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ISBN : 2266278630
Éditeur : Pocket (02/05/2019)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Helios, dieu du soleil, a une fille : Circé. Elle ne possède ni les pouvoirs exceptionnels de son père, ni le charme envoûtant de sa mère mais elle se découvre pourtant un don : la sorcellerie, les poisons et la capacité à transformer ses ennemis en créatures monstrueuses. Peu à peu, même les dieux la redoutent.
Son père lui ordonne de s'exiler sur une île déserte sur laquelle elle développe des rites occultes et croisent tous les personnages importants de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Stelphique
  30 mai 2019
Ce que j'ai ressenti:
▪️circé, femme d'action.
« Quand je suis née, le mot désignant ce que j'étais n'existait pas. »
❤ circé ❤ . Pas un seul mot pour la désigner, mais plusieurs: Nymphe, Déesse, Magicienne, Sorcière. Tant de féminité et de pouvoir dans cette figure de la mythologie, qu'elle en devient éblouissante. Une héroïne moderne dans un univers de dieux impitoyables et d'hommes assoiffés d'aventures, qui se réinvente et prends en main son destin. Une femme forte, courageuse qui fera plier rien de moins qu'un dieu, un monstre invincible et toute une palanquée d'hommes avides, à la seule force de sa volonté. circé la rebelle, ne veut pas de ce monde où les dieux déterminent la destinée des mortels, dictent la conduite des demi-divinités, imposent leurs caprices. circé veut un monde où elle aurait une place, une fonction et elle travaillera à cela, jour et nuit s'il le faut, pour être une Pharmakis. Admirable circé. Quand je vous le dis, une femme éblouissante…Forte, moderne, éternelle…
Je pensai: Je ne pourrai pas supporter ce monde un instant de plus.
Alors fabriques-en un autre, mon enfant.
▪️circé ou le pouvoir des fleurs.
Rien qu'avec cette magnifique couverture de chez Pocket, on saisit déjà toute l'importance des fleurs dans cette histoire. En plus, pour ne rien gâcher, il sort au mois de mai, le moment où la nature sort ses plus beaux trésors de terre, et nous inonde de parfums et de couleurs. J'ai pris le temps de lire circé, beaucoup de temps et de plaisir, à lire et à relire des passages. Durant tout le mois de mai, j'ai redécouvert le charme de l'Odyssée et me suis délectée de cette histoire mythologique revisitée et je n'aurai jamais imaginé meilleur moment pour cette lecture, pour être encore plus dans l'ambiance de ce roman. Une lecture donc au plus proche de l'environnement, entre contemplation et pouvoir magique. Je dirai même envoûtante comme si dans ces lignes, les sortilèges et le pouvoir de la poésie de Madeline Miller, m'avait ensorcelée…Un roman d'aventures et de passions! Un roman aussi qui résonne féministe et prône plus de bienveillance. circé, ce n'est pas qu'une jolie fleur dans un coin d'histoire, c'est une magicienne audacieuse avec de l'empathie, une mère protectrice, une amante passionnée, une sorcière redoutable, une femme libre. Pour les siens et pour ses choix, elle n'hésite pas défier les dieux, inventer mille sorts, communiquer avec la faune et la flore, risquer sa propre vie…Une fleur qui s'épanouit à force de courage et d'amour, de confiance et de sérénité, circé, la mauvaise graine, se révèle être la plus éclatante des éclosions de ce mois de mai.
« Il est difficile de décrire ce qui arriva ensuite. Une certitude monta dans les profondeurs de mes veines: elle murmurait que la force de ses fleurs résidait dans leur sève, qui transformerait n'importe quelle créature en son moi véritable. »

▪️circé, une héroïne à découvrir ou redécouvrir.
Madeline Miller nous embarque au coeur de la mythologie grecque, dans les mondanités de l'Olympe, et autres secrets divins. En faisant rejaillir cette belle circé, on est pris dans les flots des rivalités tragiques, on plonge dans les amours interdits, on nage dans le bonheur de voir revivre toutes ses figures d'un temps passé. circé n'est pas seulement la femme qui transforme des hommes en porcs, non, elle est une puissante sorcière et une femme inspirante, à l'heure de nos jours. Il m'a été difficile de la quitter, de tourner la dernière page du livre, de poser mon ressenti, tellement j'ai été touchée par cette lecture. circé est un coup de foudre, un coup de coeur et sans doute, une de mes héroïnes préférées à l'heure actuelle. Mon coeur s'est ouvert pour circé, et je la garderai, à jamais, dans le jardin de mon imagination.
Y a-t-il un moment où un coeur s'ouvre?

Ma note Plaisir de Lecture 10/10
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StephanieIsReading
  15 juillet 2019
Quel roman ! Quel bel hommage à la mythologie et à ceux qui l'ont chantée avant !
Un roman qui m'a ensorcelée. le thym, la sauge et le romarin y seraient-ils pour quelque chose ou serait-ce Madeline Miller qui aurait hérité des formules secrètes et prononcées à voix basse - presque inaudibles - de circé ?
circé est la fille du dieu Hélios et d'une mortelle. Contrairement à sa myriade de frères, soeurs, cousins et cousines, elle a trois particularités : sa voix est humaine, elle ne méprise pas les humains et n'est pas aussi cruelle que peuvent l'être les divinités.
Touchée par le sort réservé à Prométhée et par ses échanges avec lui, elle lui apportera à boire alors qu'il est torturé par une furie sous les yeux amusés et vengeurs des dieux qui l'accusent de trahison pour avoir aidé les mortels. Lorsqu'elle rencontre Glaucos, un humain, sa vie prend un tour inattendu et décisif.
circé est une sorcière et bien que son frère et sa soeur possèdent également ce don, elle se voit condamnée à l'exil par Zeus et son père qui se sont mis d'accord.
Raillée par ses oncles, moquée et humiliée par sa fratrie, méprisée, détruite et reniée par ses parents, circé finit par trouver un sens à sa vie dans cet exil et, de fait, dans cette solitude imposée.
circé se révèle à elle-même. On la découvre plus humaine que certains humains et plus sublime que les Dieux.
Elle est une femme, elle est une sorcière, elle est une mère, elle est circé.
Elle nous fait voir la cruauté de l'éternité à laquelle sont vouées les divinités lorsque tous les mortels, qu'elle a aimé et dont elle a été aimée, meurent. Sa vie à elle s'étire comme un long fil que les Parques refusent de couper.
J'ai été subjuguée par cette histoire narrée par circé. J'ai pris plaisir à retrouver d'autres personnages de la mythologie, de les voir interagir avec circé et surtout de les observer par son prisme : Pasiphaé, Dédale, Ulysse, Pénélope, Télémaque, Télégone et même l'ignoble Scylla...
Madeline Miller dépeint circé comme une femme à l'âme écorchée, une mère qui n'a rien à envier aux lionnes et aux louves, une sorcière qui ne se contente pas de ses dons, qui apprend, s'entraîne et se trompe avant de recommencer et de réussir. Elle se forge seule et ne laisse ni les dieux ni les mortels la dominer.
Lorsqu'on referme ce roman, on ne peut que regretter de la quitter.
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MarieLovesBooks
  11 mai 2019
4,75/5
Je voudrais conseiller ce livre aux amateurs de mythologie grecque, que vous ayez des connaissances poussées ou non. N'ayez pas peur de vous lancer car il vaut vraiment le coup.
circé est une nymphe, née d'une naïade qui règne sur l'eau douce fille de Océan et de Hélios le dieu soleil. Océan et Hélios sont deux titans.
Le récit foisonne de personnages mythologiques, on va rencontrer Hélios, Hermès, Athéna, Médée, Ulysse, Jason, Dédale et le minotaure, Zeus, Prométhée.
Au début on nous dit que circé a peu de pouvoirs, ce qui promet une évolution de personnage intéressant.
circé est moquée par ses soeurs et sa mère car elle est différente. Lorsqu'elle chante elle subit les moqueries, et sa famille lui dit clairement qu'elle est moche. Elle grandit donc dans un climat très cruel et hostile. On ressent chez elle une sensibilité exceptionnelle en comparaison avec les membres de sa famille.
Les dieux sont décrits comme ils doivent l'être : impitoyables, autocentrés, cruels, méprisants.
Il y a une scène clé au début du roman, lorsque circé assiste à la punition de Prométhée. Il a aidé un mortel en lui donnant du feu alors il est puni par Zeus. La scène est cruelle et horrible pour nous mais semble normale pour eux. On est parmi le Panthéon des dieux de l'Olympe.
circé prend Prométhée en pitié et va transgresser l'interdit en lui apportant à boire du nectar. Cette transgression prouve toute l'humanité de circé. Elle ne comprend pas les règles du monde dans lequel elle vit. Elle veut vivre selon ses propres règles. C'est un passage marquant et auquel circé repensera souvent.
La narration à la première personne est très judicieuse et permet l'immersion dans la vie de circé. Les descriptions sont exceptionnelles. le style littéraire employé est assez soutenu. J'ai été subjuguée et happée par la beauté de la plume.
Elle assiste au mariage de sa soeur dans le palais de Minos à Cnossos en Crète. C'est splendide. Elle se demande ce qu'il va advenir d'elle maintenant que sa soeur est mariée et son frère lui annonce qu'il va partir.
circé rencontre Glaucos, un pécheur mortel dont elle s'éprend. Un jour elle va trouver Téthys sa grand-mère afin qu'elle remplisse les filets de Glaucos, qui ne pêche plus rien. En échange elle doit promettre de ne pas coucher avec lui.
circé transforme Glaucos en dieu.
Glaucos ne veut plus de circé et veut épouser Scylla une belle nymphe. circé est jalouse et décide de la rendre laide. En fait elle l'a transformé en monstre. circé avoue ses crimes à son père, ce dernier convoque un conseil des dieux. Aetes le frère de circé, revient de son royaume et avoue à circé qu'il manipule aussi la pharmaka. C'est un sorcier et il annonce à sa soeur qu'elle en est une. circé est bannie, condamnée à vivre sur une île déserte alors que son frère lui n'est pas punit. Quelle injustice pour circé !
Et pourtant cet exil en punition se révèlera au bout du compte le seul moyen pour circé de s'accomplir et de se former à la magie, la pharmaka, de vivre libre, heureuse et loin du courroux et de l'autorité de son père.
Mon moment préféré reste quand circé arrive sur son île. C'est une grande découverte avec des phases d'apprentissage, de solitude et de rencontres.
Elle va explorer son ile, parcourir chaque sentier, gouter et tester chaque plante. Avec le temps et un travail régulier elle arrivera à fabriquer des remèdes et deviendra une vraie maitresse des potions. Elle va aussi nouer des liens avec les animaux de l'île ce qui la rend d'autant plus passionnante.
La majeure partie du roman se passe sur l'île de circé.
Le lyrisme de la plume est pour moi un gros point fort, on a envie de le lire à voix haute. L'audiobook doit être divin. C'est un livre magnifique à lire mais qui doit aussi l'être à écouter.
Le style de Madeline Miller est fouillé, d'une richesse inouïe. On en prend plein les yeux et les sens. Les tableaux qu'elle nous donne à voir sont colorées, variés et nous imprègne les sens du soleil méditerranéen et des parfums.
Le temps ne passe pas de la même façon chez les dieux et chez les humains. Chez les dieux un jour est une seconde. L'auteure avec sa narration réussit à recréer cette impression du temps qui passe à une vitesse folle. La vie de circé est un enchaînement de faits, sa vie va à mille à l'heure en tout cas c'est l'impression qu'on a en tant que lecteur. On ne s'ennuie pas, on est toujours en mouvement.
Et en même temps l'auteure illumine circé de cette aura divine, pleine de langueur, de grâce.
Madeline Miller en fait une héroïne humaine qu'on aime avec ses failles. circé est sensible et complexe. Elle ne comprend pas les dieux ni bien des choses mais elle veut vivre selon ses propres valeurs. Et sur son île, en exil, on assiste à des monologues intérieurs, c'est une femme en introspection.
Elle cherche à tâtons, des remèdes, elle crée des potions, si ça ne marche pas elle recommence inlassablement, elle a sa vie d'immortelle pour tout recommencer.
La vie de circé est faite de rencontres marquantes. Tout au long du livre, une multitude de personnage se succède sur son île. C'est l'occasion pour le lecteur de découvrir le talent de l'auteur pour créer des scènettes. Sa relation avec Dédale est touchante, sa rencontre avec Ulysse est intéressante, même si ce n'est pas mon personnage préféré.
L'immortelle vie de circé est ponctuée de souffrances, d'amour, de choix, et toujours on vibre avec elle.
Tout part d'une histoire d'amour et de vengeance. Il faut rappeler que circé a transformé Scylla en monstre par jalousie. Mais peu à peu se dessine une forme d'entraide féminine. Une solidarité, fine mais présente quand même.
On s'en rend compte quand circé devient mère surtout.
De circé je ne me souvenais que c'était une sorcière sur une ile qui transformait des marins en cochons. Et lorsque l'on assiste à cette fameuse scène, on comprend pourquoi elle a transformé ces hommes en cochons ! Cette scène est tellement éclairante.
C'est une femme qui a fait de mauvaises choses mais qui en subit aussi, elle est imparfaite. Je trouve ça génial de lui avoir consacrer un livre, l'auteure réussit son pari et invente la légende de circé. Une femme différente, forte de ses convictions, une maitresse des potions, une sorcière, peu importe comment on la décrit, j'ai trouvé que c'était une femme sensible et touchante, imparfaite, qu'on prend plaisir à découvrir tout au long de sa vie.
C'est un roman rempli d'amour, de cruauté, de solitude.
Ce que j'ai le plus aimé :
► la plume splendide de l'auteure
► le portrait complexe et subtil de circé
► le rythme effréné
Ce que j'ai moins aimé :
► le manque de lien entre les scènes
► un texte parfois dense, il faut rester concentré pour ne pas se sentir perdus
Est-ce que je vous le conseille ?
Je le conseille chaleureusement aux amateurs de mythologie, que vous ayez des connaissances approfondies ou non. C'est un portrait de femme attachante au destin palpitant.

Lien : https://marie-loves-books.bl..
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Espai
  06 mars 2019
Avant toute chose : j'adore la mythologie grecque. J'ai été bercée par Age of Mythology, la série Disney Hercule, le film Troie, et ensuite tous les livres que j'ai pu lire petite qui se passaient en Grèce antique (puis mes amours Antigone et Médée de Anouilh). Donc bon, clairement, ce livre partait en terrain déjà conquis.
Si vous êtes dans le même cas, attiré par les dieux grecques et le tragique qui en découle, vous ne pouvez pas vous tromper avec circé. le livre est intelligent, sensible, bien écrit, et montre un amour certain de l'auteur pour le matériel source.
Madeline Miller nous plonge immédiatement dans l'atmosphère de la Grèce antique, grâce à un style évocateur et imagé. Je suis admirative de la manière dont elle a réussi à retranscrire le côté alien et effrayant des Dieux Olympiens. Quand ils apparaissaient, j'étais tout de suite tendue, je sentais le danger. Tout le reste est aussi réussi : la description de la magie de circé, les nymphes, les monstres, les héros. On s'y croirait.
J'ai aussi adoré retrouver les héros grecs familiers, voir la manière dont Miller les avait réécrit. Évidemment, certains m'ont manquée, et pour quelques uns je préfère d'autres versions de leur réécriture, mais c'était toujours assez jouissif. Mais surtout, celui qui m'a marquée, c'est Ulysse. Sans trop en dire pour ne pas spoiler, j'ai adoré la manière dont il a été peint par Miller, tout en ombre et lumière. C'est vraiment ce que je retiens du livre.
Par contre, dû au fait que circé est en exil, et n'a pas une grande amplitude de mouvement, l'histoire se réduit parfois à des successions de vignettes, qui ouvrent certes sur des morceaux célèbres de la mythologie grecque, mais qui ne sont parfois pas toujours liés de manière satisfaisante. En fait, circé attend sur son île, et prend ce qu'on lui offre, ce qui donne parfois un côté passif à l'histoire. Après, circé est un personnage suffisamment intéressant et complexe pour renouveler l'intérêt, donc à part à un ou deux moments, ça ne m'a pas dérangée plus que ça.
Par contre, je pense que quelqu'un qui ne serait pas particulièrement familier avec les héros grecs, et qui n'attendrait pas comme moi avec excitation que tel Dieu ou tel personnage apparaisse, aurait peut-être moins de patience que moi. Ou peut-être pas.
Pour finir, j'ai vraiment passé un bon moment de lecture, mais je pense qu'il a manqué quelque chose au personnage principal pour devenir un véritable coup de coeur. Pas par un défaut de l'histoire ou de l'écriture. circé est complexe, intéressante, quelqu'un avec qui j'aurais eu envie de discuter. Mais pas de lien plus brut qui se serait construit entre elle et moi. Et ça, c'est quelque chose de personnel, et je pense que chacun aura une expérience différente.
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Elamia
  02 juin 2019
Un roman envoûtant qui nous invite à redécouvrir la mythologie grecque à travers le regard de Circé.
Si comme moi, tous ces mythes antiques vous paraissent flous et que vous confondiez à tort, Médée et Circé, ce ne sera plus le cas.
Vous savez, Circé c'est cette sorcière qui transformait les marins en cochons. Mais pas seulement.
Madeleine Millar nous propose de revenir sur la genèse de cette déesse mineure, certainement la plus humaine du panthéon grec. Car Circé, même si elle est un peu trop coeur d'artichaut, sait faire preuve de bonté là ou ses divins parents punissent à tour de bras.
La plume douce et toute en finesse de Madeleine Miller trace le destin de cette fille du Soleil et nous emporte aux confins du monde, sur l'île d'Eea. Là, Circé y apprend à développer ses talents de « Pharmakis » ou sorcière, qui distille à partir des plantes des breuvages et poisons puissants.
Circé est la sorcière des arts mystiques et des illusions. Pourtant, elle ressent et pense la plupart du temps comme une humaine. Il est vrai que dans les mythes antiques, les dieux et déesses ne sont pas des figures douées d'empathie. Elles agissent pour servir leur intérêt et semblent détachées de tout. Pas Circé. Depuis sa naissance, elle aspire à la liberté, la liberté de choisir qui aimer mais aussi de réparer les injustices. Voila pourquoi, on s'attache à elle sans s'en rendre compte. L'autrice arrive à créer une proximité entre son personnage et son lectorat. Tellement qu'une fois la dernière page tournée, il est étrange de quitter cette héroïne.
Madeleine Miller connaît la mythologie grecque sur le bout des doigts, on sent que son travail est le fruit de recherches poussées. Elle a d'ailleurs écrit un précédent roman sur Achille. Son but ici n'était pas de retranscrire fidèlement l'Odyssée. Si Circé apparaît dans le chant X de l'oeuvre, son destin y est bien différent. Ici, sa rencontre avec Ulysse est certes édulcorée et écourtée, mais l'autrice se concentre sur des points particuliers du mythe pour le rendre plus vivant et réaliste.
C'est un roman poétique, et abouti, fruit de l'intérêt certain que porte l'autrice aux textes anciens. Une façon de redécouvrir la mythologie grecque à travers les yeux d'une déité mineure, assez méconnue, qui nous réserve pourtant de belles surprises.
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critiques presse (2)
Elbakin.net   12 décembre 2018
Bref, un roman à mettre entre toutes les mains et qui devrait se révéler à même de réconcilier n’importe qui avec des questions d’ordre mythologique ou même philosophiques ! Et non, cela n’a rien d’ennuyeux ou de daté, sachez-le. Rarement aura-t-on croisé incarnation plus vivante que Circé.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
LeMonde   28 juin 2018
Avec « Circé », l’écrivaine américaine brosse un portrait de l’ensorcelante déesse, croisée par Ulysse dans l’« Odyssée », en figure féministe.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
StephanieIsReadingStephanieIsReading   15 juillet 2019
L'un de nous devait avoir du chagrin. Je n'allais pas accepter que ce soit lui.
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GabySenseiGabySensei   03 juillet 2018
Laissez-moi vous expliquer ce que la sorcellerie n'est pas : ce n'est pas un pouvoir divin, qui vient en un clin d’œil, d'une simple pensée. Elle nécessite d'agir, de manipuler, de planifier, rechercher, fouiller, sécher, couper et moudre, bouillir, parler et chanter. Et même après toutes ces étapes elle peut échouer, ce qui n'arrive pas aux dieux. Si mes herbes ne sont pas suffisamment fraîches, si mon attention diminue, si ma volonté est faible, les drogues deviennent vertes et rance entre mes mains. [...]
Au début, bien sûr, tous mes filtres furent catastrophiques. Des potions sans effet, des pâtes qui se délitaient et restaient sur la table inutiles. Je me disais que si c'était bien d'utiliser un peu de rue, c'était encore mieux d'en mettre beaucoup, que dix herbes mélangées auraient plus d'effet que cinq, que je pouvais laisser mon esprit s'égarer sans que l'enchantement ne s'égare avec lui, commencer à préparer une potion et décider à mi-parcours d'en élaborer une autre. Je ne disposais pas de la plus élémentaire connaissance des herbes que n'importe quelle mortelle apprend sur les genoux de sa mère : j'ignorais qu'en bouillant du millepertuis, on obtenait une sorte de savon, que le bois d'if brûlé dans l'âtre produisait un brouillard suffoquant, que les coquelicots engendraient le sommeil et l'hellébore la mort, et que l’achillée millefeuille aidait les blessures à cicatriser. Tout cela, je dus l'assimiler par tâtonnements, à coup de doigts brûlés et de nuages fétides qui m'obligeaient à sortir en courant tousser dans le jardin.

(P98/99)
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MarieLovesBooksMarieLovesBooks   02 mai 2019
"Dans une existence solitaire, il existe des moments rares où une autre âme plonge tout près de la vôtre, comme les étoiles qui s'approchent de la terre une fois par an. Pour moi, il avait été ce genre de constellation là." P.171 Circé à propos de Dédale
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VouslisezquoicesoirVouslisezquoicesoir   17 septembre 2018
Quand je suis née, le mot désignant ce que j’étais n’existait pas. Ils m’appelèrent donc nymphe, présumant que je serais comme ma mère, mes tantes et mes milliers de cousines. Moindres que ceux des déesses mineures, nos pouvoirs étaient si modestes qu’ils garantissaient à peine nos éternités. Nous parlions aux poissons et soignions les fleurs, cajolions nuages et vagues pour en extraire les gouttes d’eau et de sel. Ce terme de nymphe englobait notre futur en long et en large. Dans notre langue, il ne signifie pas uniquement déesse, mais aussi jeune mariée
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StelphiqueStelphique   05 mai 2019
La terre fut abreuvée de gouttes bouillantes de sang divin si puissantes que des fleurs rares jaillirent là où elles étaient tombées.
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Videos de Madeline Miller (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Madeline Miller
L?écriture si moderne de Madeline Miller révèle des dieux de l?Olympe plus capricieux les uns que les autres ? http://bit.ly/2Y66Syt
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