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ISBN : 2072688736
Éditeur : Gallimard (17/08/2017)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 104 notes)
Résumé :
Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l'intérieur. Ils sont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  28 octobre 2017
C'est un roman grave, qui rappelle ce que fut l'univers de la psychiatrie expérimentale du début du vingtième siècle, alors qu'aucun garde-fou, sans mauvais jeu de mots, n'existait pour protéger les malades des expérimentations sauvages de médecins inconsidérément téméraires.
Le scénario prend place en Angleterre, mais l'ensemble de l'Europe a été embarquée dans cette mouvance, qui reposait sur les théories eugénistes , présentes en filigrane autant en politique qu'en médecine.
L'auteur illustre le thème en nous proposant un roman choral, qui met au devant de la scène successivement un médecin mélomane qui rêve d'une humanité « améliorée », et plusieurs pensionnaires d'un asile pour aliénés , qui avant que le docteur un peu fêlé ne s'en mêle, avait des allures d'établissement avant-gardiste : autarcie de production des vivres et maintenance collaborative des locaux et de la buanderie, souci du bien être des pensionnaires à qui sont proposées des soirées dansantes au son d'un orchestre qui rassemble les musiciens de la communauté.
Certes les hypothèses psycho-pathologiques paraissent bien surannées, et la violence n'était pas uniquement le fait des patients incontrôlables, mais un certain degré d'empathie , même si le terme était trop récent pour faire partie du vocabulaire courant, transparaissait à travers la volonté de procurer du bien-être aux patients
On mesure aussi le chemin parcouru concernant les modalités d'enfermement, alors qu'une simple demande de la famille suffisait à condamner n'importe qui à un isolement souvent contre-productif sur le plan de la santé mentale.
On s'attache rapidement à ces personnages victimes de circonstances malheureuses. Leur lutte contre l'absurdité du système suscite des sentiments de révolte et on craint pour eux les conséquences code leur indocilité.
cette lecture fait écho à l'ouvrage de Boris Cyrulnik sur l'histoire de la psychiatrie, qui décrivait le cheminement des procédés, dont l'inventivité n'avait d'égal que la cruauté.
L'élégance de l'écriture, gravée et nourrie de compassion contribue à l'impression générale d'un roman réfléchi et digne.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Piatka
  23 août 2017
Difficile de résister au tourbillon romantico-dramatique qui anime ce roman prenant, solidement documenté, et tout simplement orchestré avec brio par Anna Hope - salle de bal oblige.
Pourtant, le quotidien des faibles d'esprit et des « pauvres chroniques » n'a rien d'enviable au sein de l'asile de Sharston dans le Yorkshire en 1911. On peut s'y retrouver assez facilement interné, qu'on soit aliéné bien sûr, mais aussi indigent, violent, déprimé ou tout simplement une gêne pour sa famille. En revanche, « Il y a trois façons de sortir d'ici. Tu peux mourir...Tu peux t'enfuir...Ou tu peux les convaincre que tu es suffisamment saine d'esprit pour partir. » Et ça, c'est nettement plus compliqué.
D'autant que l'encadrement médical est laissé à l'appréciation toute personnelle du docteur Charles Fuller, ambitieux frustré, qui compte expérimenter ses théories eugénistes sur quelques cas bien choisis. À cette époque, et c'est un des aspects historiques intéressants que ce roman met en lumière, le contrôle des faibles d'esprit est d'actualité, et Churchill alors ministre de l'intérieur a même, un temps, été séduit par le projet de stérilisation de nombreux Britanniques comme le souligne Anna Hope dans une note en fin d'ouvrage.
Mais entrez donc dans la danse, voyez comme on danse…pendant le bal donné le vendredi soir dans une magnifique salle de bal aux dimensions imposantes, véritable lieu de liberté et de rencontre pour les internés. On y croise Ella, jeune ouvrière fileuse nouvellement arrivée, John, taciturne irlandais, Clem, placée ici par sa famille pour la mater, pour ne citer que les principaux protagonistes supposés dérangés de ce roman captivant et très instructif.
Amour, haine, ambition, folie donnent le tempo de ce roman-témoignage que j'ai quand même dévoré en deux jours. Une folie je vous dis…
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alainmartinez
  26 octobre 2017
J'avais beaucoup aimé « le chagrin des vivants », je n'ai donc pas hésité quand j'ai trouvé « la salle de bal » sur le présentoir de la librairie. Pour son deuxième roman Anna Hope s'est inspirée de son histoire familiale, son arrière-grand-père ayant été interné et fini sa vie dans un établissement psychiatrique après une dépression.
Mille neuf cent onze, un asile dans le Yorkshire. Les hommes et les femmes sont reclus dans des bâtiments différents, sans contact entre eux. Sauf le vendredi, dans la grande salle de bal, sont organisées des danses. Les hommes et les femmes peuvent danser ensemble et sentir un peu de liberté, de bonheur.
Dans des chapitres alternés, le roman suit trois personnages. Ella Frey, une toute jeune fille, enfermée de force pour avoir brisé une fenêtre sur son lieu de travail. John Mulligan, un Irlandais, mélancolique après la mort de sa fille et la séparation de sa femme, il a été retrouvé errant dans les campagnes. Charles Fuller, le médecin de l'asile, diplômé de l'Ècole de médecine pour faire plaisir à son père, sa grande passion est la musique. Ambitieux il pense que la musique peut être une thérapie. Il est également très intéressé par l'eugénisme.
Très bien documenté, le roman nous fait découvrir le monde effrayant des asiles du début du siècle dernier. le traitement des personnes atteintes de maladie mentale était proche de la barbarie, la pauvreté et la folie étaient, aux yeux des médecins, synonymes.
La beauté de la campagne du Yorkshire à travers les saisons fait contraste avec les murs gris et les fenêtres à barreaux des bâtiments. Anna Hope nous offre là un roman mélancolique mais aussi d'espérance. John et Ella reprennent espoir quand ils se trouvent.
Un roman sur l'amour, le pouvoir, la folie, la pauvreté et la survie. Si vous cherchez un livre qui vous procure de l'émotion, ce livre est pour vous !
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Lolokili
  07 novembre 2017
C'est l'histoire du fou qui repeint son plafond.
En moins rigolo.
C'est plutôt l'édifiant rappel d'une réalité historique où en ce début de vingtième siècle il suffisait d'un coup de mou passager ou d'une rébellion jugée hors de propos pour se voir interné direct chez les dingos.

Genre ici, à Sharston, établissement psychiatrique modèle sis au coeur de la campagne britannique. Le quotidien s'y étire dans une torpeur brutale et oppressante, l'interminable canicule de cet été 1911 exacerbant sans fin désespoirs, frustrations et rancoeurs. Seul espace de légèreté éphémère et vital, une étonnante salle de bal où chaque vendredi certains pensionnaires sont autorisés à danser.

Sur fond de conflit social et de théories eugénistes, le récit se construit dans l'alternance des regards de trois personnages principaux. Patients, médecin, chacun dans sa détresse mène sa quête de liberté, d'amour ou de reconnaissance, et à ce petit jeu qui peu à peu monte en puissance l'on devinera que le plus névrosé des trois n'est pas forcément celui qu'on croit.

L'atmosphère toujours plus anxiogène s'acheminera pourtant vers une infime lueur d'espérance, mais autant prévenir qu'ici question jovialité ça ne sera pas franchement le festival du cotillon de compète.
Lecture instructive, émouvante et dérangeante, qui n'en restera pas moins pour moi une intéressante découverte.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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AgatheDumaurier
  16 août 2017
Après le Chagrin des Vivants, qui abordait de façon originale la douleur des vétérans de la première guerre mondiale et celle des femmes auprès desquelles ils revenaient irrémédiablement changés, Anna Hope s'attaque à un autre sujet plutôt rare et assez tabou : le traitement de la folie à l'aube du vingtième siècle et l'eugénisme, sa solution maléfique.
Ne vous laissez pas berner par le titre et le nom britannique de l'auteure, il ne s'agit pas d'une saison mondaine à Londres où des parents cherchent à marier des enfants entre deux tasses de thé. L'auteure joue avec cette attente du lecteur, mais la salle de bal est située à l'asile d'aliénés de Sharston...1911, trois personnages vont voir leur destin s'y nouer : Ella, la jeune ouvrière qui a craqué à l'usine et se retrouve pour cela enfermée, John, l'Irlandais sauvage et mélancolique, marginal, lui aussi enfermé, et Charles, le jeune psychiatre, un peu réformiste, pensant que la musique et la danse peuvent quelque chose pour la santé mentale. Mais lui-même frôle dangereusement la marge...
Anna Hope a compris beaucoup de choses sur les liens de la médecine et de la norme, sur son conservatisme et son rôle de garant de la morale. C'est encore bien entendu le cas aujourd'hui, et sa réflexion porte aussi sur le monde actuel. La folie, en 1911, c'est, pour une ouvrière, de ne pas accepter son sort sans broncher, pour une jeune bourgeoise, de vouloir penser et lire, d'être plus intelligente que son frère (l'histoire de Clemency et de son frère fait terriblement penser à Camille Claudel aux prises avec l'ignoble Paul, qui la fit interner, n'alla jamais la voir et la laissa mourir pendant la guerre...), pour un Irlandais pauvre, de faire une dépression à la mort de son enfant...Les psychiatres s'y entendent pour éliminer ces éléments perturbateurs de la société, les femmes, les pauvres...Mais, comme d'habitude, qui est le plus fou, du psychiatre et de ses patients ? Celui qui se croit fort et à l'abri de la "folie" peut aussi sentir sur lui le poids insupportable de la norme, le corset social, et en devenir totalement insensé...
L'insensé, c'est l'eugénisme...Un tabou, dont on apprend ici qu'il n'y avait pas que les Nazis qui y pensaient (et eux l'ont fait), mais que c'est bien une conséquence de la pensée scientifico-médicale au service de l'ordre social au tournant du XIXème et du XXème siècles...On comprend, on pressent, comment les horreurs eugénistes, sexistes, racistes qui culmineront pendant la seconde guerre mondiale seront possibles. Elles prennent naissance au XIXème siècle, dans ces classements pseudo scientifiques des êtres, les forts (mâle blanc occidental hétérosexuel avec moyens financiers), les faibles (tous les autres). Les cigares sont dans les bouches. Les gros favoris foisonnent. La stupidité est à son comble. 1911. Tout est réuni pour la grande catastrophe à ricochets multiples...
Excellent livre, la salle de bal, ou l'antichambre de notre monde. Un asile d'aliénés.
Un très grand merci à Gallimard et Babelio pour cette très belle lecture !
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   14 novembre 2017
« Mr C., cette fille, votre fille que vous pleurez. Qu'était-elle ? Dites-moi. Vous pensiez la connaître ? Croyez-moi, monsieur, si vous aviez entendu et vu les ordures qu'elle a déversées durant ses derniers jours, vous ne seriez pas si prompt à la pleurer. Elle était...
- Dr Fuller, le coupa Soames d'une voix grave. Je vous préviens... »
Au diable le comportement. Au diable la politesse.
« Dépravée. Elle était complètement dépravée. Ne comprenez-vous pas ? »
Il ne pouvait pas s'empêcher de trembler. Il s'en fichait.
« TARE héréditaire, Mr C. D'ailleurs, monsieur, on pourrait même vous en imputer la faute, car c'est vous qui avez choisi de vous reproduire avec une femme incapable d'être une mère pour ses enfants... »
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canelcanel   11 novembre 2017
Il y avait son prénom [...], écrit en haut, et les lettres qui composaient son prénom à lui en bas, mais elle ne comprenait rien du cafouillis entre les deux. Elle posa la tête dans ses mains, sentit les palpitations sourdes de son coeur.
Elles étaient cent par classe, et elle était toujours si fatiguée, travail [à l'usine] le matin et école l'après-midi, ou école le matin et travail l'après-midi. Assise dans le fond, elle avait une mauvaise vue, et tout ce dont elle avait jamais envie c'était de fermer les yeux et de dormir.
Personne ne lui prêtait grande attention.
(p. 172)
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canelcanel   08 novembre 2017
« Bref, je savais que si je l'épousais, je serais malheureuse.
- Tu l'as expliqué à ton père ?
- J'ai essayé. Il ne m'a pas écoutée. Je crois qu'il était content de ne plus m'avoir sur les bras. Je crois qu'il se disait que personne ne voudrait m'épouser à cause de ma façon d'être.
- Pourquoi ? C'est quoi ta façon d'être ?
- Oh, toute de travers, répondit C. avec un sourire fugitif. Je suis toute de travers. »
Ella la dévisagea. C. était grande et blonde. Elle savait danser et jouer du piano. Sa bouche qui remontait aux commissures semblait faite pour sourire. Si elle était toute de travers, alors comment ils étaient, les autres ?
(p. 152)
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cathulucathulu   12 novembre 2017
Quelqu'un dont l'intérieur, elle le savait, se déployait sur des kilomètres, même si son extérieur était aussi fermé et barricadé qu'avant.
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TombetoileTombetoile   10 novembre 2017
Tu penses vraiment que je suis là parce qu’on m’a enfermé ? Tu crois que je vais rester là jusqu’à devenir comme ces bougres là-dedans, qui restent assis dans leur merde ? Si je suis là c’est parce que je l’ai choisi. Si je veux sortir, il me suffit de sortir, affirma-t-il en désignant d’un geste la porte ouverte, je grimpe, je saute et hop ! Comme je l’ai toujours dit.
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Videos de Anna Hope (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anna Hope
Cette année encore, Gérard Collard et les libraires de la Griffe Noire vous proposent à l'apporche des fêtes de fin d'année, plusieurs idées cadeaux sous forme de coffrets :
COFFRET DE NOEL
Coffret Polar poche
Le syndrome de Croyde de Marc Welinski aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/77357-divers-litterature-le-syndrome-de-croyde.html
La nuit n'est jamais complète de Niko Tackian aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/78126-poche-la-nuit-n-est-jamais-complete.html
L'Affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/89329-divers-polar-l-affaire-leon-sadorski.html
Coffret détente poche
Lettres à Stella de Iona Grey et Alice Delabre aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/81414-divers-litterature-lettres-a-stella.html
La pâtissière de Long Island de Sylvia Lott et Lorraine Cocquelin aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=91491&id_rubrique=338
Nora Webster de Colm Toibin et Anna Gibson aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/88187-divers-litterature-nora-webster.html
Coffret littérature poche
Magic Time Magic Time de Doug Marlette et Karine Lalechere aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/76601-divers-polar-magic-time.html
Le chagrin des vivants de Anna Hope et Élodie Leplat aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/87463-divers-litterature-le-chagrin-des-vivants.html
Churchill m'a menti de Caroline Grimm aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/63342-romans-churchill-m-a-menti.html
Coffret Histoire
Speer de Martin Kitchen et Martine Devillers-Argouarc'h aux éditions Perrin https://www.lagriffenoire.com/94858-encyclopedie-speer--l-architecte-d-hitler.html Je suis Jeanne Hebuterne de Olivia Elkaim aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/89143-divers-litterature-je-suis-jeanne-hebuterne.html
Liberia de Christophe Naigeon aux éditions Tallandier
https://www.lagriffenoire.com/79515-romans-liberia.html
Coffret histoire poche
Le secret du docteur Barry de Sylvie Ouellette aux éditions de Borée https://www.lagriffenoire.com/86135-romans-le-secret-du-docteur-barry.html
L'impératrice cixi de jung chang aux éditions Tallandier
https://www.lagriffenoire.com/82501-poche-l-imperatrice-cixi-la-concubine-qui-fit-entrer-la-chine-dans-la-modernite.html
L'Aviatrice de Paula McLain aux éditions Livre de Poche
https://www.lagriffenoire.com/76336-divers-li
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