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ISBN : 2072688736
Éditeur : Gallimard (17/08/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 352 notes)
Résumé :
Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (161) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  02 janvier 2018
Romanesque, virtuose, bouleversant.
Ce roman d'Anna Hope m'a emporté. Il souffle sur ce livre la force des grands écrivains. Un petit régal.
L'intrigue se déroule dans l'asile de Sharston, dans le Yorkshire, en 1911. A cette époque, des maladies telles qu'un burn-out, une dépression ou l'anorexie vous menaient tout droit à l'asile. Ainsi, trois personnages nous comptent chacun leur tour leur vie au sein de l'institution psychiatrique.
Ella. Nouvelle internée après avoir brisée une vitre dans l'usine où elle travaille.
John. Dont on comprendra petit à petit les raisons de son internement.
Charles. Médecin de l'institution, musicien passionné.
Et ce bal du vendredi soir qui les réunira ? Les détruira ? Je vous laisse en juger car vous devez lire ce livre, perle des sorties 2017.
Anna Hope nous emporte à la suite de ses personnages. Je n'ai pu lâcher ce livre si subtilement écrit. Il se dévore. Littéralement. Un grand souffle romanesque traverse cet ouvrage. On passe d'émotion à consternation, les sentiments y sont subtils, la description de l'époque effarante.
Je vais devoir bientôt lire le Chagrin des Vivants, le premier livre de Mme Hope, tant ce bal m'a fait tournoyer.
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Kittiwake
  28 octobre 2017
C'est un roman grave, qui rappelle ce que fut l'univers de la psychiatrie expérimentale du début du vingtième siècle, alors qu'aucun garde-fou, sans mauvais jeu de mots, n'existait pour protéger les malades des expérimentations sauvages de médecins inconsidérément téméraires.
Le scénario prend place en Angleterre, mais l'ensemble de l'Europe a été embarquée dans cette mouvance, qui reposait sur les théories eugénistes , présentes en filigrane autant en politique qu'en médecine.
L'auteur illustre le thème en nous proposant un roman choral, qui met au devant de la scène successivement un médecin mélomane qui rêve d'une humanité « améliorée », et plusieurs pensionnaires d'un asile pour aliénés , qui avant que le docteur un peu fêlé ne s'en mêle, avait des allures d'établissement avant-gardiste : autarcie de production des vivres et maintenance collaborative des locaux et de la buanderie, souci du bien être des pensionnaires à qui sont proposées des soirées dansantes au son d'un orchestre qui rassemble les musiciens de la communauté.
Certes les hypothèses psycho-pathologiques paraissent bien surannées, et la violence n'était pas uniquement le fait des patients incontrôlables, mais un certain degré d'empathie , même si le terme était trop récent pour faire partie du vocabulaire courant, transparaissait à travers la volonté de procurer du bien-être aux patients
On mesure aussi le chemin parcouru concernant les modalités d'enfermement, alors qu'une simple demande de la famille suffisait à condamner n'importe qui à un isolement souvent contre-productif sur le plan de la santé mentale.
On s'attache rapidement à ces personnages victimes de circonstances malheureuses. Leur lutte contre l'absurdité du système suscite des sentiments de révolte et on craint pour eux les conséquences code leur indocilité.
cette lecture fait écho à l'ouvrage de Boris Cyrulnik sur l'histoire de la psychiatrie, qui décrivait le cheminement des procédés, dont l'inventivité n'avait d'égal que la cruauté.
L'élégance de l'écriture, gravée et nourrie de compassion contribue à l'impression générale d'un roman réfléchi et digne.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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palamede
  21 décembre 2017
Angleterre 1911, dans l'asile de Sharston. Le lieu réservé aux aliénés et indigents, aux décors bizarrement soignés, est immense. Ici plus de deux mille hommes et femmes sont internés et séparés, à l'exception du vendredi où quelques-uns sont autorisés à danser en couple dans la salle de bal de l'établissement.
Ce jour-là, l'orchestre est conduit par Charles, un médecin violoniste qui croit aux bienfaits de la musique sur les malades. Mais si au début l'homme espère en la possibilité de guérison de certains, après des balancements personnels il n'exclut plus l'idée de la stérilisation pour purifier la société. Une personnalité ambiguë donc — dont plusieurs patients vont faire les frais — néanmoins en phase avec les théories eugénistes de son époque.
Parce qu'ils sont malades mentaux ou pauvres, des humains sont enfermés — avec une possibilité de recouvrer leur liberté infime — dans un milieu hostile (un euphémisme) où contre toute attente, un homme et une femme vont avoir le courage de s'aimer. Inspirée par l'histoire d'un de ses grands aïeuls qui vécut dans un asile semblable, Anna Hope avec beaucoup d'humanité décrit une société d'exclus et signe, après Le chagrin des vivants, inoubliable, un roman éclairant et émouvant.
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Piatka
  23 août 2017
Difficile de résister au tourbillon romantico-dramatique qui anime ce roman prenant, solidement documenté, et tout simplement orchestré avec brio par Anna Hope - salle de bal oblige.
Pourtant, le quotidien des faibles d'esprit et des « pauvres chroniques » n'a rien d'enviable au sein de l'asile de Sharston dans le Yorkshire en 1911. On peut s'y retrouver assez facilement interné, qu'on soit aliéné bien sûr, mais aussi indigent, violent, déprimé ou tout simplement une gêne pour sa famille. En revanche, « Il y a trois façons de sortir d'ici. Tu peux mourir...Tu peux t'enfuir...Ou tu peux les convaincre que tu es suffisamment saine d'esprit pour partir. » Et ça, c'est nettement plus compliqué.
D'autant que l'encadrement médical est laissé à l'appréciation toute personnelle du docteur Charles Fuller, ambitieux frustré, qui compte expérimenter ses théories eugénistes sur quelques cas bien choisis. À cette époque, et c'est un des aspects historiques intéressants que ce roman met en lumière, le contrôle des faibles d'esprit est d'actualité, et Churchill alors ministre de l'intérieur a même, un temps, été séduit par le projet de stérilisation de nombreux Britanniques comme le souligne Anna Hope dans une note en fin d'ouvrage.
Mais entrez donc dans la danse, voyez comme on danse…pendant le bal donné le vendredi soir dans une magnifique salle de bal aux dimensions imposantes, véritable lieu de liberté et de rencontre pour les internés. On y croise Ella, jeune ouvrière fileuse nouvellement arrivée, John, taciturne irlandais, Clem, placée ici par sa famille pour la mater, pour ne citer que les principaux protagonistes supposés dérangés de ce roman captivant et très instructif.
Amour, haine, ambition, folie donnent le tempo de ce roman-témoignage que j'ai quand même dévoré en deux jours. Une folie je vous dis…
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alainmartinez
  26 octobre 2017
J'avais beaucoup aimé « le chagrin des vivants », je n'ai donc pas hésité quand j'ai trouvé « la salle de bal » sur le présentoir de la librairie. Pour son deuxième roman Anna Hope s'est inspirée de son histoire familiale, son arrière-grand-père ayant été interné et fini sa vie dans un établissement psychiatrique après une dépression.
Mille neuf cent onze, un asile dans le Yorkshire. Les hommes et les femmes sont reclus dans des bâtiments différents, sans contact entre eux. Sauf le vendredi, dans la grande salle de bal, sont organisées des danses. Les hommes et les femmes peuvent danser ensemble et sentir un peu de liberté, de bonheur.
Dans des chapitres alternés, le roman suit trois personnages. Ella Frey, une toute jeune fille, enfermée de force pour avoir brisé une fenêtre sur son lieu de travail. John Mulligan, un Irlandais, mélancolique après la mort de sa fille et la séparation de sa femme, il a été retrouvé errant dans les campagnes. Charles Fuller, le médecin de l'asile, diplômé de l'Ècole de médecine pour faire plaisir à son père, sa grande passion est la musique. Ambitieux il pense que la musique peut être une thérapie. Il est également très intéressé par l'eugénisme.
Très bien documenté, le roman nous fait découvrir le monde effrayant des asiles du début du siècle dernier. le traitement des personnes atteintes de maladie mentale était proche de la barbarie, la pauvreté et la folie étaient, aux yeux des médecins, synonymes.
La beauté de la campagne du Yorkshire à travers les saisons fait contraste avec les murs gris et les fenêtres à barreaux des bâtiments. Anna Hope nous offre là un roman mélancolique mais aussi d'espérance. John et Ella reprennent espoir quand ils se trouvent.
Un roman sur l'amour, le pouvoir, la folie, la pauvreté et la survie. Si vous cherchez un livre qui vous procure de l'émotion, ce livre est pour vous !
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Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   23 décembre 2017
Le projet de loi sur les faibles d’esprit a finalement été voté sous une forme modifiée en 1913, sous le nom de Mental Deficiency Act (Loi sur la déficience mentale), laquelle autorisait la ségrégation des « faibles d’esprit » sans la clause cruciale qui aurait permis la stérilisation forcée. Ce projet de loi avait bénéficié d’un soutien multipartite, toutefois deux voix éminentes s’étaient élevées contre lui : l’écrivain G. K. Chesterton et, au sein du Parlement, le député Josiah Wedgewood avaient tous deux mené campagne afin de modifier la législation. Sans doute peut-on attribuer à ces militants la victoire mesurée pour les droits de l’homme que constitua l’absence de la marotte de Churchill dans la loi finale. La loi en tant que telle était cependant loin d’être admirable, disposant, par exemple, que toute femme donnant naissance à un enfant illégitime alors même qu’elle bénéficiait d’aides sociales devait être considérée comme « faible d’esprit » et risquait donc le placement obligatoire dans une institution. Je me demande si l’abandon de la clause sur la stérilisation n’est pas également dû au fait qu’à la fin de 1911 Churchill était passé au ministère de la Marine, et qu’en 1912 il avait l’œil braqué sur de tout autres horizons. 

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palamedepalamede   22 décembre 2017
Le dernier jour de la moisson, le ciel immobile était une jatte de bleu. Le matin, les hommes restèrent silencieux, assommés par la chaleur et l’épuisement qui lestaient leurs membres, mais en fin d’après-midi John chanta : la seule voix qui s’élevait au-dessus de ces champs fauchés, une chanson qu’il ne se rappelait même pas connaître. Une que son père fredonnait, là-bas sur les plages de varech quand John était petit, et quand il l’entonna il se rendit compte qu’il la connaissait si bien que c’était comme endosser un habit porté par son père, et le père de son père avant lui, et tous les pères de la lignée, et qui lui allait donc mieux que n’importe quel autre habit. 
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BruideloBruidelo   06 mars 2018
Elle sentit alors une puissance monter. Le même sentiment qu’elle avait eu à la filature, sauf qu’à présent il prenait racine, lui redressait l’échine. Il faisait noir, elle était seule, mais son sang circulait; elle était vivante. Elle allait l’étudier, cet endroit, cet asile. Se cacher au plus profond d’elle-même. Faire mine d’être sage. Et ensuite elle s’évaderait. Pour de bon cette fois. D’une manière à laquelle ils ne s’attendraient pas. Et elle ne reviendrait jamais.
Sois sage.
C’était ce que lui avait conseillé sa mère - sois sage - en lui pressant le visage contre sa poitrine au point de l’empêcher de respirer. Sa main telle la griffe d’une femme qui se noie.
Être sage, Ella savait ce que c’était. Elle le savait depuis toute petite. Être sage c’était survivre. C’était regarder sa mère se faire rouer de coups et ne rien dire pour ne pas y passer à son tour. Avoir la nausée parce qu’on était lâche de ne rien faire de plus. Prendre les coups une fois sa mère partie et ne jamais pleurer, ni montrer à quel point ils faisaient mal. Rentrer ses nattes sous ses vêtements, se fermer et travailler dur. Jour après jour après jour.
Mais être sage c’était seulement l’extérieur. L’intérieur était différent. C’était quelque chose qu’ils ne connaîtraient jamais.
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canelcanel   08 novembre 2017
« Bref, je savais que si je l'épousais, je serais malheureuse.
- Tu l'as expliqué à ton père ?
- J'ai essayé. Il ne m'a pas écoutée. Je crois qu'il était content de ne plus m'avoir sur les bras. Je crois qu'il se disait que personne ne voudrait m'épouser à cause de ma façon d'être.
- Pourquoi ? C'est quoi ta façon d'être ?
- Oh, toute de travers, répondit C. avec un sourire fugitif. Je suis toute de travers. »
Ella la dévisagea. C. était grande et blonde. Elle savait danser et jouer du piano. Sa bouche qui remontait aux commissures semblait faite pour sourire. Si elle était toute de travers, alors comment ils étaient, les autres ?
(p. 152)
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PiatkaPiatka   23 août 2017
-J'ai vu, répondît-elle. Il y a une fenêtre ouverte. De là j'ai vu les champs - et les hommes là-bas et...vous. Je vous ai vu.
-Une fenêtre ouverte ?
Il lui saisit les poignets.
-Oui.
-Et pas de barreaux ?
-Non.
-Vous pensez que vous pourriez vous y faufiler ?
-Je ne sais pas - oui, je crois...oui.
-Venez me retrouver.
Il resserra sa poigne.
-Où ?
-Au pied du grand chêne. Un grand chêne, à l'orée du bois. Vous le reconnaîtrez quand vous le verrez. Vous trouverez le chemin. Quand la lune sera pleine. Dans trois jours. Trouvez votre chemin et je vous attendrai là-bas.
Il la tint jusqu'à ce qu'elle hoche la tête, son sang galopait sous son pouce.
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Videos de Anna Hope (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anna Hope
Cette année encore, Gérard Collard et les libraires de la Griffe Noire vous proposent à l'apporche des fêtes de fin d'année, plusieurs idées cadeaux sous forme de coffrets :
COFFRET DE NOEL
Coffret Polar poche
Le syndrome de Croyde de Marc Welinski aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/77357-divers-litterature-le-syndrome-de-croyde.html
La nuit n'est jamais complète de Niko Tackian aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/78126-poche-la-nuit-n-est-jamais-complete.html
L'Affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/89329-divers-polar-l-affaire-leon-sadorski.html
Coffret détente poche
Lettres à Stella de Iona Grey et Alice Delabre aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/81414-divers-litterature-lettres-a-stella.html
La pâtissière de Long Island de Sylvia Lott et Lorraine Cocquelin aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=91491&id_rubrique=338
Nora Webster de Colm Toibin et Anna Gibson aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/88187-divers-litterature-nora-webster.html
Coffret littérature poche
Magic Time Magic Time de Doug Marlette et Karine Lalechere aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/76601-divers-polar-magic-time.html
Le chagrin des vivants de Anna Hope et Élodie Leplat aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/87463-divers-litterature-le-chagrin-des-vivants.html
Churchill m'a menti de Caroline Grimm aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/63342-romans-churchill-m-a-menti.html
Coffret Histoire
Speer de Martin Kitchen et Martine Devillers-Argouarc'h aux éditions Perrin https://www.lagriffenoire.com/94858-encyclopedie-speer--l-architecte-d-hitler.html Je suis Jeanne Hebuterne de Olivia Elkaim aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/89143-divers-litterature-je-suis-jeanne-hebuterne.html
Liberia de Christophe Naigeon aux éditions Tallandier
https://www.lagriffenoire.com/79515-romans-liberia.html
Coffret histoire poche
Le secret du docteur Barry de Sylvie Ouellette aux éditions de Borée https://www.lagriffenoire.com/86135-romans-le-secret-du-docteur-barry.html
L'impératrice cixi de jung chang aux éditions Tallandier
https://www.lagriffenoire.com/82501-poche-l-imperatrice-cixi-la-concubine-qui-fit-entrer-la-chine-dans-la-modernite.html
L'Aviatrice de Paula McLain aux éditions Livre de Poche
https://www.lagriffenoire.com/76336-divers-li
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