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ISBN : 2354081448
Éditeur : Mnémos (21/09/2012)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 62 notes)
Résumé :
La canicule enflamme les nuits bordelaises. Une bande de camés dévaste un supermarché. Et tandis que l’on repêche des cadavres exsangues dans la Garonne, des filles perdues poussent leur dernier soupir sur le son du Bathory, nouveau repaire de la faune nocturne. Chargé d’enquêter sur ces événements, le lieutenant Baron suit la trace de tueurs dégénérés avides de sexe, de drogue et de rock’n’roll, bien décidés à saigner la cité girondine.
Vampires… Le mot, abs... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Stelphique
  14 mars 2016
Ce que j'ai ressenti:…Une note de sang indélébile…
« Tu crèveras dans le sang et la pisse. «
J'adore les films d'horreur, mais alors les livres d'horreurs, c'est juste l'envolée délicieuse! Morgane Caussarieu réussit le pari de faire du mythe vampirique, un orchestre puissant avec ses notes les plus sanglantes et les plus poisseuses qui soient! Quand j'ouvre un livre de vampires, c'est à ça que je pense!!! de l'horreur, du sang, de la violence! Je n'ai jamais trouvé de l'attirance pour ses êtres fantastiques, je ne sais pas le côté « vie éternelle » ne doit pas me brancher…Par contre, quand je lis cette jeune auteure, je pense qu'elle a tout saisi de cette légende: c'est malsain, dérangeant, révoltant. On en redemanderai presque, mais je pense que ma soif insatiable en aura eu pour son compte cette fois ci!
Dans les veines, c'est des histoires emmêlées dans le sang, des êtres ignobles aux déviances qui craignent la lumière du jour, des yeux qui vous rejoignent jusque dans vos nuits. Chaque ligne est plus oppressante que la suivante, chaque situation plus immonde que la précédente, et pourtant, il y a dans ses pages, une sorte de mal-être qui nous attire immanquablement, parce qu'il est Vrai, derrière le mythe, il y a la psychologie, la profonde rupture intérieure. Je ne voyais pas Bordeaux aussi décadent, avec ses boites de nuits aux noms bizarres, ses adeptes de chairs et de vices, ses musiques assourdissantes, et surtout cette dépendance aux drogues diverses.
Pour autant, on se délectera de ce nectar de talent, de cette écriture vivante, vibrante, visuelle. Ca palpite dans ses mots, ça coule d'une source pulsatrice dans ses champs lexicaux, ça passe dans les veines cette énergie du désespoir, ça crie d'une alarmante force de vie!
En bref un livre à ne pas mettre entre toutes les mains, âmes sensibles s'abstenir, mais pour ceux qui veulent voir en face une légende effrayante, vous en serez retourné à jamais, mordu par des quenottes branlantes, mais terriblement dangereuse!
Meilleurs moments du livre:
•La transformation en vampire. Ce sont des scènes à la limite du supportable pour notre estomac, preuve indéniable de leur efficacité!
•La dernière scène de torture est épouvantable, et pourtant, on ne voudrait pas qu'elle s'arrête. le Karma: toussa, toussa…..

Lien : https://fairystelphique.word..
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Allisonline
  21 janvier 2015
Pour mon premier avis de 2015, je n'ai pas choisi le livre le plus facile à chroniquer... Et là, tout de suite, je ne sais pas vraiment par où , ni par quoi commencer. J'avais très envie de lire ce livre, même si j'étais finalement sure de ne pas ressortir entièrement satisfaite de cette lecture après avoir lu l'avis de Cali. Et le truc, c'est que je pourrais presque m'arrêter là en vous postant un lien vers sa chronique !

Bon, j'exagère un peu, et je vais tenter de mettre des mots sur mon ressenti. Avant toute chose, il faut dire que les vampires, c'était mon dada. Avant qu'on en fasse des créatures mièvres et tourmentées, que le mythe se casse un peu plus la gueule à chaque nouveau roman cucul au possible. Et ce, jusqu'à ce qu'une certaine saga chère à mon coeur ne vienne relever le niveau et me réconcilier avec les dents pointues (Si vous êtes nouveaux, je parle de Rose Morte, bien sûr!)

Alors forcément, quand on m'a vendu Dans les veines comme un roman mettant en scène de vrais vampires à l'ancienne, qui mangent de l'humain et qui aiment ça... J'ai été plus qu'intéressée. Puis sont venus tous les avis positifs et les coups de coeur en série sur la blogo, et si je ne l'avais pas reçu à mon anniversaire, je l'aurais probablement acheté moi-même. D'ailleurs, une fois reçu, je l'ai dévoré le jour même.

Clairement, on est loin de Twilight. L'auteur s'acharne peut-être même un peu trop à mettre cette particularité en avant, mais je chipote. Les quatre vampires que nous suivons sont déviants, malsains, cruels et pervers. En fait, tous les personnages le sont, ce qui a un peu déséquilibré le tout, mais j'y reviendrai. Il faut qu'une chose soit claire : ce livre peut choquer, et pas qu'un peu. Ce n'est pas qu'une question de sang, de gore et de dégueulasse, ni même une question de sexe un peu trop hardcore, c'est plus du côté impact psychologique qui m'a personnellement perturbée. On peut par exemple trouver dans Dans les Veines des scènes de viol ou de torture décrites avec un soin du détail particulièrement morbide, soyez donc sûrs d'être préparé avant d'entamer ce roman.

C'est un des points du roman qui m'a dérangée. le gore, le malsain, je ne dis pas non, mais si cela sert l'intrigue. L'acharnement descriptif de certaines scènes m'a déplu, j'y voyais plus du voyeurisme qu'autre chose. Surtout lorsqu'on touche au viol incestueux ou à la pédophilie, ou même à la torture. Surtout qu'en suggérant, on peut arriver à des résultat semblables. Ce n'est pas toujours le cas et parfois bien sûr ces scènes servent l'intrigue du roman, mais j'en ai trouvé certaines superflues et pas forcément nécessaires.

Aussi, comme je l'ai dit plus haut, il n'y a aucun personnage qui puisse être qualifié de fréquentable. Les quatre vampires sont déviants au possible, chacun dans son genre, mais ils ne sont pas forcément les pires. Chacun des êtres humains présent dans le roman est détestable à cause d'une ou plusieurs choses, ce qui a créé une sorte de déséquilibre où les personnages mauvais avaient l'avantage. le résultat, c'est que je ne me suis attachée à absolument aucun d'entre eux et j'étais indifférente à leur sort. Il n'y a que très peu de nuance et l'histoire en pâtit un peu.

Concernant les vampires, j'ai beaucoup aimé ce qui concernait leurs envies et leurs besoins. Leur soif ne s'arrête pas au sang, ils recherchent absolument tous les fluides, comme les larmes, afin de se renouveler constamment. Aussi, leur simple présence est un poison, poison qui agit sur tous les être vivants, végétation incluse.

Malheureusement, ce qui me plaisait a aussi été un peu entaché par la pseudo histoire d'amour caricaturale au centre de l'histoire. On avait d'un côté les vampires sans âme et finalement sans grand intérêt dès qu'on s'éloignait de la trame principale, parce qu'à ce stade autant suivre des animaux si les sentiments ne régissent rien... Et de l'autre, un vampire qui cherchait à retrouver des émotions passées, enfouies, et qui utilisait une jeune lycéenne pour cela. Un peu de nuance, moins de gore d'un côté et moins de mielleux de l'autre aurait rétabli un équilibre qui manquait de ce côté aussi. Et finalement, je suis restée un peu hors de l'histoire, à ne jamais vraiment voir quel était le fil conducteur. Surtout avec la fin qui casse totalement le rythme et nous abandonne un peu à notre sort.

Je dois cependant dire que le style de l'auteur était assez plaisant pour me donner envie de continuer et de finir le roman, et ce en une seule journée. J'ai été un peu gênée par le changement de ton de la narration qui adoptait à tour de rôle le style des personnages à travers les yeux desquels on suivait la scène. Ce n'est pas forcément mal fait, et pas forcément choquant non plus (à part pour un personnage particulièrement grossier) mais j'aurais préféré une narration linéaire, surtout à la troisième personne. Je chipote une fois encore, parce que j'ai vraiment trouvé que Morgane Caussarieu avait un style très fluide, qui se lisait tout seul.

J'ai l'impression que ça fait peu de points positifs en fait, mais le livre n'est clairement pas mauvais non plus. Il manquait juste de nuance, l'auteur était aussi beaucoup trop focalisée sur son idée d'offrir des vampires les plus éloignés possible des clichés récents et son histoire en a un peu souffert. Avec un peu moins de manichéisme et, à mon goût, un peu moins de scènes glauques trop détaillées, j'aurais été bien plus enthousiaste.

Au final, Dans les Veines un roman intéressant qui me donne envie de découvrir Morgane Caussarieu autrement. Et une fois encore, à ne surtout pas mettre entre toutes les mains !
Lien : http://allison-line.blogspot..
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MissJZB
  04 octobre 2012
Dans les veines est un livre qui dérange, qui n'a de cesse de choquer le lecteur, et pas seulement le lecteur bienséant comme c'est dit sur la couverture. Eh oui, même en m'étant entraînée devant The Walking dead, j'ai eu la nausée à certains moments dans cet ouvrage. Si je ne peux décemment pas ternir sa qualité, malgré tout, scènes choquantes mises à part, j'avoue avoir été déçue par les cinquante dernières pages qui ont fait tomber cette histoire de la catégorie du film d'horreur de luxe à celle du film de série B. En effet, à compter du moment où un personnage nous rejoue Massacre à la tronçonneuse, j'ai décroché.
La chose étrange avec ce livre, c'est qu'on ne peut pas dire si on a aimé ou pas. Il n'y pas deux camps précis. Comme pendant la lecture, a posteriori, on flotte en eaux troubles, en voyant les qualités évidentes du roman, mais principalement ses défauts qui seront autant de points positifs dans l'esprit de quelqu'un d'autre.
Le défaut principal, selon moi, c'est la surenchère dans le gore, le glauque, l'horreur, bref la panoplie complète du crade. On retrouve, dans ce roman, toutes les choses communément admises comme choquantes, notamment la victimisation systématique des enfants. Ainsi, nous avons droit à des pratiques sexuelles très sanguinolentes, à des incursions dans des endroits SM, à des découpages de diverses parties du corps, à de la torture… C'est bête à dire, mais s'il y avait eu un peu moins de choses « révoltantes », la pilule serait mieux passée chez moi, et l'image de l'auteure dressant une liste des trucs à absolument inclure dans son roman ne persisterait pas dans ma tête.
À côté de cela, on a beau saluer l'audace de Morgane Caussarieu qui ne nous épargne rien, ancrant son histoire dans une réalité brute de décoffrage, on ne peut s'empêcher de relever un manque de crédibilité concernant les personnages. Qu'ils soient humains ou vampires, aucun d'entre eux n'est normal. Il y a trop de blessures, de folie, de vices. Ce livre est plongé dans une obscurité sans fin, il n'y a pas une seule tache de lumière. Cette absence de normalité psychologique est d'autant plus dommage qu'on est immergé dans un monde on ne peut plus réel. La toulousaine en moi a adoré retrouver la Garonne, les accents du sud prononcés, les références bien françaises comme La Redoute.
Il y a autre chose qui m'a frustrée. C'est le fait de penser que la rencontre entre Lily et Damian avait quelque chose de magique, puisque la jeune fille perçoit avec acuité la peine du garçon. J'ai cru, à tort, qu'ils partageaient un lien spécial, mais en fait, c'est juste l'adolescente qui a extrapolé sa perception de l'état d'esprit du garçon. Cette absence de mystique m'a laissée sceptique, car à un moment, la jeune fille fait un rêve « religieux » dans lequel elle réinterprète les origines des vampires. Il y avait quelque chose à exploiter là-dedans. Je déplore également que pas une seule fois on ne nous explique si le groupe de vampires que nous suivons est le seul au monde, ou s'il y a d'autres groupes infernaux lâchés dans la nature. On a la sensation d'être en huis-clos, alors qu'il manque un pan de l'histoire vampirique. Pour le coup, voir d'autres vampires aurait pu nous faire encaisser aisément l'attitude cruelle de ceux qu'on suit dans le livre.
Si on passait au positif ? L'écriture. Audacieuse, puissante, pleine d'images oppressantes personnifiant le décor pour renforcer cette ambiance malsaine et malodorante. Car oui, en lisant, j'ai eu l'impression que mon odorat s'était activé. Bref, vous l'aurez compris, c'est sans conteste la plume de Morgane Caussarieu qui vous porte de bout en bout de ce récit.
Concernant le mythe du vampire. Bien, bien, bien. On sent que l'auteure a voulu faire un contre-pied à l'image lissée de la créature qui apparaît sur nos écrans cinéma ou TV depuis quelque temps. Et il y a un parfum de Twilight quand un personnage rend des visites nocturnes à un autre dans une chambre pour des rapports beaucoup moins innocents, sanguinement parlant. Il y a également un rappel de The Vampire diaries dans le coup du personnage qui ressemble à un amour perdu, quoique le côté tordu de la chose passe mieux ici puisqu'on ne parle pas de sentiments dégoulinants.
Hormis ces petits clins d'oeil, je dois dire qu'il y a de l'originalité dans la manière de traiter le Nosferatu. En plus de retrouver ses caractéristiques premières (sensibilité à la lumière, vie nocturne, soif inextinguible), le vampire de l'auteure aime tous les fluides corporels. J'ai bien dit TOUS. Salive, larmes, sécrétions vaginales, sperme, sueur… Et ça, c'est tout bonnement génial, car ça renforce le côté pervers de notre petit groupe.
Et la chose que j'ai certainement le plus appréciée, en dehors de l'écriture, c'est la psychologie de ses personnages, notamment celle des vampires. Chacun d'eux m'a marquée, que ce soit par leur physique ou leur tempérament. J'avoue avoir été impressionnée par le point de vue de JF dont le langage est « courantisé » au possible. Il est d'emblée présenté comme le plus dérangé de tous, alors qu'au final, on se rend compte que c'est sans doute le plus humain, ce qui est certainement dû au fait qu'il est le dernier transformé. Son côté rock star m'a séduite d'emblée. Les retours sur son passé, sa perception de l'amitié et de l'amour (lol), sont jouissifs. Il en va de même pour les flashbacks concernant Damian qui renforcent l'image du personnage torturé, un peu trop romantique aux yeux de Lily. Concernant ces bonds dans le passé, je suis conquise, car c'est incontestablement ce qui est le plus attirant chez le vampire : l'expérience des époques et les effets du temps qui passe.
Les rapports entre les protagonistes de ce groupe sont passionnels, contradictoires, mais crédibles car exacerbés. Ça correspond bien à la vision qu'on a du vampire qui se doit d'être possessif et qui cherche, malgré son absence d'humanité, un alter ego pour partager son éternité écarlate.
Dernier point concernant le potentiel de séduction des vampires. Ils sont plus charismatiques que beaux, d'une sensualité pesante mais efficace malgré leur odeur de doudou mouillé et leur mauvaise haleine aux relents de rouille et de chair putréfiée. Si j'avais été un personnage du bouquin, j'aurais pu être une de leurs pauvres victimes s'ils avaient parlé la main devant la bouche ou croqué une pastille de menthe ;)
On ne peut renier le talent de Morgane Caussarieu qui possède une plume superbe et une fine maîtrise de la psychologie de ses personnages. J'espère la retrouver pour un roman moins glauque. Si cet univers est vraiment sa marque de fabrique, tout le mal que je lui souhaite, c'est de trouver son public. Pour ma part, je passerai mon chemin dans ce registre-ci.
(PS : Je ne sais même pas comment le noter !)
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DoVerdorie
  24 août 2016
Je suis arrivée à la moitié de ce roman fantastico-horrifique quand j'ai commencé à m'ennuyer. Bienque je sais apprécier un langage désinvolte et sans gêne (non, je n'ai pas dit "cru" !), je ne sais pas faire l'impasse sur une histoire qui n'avance pas ou tourne en rond. J'avais ainsi l'impression que le récit se répétait : on suce le sang (ou autre chose) jusqu'à ce que mort s'ensuive et on passe au prochain méfait victimisé ... Attitude tout à fait normal pour des méchants prédateurs vampiriques, mais ca m'a lassée. La pauvre petite proie adolescente amoureuse (d'un vampire) et sous l'emprise de pressions indélicates d'un père-flic, n'a pas su gagner ma sympathie non plus... disons-le franchement : je la trouvais niaise.
Il reste une histoire de bite-hard et dur (cooccurrence aussi bien anglais que francais), violente et bestiale toute en larmes, sang, sueur, sperme et émanations diverses ...que j'ai finalement abandonné en mi-chemin.
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UnKaPart
  24 septembre 2018
Des romans avec du vampire dedans, j'ai eu l'occasion d'en lire “quelques-uns”. Entre ceux qui traînent chez moi, ceux que j'ai empruntés en bibliothèque ou qu'on m'a prêtés, le compteur dépasse la centaine de titres. Auxquels il faut ajouter les nouvelles éparpillées dans je ne sais combien de recueils…
S'il ne fallait retenir que le haut du panier, le top du top, les chefs-d'oeuvre :
Bram Stoker : Dracula (1897) ;
Richard Matheson : Je suis une légende (1954) ;
Anne Rice : Entretien avec un vampire (1976) ;
Morgane Caussarieu : Dans les veines (2012).
Après, vouloir hiérarchiser un podium entre ces quatre fantastiques ne rimerait à rien, ils proviennent d'époques différentes, avec des propos, mentalités, représentations, interpréatations, modes d'expression très variés. La comparaison atteindrait vite ses limites. Deux points communs tout de même : 1) la figure du vampire (merci, La Palice !) et 2) l'héritage des prédécesseurs transformé en oeuvre personnelle.
Parce qu'il est là, le gros problème de la littérature vampirique. Trop de bouquins n'apportent rien au genre, même des bons (i.e. Salem de Stephen King). Trop d'auteurs restent dans les clous de la tradition, incapables de s'affranchir du poids des pontes… ou font n'importe quoi quand ils essayent de s'en écarter (transformer une créature nocturne – avec toute la symbolique associée, les ténèbres, le mal, le monstre – en guignol larmoyant et luminescent…).
L'éternel phénomène du genre qui tourne en rond et finit par ne plus ressembler à rien à force de clonage et de caricature, jusqu'au moment où quelqu'un remet dix balles dans le juke-box pour lancer une autre chanson (cf. John Cawelti, il te l'expliquera avec plus de sérieux et moins de métaphores musicales dans Chinatown and Generic Transformation in Recent American Films). le roman de Caussarieu, c'est ça : retour aux sources, manifeste anti-gnan-gnan et réinvention du mythe.

Tel un bébé choupinou qui se lance tête la première dans la grande aventure de la vie : Dans les veines déchire sa mère.
Dans ce roman, comme dans le cochon, tout est bon. le cadre, les personnages, le style, l'ambiance, le propos, rien à jeter.
Le choix de la ville, Bordeaux, bonne idée pour changer des sempiternelles Londres, New York, Los Angeles, Paris… ainsi que des obscurs trous de cambrousse où un vampire paraît aussi crédible que dans un lycée (exception faite de Rouge Toxic qui joue sur les codes et clichés). À la vitesse où un seul vampire déglingue des gens pour se nourrir, imagine une bande entière à Trifouilly, 650 habitants. Bonjour la discrétion à coups de dix cadavres par jour… Donc, Bordeaux, c'est très bien. Grande ville mais pas trop, connue mais pas trop, cadre intermédiaire qui parle au plus grand nombre. En plus, IRL, la ville est dirigée par Juppé, une sangsue aussi vieille que Dracula, peut-être même davantage. le cadre approprié pour des immortels venus des tréfonds de l'Histoire.
L'ambiance bordelaise garde un petit quelque chose de gothique, si ce n'est qu'ici pas question de manoir dont la silhouette se découpe sur fond de pleine lune. Rien qu'une vieille ferme moisie où les vampires trouvent refuge dans la journée. Pour le reste exit l'imagerie XIXe, bienvenue dans les rues crades, entrepôts sombres, squats dans des états pas croyables : trash et destroy, en un mot punk.
Splatterpunk, même. Non, il ne s'agit pas du bruit que fait un crêteux qu'on aurait balancé du douzième étage, on parle d'un courant littéraire plein de gore, de violence, de contre-culture, de nihilisme : du qui tache et qui éclabousse (comme un punk tombé du douzième étage, là par contre, ça marche). Dans du vampire splatterpunk, au revoir haut-de-forme, cape doublée de soie rouge et balai dans l'oignon. Adieu vampires benêts ravagés par des questions existentielles qui relèvent moins du romantisme que de l'ado attardé.
L'anti-Twilight. L'anti-tout en fait. Iconoclaste, destructeur… et bourré de dérision. Beaucoup en prennent pour leur grade. Les pseudo-goths à mille années-lumière de l'état d'esprit de la culture gothique, limitée pour eux au look fringues noires et bagouses à tête de mort. Les fantaisistes qui se prennent pour des vampyres, n'ayant retenu d'Anne Rice que les chemises à jabot et le côté aristo-élitiste. Et surtout un pan gigantesque de la littérature fantastique contemporaine, qui ne voit dans le vampire qu'un jeune premier bardé de super-pouvoirs en quête de l'amour éternel. Littérature, pleine de clichés sexistes, soit dit en passant, entre mâles dominateurs, paternalistes et surprotecteurs et figures féminines fragiles comme du cristal et ignorantes des choses de la vie.

Le gentil vampire contemporain n'est jamais qu'une caricature de bad guy à deux ronds cinquante, un faux méchant super vieux et propre sur lui, fantasme de mâle alpha romantique (vive la contradiction dans les termes…). Éternellement jeune… et con dans les mêmes proportions. Douze ans d'âge mental, en témoigne sa sexualité plus riche en élans du coeur, prises de tête et pâmoisons ostentatoires qu'en actes consommés. Un Bisounours avec de grandes dents. le pire de l'homme et de la femme dans une seule psyché, croisement improbable d'un amoureux transi et d'une midinette.
À se demander si on peut encore parler de vampire…
Dans les veines, autre chanson, autre visage pour mister canines. Caussarieu s'ancre dans une longue tradition et la dépasse pour apporter du neuf (du neuf, tout court, pas du sang neuf, la formule serait cliché). le plus évident, ce sont les citations ou références explicites (Bram Stoker, Anne Rice, Richard Matheson, Sheridan le Fanu…). Logique, il paraît difficile d'écrire sur le vampire sans connaître ses classiques.
Damian, le nosferatu qui se taille la part du lion, a un petit quelque chose de Lestat et de Dracula. du premier l'amoralité, du second un amour de jeunesse far far away a long time ago réincarné dans une femme du présent qui lui ressemble. Ici le rôle de Mina est tenu par Lily, diminutif d'Élisabeth, comme la fameuse Báthory. Damian renvoie aussi à toute la clique des vampires à l'eau de rose contemporains, dont il représente le négatif. Il forme avec Lily le couple d'amants maudits si cher aux romanciers et dramaturges, plus près de Roméo et Juliette que de la guimauve Arlequin.
Dans son corps de gamin, Gabriel, le “père” de Damian, évoque Claudia, la gamine d'Entretien avec un vampire. Avec Seiko, la vampirette asiatique mère-soeur-fille-amante, le trio renvoie à Armand-Lestat-Claudia… ou à une famille sortie d'un film de Rob Zombie (La maison des mille morts).
J.F., le petit dernier, c'est Sid Vicious, son parcours étant très inspiré des Sex Pistols. Un vampire punk, plus accro à la drogue que cinquante rockstars ou le casting complet de Techno Freaks, très loin des Dracula en smoking. Et c'est là toute la magie (ou le talent, plutôt) de Caussarieu : apporter sa touche personnelle.
Des références, oui, mais jamais gratuites, pas comme certains bouquins qui tiennent moins du roman que de l'encyclopédie de pop-culture. Et surtout une capacité à aller au-delà. Un vampire punk, quand même, c'est pas courant, ça. Quand Caussarieu bâtit des ponts avec les oeuvres classiques, ils servent à aller quelque part. Et cette destination, c'est la sienne, pas celle des anciens. Dans la veine tient autant de l'hommage aux grands du genre – parce que sans eux le roman n'existerait pas – qu'à la prise de distance avec eux. Tuer le père (un des thèmes de Rouge Toxic), comme disait un célèbre cocaïnomane autrichien. Et dans la foulée, noyer les neveux crétins, tirer un trait sur le cliché du gentil-vampire-beau-romantique-sensible-torturé des Vampire Diaries, Twilight, Oui-Oui et la sucette sanglante et autre Barbie a les dents longues. Remonter très loin à la source jusqu'au revenant cannibale du folklore (cf. ce que j'en disais à propos des zombies de Herbert West, réanimateur). Déconstruire le mythe pour retrouver son essence et le réinventer derrière.
Preuve en est, la façon dont Caussarieu tord, détourne, pervertit certains thèmes. Ainsi, l'homosexualité présente chez Le Fanu (en version féminine dans Carmilla) ou Rice apparaît ici à la sauce splatterpunk, jouant sur le glauque (inceste et pédophilie entre vampires) et l'ambivalence (ils sont du même sang vampirique mais pas de la même famille humaine ; Gabriel a un corps d'enfant mais est plus âgé que le doyen de l'humanité).

Des meurtres, du cannibalisme, de l'inceste… Tu auras compris que ce bouquin n'est “pas à mettre entre toutes les mains”, comme dit l'expression consacrée. Dans le genre trash, il se pose là. Dégueu ? Pas plus que la vraie vie, tu n'as qu'à regarder les infos, tu verras. Et puis, on parle de vampire, je te rappelle, l'hémoglobine fait partie du package. le sexe aussi : cette créature suce et avale (ça fait rêver, hein, les gars ?).
Caussarieu joue cette partition sans facilité, elle écrit de la littérature, pas un torchon pour le plaisir d'étaler du choquant. Il y a un propos derrière l'histoire, des thèmes qui traversent l'ensemble de son oeuvre. La drogue, l'autodestruction, la musique, les milieux underground, le sexe (dans une version pas super agréable et pleine de maladies), la famille, les amours bancales… on les retrouve à des degrés divers dans Chéloïdes, Rouge Toxic et Techno Freaks (et, je suppose dans Je suis ton ombre, que je n'ai pas encore lu). Chacun de ces romans contient aussi une grande leçon d'humanité. Dans les veines ne fait pas exception.
Le vampire en littérature a toujours été une figure très humanisée jusqu'à une période récente. le gentil vampire de ces dernières années, à l'inverse de l'image qu'il semble renvoyer, est en fait le moins humain du lot. Trop gentil, trop beau beau pour être vrai, inhumain dans sa perfection de carton-pâte. Caussarieu pousse ses vampires au bout de la monstruosité. Mais tout ne s'explique par leur régime alimentaire particulier et leur nature de prédateurs. Des comme eux, on en croise plein les journaux et les livres d'histoire. Les chats ne font pas des chiens, les vampires de Dans les veines restent d'une certaine façon ce qu'ils ont toujours été : des humains.
Condensés de frivolité, inconséquence, mémoire courte, drogue, perversité, viol, inceste, meurtre… Définis par un appétit et une soif insatiables. de sang pour les nocturnes de fiction. Pour les diurnes IRL, individus, entreprises, États, une course à la possession et à la consommation. La dévoration XXL. Toujours plus de fric, de fringues, de technologie, d'espace, de marchés, de pouvoir, d'armes, de ressources… du vampirisme à l'échelle planétaire.
Les gentils vampires n'existent pas.
Parce que les gentils humains n'existent pas.
Lien : https://unkapart.fr/dans-les..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ange77ange77   21 mars 2016
« - Il y a peu de chances qu’on tombe sur le comte Dracula aujourd’hui. »
Par flashes, les images des dernières scènes de crime traversèrent l’esprit de Baron.
Un corps déchiqueté comme par une bête enragée. (...) Mais pas de sang… Toutes ces horreurs mais pas une goutte de sang.
Baron avait toujours pensé que le sang était la chose la plus terrible que l’on pouvait voir. Mais il savait maintenant que contempler un cadavre exsangue était pire encore…
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ange77ange77   17 mars 2016
Ses veines fourmillaient de sang neuf, le picotement orgasmique courait sous sa peau. La sensation du toucher revenait dans ses doigts engourdis par le froid. Il était vivant à nouveau. De chair et surtout de sang.
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SlavaSlava   31 août 2016
Foutre, larmes, sueur et sang... Tu avales tout ce qui coule, tu le digères, un cycle sans fin... Tu te plies à la mécanique du fluide.. L'organique gouverne ta vie.
L’instinct de se nourrir était si puissant qu'il n'y avait de place pour rien d'autre. Tu es une créature effroyablement primaire et simpliste ! Et tu resteras ainsi pour l’éternité...
Le monde était réduit à un suintement poisseux et sanglant.
Plus aucun espoir, pas de lumière possible au bout du tunnel, tu ne la supporterais pas. Que des regrets.
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UnityUnity   26 juin 2014
Violaine se parait de noir sans savoir pourquoi elle le faisait. Pour elle, le gothique commençait à Emily the Strange et s'arrêtait à Ruby Gloom. Les origines et la philosophie du mouvement marginal qu'elle revendiquait avec tant d'ardeur ne l'intéressaient pas. Violaine se foutait de savoir que son look dont elle était si fière n'était qu'une pâle copie des extravagances de Robert Smith et de Siouxie dans les années quatre-vingt.
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selena_974selena_974   12 décembre 2012
La même avait une peau en pain d'épice et des nattes de paille tressées. Ses genoux potelés, sous sa mignonne robe fuchsia, étaient écorchés et exhalaient un sulfureux mélange de sang et de Bétadine. Les contours de sa moue boudeuse étaient sculptés avec du chocolat fondu et elle sentait le chlore de la piscine. A croquer.
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Videos de Morgane Caussarieu (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Morgane Caussarieu
Avec Mélanie Fazi, Sylvie Bérard et Morgane Caussarieu
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