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EAN : 9782228925419
348 pages
Éditeur : Payot et Rivages (15/01/2020)
4.54/5   28 notes
Résumé :
L’image choque : un SDF avec un portable dernier cri. Pourquoi ? Une dépense injustifiée ? L’argent des pauvres est un objet de fantasmes : on l’imagine mal géré, mal utilisé, mal alloué. Pourtant, on s’interroge peu sur comment les pauvres eux-mêmes le gèrent, où va cet argent, ce qu’il devient et qui il enrichit. À partir d’exemples concrets de notre quotidien, ce livre vise à déconstruire notre perception du pauvre. Poser la question de l’argent des pauvres, c’es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  13 janvier 2021
Les pauvres diffèrent du reste de la population en cela qu'ils ont moins d'argent que les autres. C'est la thèse défendue par l'auteur, et elle est beaucoup moins tautologique qu'on pourrait le penser à première vue.
En effet, les pauvres, de nos jours, sont souvent considérés comme peu instruits, incapables de résister à leurs envies, dépensiers, m'as-tu-vu, non-prévoyants, paresseux, fainéants… et leur pauvreté n'est finalement qu'une lointaine conséquence de ces traits de caractère : dans un monde où le mérite est censé amener aux sommets de la société, on ne peut pas invoquer la malchance quand on se retrouve en bas.
L'auteur commence par passer en revue les comportements des pauvres qui sont souvent pointés du doigt pour conclure que, finalement, ces gens méritent bien leur sort : oui, acheter un smartphone est un choix rationnel et aide à s'en sortir ; oui, se précipiter sur du Nutella à 70 % a du sens ; oui, acheter des vêtements de marque est un service rendu aux enfants. Vivre à flux financier tendu impose d'autres habitudes, qui n'en restent pas moins rationnelles que celles des personnes plus aisées : on les adopterait sans doute soi-même dans la même situation.
Concernant les solutions, même principe : les politiques préfèrent mettre en place des cours, des formations, des accompagnements… pour « attaquer le problème à la source ». Or, les études montrent que ce qui fonctionne encore le mieux c'est… donner de l'argent. Sans imposer comment le dépenser. Il semble que les pauvres aient généralement une idée assez nette de leur situation, et de la voie la plus rapide pour la quitter, sans avoir besoin de conseils de vie de spécialistes en tout genre.
Où va l'argent des pauvres est un livre salutaire : on entre dedans avec la certitude déjà tout connaître du sujet, et chacun de nos préjugés est soigneusement détruit. Sans agressivité aucune d'ailleurs, avec pédagogie, en nous interdisant la posture de juge et en essayant de nous placer dans la situation vue de l'intérieur. Et c'est parfois tellement évident qu'on a un peu honte de nos condamnations hâtives passées.
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jefdebourges
  10 juillet 2020
Éclairant !
Cet essai de sociologie bouscule les préjugés, malheureusement trop ancrés dans nos esprits, car très souvent répétés par les politiques de presque tout bords.
Oui, pour un migrant (en fait, un exilé de la guerre ou de la faim), un smartphone relève de la survie (au moins mentale) car c'est le seul lien qui lui reste avec sa famille et ses amis, grâce aux WIFI gratuits.
Oui, pour survivre avec 500 €/mois, il faut vraiment savoir gérer son budget et la moindre erreur se paie cash.
Pauvre et vêtement de marque ? C'est surtout une échappatoire pour s'éloigner de la stigmatisation voire du harcèlement scolaire.
Pauvre et MacDo, pauvre et cadeaux de Noël... ? Même pauvre, chacun veut faire plaisir à ses enfants.
Pauvre et parent (car certains pensent "avant de faire des enfants, il faut en avoir les moyens" pffff....) ? Etre parent donne un sens à sa vie, alors pourquoi le renier au pauvre ?
Au delà de ces déconstructions, l'auteur montre aussi l'utilité des pauvres.
Ils sont corvéables, à bas coût, pour les tâches ingrates que la plupart refuse de faire.
Oui, ils sont exploités.
Et nous faisons aussi parti des exploiteurs de part certaines de nos consommations (il n'y a pas que les grands patrons, les banques, les préteurs de crédits revolving, les marchands de sommeil etc... qui les exploitent).
Si bien sûr vous pensez comme l'autre cruche (journaliste ou politicienne, je ne sais plus) qui avait dit sur un plateau TV "Quand on a 3 enfants, qu'on est au SMIC et en temps partiel, on ne divorce pas !", ne lisez pas ce livre.
Mais si vous êtes simplement humain, alors cette lecture vous fera grandir.
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MrDimitriG
  18 juin 2020
Ce livré détruit petit à petit toutes les idées reçues sur les pauvres. Tous les maux et faiblesses qu'on leur attribut se révèlent être des attitudes rationnelles face à des situations complexes. Nous (je) ferions comme eux. On en vient à comprendre ce qui auparavant passait pour de la bêtise, au mieux pour de l'ignorance. Dès lors, la question de la réduction de la pauvreté devient plus simple. Il faut leur donner de l'argent. Il ne faut pas chercher à les contrôler, à orienter leurs dépenses. Il faut leur donner suffisamment d'argent pour qu'ils puissent sortir de la difficile gestion du quotidien et construire sereinement leur avenir.
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Serinnesery
  20 avril 2021
Cet essai sociologique est parfait pour la vulgarisation. le thème de la misère y est scrupuleusement développé. Où va l'argent des pauvres ? Comment ont ils de l'argent ? À quelle hauteur ? Pourquoi des aides sociales aussi basses ?Comment dépensent ils leur peu d'argent ? Comment peuvent ils sortir de cette misère ? Et surtout à qui profite l'argent des pauvres en réalité ? On pourrait même dire qu'il serait utopique de vivre sans toute cette misère. Ce livre amène à une grande réflexion sur la société, la politique, l'avenir, et pas seulement française mais à un niveau international.
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lutinmalin
  08 mars 2020
Clair et instructif. Facile d'accès.
Ca valait bien une heure de peine.
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critiques presse (2)
Actualitte   09 novembre 2020
La lecture de ce texte nous rappelle quelques évidences fort bienvenues, et prend à revers certaines de nos convictions qui peuvent pourtant paraître innocentes. Le tout grâce à un ton marqué par son expérience de blogueur : drôle, incisif et extrêmement accessible.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaViedesIdees   06 mars 2020
Comment sortir d’un regard dévalorisant sur les pauvres ? Le sociologue Denis Colombi appelle à observer les pratiques économiques pour se déprendre des préjugés. Une analyse salutaire de la condition des catégories les plus défavorisées de la société.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   06 janvier 2021
Où va l'argent des pauvres, donc ? La réponse pèse peu dans la balance face à une opinion tranchée en la matière. Dans les médias, dans le monde politique, on est prêt à retirer de l'argent aux plus fragiles parce qu'ils pourraient, potentiellement, choisir d'acheter « un frigo ou un écran plat » avec, sans que l'on se demande un seul instant pourquoi, certaines familles en viennent à faire cela. Tout le monde a un avis sur ce que les pauvres devraient faire de leur argent. Tout le monde pense qu'il s'en sortirait mieux qu'eux à leur place... et donc tout le monde se convainc que, quand même, les pauvres méritent au moins un peu leur situation – l'attitude la plus généreuse en la matière consistant alors à essayer de leur expliquer comment bien gérer leurs ressources si ce n'est pas gérer celles-ci à leur place.
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LuniverLuniver   08 janvier 2021
Tout le monde s'accorde sur l'idée qu'il faut aider les pauvres... mais ce principe général est accompagné d'une note de bas de page, écrite en tout petits caractères : « Mais seulement les bons pauvres ! » Ceux qui sont vraiment pauvres, ceux qui font des efforts pour s'en sortir. Nous avons, assez largement, une représentation mentale du pauvre idéal et c'est avec celui-ci que nous consentons à être solidaires [... :] le pauvre doit être authentique et donc suffisamment miséreux ; il doit aussi faire des efforts et avoir du mérite et de la grandeur face à l'adversité ; enfin, il doit accepter stoïquement son sort et sa position dans la société – la contradiction entre les deux dernière exigences ne pose pas vraiment de problème puisqu'il s'agit d'un idéal. [... D]'un côté comme de l'autre de l'échiquier politique, la compassion envers les dominés reste toujours conditionnée par cette distinction élémentaire : il y a les pauvres que l'on veut bien aider, et il y a les autres.

L'avantage du « bon pauvre », c'est que, quelle que soit la façon dont on le conçoit, il n'existe que dans l'abstrait. C'est une figure théorique que l'on ne croisera jamais dans la rue. Ou plutôt que l'on n'aura jamais à croiser si l'on en a pas envie. Il sera toujours possible de trouver une bonne raison pour dire que la personne en face de soi est un mauvais pauvre.
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LuniverLuniver   11 janvier 2021
Un dialogue célèbre entre Francis Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway les voit s'échanger les répliques suivantes : « — Les très riches sont différents de vous et moi. — Oui, ils ont plus d'argent. » [...] On peut inverser les choses et dire avec une terrible certitude que les pauvres sont décidément très différents de vous et moi : ils n'ont pas d'argent.

La remarque peut sembler être une platitude, mais comme la réponse d'Hemingway à Fitzgerald, elle ne fait que souligner ce que l'on s'efforce généralement de ne pas voir : la pauvreté, tout comme la richesse, n'est pas le symptôme de quelque autre caractéristique cachée aux tréfonds des individus qui la subissent, de telle sorte qu'ils formeraient une forme d'altérité, un genre d'humain tout à fait à part. La pauvreté est bien plutôt la condition dans laquelle vivent des individus qui, par ailleurs, ne diffèrent en rien de la masse des gens. Les pauvres sont comme tout le monde, l'argent en moins.
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LuniverLuniver   10 janvier 2021
De la même façon qu'il est aisé de proclamer qu'il est facile de se passer d'une voiture quand on a accès à des transports en commun de bonne qualité, il est facile d'imaginer que l'on peut vivre sans smartphone quand on dispose d'équipements alternatifs. L'acquisition d'un smartphone pour un ménage pauvre n'est pas une erreur de gestion, mais bien un choix économique rationnel : mieux vaut un smartphone multitâche plutôt que de démultiplier les appareils souvent plus coûteux – surtout si la mobilité permet éventuellement d'économiser le coût d'un abonnement en profitant, comme les réfugiés, des WiFi gratuits.
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MrDimitriGMrDimitriG   12 juin 2020
C’est en effet une consommation ostentatoire qui s’adresse d’abord à ceux qui sont socialement proches : c’est à la famille, aux amis, aux voisins que l’on veut montrer que l’on n’est pas tombé tout en bas de l’échelle. Sans doute les gens “au-dessus” y trouveront-ils quelque chose à redire, à commencer par les conseillers et travailleurs sociaux, mais ceux-là sont si loin et si difficiles à satisfaire qu’il y aurait peu de sens à se soucier de leur avis et à se protéger de leur stigmatisation. Tandis qu’éviter que son enfant ne soit moqué par ses camarades de classe à cause de ses vêtements “de pauvre” mérite bien des sacrifices.
p. 105
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Où va l’argent des pauvres [Denis Colombi]
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