique et physiologique vers le mental et le spirituel. Jusqu'à présent, les sciences qui s’occupent des êtres humains ont limité leur activité à certains aspects de leur sujet. Elles n’ont pas réussi à se soustraire à l’influence du dualisme cartésien. Elles ont été dominées par le mécanisme. En physiologie, en hygiène, en médecine, aussi bien que dans l’étude de la pédagogie ou de l’économie politique et sociale, l’attention des chercheurs a été attirée surtout par l’aspect organique, humoral et intellectuel de l’homme. Elle ne s’est pas arrêtée à sa forme affective et morale, à sa vie intérieure, à son caractère, à ses besoins esthétiques et religieux, au substratum commun des phénomènes organiques et psychologiques, aux relations profondes de l’individu et de son milieu mental et spirituel. C’est donc un changement radical d’orientation qui est indispensable. Ce changement demande, à la fois, des spécialistes consacrés aux sciences particulières qui se sont partagé notre corps et notre esprit, et des savants capables de réunir dans des vues d’ensemble les découvertes des spécialistes. La science nouvelle doit progresser, par un double effort d'analyse et de synthèse, vers une conception de l’homme à la fois assez complète et assez simple pour servir de base à notre action. (pp. 92-94)
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enkidu_enkidu_   29 avril 2017
Dans la civilisation moderne, l’individu se caractérise surtout par une activité assez grande et tournée entièrement vers le côté pratique de la vie, par beaucoup d’ignorance, par une certaine ruse, et par un état de faiblesse mentale qui lui fait subir de façon profonde l’influence de milieu où il lui arrive de se trouver. Il semble qu’en l’absence d’armature morale l’intelligence elle-même s’affaisse. C’est peut-être pour cette raison que cette faculté, jadis si caractéristique de la France, a baissé de façon aussi manifeste dans ce pays. Aux États-Unis, le niveau intellectuel reste inférieur, malgré la multiplication des écoles et des universités.

On dirait que la civilisation moderne est incapable de produire une élite douée à la fois d’imagination, d’intelligence et de courage. Dans presque tous les pays, il y a une diminution du calibre intellectuel et moral chez ceux qui portent la responsabilité de la direction des affaires politiques, économiques et sociales. Les organisations financières, industrielles et commerciales ont atteint des dimensions gigantesques. Elles sont influencées non seulement par les conditions du pays où elles sont nées, mais aussi par l’état des pays voisins et du monde entier. Dans chaque nation des modifications sociales se produisent avec une grande rapidité. Presque partout, la valeur du régime politique est remise en question. Les grandes démocraties se trouvent en face de problèmes redoutables qui intéressent leur existence elle-même et dont la solution est urgente. Et nous nous apercevons que, en dépit des immenses espoirs que l’humanité avait placés dans la civilisation moderne, cette civilisation n’a pas été capable de développer des hommes assez intelligents et audacieux pour la diriger sur la route dangereuse où elle s’est engagée. Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. (pp. 70-71)
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enkidu_enkidu_   04 mai 2017
L’intelligence est presque inutile à celui qui ne possède qu’elle. L’intellectuel pur est un être incomplet, malheureux, car il est incapable d'atteindre ce qu’il comprend. La capacité de saisir les relations des choses n’est féconde qu'associée à d’autres activités, telles que le sens moral, le sens affectif, la volonté, le jugement, l’imagination, et une certaine force organique. Elle est utilisable seulement au prix d’un effort. Celui qui veut posséder la science s’y prépare longuement par de durs travaux. Il se soumet à une sorte d’ascétisme. Sans l’exercice de la volonté, l’intelligence reste dispersée et stérile. Une fois disciplinée, elle devient capable de poursuivre la vérité. Mais elle ne l’atteint pleinement que si elle est aidée par le sens moral. Les grands savants sont toujours d’une profonde honnêteté intellectuelle. Ils suivent la réalité partout où celle-ci les mène. Ils ne cherchent jamais à lui substituer leurs propres désirs, ni à la cacher quand elle devient gênante. L’homme qui veut contempler la vérité doit établir le calme en lui-même. Il faut que son esprit devienne comme l’eau morte d’un lac. Les activités affectives, cependant, sont indispensables au progrès de l’intelligence. Mais elles doivent se réduire à cette passion que Pasteur appelait le dieu intérieur, l’enthousiasme. La pensée ne grandit que chez ceux qui sont capables d’amour et de haine. C'est pourquoi elle demande, outre l’aide des autres activités de la conscience, celle du corps. Même quand elle gravit les plus hauts sommets, et s’éclaire d’intuition et d’imagination créatrice, il lui faut une armature à la fois morale et organique. (pp. 197-198)
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enkidu_enkidu_   04 mai 2017
La société moderne a souffert dès son origine d’une faute intellectuelle. Faute que nous avons répétée sans cesse depuis la Renaissance. La technologie a construit l’homme, non pas suivant l’esprit de la science, mais suivant des conceptions métaphysiques erronées. Le moment est venu d’abandonner ces doctrines. Nous devons briser les barrières qui ont été élevées entre les propriétés des objets. C’est en une mauvaise interprétation d’une idée géniale de Galilée que consiste l’erreur dont nous souffrons aujourd’hui. Galilée distingua, comme on le sait, les qualités primaires des choses, dimensions et poids, qui sont susceptibles d’être mesurées, de leurs qualités secondaires, forme, couleur, odeur, qui ne sont pas mesurables. Le quantitatif fut séparé du qualitatif. Le quantitatif, exprimé en langage mathématique, nous apporta la science. Le qualitatif fut négligé. L’abstraction des qualités primaires des objets était légitime. Mais l’oubli des qualités secondaires ne l’était pas. Il eut des conséquences graves pour nous. Car, chez l’homme, ce qui ne se mesure pas est plus important que ce qui se mesure. L’existence de la pensée est aussi fondamentale que celle des équilibres physico-chimiques du sérum sanguin. La séparation du qualitatif et du quantitatif fut rendue plus profonde encore quand Descartes créa le dualisme du corps et de l’âme. Dès lors, les manifestations de l’esprit devinrent inexplicables. Le matériel fut définitivement isolé du spirituel. La structure organique et les mécanismes physiologiques prirent une réalité beaucoup plus grande que le plaisir, la douleur, la beauté. Cette erreur engagea notre civilisation sur la route qui conduisit la science à son triomphe, et l’homme à sa déchéance. (pp. 353-354)
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enkidu_enkidu_   04 mai 2017
Le sens esthétique existe chez les êtres humains les plus primitifs, comme chez les plus civilisés. Il survit même à la disparition de l’intelligence car les idiots et les fous sont capables d’œuvres artistiques. La création de formes ou de séries de sons, qui éveillent chez ceux qui les regardent ou les entendent, une émotion esthétique, est un besoin élémentaire de notre nature. L’homme a toujours contemplé avec joie les animaux, les fleurs, les arbres, le ciel, la mer, et les montagnes. Avant l’aurore de la civilisation, il a employé ses grossiers outils à reproduire sur le bois, sur l’ivoire, et la pierre, le profil des êtres vivants. Aujourd’hui même, quand son sens esthétique n’est pas détruit par son éducation, son mode de vie, et le travail de l’usine, il prend plaisir à fabriquer des objets suivants son inspiration propre. Il éprouve une jouissance esthétique à s’absorber dans cette œuvre. Il y a encore en Europe, et surtout en France, des cuisiniers, des charcutiers, des tailleurs de pierre, des menuisiers, des forgerons, des couteliers, des mécaniciens, qui sont des artistes. Celui qui fait une pâtisserie de belle forme, qui sculpte dans du saindoux des maisons, des hommes et des animaux, qui forge une belle ferrure de porte, qui construit un beau meuble, qui ébauche une grossière statue, qui tisse une belle étoffe de laine ou de soie, éprouve un plaisir analogue à celui du sculpteur, du peintre, du musicien, et de l'architecte.

Si l’activité esthétique reste virtuelle chez la plupart des individus, c’est parce que la civilisation industrielle nous a entourés de spectacles laids, grossiers, et vulgaires. En outre, nous avons été transformés en machines. L’ouvrier passe sa vie à répéter des milliers de fois chaque jour le même geste. D’un objet donné, il ne fabrique qu’une seule pièce. Il ne fait jamais l’objet entier. Il ne peut pas se servir de son intelligence. Il est le cheval aveugle qui tournait toute la journée autour d'un manège pour tirer l’eau du puits. L’industrialisme empêche l’usage des activités de la conscience qui sont capables de donner chaque jour à l’homme un peu de joie. Le sacrifice par la civilisation moderne de l’esprit à la matière à été une erreur. Une erreur d’autant plus dangereuse qu’elle ne provoque aucun sentiment de révolte, qu’elle est acceptée aussi facilement par tous que la vie malsaine des grandes villes, et l’emprisonnement dans les usines. Cependant, les hommes qui éprouvent un plaisir esthétique même rudimentaire dans leur travail, sont plus heureux que ceux qui produisent uniquement afin de pouvoir consommer. Il est certain que l’industrie, dans sa forme actuelle, a enlevé à l’ouvrier toute originalité et toute joie. La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne. (pp. 190-191)
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