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EAN : 9782266278638
576 pages
Éditeur : Pocket (02/05/2019)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 309 notes)
Résumé :
Helios, dieu du soleil, a une fille : Circé. Elle ne possède ni les pouvoirs exceptionnels de son père, ni le charme envoûtant de sa mère mais elle se découvre pourtant un don : la sorcellerie, les poisons et la capacité à transformer ses ennemis en créatures monstrueuses. Peu à peu, même les dieux la redoutent.
Son père lui ordonne de s'exiler sur une île déserte sur laquelle elle développe des rites occultes et croisent tous les personnages importants de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
Levant
  01 juin 2020
La mythologie grecque ne compte dans ses rangs que deux sorcières, circé et Médée. Si elles possèdent des pouvoirs magiques quelque peu redoutables, leur apparence n'a toutefois rien d'effrayant. Elles sont jeunes et ravissantes. Madeline Miller a jeté son dévolu sur la première des deux pour nous faire partager sa vie. Une partie infinitésimale de sa vie dois-je préciser car en sa qualité de déesse sa vie ne saurait connaître de fin. Et à l'heure où j'écris ces mots peut-être circé me regarde-t-elle de je ne sais quelle hauteur, peut-être est-elle penchée sur mon clavier à s'intéresser à ce que je pourrais dévoiler de ses péripéties affectives. Aussi dois-je prendre garde de ne pas la vexer.
Ce bout de chemin que Madeline Miller nous propose en sa compagnie nous projette dans un monde où le fantastique et le réel sont intimement liés. Un monde que nous relate les premiers poètes grecs, lesquels envisageaient des dieux à leur image, non seulement d'apparence mais aussi de comportement. Une façon de les apprivoiser, de se rassurer surtout, en leur prêtant des défauts et qualités bien connus d'eux et fidèlement transmis à nous autres leurs descendants. Car il faut préciser que de tous temps, aussi puissants et omniscients qu'ils pussent être, les dieux n'en étaient pas moins dangereux dans leurs colères et donc craints des mortels, dont le modeste représentant que je suis.
circé a été bannie et condamnée à l'exil sur l'île de AEaea, où elle réside peut-être encore. Telle fut la sentence de son père Hélios, dieu du soleil, lequel avait tenu conseil avec Zeus, après que celle-ci eût fait absorber à la nymphe Scylla, sa rivale de coeur, un philtre qui la transforma en monstre hideux à six têtes et tentacules. Je prendrai donc garde à ce que j'absorberai après avoir publié cette chronique.
Expatriée en face de Charybde elle fit du détroit (de Messine) l'écueil redouté de tous les marins et accessoirement l'origine du dicton dont on use encore de nos jours : tomber de Charybde en Scylla. Éviter un péril pour succomber à un autre. circé n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai pour provoquer la colère de ses illustres parents. N'avait-elle pas auparavant tenté d'adoucir le sort de Prométhée, lui-même condamné au supplice par Zeus pour avoir donné le feu aux hommes. Je lui dois donc de pouvoir faire quelques grillades sur mon barbecue, mais là encore point trop n'en faut, au risque d'attirer les foudres de Zeus.
Une affaire de coeur est donc à l'origine du triste sort de circé dont Madeline Miller a décidé de nous entretenir, à mon grand plaisir de lecteur aux jours comptés. Car figurez vous que les dieux et déesses de la mythologie grecque éprouvent des sentiments et convolent entre eux sans préoccupation d'inceste et consanguinité mais pas seulement, ils ou elles convoitent aussi les faveurs des mortels, sans préoccupation de chronologie cette fois, car leur temps n'est pas le nôtre forcément. Avec donc la certitude de voir leurs amours se dissoudre dans l'éternité divine, petite fenêtre de concupiscence contre un espoir fou pour l'élu(e) d'accéder à l'immortalité. circé convoitait le coeur du modeste pêcheur Glaucos, en fit un immortel.
A ce propos circé si tu me regardes…
Non, bon, c'était juste une suggestion comme ça !
Mais pour en revenir à Glaucos, devenu immortel mais ingrat, ce dernier se laissa tenter par les charmes de Scylla. Pour le plus grand déboire des deux rivales et de nombre de ceux qui, en victimes expiatoires, croisèrent la route de chacune d'elles. C'est ce qu'on appelle des dommages collatéraux.
L'exil de circé sur son île sera toutefois adouci par quelques visiteurs. Au rang desquels Hermès, avec qui elle réchauffera sa couche, mais certes pas de son coeur. Car le messager des dieux, que certains présentent comme ancêtre d'Ulysse, avait une attitude quelque peu ambiguë, voire déloyale vis-à-vis de l'exilée. Jason y fera escale aussi, de retour de sa quête de la toison d'or. Mais c'est surtout le héros de l'Odyssée dans son périple de retour vers sa chère Pénélope qui s'autorisera quelques mois de repos auprès de circé et conditionnera par là même une part de son avenir, dont on apprécie mal la durée tant il est confus de s'imaginer ce que peut-être l'avenir d'un immortel.
On a compris qu'Ulysse ne sera pas aussi fidèle que sa tendre et chère dont on connaît le stratagème pour repousser les prétendants convaincus de la disparition du héros de la guerre de Troie. Il faut bien dire qu'ayant provoqué le courroux de Poséidon, il était encore loin du terme de son errance sur les mers. Il quittera cependant circé sans savoir que le fruit de leurs amours sera un fils, Télégonos. Madeline Miller n'évoque que celui-là dans son ouvrage quand d'autres références mentionnent une filiation plus prolifique avec le roi d'Ithaque. Mais les sources de la mythologie étant ce qu'elles sont, les interprétations peuvent être diverses et contradictoires et donc aussi fantaisistes que plausibles.
"L'un de nous doit avoir du chagrin. Je n'allais pas accepter que ce soit lui". Voilà des propos empreints d'un amour tout maternel mis dans la bouche de circé à l'égard de ce fils bâtard d'Ulysse lorsque la puissante Athéna, également aussi belle que redoutable, réclama son tribut en compensation de la mort de son protégé, Ulysse. Cet épisode nous fait toucher du doigt l'humanité avec laquelle Madeline Miller s'est intéressée au sort de circé. Il nous ouvre sur la somptueuse dramaturgie en forme de réhabilitation d'une sorcière, car si l'on en croit cette auteure, circé n'avait de démoniaque que ses pouvoirs surnaturels et non les intentions malfaisantes que notre culture moderne serait tentée de lui attribuer. Ses écarts n'étaient que la conséquence d'un coeur en proie aux déboires d'une sensibilité toute féminine.
C'est ainsi qu'en recevant en son île Pénélope devenue veuve et son fils Télémaque, l'auteure nous offre une belle passe d'arme chargée d'émotions entre ces deux femmes, toutes deux mères d'un fils d'Ulysse. L'ouvrage déjà riche en péripéties que l'on imagine dans la fantasmagorie mythologique connaît un sursaut digne d'une tragédie classique dans lequel le devoir s'oppose à l'amour, filial celui-là. le sacrifice d'une mère, fut-elle déesse, pour un fils mortel. Une éternité de chagrin donc pour un fils qui sur terre ne fait que passer. Voilà bien la preuve que l'amour ne connaît d'échéance que la mort de celui qui l'éprouve. Et lorsque celui-là est immortel, l'amour l'est autant.
Magnifique ouvrage de Madeline Miller qui offre aux fervents des mythes et légendes une page d'émotions affranchie des contraintes du temps.
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Stelphique
  30 mai 2019
Ce que j'ai ressenti:
▪️circé, femme d'action.
« Quand je suis née, le mot désignant ce que j'étais n'existait pas. »
❤ circé ❤ . Pas un seul mot pour la désigner, mais plusieurs: Nymphe, Déesse, Magicienne, Sorcière. Tant de féminité et de pouvoir dans cette figure de la mythologie, qu'elle en devient éblouissante. Une héroïne moderne dans un univers de dieux impitoyables et d'hommes assoiffés d'aventures, qui se réinvente et prends en main son destin. Une femme forte, courageuse qui fera plier rien de moins qu'un dieu, un monstre invincible et toute une palanquée d'hommes avides, à la seule force de sa volonté. circé la rebelle, ne veut pas de ce monde où les dieux déterminent la destinée des mortels, dictent la conduite des demi-divinités, imposent leurs caprices. circé veut un monde où elle aurait une place, une fonction et elle travaillera à cela, jour et nuit s'il le faut, pour être une Pharmakis. Admirable circé. Quand je vous le dis, une femme éblouissante…Forte, moderne, éternelle…
Je pensai: Je ne pourrai pas supporter ce monde un instant de plus.
Alors fabriques-en un autre, mon enfant.
▪️circé ou le pouvoir des fleurs.
Rien qu'avec cette magnifique couverture de chez Pocket, on saisit déjà toute l'importance des fleurs dans cette histoire. En plus, pour ne rien gâcher, il sort au mois de mai, le moment où la nature sort ses plus beaux trésors de terre, et nous inonde de parfums et de couleurs. J'ai pris le temps de lire circé, beaucoup de temps et de plaisir, à lire et à relire des passages. Durant tout le mois de mai, j'ai redécouvert le charme de l'Odyssée et me suis délectée de cette histoire mythologique revisitée et je n'aurai jamais imaginé meilleur moment pour cette lecture, pour être encore plus dans l'ambiance de ce roman. Une lecture donc au plus proche de l'environnement, entre contemplation et pouvoir magique. Je dirai même envoûtante comme si dans ces lignes, les sortilèges et le pouvoir de la poésie de Madeline Miller, m'avait ensorcelée…Un roman d'aventures et de passions! Un roman aussi qui résonne féministe et prône plus de bienveillance. circé, ce n'est pas qu'une jolie fleur dans un coin d'histoire, c'est une magicienne audacieuse avec de l'empathie, une mère protectrice, une amante passionnée, une sorcière redoutable, une femme libre. Pour les siens et pour ses choix, elle n'hésite pas défier les dieux, inventer mille sorts, communiquer avec la faune et la flore, risquer sa propre vie…Une fleur qui s'épanouit à force de courage et d'amour, de confiance et de sérénité, circé, la mauvaise graine, se révèle être la plus éclatante des éclosions de ce mois de mai.
« Il est difficile de décrire ce qui arriva ensuite. Une certitude monta dans les profondeurs de mes veines: elle murmurait que la force de ses fleurs résidait dans leur sève, qui transformerait n'importe quelle créature en son moi véritable. »

▪️circé, une héroïne à découvrir ou redécouvrir.
Madeline Miller nous embarque au coeur de la mythologie grecque, dans les mondanités de l'Olympe, et autres secrets divins. En faisant rejaillir cette belle circé, on est pris dans les flots des rivalités tragiques, on plonge dans les amours interdits, on nage dans le bonheur de voir revivre toutes ses figures d'un temps passé. circé n'est pas seulement la femme qui transforme des hommes en porcs, non, elle est une puissante sorcière et une femme inspirante, à l'heure de nos jours. Il m'a été difficile de la quitter, de tourner la dernière page du livre, de poser mon ressenti, tellement j'ai été touchée par cette lecture. circé est un coup de foudre, un coup de coeur et sans doute, une de mes héroïnes préférées à l'heure actuelle. Mon coeur s'est ouvert pour circé, et je la garderai, à jamais, dans le jardin de mon imagination.
Y a-t-il un moment où un coeur s'ouvre?

Ma note Plaisir de Lecture 10/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Bazart
  11 novembre 2019

De nos cours de latin et des histoires mythologiques il n'était question que furtivement de circé. Elle était la nymphe qui changeait les hommes en porcins, elle était celle qui vivait sur une île où Ulysse trouvait repos et refuge pendant un an. Madeleine Miller la place au coeur de son récit nous narrant sa vie dès sa naissance, fille d'Helios et d'une mortelle.
Est ce parce que circé est tout juste tolérée par son père, moquée par son frère et sa soeur, rejetée par sa mère que tout de suite elle nous parfait plus "intéressante" que les divinités de l'Olympe ? Plus que le fait que ce soit une sorcière, c'est sa sensibilité, son caractère, sa complexité, les choix auxquels elle doit faire face, son esprit libre qui nous séduit chez cette héroïne.
Alors, on la suit dans son exil sur une île déserte, dans ses aventures , dans ses amours. Et on se laisse charmer par cet
angle inédit et féministe et par l'atmosphère dans laquelle la plume de Madeleine Muller nous transporte dans une atmosphère où toutes les sensations semblent décuplées.
Bref, on conseille la lecture de circé, une plongée dans la mythologie qui nous change radicalement de nos lectures habituelles et réussit aussi à éloigner notre esprit des soucis du moment.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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florencem
  02 janvier 2020
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre lorsque j'ai commencé Circé. J'en avais eu de très bons échos, mais je ne m'étais pas penchée plus que cela sur le roman. Et puis, une amie me l'a offert et je me suis dit que c'était le moment de se lancer. Je n'avais même pas lu le résumé, et je ne connaissais pas plus que cela le personnage de la légendaire sorcière titan, mais étant fan de la mythologie grecque, je partais plutôt confiante.
Ce fut une très bonne lecture. J'aurais voulu que ce soit un coup de coeur, mais certains éléments ont fait que ma lecture ne m'a pas emportée aussi loin que je le souhaitais. Néanmoins, il reste l'un des meilleurs récits que j'ai pu lire cette année, et je suis assez curieuse de découvrir son autre oeuvre sur Achille. Que l'auteur soit une enseignante de grec ancien et de latin ainsi qu'une inconditionnel de Shakespeare ne fait aucune doute. On sent la maîtrise au niveau de la mythologie et l'influence du dramaturge britannique (peut-être un peu trop, mais j'y reviendrais plus tard). Et pour autant, je pense que quelqu'un qui ne s'y connait pas forcément en mythes et légendes grecs peut tout à fait se lancer dans l'aventure. Donc, ne soyez pas effrayés vis-à-vis de cela.
J'ai réellement apprécié la première partie. On y voit clairement l'évolution de circé. de la jeune femme perdue et effacée, à la limite de la pauvre malheureuse sans aura, à la sorcière d'abord débutante et non préparée à la vie, à celle qui ensuite s'épanouit dans son art et devient cette femme de légende. La condition féminine y est dépeinte de façon "crue" et tout à fait réaliste, même si nous nous situons dans un contexte divin. On y voit autant la soumission de la femme en circé, que Perséis, sa mère, qui ne trouve gloire qu'en engendrant des enfants et en restant belle, ou bien Pasiphaé qui voit clair dans le jeu des hommes et décide de jouer de ses charmes pour pouvoir faire sa place, quitte à y perdre son âme. Des modèles sculptés par les hommes, il y a fort longtemps et qui sont ancrés malgré eux, n'étant plus qu'une banalité face à cette violence sans nom. C'est une critique pour moi, une dénonciation, mais aussi une prise de conscience et une lutte par la suite. La mise en avant de la sorcellerie est un pied de nez, d'ailleurs, à cette condition si peu reluisante. J'ai aimé voir cet art lié à la terre et la nature et fondé sur les désirs profonds de celui qui peut le pratiquer. Il était assez rafraîchissant de ne pas traiter du sujet de façon obscure et malsaine.
La seconde partie du roman est celle qui m'a le moins plu. Elle était intéressante, car elle traite d'une période de la vie d'une femme en toute franchise et sans l'édulcorer. Il y a un côté plus vif dans l'émotion, plus à fleur de peau, et c'est un point pivot qui va décider de l'avenir de nombreux personnages. Mais j'ai aussi trouvé que c'était un retour en arrière pour circé. La venue de Télégonos dans sa vie fait que notre héroïne n'est plus femme, plus sorcière, plus maîtresse de son destin. Il y a beaucoup d'oppression, et le fait que le jeune homme soit insupportable la plupart du temps fait que j'ai eu du mal à traverser cette période avec circé.
Autre point que j'ai moyennement apprécié : Ulysse. La manière dont il est dépeint est assez sinistre et ce n'est pas l'image que je me fais de lui. Après, il y a ce traitement du syndrome post-traumatique lié à la guerre qui est pertinent et subtilement amené. Mais dans l'ensemble Ulysse est plus un monstre que le héros valeureux que l'on peut connaître. Et c'est un aspect assez global dans le roman. L'auteur donne l'impression que personne n'a grâce à ses yeux. Les caractères des uns et des autres sont dépeints de façon judicieux vis-à-vis des Dieux et des mortels, mais il n'y a pas une once de bonté et dès qu'une lueur apparaît, elle est réduite à néant. Cette négativité finit par peser.
La fin offre cependant cette aurore cajolante qui permet de respirer et de finir la lecture du roman de façon plus sereine. le destin de circé est traité jusqu'au bout, en lui rendant justice de manière tout à fait convaincante. La sorcière a été une héroïne captivante, nageant parmi de nombreux personnages célèbres, et nous contant sa vie sans aucun artifice et avec franchise. Télémaque, contre toute attente, fut le seul personnage masculin avec Dédale à sortir du lot et que j'ai réellement apprécié. Un roman féministe dans le bon sens du terme qui mêle avec perfection légendes et romanesque.
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Ichirin-No-Hana
  28 mai 2020
Circé, fille d'Hélios, dieu du soleil et d'une nymphe, est une femme exceptionnelle. Madeline Miller nous conte grandement son histoire. Exilée, elle marquera la mythologie grecque et y rencontrera des personnages qui l'ont forgés. On croisera un certain Ulysse ou encore des non moins connus Hermés, Medée, Icare et même l'effrayant Minotaure. Mais Circé c'est surtout une femme indépendante, débrouillarde et une sorcière remplie d'intelligence.
Circé est un roman vraiment passionnant. Foisonnant de détails et d'événements, le roman se déguste avec énormément de plaisir. J'ai beaucoup appris sur la mythologie grecque notamment concernant les Titans, êtres vaincus par la bande de Zeus dont je connaissais finalement peu de choses. Circé est une femme à l'évolution impressionnante. D'abord enfant sans pouvoir et pas vraiment jolie dans un monde cruel et où la beauté est omniprésente, elle passera son temps à vouloir passer inaperçu cachée derrière son père qui remarque à peine sa présence et à éviter les pièges de ses frères et sœurs jusqu'à devenir cette sorcière qui, coincée sur son île, imposera sa marque dans L'Histoire. Loin d'être parfaite et vaincue par un sentiment de solitude, Circé est une femme complexe aux multiples facettes.
Madeline Miller nous offre avec Circé un roman à la recherche documentaire vraiment poussée. Grouillant de détails, c'est un roman vraiment complet et addictif porté par une héroïne complexe et attachante. Que demander de plus ? J'ai été conquise !
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critiques presse (2)
Elbakin.net   12 décembre 2018
Bref, un roman à mettre entre toutes les mains et qui devrait se révéler à même de réconcilier n’importe qui avec des questions d’ordre mythologique ou même philosophiques ! Et non, cela n’a rien d’ennuyeux ou de daté, sachez-le. Rarement aura-t-on croisé incarnation plus vivante que Circé.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
LeMonde   28 juin 2018
Avec « Circé », l’écrivaine américaine brosse un portrait de l’ensorcelante déesse, croisée par Ulysse dans l’« Odyssée », en figure féministe.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
CarolinehbCarolinehb   27 juin 2020
Je m'enfonçais dans les vagues. Elles recouvrirent mes jambes, mon ventre. Mon visage. Je n'avais pas besoin de me lester de pierres comme une mortelle pour m'empêcher de flotter. Je descendis d'un pas assuré les pentes de l'océan. Au dessus de moi, les marées poursuivaient leurs mouvements incessants mais j'étais trop profond pour les sentir. Mes yeux éclairaient mon chemin. Autour de moi, le sable remua, et un poisson plat s'écarta de mes pieds à toute allure. Aucune créature ne s'approcha.

(...)

Je continuai à m'enfoncer dans ces milles obscures. Ces aux-là n'étaient pas mon élément, et je le savais. Leur froid me pénétrait jusqu'aux os, leur sel m'irritait la figure. Le poids de l'océan pesait telle une montagne sur mes épaules (...). je persévérai. Au loin, j'apercevais les masses flottantes des baleines et des énormes poulpes.
(...)
Enfin, je parvins au dernier niveau du fond de la mer. Le sable était si froid qu'il me cisaillait les pieds. Tout était silencieux, l'eau complètement immobile. Seuls quelques filaments luminescents éclairaient les ténèbres.

Il était sage, ce dieu. D'obliger ses visiteurs à se rendre dans ce lieu si hostile, où rien ne vivait à part lui.

Je criai : "Grand Seigneur des profondeurs, je suis venue depuis le monde pour te défier."
+ Lire la suite
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GabySenseiGabySensei   03 juillet 2018
Laissez-moi vous expliquer ce que la sorcellerie n'est pas : ce n'est pas un pouvoir divin, qui vient en un clin d’œil, d'une simple pensée. Elle nécessite d'agir, de manipuler, de planifier, rechercher, fouiller, sécher, couper et moudre, bouillir, parler et chanter. Et même après toutes ces étapes elle peut échouer, ce qui n'arrive pas aux dieux. Si mes herbes ne sont pas suffisamment fraîches, si mon attention diminue, si ma volonté est faible, les drogues deviennent vertes et rance entre mes mains. [...]
Au début, bien sûr, tous mes filtres furent catastrophiques. Des potions sans effet, des pâtes qui se délitaient et restaient sur la table inutiles. Je me disais que si c'était bien d'utiliser un peu de rue, c'était encore mieux d'en mettre beaucoup, que dix herbes mélangées auraient plus d'effet que cinq, que je pouvais laisser mon esprit s'égarer sans que l'enchantement ne s'égare avec lui, commencer à préparer une potion et décider à mi-parcours d'en élaborer une autre. Je ne disposais pas de la plus élémentaire connaissance des herbes que n'importe quelle mortelle apprend sur les genoux de sa mère : j'ignorais qu'en bouillant du millepertuis, on obtenait une sorte de savon, que le bois d'if brûlé dans l'âtre produisait un brouillard suffoquant, que les coquelicots engendraient le sommeil et l'hellébore la mort, et que l’achillée millefeuille aidait les blessures à cicatriser. Tout cela, je dus l'assimiler par tâtonnements, à coup de doigts brûlés et de nuages fétides qui m'obligeaient à sortir en courant tousser dans le jardin.

(P98/99)
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laulauttelaulautte   14 janvier 2020
C'était ainsi que les mortels trouvaient la gloire, songeai-je. A force d'entraînement et de diligence, cultivant leurs talents à la manière d'un jardin, jusqu'à ce que ceux-ci resplendissent sous le soleil. Mais les dieux naissent ichor et nectar, et leur excellence déborde déjà du bout de leurs doigts. Ainsi, ils trouvent leur renommée en prouvant ce qu'ils sont capables de gâcher : en détruisant des villes, initiant des guerres, engendrant monstres et épidémies.
Toute cette fumée et toutes ces saveurs qui s'élèvent si délicatement de nos autels. Elles ne laissent derrière elles que de la cendre.
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florencemflorencem   01 janvier 2020
Il avait eu deux enfants, qu’il n’avait pu voir ni l’un ni l’autre pour ce qu’ils étaient vraiment. Cela dit, peut-être qu’aucun parent n’est capable de voir son enfant ainsi. En les regardant, nous ne voyons que le reflet de nos propres défauts.
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BazartBazart   03 novembre 2019
Avais je vraiment craint des créatures pareilles? Avais je vraiment passé dix mille ans à me cacher dans un tou de souris? a présent je comprenais l'audace d'Aetes, sa façon de se tenir au dessus de notre père tel un sommet imposant. Quand je pratiquais la magie, je me sentais la même envergure, le même poids. Je cherchais le char en feu d'Hélios dans le ciel. Eh bien. Qu'as tu à me dire? tu m'as jeté en pature aux corbeaux, mais il se trouve que je les préfère à toi.
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Videos de Madeline Miller (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Madeline Miller
L?écriture si moderne de Madeline Miller révèle des dieux de l?Olympe plus capricieux les uns que les autres ? http://bit.ly/2Y66Syt
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