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EAN : 9782813213730
95 pages
Guy Trédaniel éditeur (09/11/2016)
3.75/5   6 notes
Résumé :
LES ANALECTES

Rongo (Analectes) est le célèbre recueil rapportant les paroles et les actes de Confucius. Considéré comme le texte sacré le plus précieux du confucianisme, le livre influença fortement la culture de la Chine et des pays voisins. Il aurait été introduit au Japon au Ve siècle environ. L'ouvrage présenté ici est la seconde version de Rongo publiée au Japon, appelée « version Tenmon », la première étant Rongo shikkai (ou version Shōhei... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ces fragments choisis - ou analèctes - de Confucius peuvent se lire de façon aléatoire, au gré de l'humeur, à l'instar des maximes stoïciennes. Ils ne sont pas seulement destinés au commun des mortels, mais aussi aux dirigeants et élites politiques. Plus que la santé de l'individu, c'est véritablement la santé de la communauté qui préoccupe les auteurs-compilateurs. Le confucianisme n'est d'ailleurs pas une religion comme le rappelle l'éditeur Guy Trédaniel dans l'introduction, mais un "système philosophique moral, politique et éthique, dont le fondateur a été élevé par certains au statut de divinité."

En bon philosophe, Confucius se fonde sur les relations humaines plutôt que sur l'intervention des dieux pour déployer sa pensée. Il met en avant cinq Constantes et Quatre Vertus (ce qui n'est pas sans rappeler les quatre vertus cardinales hellénistiques). Les Constantes sont : la bienveillance, la droiture, l'observation des rites et rituels, la connaissance et l'intégrité. Les Vertus sont la loyauté, la piété filiale, la retenue et la droiture (encore!). La société juste - en bonne santé - est celle où les dirigeants respectent ces principes.

La lecture de ce bel ouvrage serait quelque peu indigeste si on s'en tenait à la linéarité, en raison des anaphores un peu lourde telles que : "Le Maître dit", présent au début de la grande majorité des apophtegmes. Le fait que les recommandations morales soient énoncées comme des préceptes évidents, sans développement argumenté pour en soutenir la vérité, s'avère aussi quelque peu dérangeant pour le lecteur occidental habitué à la dissertation.

Pour donner quelques exemples, voici ce que l'on peut lire : "Celui qui gouverne par la vertu se compare à l'étoile Polaire : il ne bouge pas et toutes les autres étoiles tournent autour de lui." ; "L'homme de bien s'attache à développer les qualités des autres et non leurs défauts" ; "Le Maître dit : "un vrai sage ne doit pas chérir son confort."" Au milieu de ces aphorismes, le chapitre 10 dénote quelque peu puisqu'il donne des informations biographiques sur la vie de Confucius, qui, "dans son village, semblait simple et sincère, incapable de s'exprimer." Des détails très précis sont donnés : "Il ne mangeait jamais plus de viande que de riz. Il ne se fixait en revanche pas de limite pour le vin, tant que celui-ci n'obscurcissait pas son esprit." ou encore "Si son tapis était de travers, il ne s'y asseyait pas."

J'aurais donc tendance à recommander de piocher dans ce livre, de temps à autre, sans s'y plonger par (auto)contrainte. Malgré les stéréotypes qui entourent le confucianisme, je ne recommanderais pas ce livre si l'on cherche une lecture "spirituelle" ou de "développement personnel". Ou alors, il ne faudrait sélectionner que certaines phrases que l'on juge pertinentes, puis les méditer livre clos. Mais à mon sens, les arguments manquent pour convaincre véritablement. Pour faire écho à ma comparaison en introduction, j'ai plus de plaisir à lire les maximes stoïciennes, et ces dernières me convainquent mieux.
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Notre connaissance de Confucius est mince, nous savons qu'il est né dans une grotte près de Qufu dans l'actuelle province du Shandong en 551 av. J.-C., et qu'il est mort en 479 av. J.-C. près de son lieu de naissance, mais nous ne savons rien d'autre avec certitude sur l'homme et les événements de sa vie. Aucun de ses écrits originaux n'a été conservé et aucun document biographique contemporain n'a survécu. Ses disciples ont compilé ses enseignements dans un texte intitulé Les Analectes, un recueil de dictons qui lui sont attribués - un volume très modeste. Pas étonnant qu'un historien chinois ait dit qu' Il est impossible d'écrire une biographie de Confucius.
La principale préoccupation de Confucius est de savoir comment devenir une bonne personne. le but ultime est de devenir un homme de vertu. Cela passe avant tout par l'éducation, qui cultive à la fois notre esprit et notre caractère. Depuis Confucius, une forte croyance en l'éducation a été la marque de fabrique des Chinois et de plusieurs autres pays où le confucianisme s'est répandu, Japon, Corée, Vietnam. Les concepts clés de la vertu sont ren et li. Ren signifie compassion pour les autres; c'est la seule voie vers le bonheur personnel par l'instauration de bonnes relations, pour les familles comme pour les dirigeants. Li est le rituel, les formes et cérémonies appropriées de conduite. "Sans rituel, la courtoisie est fatigante, la prudence est timide ; sans rituel, la bravoure est querelleuse, la franchise est blessante." Chaque personne a sa place prescrite et doit se comporter en conséquence.
Confucius a essayé de conseiller les dirigeants de son temps et d'inculquer ses valeurs. Il a voyagé d'un État princier à un autre, passant de nombreuses années sur la route, souvent dans de grandes difficultés. Il réussissait rarement, mais se réconfortait avec un autre dicton : « Un sagen'est-il pas quelqu'un qui reste imperturbable bien que les hommes l'ignorent ?”
Trois siècles après la mort de Confucius, ses enseignements furent adoptés par l'empereur Wu di (156-87 av. J.-C.) et toutes les autres écoles de pensée furent supprimées. Dès lors, le confucianisme est devenu la doctrine qui régissait tous les aspects de la vie chinoise, morale, sociale, politique et artistique. Quel autre pays aurait pu se laisser gouverner pendant plus d'un millénaire par des bureaucrates sélectionnés à l'examen impérial sur rien d'autre que l'apprentissage par coeur de neuf ouvrages attribués à Confucius ? Pendant 400 de ces années, leurs réponses devaient même avoir le même nombre de paragraphes (huit), être de la même longueur – 700 caractères – et suivre la même forme prescrite pour le début, le milieu et la fin.
Comment expliquer qu'aujourd'hui la Chine est saisie par une manie de Confucius aujourd'hui ; pourquoi un livre qui lui est consacré s'est vendu à 10 millions d'exemplaires ; pourquoi les instituts Confucius se multiplient dans le monde. Confucius a été, après tout, blâmé tout au long du XXe siècle pour avoir retenu la Chine face à la domination occidentale. Une attaque particulièrement féroce a été lancée pendant la Révolution culturelle, lorsque la tombe de Confucius et celles de ses descendants directs au cimetière de Qufu ont été saccagées. Les 52 fissures de la stèle de pierre devant sa tombe témoignent de l'humiliation que les gardes rouges voulaient lui infliger.
Désormais, le grand sage a été remis sur son piédestal. Avec la disparition du communisme, l'assaut des valeurs occidentales et les tensions sociales qui menacent de déstabiliser la Chine, le message clair du gouvernement chinois est que si chacun connaît sa place, nous entrerons dans l'ère de l'harmonie.
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Traduit de la version déjà traduite anglaise, ce texte a un peu perdu de son intérêt. Il existe de bien meilleures traductions, notamment une par Pierre Ryckmans qui est tout à fait accessible par tous. L'intérêt de cette édition réside uniquement dans la reliure, qui reproduit la reliure anciennement utilisée en Chine.
En revanche, pourquoi avoir mis en couverture du texte confucianiste un symbole taoïste ?
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
CHOU EUL.

1. Le Maître dit : « Je transmets (les enseignements des anciens), et n’invente rien de nouveau. Je m’attache à l’antiquité avec confiance et affection ; je me permets de me comparer à notre vieux P’eng. » Le vieux P’eng, dont le nom de famille est Ts’ien et le nom propre K’eng, était petit fils de l’empereur Tchouen hiu. A la fin de la dynastie des In, il avait plus de sept cents ans, et n’était pas encore cassé de vieillesse. Il reçut en fief la vallée de Ta p’eng dans la principauté de Han et, pour cette raison, fut appelé le vieux P’eng.

2. Le Maître dit : « Méditer et se graver dans la mémoire les préceptes de la sagesse, apprendre sans éprouver jamais de satiété, enseigner sans jamais se lasser, ces trois mérites se trouvent-ils en moi ? »

3. Le Maître dit : « Ce que je crains, c’est de ne pas m’appliquer à la pratique de la vertu, de ne pas chercher à me faire expliquer ce que je dois apprendre, de ne pouvoir accomplir ce que je sais être de mon devoir, et de ne pouvoir me corriger de mes défauts. »

4. Lorsque le Maître n’était pas occupé d’affaires, son maintien était plein d’aisance, son air affable et joyeux.

5. Le Maître dit : « J’ai beaucoup perdu de mon énergie. Depuis longtemps je ne vois plus en songe Tcheou koung. » Lorsque Confucius était dans la force de l’âge, il se proposait d’imiter Tcheou koung, et il le voyait en rêve. Quand il fut devenu vieux, et incapable d’imiter de si grands exemples, il n’eut plus les mêmes aspirations ni les mêmes songes.

6. Le Maître dit : « Proposez vous toujours de suivre la voie de la vertu ; demeurez dans cette voie ; ne vous écartez jamais de la perfection ; ayez pour délassements les six arts libéraux (l’urbanité, la musique, le tir à l’arc, l’art de conduire un char, l’écriture et le calcul). »

7. Le Maître dit : « Chaque fois que quelqu’un est venu de lui-même à mon école, en m’apportant les présents d’usage, ne fussent que dix tranches de viande séchée, jamais je ne lui ai refusé mes enseignements. » — Siou, tranche de viande séchée. Dix tranches formaient un paquet. Chez les anciens, lorsqu’on faisait une visite, l’usage exigeait qu’on offrît un présent. Un paquet de dix tranches de viande était le moindre de tous les présents. Confucius désirait que tous les hommes sans exception entrassent dans la voie de la vertu. Mais il n’était pas d’usage que le maître allât enseigner celui qui ne savait pas venir recevoir des leçons. Si quelqu’un venait en observant les usages, Confucius lui donnait toujours ses enseignements.
8. Le Maître dit : « Je n’enseigne pas celui qui ne s’efforce pas de comprendre ; je n’aide pas à parler celui qui ne s’efforce pas d’exprimer sa pensée. Si quelqu’un, après avoir entendu exposer la quatrième partie d’une question, ne peut comprendre par lui-même et exposer les trois autres parties, je ne l’enseigne plus. »

9. Lorsque le Maître mangeait à côté d’un homme qui venait de perdre un proche parent, sa douleur lui permettait à peine de prendre un peu de nourriture. Quand il avait été pleurer un mort, toute la journée sa douleur l’empêchait de chanter.

10. Le Maître dit à Ien Iuen : « Vous et moi, nous sommes les seuls qui soyons toujours disposés à remplir une charge, quand on nous l’offre, et à rentrer dans la vie privée, quand on nous la retire. » Tzeu lou dit : « Maître, si vous aviez trois légions à conduire, quel serait celui que vous prendriez pour vous aider ? » Le Maître répondit : « Je ne prendrais pas un homme qui serait disposé à saisir sans aucune arme un tigre avec les mains, à travers un fleuve sans barque, à braver la mort sans aucun souci de sa vie. Je choisirais certainement un homme qui n’entreprendrait rien qu’avec circonspection, et qui réfléchirait avant d’agir. »

11. Le Maître dit : « S’il convenait de chercher à amasser des richesses, ’fallût il, pour y parvenir), remplir l’office de valet qui tient le fouet, je le remplirais. Mais tant qu’il ne convient pas de les rechercher, je poursuis l’objet de mes désirs (la sagesse). »

12. Trois choses excitaient surtout la sollicitude du Maître : l’abstinence avant une cérémonie, la guerre et la maladie. Confucius était attentif à tout. Mais trois choses attiraient spécialement son attention : l’abstinence, parce qu’elle prépare à entrer en communication avec les intelligences spirituelles ; la guerre, parce que la vie ou la mort d’un grand nombre d’hommes, le salut ou la ruine de l’État en dépendent ; la maladie, parce que notre vie en dépend.

13. Le Maître, étant dans la principauté de Ts’i, entendit exécuter les chants de Chouenn. Pendant trois mois qu’il les étudia, il avait l’esprit tellement absorbé qu’il ne percevait pas la saveur des viandes. « Je ne pensais pas, dit il, que l’auteur de ces chants eût atteint une si grande perfection. »

14. Jen Iou dit : « Notre maître est il pour le prince de Wei, (nommé Tche) ? » Tzeu koung répondit : « Bien ; je le lui demanderai. » Entrant (dans le lieu où était Confucius), il dit : « Que faut il penser de Pe i et de Chou ts’i ? » Confucius répondit : C’étaient deux sages de l’antiquité. Tzeu koung reprit : « Se sont ils repentis (d’avoir renoncé à la royauté ?) » Confucius répondit : « Ils ont voulu être parfaits dans leur conduite, et ils ont atteint leur but. Pourquoi auraient ils eu du repentir ? » Tzeu koung, quittant Confucius, (retourna auprès de Jen Iou, et lui) dit : Notre maître n’est pas pour (le prince Tche). Ling, prince de Wei, chassa de ses États son fils K’ouai kouei, qui devait hériter du titre de prince. Le prince Ling étant mort, ses sujets mirent à sa place Tche, fils de K’ouai kouei. Mais les habitants de la principauté de Tsin ramenèrent K’ouai kouei dans la principauté de Wei : et Tche entra en lutte avec son père. Confucius était alors dans la principauté de Wei. Les habitants croyaient que, K’ouai kouei ayant encouru la disgrâce de son père, Tche, petit fils légitime du prince Ling, devait lui succéder. Jen Iou eut des doutes et interrogea à ce sujet.

Pe i et Chou ts’i étaient deux fils du prince de Kou tchou (pays actuellement compris dans le Tcheu li). Leur père en mourant légua son titre de prince à Chou ts’i (qui était son troisième fils). Quand il fut mort, Chou ts’i voulut céder le titre de prince à Pe i, (qui était son frère aîné). Pe i rappela la volonté de son père ; et prenant la fuite, se retira dans un autre pays. Chou ts’i n’accepta pas non plus l’héritage, et s’enfuit également. Les habitants établirent héritier le deuxième des fils du prince défunt. Plus tard, Ou wang (fondateur de la dynastie des Tcheou), ayant chassé Tcheou (dernier empereur de la dynastie des Chang), Pe i et Chou ts’i montèrent à cheval, et allèrent en toute hâte reprocher à Ou wang d’avoir éteint la dynastie des Chang. Considérant comme une honte de manger le grain récolté dans l’empire des Tcheou, ils se retirèrent sur le mont Cheou iang, où ils moururent de faim.

Tzeu koung, quittant Confucius, dit à Jen Iou : « Puisque notre maître approuve la conduite des deux frères Pe i et Chou ts’i, qui se cédèrent l’un à l’autre la dignité de prince, certainement il désapprouve le prince de Wei qui dispute à son père cette même dignité. Evidemment il n’est pas pour le prince de Wei. »

15. Le Maître dit : « Le sage, fût il réduit à manger une grossière nourriture, à boire de l’eau, et à reposer la nuit la tête appuyée sur son bras, il conservera sa joie au milieu de ses privations. Les richesses et les dignités obtenues par de mauvaises voies me paraissent comme des nuées qui flottent dans les airs. (elles ne rendent pas l’homme vraiment heureux). »

16. Le Maître dit : « Si le Ciel me donnait encore quelques années de vie, après avoir étudié le Livre des Changements durant cinquante années, je pourrais éviter les fautes graves. »

17. Les entretiens du Maître roulaient ordinairement sur le Cheu king, sur le Chou king, et sur le Li ki, qui enseigne les devoirs à remplir. Tels étaient les sujets ordinaires de ses discours.

18. Le prince de Che ayant interrogé Tzeu lou sur la personne de Confucius, Tzeu lou ne répondit pas. Le Maître dit : « Pourquoi n’avez vous pas répondu : C’est un homme qui s’applique (à l’étude et à la pratique de la vertu) avec une telle ardeur qu’il oublie de manger ; éprouve une telle joie qu’il oublie tout chagrin ; (qui est si absorbé dans l’étude de la sagesse qu’il) ne sent pas venir la vieillesse ? » Le prince de Che était Chenn Tchou leang, nommé Tzeu kao, préfet de Che bien. Il avait usurpé le titre de prince.

19. Le Maître dit : « La connaissance des choses n’est pas innée en moi ; mais j’aime l’antiquité, et je m’applique à l’étude avec ardeur. » En parlant ainsi, Confucius a voulu s’abaisser lui-même. Il a été un grand sage, parce que la sagesse était innée en lui. Quand il disait qu’il aimait l’étude, ce n’était pas uniquement pour engager les autres à étudier. Car, ce qu’un homme peut connaître naturellement et sans étude, ce sont les devoirs de justice et de convenance. Quant aux faits historiques, aux changements introduits dans les cérémonies, dans la musique, dans les insignes des dignités, nul ne peut les connaître avec certitude, s’il ne les a étudiés.
20. Le Maître ne parlait pas des choses extraordinaires, ni des actes de violence, ni des troubles, ni des esprits. Parler des choses extraordinaires, c’est exciter les hommes à ne pas suivre les règles ordinaires ; parler des actes d’audace et de violence, c’est affaiblir dans les hommes les sentiments de douceur ; parler de résistance aux lois ou à l’autorité, c’est porter les hommes à violer la justice ; parler des esprits, c’est brouiller les idées de ceux qui écoutent.

21. Le Maître dit : « Si je voyageais avec deux compagnons, (l’un vertueux et l’autre vicieux), tous deux me serviraient de maîtres. J’examinerais ce que le premier a de bon et je l’imiterais ; les défauts que je reconnaîtrais en l’autre, je tâcherais de les corriger en moi-même. »
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PA I.

1. Le chef de la famille Ki avait huit chœurs de pantomimes qui chantaient dans la cour du temple de ses ancêtres. Confucius dit : « S’il ose se permettre un tel abus, que n’osera-t-il se permettre ? » Le chef de la famille Ki ou Ki suenn était grand préfet dans la principauté de Lou. I rangée (ou chœur) de pantomimes. L’empereur avait huit chœurs de pantomimes ; les tchou heou, six, les tai fou, quatre et les officiers inférieurs, deux. Le nombre des hommes dans chaque chœur était égal au nombre des chœurs. Quelques auteurs disent que chaque chœur se composait de huit hommes. On ne sait laquelle de ces deux opinions est la vraie. Le chef de la famille Ki était seulement tai fou ; il usurpait les cérémonies et les chants réservés à l’empereur.

2. Les trois familles faisaient exécuter le chant Ioung, pendant qu’on enlevait les vases, (après les offrandes). Le Maître dit : « Les aides sont tous des princes feudataires ; la tenue du Fils du Ciel est très respectueuse ; » comment ces paroles peuvent elles être chantées dans le temple des ancêtres des trois familles ? » Ces trois familles étaient les familles Meng suenn (ou Tchoung suenn), Chou suenn et Ki suenn, dont les chefs étaient grands préfets dans la principauté de Lou.

Parmi les fils de Houan, prince de Lou, le prince Tchouang, né de la femme légitime, devint le chef de la principauté ; K’ing fou, Chou ia et Ki iou, nés d’une femme de second rang, formèrent trois familles : K’ing fou, la famille Tchoung suenn, Chou ia, la famille Chou suenn, et Ki iou, la famille Ki suenn. K’ing fou changea le nom de Tchoung (second fils) et prit celui de Meng (fils aîné), parce qu’il était le fils aîné d’une femme de second rang, et qu’il n’osait pas se dire le frère cadet du prince Tchouang.

Ioung est le nom d’une ode qui se trouve dans le Cheu king parmi les Eloges des Tcheou. Ou wang la faisait chanter, quand il présentait des offrandes à Wenn wang. Les Tcheou la faisaient chanter dans le temple des ancêtres à la fin des offrandes, pour annoncer que la cérémonie était terminée. Les chefs des trois familles, qui n’avaient que le rang de tai fou, se permettaient l’usage d’une cérémonie et d’un chant réservés à l’empereur.
3. Le Maître dit : « Comment un homme dépourvu des vertus qui sont propres à l’homme peut il accomplir les cérémonies ? Comment un homme dépourvu des vertus qui sont propres à l’homme peut il cultiver la musique ? » Quand un homme perd avec les vertus du cœur les qualités propres à l’homme, son cœur n’a plus le respect, qui est la partie essentielle des cérémonies ; il n’a plus l’harmonie des passions, qui est le fondement de la musique.

4. Lin Fang ayant demandé quelle était la chose la plus nécessaire dans les cérémonies, le Maître répondit : « Oh ! que cette question est importante ! Dans les démonstrations extérieures, il vaut mieux rester en deçà des limites que de les dépasser ; dans les cérémonies funèbres, la douleur vaut mieux qu’un appareil pompeux. »

5. Le Maître dit : « Les barbares de l’orient et du septentrion, qui ont des princes, sont moins misérables que les nombreux peuples de la Chine ne reconnaissant plus de prince. »

6. Le chef de la famille Ki offrait des sacrifices aux Esprits du T’ai chan. Le Maître dit à Jen Iou : « Ne pouvez vous pas empêcher cet abus ? » Jen Iou répondit : « Je ne le puis. » Le Maître répliqua : « Hé ! dira-t-on que les Esprits du T’ai chan sont moins intelligents que Lin Fang ? » T’ai chan, montagne située dans la principauté de Lou. D’après les rites, chaque prince feudataire sacrifiait aux Esprits des montagnes et des cours d’eau qui étaient dans son domaine. Le chef de la famille Ki, en sacrifiant aux Esprits du T’ai chan, s’arrogeait un droit qu’il n’avait pas (il n’était que tai fou). Jen Iou, nommé K’iou, disciple de Confucius, était alors intendant de Ki suenn. Le philosophe lui dit : « Ki suenn ne doit pas sacrifier aux Esprits du Tai chan. Vous êtes son intendant. Le faire changer de détermination serait ce la seule chose qui vous fût impossible ? » Jen Iou répondit : « Je ne le puis. » Le philosophe reprit en gémissant : « Hé ! s’imaginera t on que les Esprits du T’ai chan agréent des sacrifices qui sont contraires aux rites, et qu’ils comprennent moins bien que Lin Fang, moins bien qu’un citoyen de Lou, ce qui est essentiel dans les cérémonies ? Je suis certain qu’ils n’agréent pas les sacrifices de Ki suenn. »
7. Le Maître dit : « Le sage n’a jamais de contestation. (S’il en avait), ce serait certainement quand il tire à l’arc. (Avant la lutte), il salue humblement ses adversaires et monte à l’endroit préparé. (Après la lutte), il boit la liqueur que les vaincus sont condamnés à prendre. Même quand il lutte, il est toujours sage. » D’après les règles du tir solennel, le président divisait les archers en trois groupes de trois hommes chacun. Le moment arrivé, les trois compagnons partaient et s’avançaient ensemble, se saluaient trois fois, témoignaient trois fois leur respect mutuel, et montaient à l’endroit préparé pour le tir. Après le tir, ils se saluaient une fois, descendaient, puis, se tenant debout, ils attendaient que les autres groupes eussent fini de tirer. Les vainqueurs, se plaçant en face des vaincus, les saluaient trois fois. Ceux-ci montaient de nouveau au lieu du tir, prenaient les coupes et, se tenant debout, buvaient la liqueur qu’ils devaient accepter à titre de châtiment. Ordinairement, quand on offrait à boire, on présentait les coupes. (Mais, après le tir à l’arc), on obligeait les vaincus à prendre eux-mêmes les coupes, sans leur faire aucune invitation polie, afin de montrer que c’était une peine. Ainsi les anciens sages, même quand ils se disputaient la victoire, étaient conciliants et patients, se saluaient et se témoignaient mutuellement leur respect. De cette manière, au milieu même de la lutte, ils montraient toujours une égale sagesse. Vraiment le sage n’a jamais de contestation.

8. Tzeu hia dit à Confucius : (On lit dans le Cheu king) : « Un sourire agréable plisse élégamment les coins de sa bouche ; ses beaux yeux brillent d’un éclat mêlé de noir et de blanc. Un fond blanc reçoit une peinture de diverses couleurs ? » Que signifient ces paroles ? « Le Maître répondit : Avant de peindre, il faut avoir un fond blanc ». Tzeu hia reprit : « (Ces paroles ne signifient elles pas que) les cérémonies extérieures exigent avant tout et présupposent la sincérité des sentiments ? » Le Maître dit : « Chang (Tzeu hia) sait éclaircir ma pensée. A présent je puis lui expliquer les odes du Cheu king. » Un homme dont la bouche est élégante et les yeux brillants peut recevoir divers ornements, de même qu’un fond blanc peut recevoir une peinture variée. Les anciens empereurs ont institué les cérémonies afin qu’elles fussent l’élégante expression et comme l’ornement des sentiments du cœur. Les cérémonies présupposent comme fondement la sincérité des sentiments, de même qu’une peinture exige d’abord un fond blanc.

9. Le Maître dit : « Je puis exposer les cérémonies de la dynastie des Hia. (Mais je ne puis prouver ce que j’en dirais ; car) les princes de K’i (descendants des Hia, n’observent plus ces cérémonies et) ne peuvent les faire connaître avec certitude. Je puis exposer les cérémonies de la dynastie des In. (Mais les témoignages font défaut ; car) les princes de Soung, descendants des In, n’observent plus ces cérémonies et ne peuvent en donner une connaissance certaine. (Les princes de K’i et de Soung ne peuvent faire connaître avec certitude les cérémonies des Hia et des In), parce que les documents et les hommes leur font défaut. S’ils ne faisaient pas défaut, j’aurais des témoignages. »

10. Le Maître dit : « Dans la cérémonie Ti, (faite par le prince de Lou), tout ce qui suit les libations me déplaît ; je n’en puis supporter la vue. » Confucius blâme l’autorisation accordée aux princes de Lou de faire une cérémonie qui aurait dû être réservée à l’empereur. Anciennement, l’empereur, après avoir fait des offrandes au fondateur de la dynastie régnante, en faisait au père du fondateur de la dynastie, et, en même temps, au fondateur lui-même. Cette cérémonie avait lieu tous les cinq ans, et s’appelait Ti.

Comme Tcheou koung s’était signalé par d’éclatants services (et avait été créé prince de Lou par son frère Ou wang), Tch’eng wang, (successeur de Ou wang), permit au prince de Lou de faire cette importante cérémonie. Le prince de Lou offrait donc le sacrifice Ti, dans le temple de Tcheou koung, à Wenn wang, comme au père du fondateur de la dynastie, et il associait à cet honneur Tcheou koung. Cette cérémonie était contraire aux anciens rites.

Les libations consistaient à répandre à terre, dès le commencement du sacrifice, une liqueur aromatisée, pour inviter les mânes à descendre. Au moment de ces libations, l’attention du prince de Lou et de ses ministres n’était pas encore distraite ; la vue de cette cérémonie était encore supportable. Mais, ensuite, ils s’abandonnaient peu à peu à l’insouciance et à la négligence ; ils offraient un spectacle pénible à voir.

11. Quelqu’un ayant demandé à Ti, le Maître répondit : « Je ne le sais pas. Celui qui le saurait n’aurait pas plus de difficulté à gouverner l’empire qu’à regarder ceci. » (En disant ces mots), il montra la paume de sa main. Les anciens empereurs ne montraient jamais mieux que dans le sacrifice Ti leur désir d’être reconnaissants envers leurs parents et d’honorer leurs ancêtres éloignés. C’est ce que ne pouvait comprendre cet homme qui avait interrogé sur la signification du sacrifice Ti. De plus, dans la principauté de Lou, (où les princes accomplissaient cette cérémonie), il fallait éviter de rappeler la loi qui la défendait à tout autre qu’à l’empereur. Pour ces raisons, Confucius répondit : « Je ne le sais pas. » Sur cette question pouvait il y avoir quelque chose que le Sage par excellence ignorât réellement ?

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TZEU HAN.

1. Le Maître parlait rarement du gain, de la Providence céleste, de la vertu parfaite. Celui qui cherche sa propre utilité blesse la justice. La question de la Providence céleste est très subtile. La voie de la vertu parfaite est immense. Confucius parlait rarement de ces trois choses. Il parlait peu du gain, de peur de porter les hommes à ne désirer que des choses basses, à ne chercher que leurs propres intérêts. Il parlait peu de la Providence céleste et de la vertu parfaite, de peur d’exciter les hommes à vouloir faire des choses trop au dessus de leurs forces. Il parlait peu de gain, de peur que ces disciples ne fussent trop portés à chercher leur propre intérêt. Il parlait peu de la Providence céleste et de la vertu parfaite, parce que ses disciples n’auraient pas facilement comprit ces hautes questions.

2. Un homme du bourg Ta hiang avait dit : « Le philosophe K’oung est certainement un grand homme. Il a beaucoup de science ; mais il n’a pas ce qu’il faut pour se faire un nom (parce qu’il n’exerce aucun des six arts libéraux). » Confucius, en ayant été informé, dit : « Quel art exercerai-je ? Exercerai-je l’art de conduire une voiture ? Exercerai-je l’art du tir à l’arc ? Je me ferai conducteur de voiture. » Un conducteur de voiture est le serviteur d’autrui. Son métier est encore plus vil que celui d’archer. Le philosophe, entendant faire son éloge, répondit en s’abaissant lui-même. Ce grand sage n’avait pas réellement l’intention de se faire conducteur de voiture.

3. Le Maître dit : « Le bonnet de chanvre est conforme à l’ancien usage. A présent on porte le bonnet de soie, qui (se tisse plus facilement, et) coûte moins cher. Je me conforme à l’usage général, (qui n’a rien d’inconvenant). Anciennement, un officier saluait son prince au bas (des degrés qui conduisaient à la salle). A présent, on le salue au haut des, degrés ; c’est de l’orgueil. Contrairement à tout le monde, je m’en tiens à l’ancien usage.

4. Le Maître évitait quatre défauts : il n’avait pas de désir désordonné, ni de détermination irrévocable, ni d’opiniâtreté, ni d’égoïsme.

5. Le Maître se trouvant en péril dans le bourg de K’ouang, dit : « Wenn wang étant mort, la doctrine (la connaissance des cérémonies, des devoirs, de la musique, des lois) n’est elle pas ici (en moi) ? Si le Ciel avait voulu que la doctrine disparût de la terre, il ne me l’aurait pas confiée après la mort de Wenn wang. Le Ciel ne veut pas encore ravir la doctrine à la terre, (par conséquent il ne permettra pas que je périsse). Que peuvent me faire les habitants de K’ouang ? » Iang Hou avait exercé des cruautés dans le bourg de Kouang. Confucius extérieurement ressemblait à Iang Hou. Les habitants le cernèrent pour le prendre.
6. Le premier ministre dit à Tzeu koung : « Votre maître est-il un sage parfait ? Que d’arts lui sont familiers ! » Tzeu koung répondit : « Certainement le Ciel lui a prodigué ses dons sans mesure ; il possède à peu près la plus haute sagesse possible et, de plus, une grande habileté dans beaucoup d’arts. » Le Maître en ayant été informé, dit : « Le premier ministre me connaît il ? Quand j’étais jeune, j’étais d’un condition humble, j’ai appris plusieurs arts, qui sont choses de peu d’importance. Le sage en apprend il beaucoup ? Pas beaucoup. »

Lao dit : « Confucius disait : « J’ai cultivé les arts, parce que je n’ai pas été employé dans les charges publiques. » (Lao, disciple de Confucius. Son nom de famille était K’in, et son surnom Tzeu k’ai ou Tzeu tchang).

7. Le Maître dit : « Est ce que j’ai beaucoup de science ? Je n’ai pas de science. Mais quand un homme de la plus humble condition m’interroge, fût il très ignorant, je discute la question d’un bout à l’autre, sans rien omettre. »
8. Le Maître dit : « Je ne vois ni phénix arriver, ni dessin sortir du fleuve. C’en est fait de moi (de ma doctrine). » Le phénix est un oiseau qui annonce les choses futures. Au temps de Chouenn, il a été apporté et offert en présent à ce prince. Au temps de Wenn wang, il a chanté sur le mont K’i. Le dessin sorti du fleuve est un dessin qui est sorti du Fleuve ]aune sur le dos d’un cheval dragon au temps de Fou hi. Le phénix et le dessin sorti du fleuve ont annoncé les règnes d’empereurs très sages. Confucius dit : « Il ne paraît aucun présage annonçant le règne d’un empereur très sage ; un tel empereur ne viendra donc pas. Quel empereur se servira de moi pour enseigner le peuple ? C’en est fait de ma doctrine ; elle ne sera pas mise en pratique. »

9. Lorsque le Maître voyait un homme en deuil, ou un magistrat en costume officiel, ou un aveugle, fût ce un homme moins âgé que lui, aussitôt (par commisération ou par honneur) il se levait (s’il était assis), ou il passait vite.

10. Ien Iuen disait avec un soupir d’admiration : « Plus je considère la doctrine du Maître, plus je la trouve élevée ; plus je la scrute, plus il me semble impossible de la comprendre entièrement ; je crois la voir devant moi, et soudain je m’aperçois qu’elle est derrière moi (je n’arrive pas à la saisir). Heureusement le Maître enseigne avec ordre et méthode, et dirige les hommes avec habileté. Il augmente mes connaissances en m’expliquant les raisons des choses, et il règle ma conduite en m’enseignant mes devoirs. Quand même je voudrais m’arrêter, je ne le pourrais. Mais, après que j’ai épuisé toutes mes forces, il reste toujours, (dans la doctrine du maître), quelque chose qui semble se dresser devant moi comme une montagne, qu’il m’est impossible de gravir. »

11. Le Maître étant gravement malade, Tzeu Iou engagea les disciples (de Confucius) à lui servir d’intendants (comme si leur maître exerçait encore une charge importante, et à lui préparer de pompeuses funérailles, comme à un haut dignitaire). Le mal ayant un peu diminué, (Confucius qui jusque là était sans connaissance, revint à lui, et voyant ce que Tzeu lou lui avait fait), Confucius dit : « Il y a longtemps que Iou use de faux semblants. je n’ai pas (et je ne dois pas avoir) d’intendants, et cependant je suis comme si j’en avais. Puis je tromper quelqu’un par cette ruse ? Espéré je tromper le Ciel ? D’ailleurs, ne m’est il pas préférable de mourir entre les mains de mes disciples qu’entre les mains d’intendants ? Et quand même je n’aurais pas un pompeux enterrement, (peu importe) ; resterai-je sans sépulture, comme un homme qui meurt dans un chemin ? »

12. Tzeu koung dit à Confucius : « S’il y avait ici une belle pierre précieuse, la mettriez vous dans un coffre, et la tiendriez vous cachée, ou bien chercheriez-vous un acheteur qui en donnât un prix élevé ? » Le Maître répondit : « Je la vendrais, certainement je la vendrais ; mais j’attendrais qu’on m’en offrît un prix convenable. » Tzeu koung adressa à Confucius cette double question, parce qu’il voyait un homme doué de tant de vertus n’exercer aucune charge. Confucius répondit qu’il fallait vendre la pierre précieuse ; mais qu’il ne convenait pas d’aller chercher les acheteurs. Le sage est toujours disposé à accepter et à exercer une charge ; mais il veut que les principes soient observés. Il attend une invitation régulière, comme la pierre précieuse attend les offres d’un acheteur.
13. Le Maître aurait voulu aller vivre au milieu des neuf tribus de barbares qui sont à l’orient (le long des côtes de la Mer Jaune). Quelqu’un lui dit : « Ils sont grossiers ; convient il de vivre parmi eux ? » Il répondit : « Si un homme sage demeure au milieu d’eux, (il changera leurs mœurs), qu’auront ils encore de grossier ? » Confucius, voyant que ses enseignements étaient infructueux, aurait désiré quitter l’empire chinois et se retirer dans une contrée étrangère. Il lui échappait, malgré lui, des gémissements par lesquels il manifestait comme le désir de vivre au milieu des neuf tribus des barbares orientaux. Il disait de même qu’il aurait désiré se confier à la mer sur un radeau (et se retirer dans une île déserte). Il n’avait pas réellement le dessein d’aller habiter au milieu des barbares dans l’espoir de les civiliser.

14. Le Maître dit : « Depuis que je suis revenu de la principauté de Wei dans celle de Lou, (par mes soins) la musique a été corrigée, les odes des parties du Cheu king qui sont intitulées Ia et Soung ont été remises en ordre. »

15. Le Maître dit : « Hors de la maison, remplir mes devoirs envers les grands et les ministres d’État ; à la maison, remplir mes devoirs envers mes parents et ceux de mes frères qui sont plus âgés que moi ; observer le mieux possible toutes les prescriptions du deuil ; éviter l’ivresse ; ces quatre mérites se trouvent ils en moi ? »

Le philosophe, pour instruire les autres en s’abaissant lui-même, dit : « C’est au prix de grands efforts et à grand’peine que j’accomplis ces quatre choses. »

16. Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit : « Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. » Le philosophe, pour instruire les autres en s’abaissant lui-même, dit : « C’est au prix de grands efforts et à grand’peine que j’accomplis ces quatre choses. »

16. Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit : Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. Le sage imite ce mouvement continuel de l’eau et de toute la nature. Il ne cesse de se faire violence, jusqu’à ce qu’il arrive au sommet de la perfection.

17. Le Maître dit : « Je n’ai pas encore rencontré un homme qui aimât la vertu autant que l’éclat extérieur. » L’histoire raconte que, Confucius se trouvant dans la principauté de Wei, le prince Ling, porté sur une même voiture avec sa femme, fit monter Confucius sur une seconde voiture, et, pour frapper les regards, lui fit traverser la place publique. Le philosophe trouva ce procédé de très mauvais goût et dit à cette occasion les paroles qui viennent d’être citées.
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HIANG TANG.

1. Confucius, dans le village où demeurait sa famille, était très simple ; il semblait ne pas savoir parler. Dans le temple des ancêtres et à la cour du prince, il s'exprimait clairement, mais avec une attention respectueuse.
2. Dans le palais du prince, il parlait aux tai fou inférieurs avec fermeté et sans détours, aux tai fou supérieurs avec affabilité et franchise. En présence du prince (de Lou), il montrait une crainte presque respectueuse, une noble gravité.

3. Quand il était chargé par le prince de Lou de recevoir les hôtes, l’air de son visage semblait changé et sa démarche embarrassée. Pour saluer les hôtes à leur arrivée, il joignait les mains, (tenait le corps immobile), tournait seulement les mains jointes à droite et à gauche (vers les hôtes qui étaient à ses côtés) ; sa tunique restait bien ajustée par devant et par derrière. En introduisant les hôtes, il marchait d’un pas rapide, tenant (les mains jointes et) les bras un peu étendus, comme les ailes d’un oiseau. Après le départ d’un hôte, il ne manquait pas d’avertir le prince (qui attendait à la porte, où il avait lui-même reconduit l’hôte). Il lui disait : « L’hôte ne tourne plus la tête en arrière, (le prince peut rentrer dans ses appartements).

4. En entrant à la porte du palais, il se courbait comme si la porte avait été trop basse pour le laisser passer. Il ne se tenait pas au milieu de l’entrée ; en marchant, il évitait de mettre le pied sur le seuil. En passant auprès du siège du prince (entre la porte et la cloison intérieure, Confucius éprouvait un sentiment de respect si profond que) l’air de son visage paraissait changé et sa démarche embarrassée ; les paroles remblaient lui manquer. Il montait à la salle, tenant sa tunique relevée, ayant le corps incliné, et retenant son haleine comme s’il ne pouvait plus respirer. En sortant, dès qu’il avait descendu le premier degré, son visage reprenait son air accoutumé ; il paraissait affable et joyeux. Arrivé au bas des degrés, il hâtait le pas, (tenant les mains jointes, et les bras un peu soulevés) comme un oiseau qui étend les ailes. En retournant à sa place, il paraissait éprouver une crainte respectueuse. (D’après Tchou Hi, Confucius exposait ainsi les devoirs de celui qui recevait les hôtes ; peut-être n’a-t-il jamais rempli lui-même cet office).

5. (Lorsque Confucius se présentait comme envoyé dans une cour étrangère), il tenait la tablette de son prince (des deux mains), le corps incliné, comme s’il n’avait pas la force de la soutenir ; il la levait comme s’il avait salué, c’est à dire à la hauteur de la tête ; il l’abaissait comme s’il avait offert un objet, c’est-à dire à la hauteur de la poitrine. Il avait l’air d’un homme qui tremble de peur. Il levait à peine les pieds en marchant, comme s’il avait cherché à suivre les traces de quelqu’un. En offrant au prince étranger les présents de son prince, il avait un air affable et joyeux. En lui offrant ses propres présents dans une visite particulière, il se montrait encore plus affable.

6. Ce grand sage ne portait pas de collet à bordure de couleur rouge tirant sur le bleu (parce que c’était le collet des jours d’abstinence), ni de collet à bordure rouge tirant sur le noir (parce que c’était le collet porté la deuxcième et la troisième année du deuil de trois ans). Il ne prenait pas pour ses vêtements ordinaires la couleur rouge tirant sur le blanc, ni la couleur violette (parce qu’elles ne sont pas rangées au nombre des cinq couleurs simples ou élémentaires, et qu’elles se rapprochent des couleurs des vêtements des femmes). Pendant les chaleurs de l’été, sous une tunique de chanvre d’un tissu peu serré, il portait une autre tunique, (pour cacher parfaitement son corps). (En hiver), il portait une tunique noire sur une tunique doublée de peau d’agneau noir, ou une tunique blanche sur une tunique doublée de peau de cerf blanc, ou une tunique jaune sur une tunique doublée de peau de renard jaune. La tunique doublée de fourrure qu’il portait ordinairement était longue ; mais la manche droite était plus courte que la gauche, (afin que la main droite fût plus libre pour le travail). Les vêtements doublés d’épaisse fourrure de renard ou de martre lui servaient à la maison. Quand il n’était pas en deuil, il portait toujours divers objets suspendus à la ceinture. Quant au vêtement qui lui descendait des reins jusqu’aux pieds, celui qui lui servait à la cour ou dans les temples avait des plis à la ceinture ; pour les autres, l’étoffe était (deux fois) moins large à la ceinture qu’à la partie inférieure. Il ne mettait pas sa tunique doublée de peau d’agneau ni son bonnet noir pour aller pleurer les morts (parce que c’était le costume qu’on revêtait pour faire des offrandes). Le premier jour de la lune, il ne manquait pas de revêtir ses habits de cour et d’aller saluer son prince.

7. Lorsqu’il gardait l’abstinence (pour se purifier avant de faire une offrande), il revêtait une tunique de toile qui était réservée pour les jours de purification. La nuit, il prenait son repos enveloppé dans un vêtement qui avait une fois et demie la longueur de son corps. Il changeait de nourriture et d’appartement. Lorsque Confucius se préparait à faire une offrande, il gardait l’abstinence prescrite. Après avoir prit un bain, il revêtait (sur ses vêtements ordinaires) la tunique des jours de purification, afin de conserver son corps pur et net de toute souillure. Cette tunique était de toile. Il avait soin de purifier parfaitement, non seulement son cœur et ses intentions, mais aussi son corps. Au temps de l’abstinence, comme il n’est permis de prendre son repos ni déshabillé, ni revêtu de la tunique des jours de purification, il avait un vêtement spécial qu’il mettait la nuit sur ses vêtements ordinaires. Ce vêtement avait une fois et demie la longueur de son corps, afin qu’il servît à couvrir les pieds. Au temps de l’abstinence, il changeait l’ordinaire de sa table. Il ne buvait pas de boisson fermentée, ne mangeait pas de légumes à odeur forte, de crainte que l’odeur n’obscurcit la clarté de son intelligence.

8. Confucius aimait que sa bouillie fût faite d’un riz très pur, et son hachis composé de viande hachée très fin. Il ne mangeait pas la bouillie qui était moisie et gâtée, ni le poisson ni la viande qui commençaient à se corrompre. Il ne mangeait pas un mets qui avait perdu sa couleur ou son odeur ordinaire. Il ne mangeait pas un mets qui n’était pas cuit convenablement, ni un fruit qui n’était pas assez mûr. Il ne mangeait pas ce qui n’avait pas été coupé d’une manière régulière, ni ce qui n’avait pas été assaisonné avec la sauce convenable. Le hachis se fait avec de la viande de bœuf ou de mouton, ou de la chair de poisson, que l’on hache très fin. Le riz bien pur nourrit l’homme, le hachis grossièrement préparé lui nuit. Pou ien, ces mots signifient que Confucius trouvait ces aliments très bons, mais non qu’il voulût absolument les avoir tels. Il ne mangeait rien de ce qui pouvait nuire à la santé. Il pensait que la viande devait être coupée d’une manière régulière. Quand elle ne l’était pas, il ne la mangeait pas ; il haïssait le manque de régularité.

Lors même que les viandes abondaient, il ne prenait pas plus de viande que de nourriture végétale. La quantité de boisson fermentée dont il usait n’était pas déterminée ; mais elle n’allait jamais jusqu’à lui troubler la raison. Il ne voulait pas de liqueur fermentée ni de viande séchée qui eussent été achetées (de peur qu’elles ne fussent pas propres). Il avait toujours du gingembre sur sa table. Il ne mangeait pas avec excès. Les grains doivent faire la partie principale de la nourriture. Pour cette raison, Confucius ne mangeait pas plus de viande que d’autres aliments. Les liqueurs fermentées servent à exciter la joie dans les réunions. Confucius ne se prescrivait pas de règle fixe, seulement il évitait l’ivresse, et n’allait pas jusqu’à avoir la raison troublée. Le gingembre éclaircit l’intelligence, et dissipe toutes les impuretés. Confucius en avait toujours sur sa table.

Quand il avait aidé le prince à faire une oblation dans le palais, il ne gardait pas même une nuit (mais il distribuait aussitôt) la viande offerte (dont le prince lui faisait présent). Il ne gardait pas plus de trois jours la viande qu’il avait lui-même offerte à ses parents défunts. Au delà de trois jours, il ne l’aurait pas mangée. Lorsqu’il avait aidé à faire des offrandes aux morts dans le palais du prince de Lou, il recevait sa part des viandes. De retour à la maison, il les distribuait aussitôt, sans attendre au lendemain, par respect pour les faveurs des mânes, et par honneur pour les dons du prince. Quand il avait fait une offrande dans sa maison, bien qu’il lui fût permis d’attendre un peu, quand il n’avait pu distribuer la viande le jour même, il ne la conservait pas plus de trois jours. Car elle aurait été gâtée, et les hommes ne l’auraient pas mangée. C’eût été traiter sans respect les restes du repas des mânes.
En prenant ses repas, il ne discutait aucune question, lors même qu’on l’interrogeait. La nuit, quand il était couché, il n’entamait aucune discussion. Ce grand sage, aux heures des repas, s’occupait de manger ; aux heures du repos, il se reposait. Ce n’était pas alors pour lui le temps de discourir ni de répondre aux questions sur la philosophie. Il ne s’occupait alors que d’une seule chose.

Même quand il n’avait sur sa table qu’une nourriture grossière et du bouillon aux herbes, il ne manquait pas d’offrir quelque chose à ses parents défunts, et il l’offrait toujours avec respect.

9. Il ne s’asseyait pas sur une natte qui n’était pas placée selon les règles.

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IOUNG IE.

1. Le Maître dit : Ioung (Tchoung koung) est capable de régler les affaires publiques, le visage tourné vers le midi, (c-a-d., d'exercer l'autorité souveraine). Tchoung koung interrogea Confucius sur Tzeu sang Pe tzeu. Le Maître répondit : « Il a de bonnes qualités ; il se contente aisément. » Tchoung koung dit : Être soi-même toujours diligent, et ne pas exiger trop de son peuple, n’est ce pas louable ? Mais être soi-même négligent, et, dans l’administration, exiger peu des autres, n’est ce pas se contenter trop facilement ? Le Maître répondit : « Ioung, vous dites vrai. » Si un officier prend la ferme résolution d’être diligent, il a une détermination, et se gouverne lui-même avec sévérité. Si de plus il exige peu du peuple, les charges imposées ne sont pas nombreuses, et le peuple n’est pas molesté. Mais s’il se propose avant tout de se contenter aisément, (de faire peu de choses), il n’a pas de détermination, et il est très indulgent envers lui-même. Si de plus, dans les affaires, il se contente de peu, n’est ce pas une négligence excessive et l’abandon de toutes les lois ? Dans les Traditions de famille (sur Confucius), il est rapporté que Tzeu sang Pe tzeu ne portait à la maison ni tunique ni bonnet. Confucius l’a blâmé d’avoir voulu que les hommes vécussent comme les bœufs et les chevaux.
2. Le prince Ngai demanda à Confucius quels étaient ceux de ses disciples qui s’appliquaient avec ardeur à l’étude et à la pratique de la vertu. Confucius répondit : « Ien Houei s’y appliquait avec ardeur. Lorsqu’il était justement irrité contre quelqu’un, il n’étendait pas injustement sa colère à un autre. Il ne tombait jamais deux fois dans la même faute. Malheureusement, il a peu vécu. A présent, il n’est plus personne qui lui ressemble. Je n’ai entendu citer aucun homme qui aimât véritablement la sagesse. »

3. Tzeu houa était dans la principauté de Ts’i chargé d’une mission (qui lui avait été confiée par Confucius, alors ministre de la justice dans la principauté de Lou.). Jen tzeu (ami de Tzeu houa) demanda à Confucius du grain pour la mère de Tzeu houa. Le Maître dit : « Je lui en donne six boisseaux et quatre dixièmes. » Jen tzeu en demanda davantage. (Confucius) dit : « Je lui en donne seize boisseaux. » Jen tzeu lui en donna de son chef quatre cents boisseaux. Le Maître réprimanda Jen tzeu, et lui dit : « Tzeu houa est allé à Ts’i dans une voiture traînée par des chevaux magnifiques, et avec des vêtements garnis de fine fourrure. J’ai entendu dire que le sage secourait les indigents ; mais n’ajoutait pas à l’opulence des riches. »

Iuen seu était gouverneur d’une préfecture. (Confucius) lui donna neuf cents mesures de grain. Iuen seu, jugeant que c’était trop, refusa. Le Maître dit : Acceptez ; vous le distribuerez aux pauvres dans les hameaux, les villages, les villes et les bourgades de votre préfecture. Un officier ne doit pas refuser le traitement ordinaire. S’il a du superflu, il fera bien de le distribuer aux pauvres et aux indigents.

4. Le Maître dit en parlant de Tchoung koung : « Si une génisse, née d’une vache au poil varié, est de couleur rousse et a les cornes bien régulières, quand même on ne voudrait pas l’offrir en victime, les esprits des montagnes et des fleuves n’exigeraient ils pas qu’elle leur fût immolée ? » Sous la dynastie des Tcheou, les victimes de couleur rougeâtre étaient les plus estimées ; on immolait des bœufs roux. Sans doute une génisse ou un taureau qui n’est pas d’une seule couleur ne peut servir comme victime ; mais la génisse ou le taureau né d’une vache ou d’un taureau aux couleurs variées peut être immolé, si sa couleur est rougeâtre ou rousse. Le père de Tchoung koung était un homme méprisable et vicieux. Confucius se sert d’une comparaison tirée de la couleur des victimes, pour montrer que les vices du père ne détruisent pas les bonnes qualités du fils ; que si Tchoung koung a des vertus et des talents, on doit lui confier une charge dans l’intérêt du pays.

5. Le Maître dit : Ien Houei passait trois mois entiers sans qu’aucun mouvement de son cœur s’écartât de la plus haute perfection. Mes autres disciples atteignent la perfection au plus une fois par jour ou par mois, et ils s’arrêtent.

6. Ki K’ang tzeu demanda si Tzeu lou était capable d’administrer les affaires publiques (en qualité de grand préfet). Le Maître répondit : « Iou (Tzeu lou) sait prendre une décision ; quelle difficulté aurait il à administrer les affaires publiques ? » Ki K’ang tzeu dit : Seu (Tzeu lou) est-il capable d’administrer les affaires publiques ? Confucius répondit : « Seu est très intelligent ; quelle difficulté aurait il à administrer les affaires publiques ? » Ki K’ang tzeu dit : K’iou (Jen lou) peut-il gérer les affaires publiques ? Confucius répondit : « K’iou a beaucoup de talents ; quelle difficulté aurait il à administrer les affaires publiques ? »

7. Le chef de la famille Ki fit inviter Min Tzeu k’ien à exercer la charge de gouverneur dans la ville de Pi. Min Tzeu k’ien répondit à l’envoyé : « Exprimez poliment mon refus à votre maître. S’il m’envoie un second messager, je serai certainement au delà de la Wenn (non plus dans la principauté de Lou, mais dans celle de Ts’i). » Min Tzeu k’ien, nommé Suenn, disciple de Confucius. Wenn, rivière qui passait au sud de la principauté de Ts’i, au nord de celle de Lou. Le chef de la famille Ki était grand préfet ; il gouvernait la principauté de Lou avec un pouvoir absolu. La ville de Pi lui appartenait, et lui servait comme de citadelle pour résister à son prince. Lorsque Confucius était ministre de la justice, il voulait toujours la démolir. Un jour Ki fit inviter Min tzeu à exercer la charge de gouverneur dans cette ville. Il n’avait d’autre dessein que de se l’attacher. Mais Min tzeu était un disciple vertueux et sage du plus sage des philosophes. Comment aurait il consenti à suivre le parti d’un sujet qui avait usurpé tout le pouvoir ? Il répondit à l’envoyé : « Le grand préfet veut se servir de moi ; mais les honneurs et les riches appointements n’excitent pas mes désirs. Vous, parlez pour moi à votre maître doucement et adroitement. Dites lui mon désir de n’exercer aucune charge, et détournez le de me confier un emploi. Si l’on revient me faire une seconde invitation, certainement je quitterai la principauté de Lou, et me réfugierai au delà de la Wenn. »

8. Pe gniou étant malade, le Maître alla lui faire visite. Il lui prit la main à travers la fenêtre, et dit : « Nous le perdrons. Le Ciel l’a ainsi ordonné. Se peut il qu’un tel homme soit ainsi malade ! Se peut il qu’un tel homme soit ainsi malade ! »

Pe gniou était l’un des disciples de Confucius. Son nom de famille était Jen, et son nom propre Keng. Les anciens lettrés ont pensé que sa maladie était la lèpre. La fenêtre dont il est ici parlé regardait le midi. D’après les usages, celui qui était malade se tenait auprès d’une fenêtre tournée au nord. S’il devait recevoir la visite d’un prince, il changeait de place et se tenait auprès d’une fenêtre tournée au midi, afin que le prince en le visitant eût le visage tourné vers le midi. Les personnes de la maison de Pe gniou voulurent faire le même honneur à Confucius ; mais le Philosophe n’osa pas l’accepter. Il n’entra pas dans la maison, prit la main du malade par la fenêtre, et lui dit un éternel adieu.

9. Le Maître dit : « Que la sagesse de Ien Houei était grande ! Il demeurait dans une misérable ruelle, n’ayant qu’une écuelle de nourriture et une cuillerée de boisson. Un autre, en se voyant si dépourvu, aurait eu un chagrin intolérable. Houei était toujours content. Oh ! que Houei était sage ! »

10. Jen K’iou dit : « Maître, ce n’est pas que votre doctrine me déplaise ; mais je n’ai pas la force de la mettre en pratique. » Le Maître répondit : « Celui qui vraiment n’a pas assez de forces tombe épuisé à moitié route. Pour vous, vous vous prescrivez des limites (que vous ne voulez pas dépasser ; ce n’est pas la force, mais la volonté qui vous manque). »
11. Le Maître dit à Tzeu hia : « Soyez un lettré vertueux et sage, et non un lettré sans vertu. »

12. Lorsque Tzeu iou était gouverneur de Ou tch’eng (ville de la principauté de Lou, à présent Kia siang hien), le Maître lui dit : « Avez vous trouvé des hommes qui méritent votre confiance ? » Tzeu iou répondit : « Il y a T’an tai Mie ming. Il ne va jamais par les sentiers écartés et cachés. Jamais il n’est allé à mon prétoire que pour des affaires publiques (jamais il n’y va pour avancer ses propres affaires). »

13. Le Maître dit : « Meng Tcheu fan ne se vante pas lui-même. L’armée ayant été mise en déroute, il est revenu le dernier. Arrivé à la porte de la capitale, il frappa son cheval, en disant : « Ce n’est pas que j’aie eu le courage de me retirer après les autres ; mais mon cheval ne marche pas. » Meng Tcheu fan, nommé Tche, était grand préfet dans la principauté de Lou. La onzième année de Ngai, l’armée de Ts’i envahit la frontière septentrionale de Lou. Les troupes de Lou rencontrèrent celles de Ts’i non loin de la capitale de Lou. Elles furent mises en déroute. Meng Tcheu fan resta seul derrière tous les autres, revint le dernier et, en se retirant, il résista encore à l’ennemi, afin de sauver l’armée. On peut dire qu’il a bien mérité de son pays. Arrivé à la porte de la capitale de Lou, au moment où tous les regards étaient tournés vers lui, il fouetta son cheval, et dit : « ]e n’aurais pas eu le courage de rester le dernier ; mais mon cheval ne peut avancer. » Non seulement il n’eut aucun orgueil de sa belle action, mais il essaya même de la cacher.

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Pierre Lemaitre présente son roman "Le Grand Monde"
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Les romans de Pierre Lemaitre ont été récompensés par de nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Après sa remarquable fresque de l'entre-deux-guerres, il nous propose aujourd'hui une plongée mouvementée et jubilatoire dans les Trente Glorieuses.
Un extrait à lire sur https://calmann-levy.fr/livre/le-grand-monde-9782702180815
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