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EAN : 9782366298628
250 pages
Éditeur : Editions ActuSF (15/02/2018)
3.89/5   45 notes
Résumé :
Je m’appelle Faruk, et pour subsister, il me faut boire votre sang.
Je vivais tranquillement ma non-vie dans les bas-fonds de San Francisco, quand ce type a débarqué pour me confier une mission difficile à refuser.
Me voilà sur les bancs de Mission High School, à suivre comme une ombre Barbie, une orpheline aussi intrigante que réfractaire à mes charmes. Et croyez-moi, survivre dans la jungle du lycée, ce n’est pas de tout repos, même pour un vampire. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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Stelphique
  08 juin 2019
Ce que j'ai ressenti:
🌹Rouge Sang.
Le rouge, encore et toujours. L'obsession et l'attraction. le rouge Sang. La peur et le frisson. Il était temps que je retrouve Morgane Caussarieu, car elle a le chic pour nous rendre les vampires, mortellement attrayants. Avec ce nouveau roman, elle implante son décor dans un lycée et les jeunes n'ont qu'à bien se tenir! Un vampire traîne dans les couloirs et il a faim d'attentions et soif de leurs sangs, à moins que ce ne soit lui, la nouvelle attraction…?! Car il semble que ce Faruk est à croquer, et sème le désir partout où il passe….Toujours est-il que avec ce nouvel élève, les codes vont bientôt changer et l'adolescente rebelle Barbara, verra son sang faire des tours, plus d'une fois!
Il avait des yeux pas nets, des yeux de salopard, des yeux de fou. Dans ses iris, je crus distinguer une autre dimension, faite de fractales infinies, de paysages gris ensevelis sous des couches de glace.
❌Rouge Toxique.
Toute cette tension, c'est indécent! Il se passe quelque chose avec les sangs de Barbie et Faruk. Des rendez-vous san(g)s répulsions, des heures de cours san(g)s attractions et des relations toxiques san(g)s déplaisir. En chapitre alterné, nous avons les impressions de ce duo improbable que vont former, bon gré mal gré, Faruk et Barbie. Une jeune fille meurtrie et un jeune vampire meurtrier: nous avons là un duo des plus intéressants avec toutes les palettes émotionnelles de l'adolescence qui se fracassent sur cet âge charnier. La difficulté de devenir adulte en toute conscience mais soumis au poids du passé, Morgane Caussarieu crée deux personnages attachants, mais que tout oppose, jusqu'à leur nature. Et pourtant, l'attirance est là au dépit de la raison. Ils se jettent dans les crocs de l'amour tout en étant au coeur d'une affaire louche, de pouvoir et de scientifique dont ils ne soupçonnent même pas les conséquences effrayantes.
Je suis la mort, je suis l'excès. Je suis les travers des hommes. Je suis leurs addictions. Tu es à mon image. Ton irrépressible soif est un concentré de mes vices. de leurs vices.
❤️Rouge Passion.
Morgane Caussarieu nous embarque dans son univers et revisite les légendes urbaines, réveille les peurs ancestrales en invitant le folklore de la Louisiane et la mauvaise réputation des rues sombres de San Francisco. Elle ajoute quelques petits clins d'oeil à ses précédents romans sulfureux, (Dans les veines et Je suis ton ombre), tout en créant une nouvelle saga de Young Adult bien trempée, et c'est délicieusement addictif. J'ai été contente de retrouver l'ombre de Gabriel, tout en étant séduite par le personnage complexe de Faruk. J'ai une passion pour les vampires de cette auteure et au vu de ce final explosif, elle risque d'encore de me surprendre avec sa manière de réinterpréter ce mythe. Une très belle surprise, avec juste ce qu'il faut de frissons, d'amour et d'adrénaline.
Mes pores gorgés de vie s'ouvraient, le sang murmurait dans mon cerveau, irriguant mes muscles d'une pluie d'étincelles.
Ma note Plaisir de Lecture 9/10
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UnKaPart
  09 mars 2018
Rouge Toxic ou l'histoire d'un vampire au lycée. Dans l'absolu, une idée frappée du sceau de la débilité profonde. Ce ne sont pas L'Etron crépusculaire et Diarrhée vampirique qui prétendront le contraire (traduction personnelle de Twilight et Vampire Diaries).
Souviens-toi des vampires du temps jadis… Avant de devenir un néon nanar, le vampire, c'était… ben un vampire. Une créature balèze, avec des pouvoirs plein la musette, capable de te pomper et te vider plus vite qu'une experte en gorge profonde. Une créature ancienne, qui a eu le temps d'accumuler connaissances et expérience de la (non-)vie, plus qu'aucun humain ne peut en rêver.
Partant de là, qu'est-ce que tu voudrais qu'un vampire aille glander dans un lycée ? Apprendre les figures de style dans Madame Bovary et le théorème de Pythagore en compagnie d'une bande de crétins boutonneux et immatures, tu penses que ça ferait rêver Dracula ou Lestat ? Déjà que nous, ça ne nous passionne pas des masses, alors eux…
Là en plus, on ne parle pas de n'importe quel lycée mais d'un bahut américain, mine de clichés par excellence, surtout à la télé et au cinéma. le quarterback star du lycée, la pimbêche reine de promo, la cheerleader aussi belle que bête, le souffre-douleur à lunettes, la goth-punk-freak et cetera ad nauseam, la clique de caricatures au grand complet, incarnée par des acteurs qui ont l'âge de préparer un doctorat.
Bref, drôle d'idée…

La première fois qu'on m'a parlé de Rouge Toxic, je me suis demandé si Caussarieu n'avait pas des envies de suicide littéraire. L'idée paraissait casse-gueule comme pas permis. Après, en bon germaniste, je me suis dit wait and see, on jugera sur pièce.
Je suis viendu, j'ai lu, j'ai pas regrettu.
Le monde des lettres se divise en deux catégories : les auteurs qui savent transformer l'idée la plus improbable en bon roman et les bras cassés. A l'évidence, on n'est pas là de voir Caussarieu plâtrée des épaules aux poignets. Elle a réussi un sacré tour de magie avec Rouge Toxic. Tu me diras, quand on se prénomme Morgane, la magie coule de source.
Rouge Toxic est un bon roman de vampire pour jeune public, pas de la romance adolescente générique avec du surnaturel à deux balles plaqué dessus.

Moins trash que Chéloïdes, moins fort dans son propos, mais rien de scandaleux, le public visé n'est pas du tout le même. Caussarieu a su adapter son écriture et c'est un bon point (encore neuf et tu auras une image).
Très différent, Rouge Toxic reste quand même du Caussarieu. On retrouve dans les personnages et les lieux son attachement pour les marges. Barbara est une Barbie fille dans un Barbie monde, pourtant tout n'est pas rose dans sa vie. Elle a du mal à s'intégrer et possède certaines particularités que je ne vais pas spoiler. Tout ce qu'il faut pour rester à l'écart.
Quant à Faruk… le vampire, l'inhumain, le monstre. Marginal par sa nature, junkie accroc au sang, il vit dans le Tenderloin, quartier pas tendre de San Francisco. Une marche urbaine où résident les invisibles, ceux que la société ne veut pas voir, [ ] SdF, [ ] drogués, [ ] prostituées, [ ] laissés-pour-compte (cochez la case correspondante, plusieurs choix possibles).

Si le propos vampirique n'a pas la même portée que la chronique punk, ça n'empêche pas qu'il y en ait un, là où le modèle du genre est creux comme une flûte à bec. Roman ado, donc avec quelque chose d'initiatique, ici le glissement entre la tutelle de l'enfance et l'autonomie de l'adulte. En clair, l'émancipation, le moment où tu deviens toi et plus seulement une extension de tes parents.
Dans Rouge Toxic, les parents, c'est surtout la figure paternelle. Figure aux deux visages, comme Janus ou la vengeance (ces références…), elle brille autant par son absence qu'elle pèse par son omniprésence. Barbie a perdu son paternel, depuis elle est surprotégée par son tuteur Abe. Faruk n'a aucune nouvelle de son père vampirique – dont il traîne l'héritage encombrant depuis des lustres – et c'est la carotte d'informations à son sujet qui va l'amener à accepter la quête “mission au lycée”.
Tout cela mis bout à bout permet au roman d'avoir quelque chose à raconter au-delà d'une bluette lycéenne. La présence d'un vampire sur les bancs de l'école se trouve justifiée par une raison plus profonde que “c'est le pitch, osef de l'incohérence”. Enfin, les deux personnages principaux ont un point commun à travers cette thématique, un moteur à leur rapprochement, là encore avec une raison valable, pas juste “c'est dans le scénario”. Caussarieu touche le tiercé dans l'ordre avec une construction romanesque solide.

Je te vois trépigner d'ici. Soit tu as envie de pisser, soit tu ne tiens plus d'avoir la réponse que tous les photographes se posent : qu'en est-il des clichés ?
Caussarieu connaît son affaire, les clichés et les codes, elle s'en amuse beaucoup. Il y a tout un jeu autour, de clins d'oeil, de références, de contre-pied… Même quand elle te sort un topos, tu sens qu'il y a une volonté et une réflexion derrière, qu'il n'est pas là au premier degré par flemme ou maladresse d'écriture. Par exemple, les personnages marquants du lycée ne sont pas des ratages caricaturaux, ils s'ancrent dans une certaine représentation du microcosme lycéen. Rouge Toxic se situe dans la lignée du Breakfast Club de John Hughes, avec un esprit identique, à la fois dans typologie des individus et le questionnement sur le “qui êtes-vous ?”.
En fait, ce roman respire la pop-culture des années 80-90, quelque part entre le film Teen Wolf (1985), des séries comme Buffy contre les vampires, le Caméléon ou 21 Jump Street et bien sûr les Chroniques des vampires d'Anne Rice.
Parce que là, on a enfin un VRAI vampire, comme on n'en avait pas eu depuis un bail. Quand Caussarieu met en scène un vampire, tu n'as pas envie de te fendre la poire comme devant Edward “guirlande de Noël” Cullen. Faruk est un prédateur, un tueur, pas un pleurnichard fluorescent. C'est aussi un personnage avec une épaisseur, à la différence de l'autre brindille. Faruk reste habité par le conflit entre l'humain qu'il a été et la bête qu'il est devenu. Buveur de sang, meurtrier, mais avec un petit quelque chose qui subsiste de son humanité perdue (cf. le choix de ses victimes dans le Tenderloin). Elle est loin, cette humanité, Faruk est vieux… mais bloqué à quinze ans. Dans son cas, l'éternelle jeunesse tient aussi de la malédiction. Passer l'éternité avec une tronche d'ado, merci du cadeau… Rappelez-vous comment ça s'est terminé pour la petite Claudia d'Entretien avec un vampire… S'il y a une parenté littéraire avec Rice, Caussarieu a aussi le bon goût de ne pas refaire du Lestat. Elle propose sa propre figure du vampire, moins aristo, moins romantique, avec moins de dentelles.

Rouge Toxic, c'est du bon roman de vampires, qui s'adresse à des lecteurs en lycée, qui vont y entrer ou viennent d'en sortir. Léger avec ce qu'il faut de noirceur, beaucoup de tension, du rythme, une écriture tonique… et une bonne dose de sang, moteur indispensable à tout récit vampirique.
Après le carnage des années 2000 qui a changé le vampire en figure nanarde et dilué l'esprit adolescent dans le jus de navet, voilà enfin un bouquin qui relève le niveau. Caussarieu renoue avec l'état d'esprit des années 80-90, quand les années collège-lycée étaient synonymes des premiers films d'horreur qu'on regardait dans le dos des parents, des premiers Stephen King qu'on dévorait, de la collection Terreur rouge et noir… Quand on allait au-devant de l'horreur, pour frissonner, voir des monstres et du sang, pas des vampires larmoyants qui font des bisous à des gogoles romantiques.
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cecileterrestria
  14 février 2021
Ce roman peut se lire indépendamment de Dans les Veines et de Je suis ton ombre mais il faut bien dire qu'il se savoure tout de même bien davantage si on connaît le passif des personnages rencontrés et évoqués. Je ne saurai donc que trop vous conseiller de commencer par le début pour apprécier la balade vampirique dans son intégralité…
Comparé aux deux premiers romans, je qualifierai celui-ci de gentillet… Au final, il y a très peu de perversion et d'horreur comparé aux premiers, l'univers lycéen n'y est pas non plus étranger ce me semble et puis bien sûr ce volume est ciblé Young Adult… Mais ne vous méprenez pas à la lecture de ce que je viens d'écrire, Caussarieu reste Caussarieu, il faut donc être un minimum averti sur le contenu.
Dans ce roman-ci, nous sommes principalement enfermés dans la psyché des deux protagonistes principaux, Farouk et Barbie. Chacun cherche la porte de sortie de son bocal, à sa façon et selon ses moyens. Farouk en tentant de dompter et maîtriser la bête en lui, Barbie en faisant sa crise d'adolescence. Ce roman est lent dans la mise en place de l'intrigue, c'est une oeuvre de la paranoïa où les protagonistes ne savent jamais vraiment à qui se fier et comment distinguer le mensonge de la vérité, ce qui fait que les idées tournent et tournent, les problématiques se répercutent contre les murs mentaux et émotionnels des deux protagonistes et ces derniers n'évoluent que lentement. C'est également un roman de la crise identitaire et de la prise d'indépendance par rapport aux parents.
Si j'ai trouvé la mise en place assez longue et l'univers lycéen assez barbant (ce n'est vraiment pas le cadre narratif que je préfère, loin s'en faut), le dernier tiers de l'oeuvre m'a, quant à lui, régalé. L'action monte très lentement mais inexorablement vers une apogée qui semble irrémédiable. Quand on regarde ce livre dans son ensemble, on constate à quel point l'autrice sait nous emmener là où elle le souhaite, encore faut-il avoir la patience de s'y laisser emmener.
Ça vaut le coup néanmoins car le final est brillant, les protagonistes du passé apportent clairement le sel dont l'oeuvre avait besoin et légitiment le total changement de ton du dernier tiers. Celui qui laisse davantage le lecteur retrouver l'univers et l'atmosphère développés dans les deux premiers livres.
J'ai donc beaucoup aimé la fin et j'ai adoré cet élément que je reconnais bien propre à l'autrice d'effacer les limites entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre la bête et l'humain. Autre élément qui enrichi indéniablement l'oeuvre, c'est cette capacité qu'à l'autrice à nous faire voyager dans le monde, dans les différentes cultures et dans le temps. Ainsi, elle ne nous emmène pas tout bêtement dans le monde vampirique, ça serait trop simple, elle nous guide dans des strates multiples et complexes, c'est un talent que je lui reconnais volontiers et qui donne toujours beaucoup de profondeur à son univers. Elle ne fait pas que rendre hommage ouvertement aux grands noms du genre, elle s'impose elle-même comme une autrice de genre avec un style unique et son univers complexe bien à elle. Donc dans ce roman lycéen, ne vous étonnez pas de découvrir une morceau d'Asie centrale par-ci, un bout de Nouvelle-Orléans par-là, une pincée de France par-ci et un soupçon d'Afrique par-là…
Bon vous l'aurez compris, au-delà de l'oeuvre c'est l'univers de Caussarieu que j'adore et que je prends plaisir à retrouver à chaque fois. Pourtant ce roman n'a, pour ma part, pas rempli toutes ses promesses… Il y a des longueurs, des redites, comme dans Dans les veines l'héroïne centrale est fade et peine à avoir une personnalité suffisamment intéressante pour tenir sa place… le roman étant un roman à deux voix, je vous avoue que j'avais hâte de lire les parties de Farouk… Est-ce voulu ? Je ne saurai le dire… Il est certain que l'héroïne se présente déjà comme fade et invisible mais il faut que sa psyché tienne un minimum debout pour maintenir l'intérêt du lecteur… C'est selon moi, le gros point noir de ce roman…
La fin est néanmoins prometteuse pour ce personnage… par la fin, j'entends l'annexe. Outre le fait que l'on souhaite savoir comment les protagonistes vont évoluer et comment le sac de noeud va se défaire, parce que le lecteur de Je suis ton ombre sait qu'il y a encore largement matière à, il va falloir que le personnage de Barbara trouve une légitimité autrement plus solide que celle de ce roman pour tenir le rôle que l'annexe nous fait miroiter…
Ce roman finalement pêche par son changement de classification je pense… Vu le démarrage de Dans les veines et son apogée stylistique de Je suis ton ombre, retomber dans du Young Adult – même version Caussarieu – est décevant malgré son talent. Et puis, j'avoue que je n'en comprends pas bien la motivation si ce n'est, éventuellement, une volonté de l'éditeur de surfer sur la vague de la bit-lit… Or Caussarieu a un talent inouïe pour faire de la littérature vampirique adulte et après avoir lu Je suis ton ombre, qui est clairement l'illustration de sa maîtrise et de son talent, il est bien difficile de la retrouver amputée de ce qui fait d'elle une autrice unique et talentueuse capable de rivaliser avec les grands noms du genre… Si vous connaissez la motivation de ce changement, je serai ravie de la connaître.
En conclusion donc, Rouge Toxic est un roman vampirique Young Adult – mais version Caussarieu tout de même – qui démontre encore une fois son talent. S'il ne tient pas toutes les promesses initiées par Je suis ombre qui reste, à mes yeux, la pépite de l'autrice, il reste néanmoins un bon roman vampirique comme elle sait nous en offrir. Il pêche clairement par la rétrogradation dans le genre Young Adult, c'est un non sens que je ne m'explique pas mais je n'ai pourtant pas boudé mon plaisir de retrouver les protagonistes dans deux premiers romans et j'espère beaucoup de sa suite Rouge Venom. Je recommande ce roman, comme toutes les oeuvres de Morgane Caussarieu, mais commencez par Dans les Veines et Je suis ton ombre pour en profiter pleinement.
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Allisonline
  20 avril 2018
Rouge Toxic est le troisième roman de Morgane Caussarieu mettant en scène des vampires et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est le plus accessible. En 2015, je découvrais l'autrice avec Dans les Veines et j'ai été bien inspirée de lire Je suis ton ombre juste avant de découvrir Rouge Toxic. Même si ce dernier peut se lire indépendamment, il met quand même en scène de nombreux personnages déjà rencontrés auparavant. Je vous invite donc à les lire (avant ou après) si vous souhaitez tout savoir sur chacun des protagonistes, en gardant à l'esprit que Rouge Toxic reste accessible aux jeunes adultes alors que les deux autres sont plus trash et violents. C'est un peu ce que je reprochais gentiment aux deux précédents livres de l'autrice : une débauche de violence et de gore qui déséquilibrait totalement le roman, rendant chaque personnage antipathique (au mieux) qu'ils soient humains ou vampires, provoquant autant le dégout que le malaise. Dans Rouge Toxic, les personnages restent loin d'être des modèles de vertu, mais ils sont appréciables, parfois même attachants.
Dans Rouge Toxic, l'équilibre est donc restauré. le ton un peu plus léger n'entache en rien la plume aussi agréable qu'incisive de Morgane Caussarieu, et le roman en devient un véritable page-turner. Pourtant, le pitch fait hausser les sourcils : c'est qu'on en a marre, des vampires au lycée ! Mais l'autrice n'en est plus à son coup d'essai et est loin de nous proposer une nouvelle romance paranormale bourrée de clichés. Aussi, si j'avais trouvé que Dans Les Veines allait trop loin dans la caricature de ces romans young adult mièvres au point d'en faire pâtir l'intrigue, ce n'est pas le cas ici. Rouge Toxic est vraiment un bon roman vampirique. L'intrigue tient la route, les personnages sont travaillés et pleins de nuances, les lieux communs sont suggérés mais très vite oubliés. Mais c'est surtout le personnage torturé de Faruk qui porte le roman à lui tout seul : l'éternel adolescent est un vampire crédible et agréable à suivre, aussi violent que repentant, mais jamais ni trop malsain ni trop empathique non plus. On le rencontre dans les rues mal famées de San Francisco, où il a l'habitude de saigner un SDF ou deux, lorsqu'il croise la route d'Abe. Ce dernier lui demande, en échange d'informations précieuses et d'avantages alléchants, de veiller sur sa filleule Barbie lorsqu'elle est au lycée. Faruk ne peut qu'accepter l'offre et se retrouve, à son grand désarroi, à devoir subir de longues journées de cours.
Oh, que Morgane Caussarieu s'amuse avec les clichés ! Elle les frôle, les suggère, les déconstruit. Faruk en est l'image même : ce vieux vampire bloqué dans le corps d'un adolescent avec une belle gueule, c'était la porte ouverte à toutes les dérives. Pourtant, on suit un personnage profond, tiraillé entre son humanité perdue et la bête assoiffée de sang qui sommeille en lui. L'autrice démontre qu'avec les mêmes ingrédients, on peut aussi créer quelque chose de nouveau et de délicieux. En bridant un peu son côté trash afin de rendre son roman accessible aux adolescents, Morgane Caussarieu donne un nouveau souffle aux romans vampiriques young adult, et c'est carrément rafraichissant. Surtout que malgré les grosses ficelles qu'on voit apparaitre, il y a de subtils fils rouges qui lient les personnages, les intrigues et les autres romans de l'autrice. Elle est loin de se renier, en choisissant d'être plus accessible : ses anciens romans peuvent être lus rétrospectivement, et Rouge Toxic leur rend grandement hommage en rappelant de nombreuses figures connues sur le devant de la scène.
Le roman fait aussi voyager, entre San Francisco et la Nouvelle-Orléans, entre le passé trouble de Faruk et le futur incertain de Barbie, entre le vampire américain moderne et le vaudou du Bayou. Morgane Caussarieu nous balade et nous surprend, rappelle de vieux mythes qu'elle connait sur le bout des doigts, les mêle au monde contemporain avec brio. Rouge Toxic est un roman très bien construit, qui se lit d'une traite et qui ne fait qu'accélérer son rythme jusqu'à un final aussi surprenant que satisfaisant, qui laisse pourtant la porte ouverte à une potentielle suite. Les révélations et les rebondissements vont bon train tout au long du récit, faisant du roman une réussite sur de nombreux plans. Qui l'eut cru en lisant Dans les Veines ou Je suis ton ombre… Mais Morgane Caussarieu est une excellente autrice de young adult. On en redemande !
Lien : http://allison-line.blogspot..
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FungiLumini
  08 mars 2018
Soulignons tout de suite la superbe couverture d'Alexandra V Bach, qui m'a rappelé l'actrice qui jouait Violet dans la première saison d'American Horror Story. Je n'ai pas pu me détacher de cette figure, dont le personnage de Barbie a pris les traits dans mon esprit.
Faruk est un vampire : nous le découvrons dès les premières lignes du roman alors qu'il termine son repas. Il se voit proposer une mission par un organisme secret : protéger la jeune Barbara. En échange, ils lui fourniront des informations sur son créateur, qui l'a abandonné peu de temps après l'avoir transformé. Pour ceux qui ont déjà lu des ouvrages de Morgane, le « père » de Faruk vous sera familier. ;)
Même s'il ne sait pas très bien contre quoi il a devoir lutter, ni qui l'emploie, le vampire a très envie de retrouver ses racines et de rompre sa solitude. Il va cependant trouver d'autres avantages à ce marché : comme la mission se déroule la journée dans un lycée, il va avoir accès à des injections qui le protègent du soleil et à des gélules coupe-faim (moyennement efficaces :p ). Ce que Faruk n'avait pas prévu, c'est qu'il s'attacherait à Barbara (Barbie pour les intimes).
Le livre se divise en deux parties : une au lycée à San Francisco, une dans les environs de la Nouvelle-Orléans. Au lycée, Faruk découvre une jungle urbaine, dans laquelle les jeunes se battent pour qui sera le plus populaire ou le bouc émissaire. On y retrouve les clichés du milieu : le groupe de sportifs et leurs pom-pom girls, les gothiques, les intellos, les freaks qui n'ont leur place nulle part, etc. le vampire prendra un malin plaisir à s'immiscer dans ce monde et à y tenir une place de choix. Tout le prédestine à être le gars populaire : il est canon (et il le sait), hautain, autosuffisant, bref, il a tout pour faire craquer toutes les adolescentes en manque d'attention !
Si j'ai beaucoup aimé cette première partie, j'ai absolument adoré la seconde à la Nouvelle-Orléans. C'est un endroit cher à l'auteure et ça se ressent dans son écriture. Elle décrit magnifiquement l'ambiance de cette ville, ces décors, et surtout son folklore. le vaudou, l'adoration des esprits (le Baron Samedi, Maman Gédé) et leurs liens avec les vampires sont des éléments fascinants au centre de ce récit.
Si ces deux parties se passent dans des endroits très différents, on y retrouve des moments de séduction, mais aussi d'extrême violence et sanglants à souhait. On découvre petit à petit les secrets qui entourent Barbie, même si elle-même n'est pas au courant. Cette brume de mystère autour d'elle se dissipe peu à peu et révèle des choses très surprenantes, même s'il faut s'accrocher un peu pour suivre. On apprend des choses jusqu'à la dernière ligne du roman !
Le récit se partage aussi en deux points de vue alternés, celui de Faruk et celui de Barbie. A travers les yeux du vampire, on découvre un monde sanglant et brutal, dans lequel il est le prédateur. Il se sait supérieur et n'écoute ni les conseils ni les ordres qu'on lui dicte. J'ai beaucoup aimé les moments durant lesquels l'auteur nous emmène dans ses souvenirs, douloureux mais nécessaires.
Barbie est tout son contraire : fille renfermée sur elle-même, surtout depuis la mort de son père, asociale, mal dans sa peau, elle vit avec son parrain et sa gouvernante Mama, originaire de la Nouvelle-Orléans. Tout ce qu'elle souhaite, c'est être oubliée, ce qui va être compliqué, vu ce qui se cache en elle ! Un jeu d'attirance et de séduction va commencer entre les deux protagonistes : qui craquera le premier et à quel prix ?
A côté de Faruk et Barbie, un personnage est vraiment sorti du lot pour moi : le parrain de Barbie, Abraham (Abe). Il met tout en place pour protéger Barbie, mettant sa propre vie entre parenthèses et surtout en danger. Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour que la jeune femme continue d'avoir une vie normale. Il tient à elle comme si elle était sa propre fille et cet amour est très touchant. Il est prêt à mourir pour elle, comme il le prouve en allant trouver Faruk. Il reste cependant très mystérieux, se dévoilant à peine. Il réussit à avoir une véritable complicité et une confiance (toute relative quand même :p) avec le vampire.
J'ai juste un touuut petit reproche à ce livre : j'ai trouvé au départ que Faruk acceptait bien trop facilement sa mission : il ne sait rien de son employeur, de sa protégée, de ses ennemis potentiels. Au final, on ne lui dit rien à part de surveiller Barbie sans avoir de contacts avec elle (ce à quoi il n'obéira pas, bien sûr). Ça m'a semblé un peu naïf de sa part, quand considérant son âge, ses expériences passées et son mode de vie.
La fin du livre est assez surprenante, presque (je dis bien presque, parce que ça reste du Morgane Caussarieu :D ) un happy ending. L'histoire pourrait tout à fait se finir ainsi, mais une lettre dans l'épilogue nous fait nous poser la question d'une possible suite aux aventures de Barbie et Faruk. A voir donc. ;) Ce livre est pour moi le plus « tout-public » de Morgane et si vous souhaitez découvrir sa plume, je ne peux que vous conseiller de commencer par celui-ci !
J'ai adoré ce nouveau roman de Morgane : un peu moins trash que d'habitude, il ne manque cependant pas de violence, de séduction et de dents pointues avides de sang ! Faruk et Barbie jouent un jeu dangereux, qui pourrait chacun les mener à leur perte, et les mystères et la magie qui planent dans l'air ne vont pas les aider à résoudre leurs problèmes. Une excellente lecture !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
cecileterrestriacecileterrestria   14 février 2021
Le Baron Samedi, loa des défunts et de la résurrection, protège cette maison, expliqua la Noire, triomphante. Il est le Papa Gédé. Tu es son enfant, même si tu n'en as pas conscience, ni mort ni vivant. Un gédé, un vampire, un vrykolakas, un strigoï, un cadaver sanguisugus, peu importe le nom que tu te donnes. Tu ne peux pas passer outre son interdiction sans payer le prix fort. Tu ne peux pas aller contre la volonté du Baron, oh non...
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FungiLuminiFungiLumini   08 mars 2018
J’aurais voulu lui dire que les genres et les sexes ne signifiaient plus rien pour moi, qu’il pouvait m’avoir quand il le voulait. Que je n’étais pas un ado superficiel qui s’arrêtait aux apparences, que sous la peau grasse ou le cuir maigre, le sang était le sang. J’aurais aimé l’entraîner dans les toilettes pour hommes, et lui montrer à quel point il pouvait être désirable. Mais les maudites règles m’en empêchaient. J’aurais fait deux heureux, pourtant. Même si l’un des deux serait ressorti dans un sac noir.
Le bonheur est éphémère.
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JennDidiJennDidi   27 janvier 2019
L’odeur de gingivite m’emplit les narines. Le nouveau. Il m’avait suivie.
« Si j’étais toi, je retournerais en cours, Barbie. »
Je rétorquai du tac au tac en effectuant une torsion du poignet pour qu’il me lâche :
« Et si j’étais toi, je m’achèterai une brosse à dents ! »
Je l’avais scié. C’était bas, mais il l’avait mérité. De quoi se mêlait-il, ce con ?
J’étais si en colère que je mis bien dix secondes à réaliser qu’il m’avait appelée Barbie, et qu’il n’avait aucun moyen de connaître le surnom qu’Abe et mon père me donnaient.
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FungiLuminiFungiLumini   08 mars 2018
Je ne rêvais jamais. Mais cette fois-ci, je vis dans mon sommeil des chevaux écumants et hargneux sous le soleil. Des cavaliers aux yeux enragés qui frappaient et essayaient de faire tomber leurs adversaires ; des corps piétinés, celui d’un petit garçon. Son crâne cabossé, son visage aplati par les sabots. Il aurait pu être mon frère cadet.
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StelphiqueStelphique   08 juin 2019
Mes pores gorgés de vie s'ouvraient, le sang murmurait dans mon cerveau, irriguant mes muscles d'une pluie d'étincelles.  
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