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ISBN : 2072688736
Éditeur : Gallimard (17/08/2017)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l'intérieur. Ils sont... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
23 août 2017
Difficile de résister au tourbillon romantico-dramatique qui anime ce roman prenant, solidement documenté, et tout simplement orchestré avec brio par Anna Hope - salle de bal oblige.
Pourtant, le quotidien des faibles d'esprit et des « pauvres chroniques » n'a rien d'enviable au sein de l'asile de Sharston dans le Yorkshire en 1911. On peut s'y retrouver assez facilement interné, qu'on soit aliéné bien sûr, mais aussi indigent, violent, déprimé ou tout simplement une gêne pour sa famille. En revanche, « Il y a trois façons de sortir d'ici. Tu peux mourir...Tu peux t'enfuir...Ou tu peux les convaincre que tu es suffisamment saine d'esprit pour partir. » Et ça, c'est nettement plus compliqué.
D'autant que l'encadrement médical est laissé à l'appréciation toute personnelle du docteur Charles Fuller, ambitieux frustré, qui compte expérimenter ses théories eugénistes sur quelques cas bien choisis. À cette époque, et c'est un des aspects historiques intéressants que ce roman met en lumière, le contrôle des faibles d'esprit est d'actualité, et Churchill alors ministre de l'intérieur a même, un temps, été séduit par le projet de stérilisation de nombreux Britanniques comme le souligne Anna Hope dans une note en fin d'ouvrage.
Mais entrez donc dans la danse, voyez comme on danse…pendant le bal donné le vendredi soir dans une magnifique salle de bal aux dimensions imposantes, véritable lieu de liberté et de rencontre pour les internés. On y croise Ella, jeune ouvrière fileuse nouvellement arrivée, John, taciturne irlandais, Clem, placée ici par sa famille pour la mater, pour ne citer que les principaux protagonistes supposés dérangés de ce roman captivant et très instructif.
Amour, haine, ambition, folie donnent le tempo de ce roman-témoignage que j'ai quand même dévoré en deux jours. Une folie je vous dis…
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AgatheDumaurier
16 août 2017
Après le Chagrin des Vivants, qui abordait de façon originale la douleur des vétérans de la première guerre mondiale et celle des femmes auprès desquelles ils revenaient irrémédiablement changés, Anna Hope s'attaque à un autre sujet plutôt rare et assez tabou : le traitement de la folie à l'aube du vingtième siècle et l'eugénisme, sa solution maléfique.
Ne vous laissez pas berner par le titre et le nom britannique de l'auteure, il ne s'agit pas d'une saison mondaine à Londres où des parents cherchent à marier des enfants entre deux tasses de thé. L'auteure joue avec cette attente du lecteur, mais la salle de bal est située à l'asile d'aliénés de Sharston...1911, trois personnages vont voir leur destin s'y nouer : Ella, la jeune ouvrière qui a craqué à l'usine et se retrouve pour cela enfermée, John, l'Irlandais sauvage et mélancolique, marginal, lui aussi enfermé, et Charles, le jeune psychiatre, un peu réformiste, pensant que la musique et la danse peuvent quelque chose pour la santé mentale. Mais lui-même frôle dangereusement la marge...
Anna Hope a compris beaucoup de choses sur les liens de la médecine et de la norme, sur son conservatisme et son rôle de garant de la morale. C'est encore bien entendu le cas aujourd'hui, et sa réflexion porte aussi sur le monde actuel. La folie, en 1911, c'est, pour une ouvrière, de ne pas accepter son sort sans broncher, pour une jeune bourgeoise, de vouloir penser et lire, d'être plus intelligente que son frère (l'histoire de Clemency et de son frère fait terriblement penser à Camille Claudel aux prises avec l'ignoble Paul, qui la fit interner, n'alla jamais la voir et la laissa mourir pendant la guerre...), pour un Irlandais pauvre, de faire une dépression à la mort de son enfant...Les psychiatres s'y entendent pour éliminer ces éléments perturbateurs de la société, les femmes, les pauvres...Mais, comme d'habitude, qui est le plus fou, du psychiatre et de ses patients ? Celui qui se croit fort et à l'abri de la "folie" peut aussi sentir sur lui le poids insupportable de la norme, le corset social, et en devenir totalement insensé...
L'insensé, c'est l'eugénisme...Un tabou, dont on apprend ici qu'il n'y avait pas que les Nazis qui y pensaient (et eux l'ont fait), mais que c'est bien une conséquence de la pensée scientifico-médicale au service de l'ordre social au tournant du XIXème et du XXème siècles...On comprend, on pressent, comment les horreurs eugénistes, sexistes, racistes qui culmineront pendant la seconde guerre mondiale seront possibles. Elles prennent naissance au XIXème siècle, dans ces classements pseudo scientifiques des êtres, les forts (mâle blanc occidental hétérosexuel avec moyens financiers), les faibles (tous les autres). Les cigares sont dans les bouches. Les gros favoris foisonnent. La stupidité est à son comble. 1911. Tout est réuni pour la grande catastrophe à ricochets multiples...
Excellent livre, la salle de bal, ou l'antichambre de notre monde. Un asile d'aliénés.
Un très grand merci à Gallimard et Babelio pour cette très belle lecture !
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Fortuna
27 août 2017
1911, l'asile de Sharston en Angleterre. Un asile d'aliénés enfermés comme dans une prison, hommes et femmes séparément, les hommes étant employés aux travaux extérieurs, creuser des tombes, faucher le blé, pendant que les femmes s'occupent à la laverie, lavant et mettant à sécher des montagnes de linge. Ella, ouvrière, est arrivée là car elle a cassé une vitre dans son usine dans un geste de rébellion désespéré...John, Irlandais taciturne, a fait une dépression suite à la mort de son enfant, ce qui ne peut être qu'un signe de folie à cette époque...Quand à Clem, jeune fille bourgeoise, elle ne pense qu'à lire et à s'instruire, et ne voit qu'une issue au destin que lui réserve sa famille, la mort.
Charles, médecin en rupture familiale, a été embauché pour ses talents de musicien et est convaincu de l'importance de la musique pour soigner les "aliénés". Il joue pour eux des morceaux forts appréciés. Mais Charles, tourmenté par des pulsions inavouables, va peu à peu dériver vers l'eugénisme, et les théories prônant la stérilisation des malades atteints de troubles psychiatriques ou mentaux...que partage un certain Churchill.
Entre le travail, les camisoles de force, les traitements parfois violents administrés aux malades, la promiscuité, l'angoisse de ne jamais en sortir, la vie des pensionnaires n'offre que de rares plaisirs, dont le bal. Chaque semaine un bal est organisé dans une magnifique salle et y assistent les patients qui sont autorisé à le faire. C'est ainsi que John et Ella vont se rencontrer et vivre une intense bien que difficile idylle pendant les longs mois d'un été caniculaire. Leurs échanges, quelques lettres qu' Ella est incapable de lire. Un espoir, pouvoir s'enfuir, mais comment s'échapper, comment convaincre de sa santé mentale, comment ne pas sombrer ?
A nouveau Anna Hope nous offre un roman dans un cadre historique très documenté, des personnages simples qui font face à leur destin avec courage et une grande sensibilité, une très belle écriture envoutante. Merci à Babelio et aux éditions Gallimard pour cette lecture en avant première.
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Fleitour
16 août 2017
Deux destins tragiques sont restitués avec pudeur dans le dernier roman d'Anna Hope, La Salle de Bal, une réussite. L'action se déroule dans l'asile de Sharston
Ella et John vont écrire, et nouer un amour d'une grande force et d'une beauté singulière ; "Elle ferma les yeux, la lumière tamisée du soleil dansait contre ses paupières. Elle ouvrit les yeux, le jour lui sauta au visage. Son cœur flancha."p 16 .
Le récit est d'une pureté de cristal, à chaque instant, l'univers carcéral de cet asile d'aliénés, semble prêt à faire basculer ces êtres humiliés vers la folie, c'est tout le contraire qui va les embraser, chaque épreuve, chaque brimade, chaque punition renforcent leurs désirs de vivre, de se battre, et peut-être d'aimer.
Le hasard sans doute m'a conduit sur l'écriture de deux livres mettant en scène une clinique et un hôpital. Celui Katy Bonidan le Parfum de l'Hellébore traite de l'autisme et de l'anorexie, puis celui de Stéphane Cognon je Reviens d'un Long voyage, est le récit d'un rescapé, candide au pays des schizophrènes. On y retrouve les difficultés des personnes internées avec l'extérieur comme l'obscurantisme qui entourait souvent les maladies psychiques.
Dans le livre d'Anna Hope, c'est une histoire familiale qui va susciter la curiosité de cette brillante romancière, son arrière grand-père trouvé indigent fut recueilli dans cet asile. Cette enquête va conduire la romancière à s'intéresser à la période précédant la guerre 14/18, et au projet de loi qui devait régenter les faibles d'esprit.
Dans une démarche propre à promouvoir l'eugénisme, il avait été envisagé de stériliser les plus fous et les plus indigents.

Tout serait-il si funeste dans cet asile. Ainsi la fameuse salle de bal réunit chaque semaine les pensionnaires, celle où va germer l'amitié entre John et Ella.
Chantage ou perfidie il faut être choisi et donc désigné pour participer à ce bal du vendredi soir. Il faut donc être irréprochable pour ne pas être exclu un vendredi, ou plusieurs.
N'est ce pas la mésaventure que connaitra John, et qui mettra leur amour naissant sur des charbons ardents.
Le troisième personnage de ce roman Charles est le représentant du corps médical. Ce personnage qui apparaît presque sympathique au début va se révéler un adjoint pervers dénué de tout bon sens, soucieux de redorer son blason à l'égard de son père brillant médecin. Son engouement pour l'eugénisme le conduira à dépasser ses prérogatives, son besoin de se montrer aux yeux des parlementaires dont Churchill, en fera un agité du bocal.
John sera le premier à écrire, puis Ella, l'analphabète aidée de son amie, lui répondra, cette amitié clandestine ponctue le roman avec pudeur, en créant une intrigue amoureuse subtile, et d'une très grande force. Ces échanges discrets, souvent contrariés par des mises à l'épreuve, finiront par triompher. Comment ?
Au fil des mois seul l'évasion peut les sauver, mais par quels moyens partir et sans se perdre ?
Anna Hope réalise aussi une fresque de l'Angleterre d'avant guerre, à travers l'histoire de cette institution, des récits des indigents, puis ceux romancés de Ella et de John. Une documentation rigoureuse taille au plus juste la vie de cette communauté.
Il y a du Joyce Carol Oates dans cette romancière, la profondeur des analyses est époustouflante, les caractères sont épluchés, les personnages scannérisés, par touches successives, comme un puzzle qui se dévoilerait complètement à la fin.

Les mots simples trouvent sous sa plume une saveur, une douceur étonnante, " comment il aimait les regarder quand tout était calme. Comment, quand leur fille tétait, il fermait les yeux et sentait sa présence, pareille à un feu follet éclairant la pièce.p 147 "
Une réussite littéraire éblouissante et bouleversante.
Merci à Gallimard et à masse critique de m'avoir fait ce beau cadeau.
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Orzech
20 août 2017
Je garde un très beau souvenir de ma lecture du premier roman d'Anna Hope et je me réjouissais de pouvoir découvrir "La salle de bal" en avant-première. Tout naturellement je me suis posé la question si l'auteure saurait me toucher autant que la première fois mais quelques pages m'ont suffi pour retrouver les mêmes émotions.
S'inspirant du triste sort de son arrière-arrière-grand-père qui a séjourné dans un asile psychiatrique, Anna Hope a écrit un magnifique roman dédié à la mémoire de son aïeul. Comme dans "Le chagrin des vivants" elle met en avant trois personnages. A travers l'histoire d'Ella et de John, deux êtres solitaires que la vie n'a pas épargnés et de Charles, un jeune médecin tourmenté et obsédé par la question de l'eugénisme, on est plongé dans le quotidien d'un asile psychiatrique en Angleterre au début du XXème siècle. Dans cet endroit isolé, peu accueillant et inadapté à l'état mental de la plupart des pensionnaires, un bal est organisé une fois par semaine. C'est leur seule distraction hebdomadaire et l'occasion pour se retrouver entre hommes et femmes.
Dans ce délicieux roman d'amour où la musique et la littérature ont aussi une grande place, Anna Hope aborde également le délicat sujet de l'eugénisme, mouvement du début du XXème siècle qui par différents procédés vise à améliorer l'espèce humaine. le travail documentaire accompli est remarquable et l'auteure distille à perfection sa connaissance du sujet. Cette histoire qui m'a bouleversée est servie par un style plein de grâce et de douceur. Anna Hope m'a encore une fois touchée en m'emportant dans un tourbillon d'émotions et j'attends son prochain roman avec impatience.
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka23 août 2017
-J'ai vu, répondît-elle. Il y a une fenêtre ouverte. De là j'ai vu les champs - et les hommes là-bas et...vous. Je vous ai vu.
-Une fenêtre ouverte ?
Il lui saisit les poignets.
-Oui.
-Et pas de barreaux ?
-Non.
-Vous pensez que vous pourriez vous y faufiler ?
-Je ne sais pas - oui, je crois...oui.
-Venez me retrouver.
Il resserra sa poigne.
-Où ?
-Au pied du grand chêne. Un grand chêne, à l'orée du bois. Vous le reconnaîtrez quand vous le verrez. Vous trouverez le chemin. Quand la lune sera pleine. Dans trois jours. Trouvez votre chemin et je vous attendrai là-bas.
Il la tint jusqu'à ce qu'elle hoche la tête, son sang galopait sous son pouce.
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PiatkaPiatka22 août 2017
Écoute.
Dan colle son oreille contre l'écorce et ferme les yeux jusqu'à ce qu'un sourire apparaisse sur son visage. Écoute, dit-il. Nous avons tous oublié d'écouter.
Je colle mon oreille contre l'écorce. Je sens le bois tiède la douce caresse de la mousse.
Tu l'entends ? demande Dan. Le bois sauvage.
Dan dit qu'il sait parler aux arbres. Mais qu'il leur faut très longtemps pour répondre. C'est pour ça qu'il faut apprendre à écouter. Si on écoutait il dit on ne pourrait pas couper nos amis.
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PiatkaPiatka21 août 2017
Son travail avait changé. Sans le moindre avertissement, Dan et lui avaient été déplacés. Fini de creuser des tombes, ils se retrouvaient désormais dans les champs. (..)
Entre creuser des trous pour la mort et semer la vie, il ne savait pas où était sa place.
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FleitourFleitour18 août 2017
Je n'hésite pas une seconde à affirmer, que de nos jours la progéniture dégénérée des faibles d'esprit et des pauvres chroniques est traitée avec davantage de sollicitude, mieux nourrie, mieux vêtue, mieux soignée et a de plus grands avantages que l'enfant du travailleur respectable et indépendant.
L'honnêteté et l'abnégation ne paient pas.

Tredgold Doctor Commission Royale 1908.
P 83
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BibaliceBibalice20 juin 2017
C’était une belle et douce journée. Elle marchait lentement, prudente sur le chemin semé d’ornières. De chaque côté se déployaient des prés, et dans ces prés du bétail paressait au soleil. Les fleurs d’été poussaient librement dans les fissures des murets éboulés. Le paysage était vert. Quelque part en bordure des choses elle sentait l’odeur de la mer.
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Video de Anna Hope (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anna Hope
Anna Hope - le chagrin des vivants .Anna Hope vous présente son ouvrage "Le chagrin des vivants" aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire janvier 2016. Traduit de l'anglais par Elodie Leplat. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/hope-anna-chagrin-des-vivants-9782070147250.html Notes de Musique : Behold The Spirit by The Kyoto Connection. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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