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Pallas tome 1 sur 3
EAN : 9782812624414
336 pages
Editions du Rouergue (05/04/2023)
4.31/5   218 notes
Résumé :
« Chante, Pallas, comment Zeus t'arracha aux bras de ta sœur pour te jeter sur la terre inféconde. Comment il éleva de hautes murailles pour te séparer d’Athéna, et la colère qui saisit la déesse.
Chante, Pallas, les noms des mortelles et des immortelles qui furent sacrifiées pour te libérer du ventre de Troie.
Chante, fille de Triton, la vengeance d’Athéna. »

Marine Carteron, autrice des Autodafeurs, Génération K et Dix, revisite la myt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
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Voilà un projet herculéen et sacrément culotté : proposer un contre-récit de la mythologie grecque s'appuyant sur ses propres sources (dument listées en fin d'ouvrage) mais développant une perspective aussi nouvelle qu'éclairante, celle des femmes. le fil d'Ariane de ce récit de blessure, de colère et de vengeance est Pallas, soeur de lait d'Athéna. Un peu comme Pierre Bayard pointe les incohérences des enquêtes d'Hercule Poirot et parvient à nous convaincre de sa solution alternative, Marine Carteron recoupe les textes, sélectionne certaines séquences et offre une lecture passionnante des enchaînements qui ont mené à la guerre de Troie.

Sa plume vive fait merveille. Elle compose un texte envoutant et réjouissant, entre saga addictive et chant polyphonique, qui concentre tout ce qui a fait le succès de la mythologie grecque depuis des millénaires – la rencontre du trash, du suspense et de la poésie, le côté feuilleton avec ce qu'il faut de cliffhangers, de trahisons et de rebondissements (ben oui, Pallas rime avec Dallas !), des dieux outranciers qui lorgnent d'un oeil désintéressé sur les humains, des dialogues désopilants et un style plein de peps qui se lit merveilleusement à voix haute (j'ai testé !), comme naguère les mythes.

Les voix de Héra, Électre, Thétis, Hésione, Pallas, Athéna et tant d'autres donnent aux mythes des accents féministes contemporains qui m'ont donné l'impression de les redécouvrir alors que, vraiment, tout (ou presque) y était déjà.

Les incollables de la mythologie grecque prendront grand plaisir à décrypter les clins d'oeil et à découvrir des séquences moins célèbres ; les néophytes trouveront dans ces pages une introduction splendide qui leur donnera sans nul doute envie d'aller plus loin.

Nous voilà médusés ! Rares sont les livres qui tentent tous les membres de la famille, des enfants aux grands-parents en passant par le frérot qui finit sa thèse. Vous l'aurez compris, il n'est pas question de renvoyer la lecture de la suite aux calendes grecques, nous serons sur les rangs pour lire le tome 2, au mois de novembre !
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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Une façon de revisiter la mythologie troyenne, avec un langage très actuel, de la bouche (pour l'essentiel) d'une demi-déesse ado ; ce livre n'élude pas l'extrême violence de cette mythologie mais réussit par un style léger, quoique non dénué d'émotion, à la garder à distance, comme un second degré. de plus, l'auteure ne s'attarde jamais sur les scènes les plus sanglantes (parfois on aimerait que ça ralentisse un peu sur les scènes moins violentes)
Bien écrite, cette histoire permet aussi de revisiter cette mythologie foisonnante et difficile à mémoriser (j'ai passé du temps à rechercher quelques noms, rôles et faits marquants) en nous la resservant comme un excellent thème de Fantasy !
Le choix de changer de point de vue selon les chapitres, certains racontés à la première personne, est un peu perturbant au début, je pense que c'est de la littérature pour adolescents très bons lecteurs.
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Plus de 50 ans avant la chute de Troie.
Hésione, princesse de Troie, est la « bâtarde » de la famille. Néanmoins c'est elle que sa mère, grande prêtresse d'Athena et gardienne de son temple - ainsi que de la statue de Pallas -, choisit pour lui succéder, sans trop lui demander son avis.
Mais l'histoire de la Grèce antique n'est ni simple ni linéaire: elle obéit aux désirs immatures des Dieux et à leur ego, qui se jouent des humains pour régler leurs comptes à leur place.
Ainsi, Poséidon et Apollon, condamnés par Zeus pour avoir tenté de le renverser, sont condamnés à construire les murs de Troie mais le souverain, avare, ne les paie pas: la colère va guider leurs bras vengeurs et condamner les troyens, très mortels, et piéger leurs femmes dans leurs désirs.
Vu que l'autrice commence son compte à rebours en utilisant « avant la chute de Troie », j'imagine bien que la trilogie va remonter le temps, et peut être donner une explication à une tragédie mythique qui ne s'explique que par l'ego surdimensionné des hommes. L'explication se tient et le point de vue féminin rend encore plus flagrant ces désirs de possession, de domination, de jalousie, qui poussent les hommes à tout sacrifier, y compris leurs femmes et leurs filles. L'autrice utilise les voies des actrices involontaires du drame qui se joue. Après Pat Barker et Madeline Miller, c'est une belle démonstration.
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Après avoir lu "Le chant d'Achille" de Madeline Miller et "Le silence des vaincues" de Pat Barker, je me suis laissée tenter par un retour en terres troyennes cette fois-ci signé par une autrice francophone : Marine Carteron.

N'ayant rien à envier aux écrits de ses consoeurs anglo-saxonnes, elle s'appuie sur de solides connaissances en mythologie grecque et, bien sûr, sur les textes d'Homère. Pour ce premier volume de la saga Pallas, nous n'allons pas revivre la si célèbre Guerre de Troie, mais nous plonger 56 ans auparavant, au creux de sa genèse...par delà l'enlèvement d'Hélène...bien avant la pomme de la discorde.

Le roman s'ouvre sur le calvaire d'Hésione, fille du roi Laomédon, alors qu'enchaînée à une falaise elle semble attendre la délivrance que lui offrirait la mort sous les dents gigantesques d'un effroyable monstre marin.

Comment est-elle arrivée là ? Quel est son lien avec celle qui donne son titre à la saga ? Et qu'adviendra-t-il de la jeune femme ?

Toutes ces questions trouveront leur réponse dans ce volume de la bien-nommée collection "épik". On y suivra essentiellement des femmes, mortelles ou non, au caractère bien trempé, qui évoluent dans un monde fait par et pour les hommes. Si les humains sont comme toujours les instruments de la vengeance des Dieux, on se rend compte que Déesses et mortelles subissent de plein fouet les injustices patriarcales mais qu'il serait dommage d'en faire les grandes oubliées de cette épopée tant leur rôle y est central.

J'ai adoré cette plongée en coulisses qui m'a permis de me remémorer de nombreux épisodes mythologiques que j'avais plus ou moins oubliés et d'autres dont je n'avais pas connaissance (il est utile de saluer la présence d'une annexe pour nous en expliquer les références). J'ai dévoré ce texte avec la même avidité et facilité que si je regardais une série captivante. Conseillé à partir de 13 ans par l'éditeur, ce livre ne devrait pas avoir trop de mal à acquérir un public au-delà de la lecture jeunesse chez tous les amateurs du genre.

Pour ma part j'ai déjà envie de lire la suite !
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Le talent d'écriture de Marine Carteron est indéniable. Son écriture est très riche. Elle a su notamment, dans cet opus, mimer à divers moments le style épique antique. Son travail de recherche semble avoir été colossal et je lui sais gré de l'annexe listant ses sources et expliquant ses choix pour chaque Chant (grande partie d'une épopée) entre la variété des sources et l'appel d'air laissé à ou pris par la fiction et son imagination. Cela reste rapide, je vous rassure. Les portraits physiques, moraux et en actes sont fidèles dans l'esprit aux modèles mythologiques et littéraires, aussi sublimes, odieux, retors, répugnants. Je trouve qu'elle a bien su donner vie et présenter de façon claire les généalogies tortueuses et autres accointances autant des hommes que des divinités (aussi bien dieux que monstres en tout genre).

En tissant ce roman autour de Pallas, soeur de lait d'Athéna, l'autrice nous offre une plongée dans les coulisses de l'Olympe et de la ville de Troie ( une cinquantaine d'années avant la fameuse guerre de Troie), entre destin et individualité, pouvoir et devoir, trahison et loyauté, humain et divin - le tout ensemble et séparément. Aussi divertissant que propice à la réflexion. Et cela m'a permis de découvrir des épisodes de la mythologie et de la tradition littéraire antiques que j'ignorais.

La structure d'ensemble est minutieuse, l'intrigue se construit pas à pas, la tension monte. C'est très bien fait, cependant j'ai trouvé cela trop lent à mon goût. J'ai tout de même fini par me laisser prendre par l'intrigue et le destin de certains personnages. En bonne série, la fin de ce premier tome m'a donné envie de lire la suite, en espérant que le deuxième tome démarre plus vite sans récapituler trop longuement les évènements du premier.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Encadrée par la garde royale, tirée en avant par la laisse que tient Antênor, je dois marcher jusqu'au rivage. Laomédon veut que tous soient témoins de son sacrifice. Oui, SON sacrifice.
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– Poséidon n’est pas encore arrivé ? se contente-t-elle de lui répondre.
– Non… tu l’aurais repéré à l’odeur… et puis, tu le connais, mon frère aime soigner ses entrées. Il arrivera à la dernière seconde, nimbé de lumière et tout le tralala. On aura déjà de la chance s’il ne se fait pas précéder de ses tritons soufflant dans leurs conques…
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Les regards sont concentrés sur les chars, les chevaux et les princes qui les conduisent. Un spectacle qui sera chanté par les poètes et peint sur les larges cratères aux belles anses. Pourtant, le spectacle le plus intéressant, celui pour lequel aucun aède ne composera de poème, aucun peintre ne prendra son pinceau, se déroule ailleurs ; sur le visage des femmes qui entourent Hésione, celles assises au premier rang.
Trois visages et autant de récits, ceux des combats des femmes, ceux dont on ne parle pas.
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- Iason? Violer Déméter? Mais ils s'aimaient! Ils S'AIMAIENT! Il aurait suffi que tu le lui demandes pour qu'elle te le confirme!
Zeus balaie l'argument d'une main, comme la queue d'une vache éloigne une mouche importune. La vérité, qu'il ne dira jamais, c'est qu'il est jaloux. Déméter est une déesse, une Olympienne, sa sœur, son ancienne maîtresse. Alors, en la voyant s'unir dans les sillons fraîchement labourés d'un champ avec Iason, la colère l'a saisi.
Comme un enfant capricieux à qui on aurait volé un de ses jouets, Zeus a sorti sa foudre et réduit en cendres ce fils sans intérêt qui lui manquait de respect. Aussi simple que ça.
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Car dans ce sanctuaire les prêtres sont des disciples du fils d'Apollon: Asclépios, le médecin, le guérisseur. Une science que les prêtres ont confisqué aux femmes, ne leur laissant que les tâches subalternes, les trucs de filles, les grossesses et les accouchements. Le reste, les guérisseuses n'ont plus le droit d'y prendre part et, quand elles osent préparer des potions, ou soulager gratuitement les plus pauvres, elles se font traiter de sorcières.
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Vidéo de Marine Carteron
Une longue discussion de La Garde de Nuit autour du roman "Pallas", de Marine Carteron.
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