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ISBN : 2072824478
Éditeur : Gallimard (04/04/2019)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 550 notes)
Résumé :
Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (223) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  02 janvier 2018
Romanesque, virtuose, bouleversant.
Ce roman d'Anna Hope m'a emporté. Il souffle sur ce livre la force des grands écrivains. Un petit régal.
L'intrigue se déroule dans l'asile de Sharston, dans le Yorkshire, en 1911. A cette époque, des maladies telles qu'un burn-out, une dépression ou l'anorexie vous menaient tout droit à l'asile. Ainsi, trois personnages nous comptent chacun leur tour leur vie au sein de l'institution psychiatrique.
Ella. Nouvelle internée après avoir brisée une vitre dans l'usine où elle travaille.
John. Dont on comprendra petit à petit les raisons de son internement.
Charles. Médecin de l'institution, musicien passionné.
Et ce bal du vendredi soir qui les réunira ? Les détruira ? Je vous laisse en juger car vous devez lire ce livre, perle des sorties 2017.
Anna Hope nous emporte à la suite de ses personnages. Je n'ai pu lâcher ce livre si subtilement écrit. Il se dévore. Littéralement. Un grand souffle romanesque traverse cet ouvrage. On passe d'émotion à consternation, les sentiments y sont subtils, la description de l'époque effarante.
Je vais devoir bientôt lire le Chagrin des Vivants, le premier livre de Mme Hope, tant ce bal m'a fait tournoyer.

Lien : https://labibliothequedejuju..
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Kittiwake
  28 octobre 2017
C'est un roman grave, qui rappelle ce que fut l'univers de la psychiatrie expérimentale du début du vingtième siècle, alors qu'aucun garde-fou, sans mauvais jeu de mots, n'existait pour protéger les malades des expérimentations sauvages de médecins inconsidérément téméraires.
Le scénario prend place en Angleterre, mais l'ensemble de l'Europe a été embarquée dans cette mouvance, qui reposait sur les théories eugénistes , présentes en filigrane autant en politique qu'en médecine.
L'auteur illustre le thème en nous proposant un roman choral, qui met au devant de la scène successivement un médecin mélomane qui rêve d'une humanité « améliorée », et plusieurs pensionnaires d'un asile pour aliénés , qui avant que le docteur un peu fêlé ne s'en mêle, avait des allures d'établissement avant-gardiste : autarcie de production des vivres et maintenance collaborative des locaux et de la buanderie, souci du bien être des pensionnaires à qui sont proposées des soirées dansantes au son d'un orchestre qui rassemble les musiciens de la communauté.
Certes les hypothèses psycho-pathologiques paraissent bien surannées, et la violence n'était pas uniquement le fait des patients incontrôlables, mais un certain degré d'empathie , même si le terme était trop récent pour faire partie du vocabulaire courant, transparaissait à travers la volonté de procurer du bien-être aux patients
On mesure aussi le chemin parcouru concernant les modalités d'enfermement, alors qu'une simple demande de la famille suffisait à condamner n'importe qui à un isolement souvent contre-productif sur le plan de la santé mentale.
On s'attache rapidement à ces personnages victimes de circonstances malheureuses. Leur lutte contre l'absurdité du système suscite des sentiments de révolte et on craint pour eux les conséquences code leur indocilité.
cette lecture fait écho à l'ouvrage de Boris Cyrulnik sur l'histoire de la psychiatrie, qui décrivait le cheminement des procédés, dont l'inventivité n'avait d'égal que la cruauté.
L'élégance de l'écriture, gravée et nourrie de compassion contribue à l'impression générale d'un roman réfléchi et digne.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Kirzy
  08 mai 2019
Une lecture comme je les aime, riche, puissante, émotionnellement chargée, avec un vrai souffle romanesque qui court de page en page.
La salle de bal, c'est celle de l'asile Sharston, une transposition littéraire de celui de Menston dans le Yorkshire qui a définitivement fermée en 2003. C'est là que l'arrière arrière grand-père de l'auteure a été interné, de 1909 à 1818, un homme déprimé qui « a du travailler très dur et s'est fait beaucoup de souci pour son travail. » Autant dire que c'est d'un sujet sensible que s'est emparé Anna Hope, un sujet qui résonne fort en elle.
1911. La salle de bal, c'est comme une parenthèse incongrue dans la vie des patients de l'asile. Une fois par semaine, pour ceux qui ont été « sages », la possibilité de s'évader dans la danse et la rencontre avec l'autre sexe. C'est là qu'Ella, internée pour avoir cassé une vitre dans sa filature, rencontre John, brisé par un malheur familial. Mais c'est aussi là que le docteur Fuller les observe et cherche à expérimenter ces théories scientifiques.
Ces trois personnages sont magnifiquement incarnés. Pas seulement le couple d'amoureux qu'on aime forcément d'emblée, mais aussi le docteur, mal aimable lui mais si complexe. C'est lui qui permet de faire entrer le roman dans une histoire peu connue et perturbante de l'histoire britannique : la notoriété de l'eugénisme qui s'étend, au début du XXème siècle, bien au-delà de la sphère scientifique pour toucher l'intelligentsia politique. Ou comment le ministre de l'intérieur Winston Chruchill s'est enthousiasmé un temps pour l'idée de stériliser les « inaptes » au système dans le but d'améliorer la « race » ( la loi de 1913 sur la déficience mentale a jusqu'au dernier moment inclus une clause sur la stérilisation forcée ).
La Salle de bal est une oeuvre âpre sur la folie, qu'elle soit visible, attribuée ou cachée. Dans cet asile de Sharston, on peut se retrouver enfermé à vie parce qu'on est fou, mais aussi indigent, déprimé ou juste rebelle à la société. le destin d'Ella et de John est bouleversant, leur histoire d'amour contrariée somptueuse. Tout est subtil et intense dans ce roman, des premières lignes jusqu'à l'épilogue qui m'a profondément émue aux larmes.
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palamede
  21 décembre 2017
Angleterre 1911, dans l'asile de Sharston. Le lieu réservé aux aliénés et indigents, aux décors bizarrement soignés, est immense. Ici plus de deux mille hommes et femmes sont internés et séparés, à l'exception du vendredi où quelques-uns sont autorisés à danser en couple dans la salle de bal de l'établissement.
Ce jour-là, l'orchestre est conduit par Charles, un médecin violoniste qui croit aux bienfaits de la musique sur les malades. Mais si au début l'homme espère en la possibilité de guérison de certains, après des balancements personnels il n'exclut plus l'idée de la stérilisation pour purifier la société. Une personnalité ambiguë donc — dont plusieurs patients vont faire les frais — néanmoins en phase avec les théories eugénistes de son époque.
Parce qu'ils sont malades mentaux ou pauvres, des humains sont enfermés — avec une possibilité de recouvrer leur liberté infime — dans un milieu hostile (un euphémisme) où contre toute attente, un homme et une femme vont avoir le courage de s'aimer. Inspirée par l'histoire d'un de ses grands aïeuls qui vécut dans un asile semblable, Anna Hope avec beaucoup d'humanité décrit une société d'exclus et signe, après Le chagrin des vivants, inoubliable, un roman éclairant et émouvant.
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Piatka
  23 août 2017
Difficile de résister au tourbillon romantico-dramatique qui anime ce roman prenant, solidement documenté, et tout simplement orchestré avec brio par Anna Hope - salle de bal oblige.
Pourtant, le quotidien des faibles d'esprit et des « pauvres chroniques » n'a rien d'enviable au sein de l'asile de Sharston dans le Yorkshire en 1911. On peut s'y retrouver assez facilement interné, qu'on soit aliéné bien sûr, mais aussi indigent, violent, déprimé ou tout simplement une gêne pour sa famille. En revanche, « Il y a trois façons de sortir d'ici. Tu peux mourir...Tu peux t'enfuir...Ou tu peux les convaincre que tu es suffisamment saine d'esprit pour partir. » Et ça, c'est nettement plus compliqué.
D'autant que l'encadrement médical est laissé à l'appréciation toute personnelle du docteur Charles Fuller, ambitieux frustré, qui compte expérimenter ses théories eugénistes sur quelques cas bien choisis. À cette époque, et c'est un des aspects historiques intéressants que ce roman met en lumière, le contrôle des faibles d'esprit est d'actualité, et Churchill alors ministre de l'intérieur a même, un temps, été séduit par le projet de stérilisation de nombreux Britanniques comme le souligne Anna Hope dans une note en fin d'ouvrage.
Mais entrez donc dans la danse, voyez comme on danse…pendant le bal donné le vendredi soir dans une magnifique salle de bal aux dimensions imposantes, véritable lieu de liberté et de rencontre pour les internés. On y croise Ella, jeune ouvrière fileuse nouvellement arrivée, John, taciturne irlandais, Clem, placée ici par sa famille pour la mater, pour ne citer que les principaux protagonistes supposés dérangés de ce roman captivant et très instructif.
Amour, haine, ambition, folie donnent le tempo de ce roman-témoignage que j'ai quand même dévoré en deux jours. Une folie je vous dis…
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Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   17 octobre 2019
Contrairement à la musique, il a été démontré que la lecture pratiquée avec excès était dangereuse pour l'esprit féminin. Cela nous a été enseigné lors de nos tout premiers cours magistraux : les cellules masculines sont essentiellement cataboliques - actives et énergiques - tandis que les cellules féminines sont anaboliques - destinées à conserver l'énergie et soutenir la vie. Si un peu de lecture légère ne porte pas à conséquence, en revanche une dépression nerveuse s'ensuit quand la femme va l'encontre de sa nature.
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TbilissiTbilissi   19 octobre 2019
Il était là sans y être. La conversation ondulait autour de lui.
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MimekoMimeko   16 octobre 2019
Le mouvement eugéniste était divisé entre ceux qui croyaient en la stérilisation et ceux qui militaient en faveur de la ségrégation, et que le médecin en chef de la Commission royale, l'homme qui avait l'oreille du Premier ministre et ministre de l'Intérieur, Churchill, se déclarait ouvertement, ou presque, en faveur de la stérilisation.
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MimekoMimeko   16 octobre 2019
Et même si le boulot était lugubre - creuser des tombes de trois mètres cinquante pour loger six bougres -, quand l'odeur de la terre fraîche venait vous caresser les narines, qu'on chantait à côté de vous, que le pelletage était dur et que la sueur perlait, vous aveuglant de temps à autre et vous piquant les yeux, le monde était relativement simple.
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MimekoMimeko   15 octobre 2019
Ses jambes étaient couvertes de crasse, et à cause de sa chute elle avait des coupures aux genoux, d'où du sang s'échappait en volutes, telle une fine fumée rouge. Le reste de sa peau était blanc, presque bleu, quelque chose créé dans l'obscurité et censé y rester. A l'endroit où ses jambes rencontraient son buste, ses poils flottaient, plante aquatique noire.
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Vidéo de Anna Hope
A l'occasion de la 11ème édition du salon international du livre en format livre de poche Saint-Maur En Poche, le libraire Gérard Collard recevait sur la scène de la Griffe Noire la marraine de SMEP 19, Anna Hope pour nous parler de ses derniers livres...
La salle de bal de Anna Hope et Élodie Leplat aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/147333-pile-poche-la-salle-de-bal.html
Le chagrin des vivants de Anna Hope et Élodie Leplat aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/87463-divers-litterature-le-chagrin-des-vivants.html
La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com
#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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