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EAN : 9782205200980
140 pages
Dargaud (08/04/2022)
4.13/5   136 notes
Résumé :
À la fin des années 1930, dans un village provençal, Yaël et sa petite soeur Émilie, croquent la vie à pleines dents. Malheureusement, leur vie va basculer lorsque leur mère meurt et que leur père se remarie quelques mois plus tard avec Ophélie. Pour les deux petites filles, jamais cette bêtasse ne pourrait remplacer leur maman adorée !

Pourtant, à mesure que Yaël grandit, la dure réalité de la guerre et des lois raciales antisémites vont la rattraper... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
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Grâce aux éditions Dargaud, via net galley, j'ai eu la chance de lire en avant première la bande dessinée : Derrière le rideau de Sara de Giudice.
À la fin des années 1930, dans un village provençal, Yaël et sa petite soeur Émilie, croquent la vie à pleines dents.
Malheureusement, leur vie va basculer lorsque leur mère meurt et que leur père se remarie quelques mois plus tard avec Ophélie.
Pour les deux petites filles, jamais cette bêtasse ne pourrait remplacer leur maman adorée !
Pourtant, à mesure que Yaël grandit, la dure réalité de la guerre et des lois raciales antisémites vont la rattraper.
La jeune fille prend douloureusement conscience de son identité et de sa religion.
Derrière le rideau est une bande dessinée se déroulant avant et pendant la seconde guerre mondiale.
Yaël et Emilie sont deux petites filles qui vivent de façon plutôt agréable avec une maman juive et un papa qui ne l'est pas. Nous sommes en 1937, Yaël surprend un drôle de mouvement derrière le lourd rideau, lors d'une réception. Peu après sa maman, qui toussait beaucoup, meurt. En 1938, le papa des fillettes se remarie mais il n'est pas question d'appeler la nouvelle venue Maman.
Les mois filent doucement.
Yaël, la plus âgée des deux, écoute et se rend compte que tout se modifie autour d'eux. L'ambiance est différente, le mot juif souvent présent sur les lèvres des uns et des autres, pas toujours dit de façon sympathique.
Les parents de leur papa les ignorent, apparemment ils ont de drôles d'idées. Tout ça semble un peu compliqué pour Yaël qui observe donc.
Il est intéressant de voir cette période de ses yeux.
L'adulte que je suis a compris rapidement certaines choses, que l'enfant découvre peu à peu.
Enfant qui n'en ai plus tout à fait une au fur et à mesure que les pages se tournent.
Avec Derrière le rideau, l'autrice questionne sur la difficulté de conserver sa part d'enfance face aux discriminations constantes envers les juifs et également face aux atrocités de la guerre.
Nous avons là un très bon album. le ton est juste, l'autrice n'en fait pas trop.
J'ai tout de suite aimé les illustrations, que je trouve très réussies avec une colorisation qui colle parfaitement avec l'époque.
Derrière le rideau est une excellente bande dessinée, un vrai coup de coeur qui mérite cinq étoiles :)

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Se cacher derrière le rideau pour ne pas être vu, c'est un peu faire la politique de l'autruche. Même si le rideau est vert foncé et épais, il est loin d'être infranchissable. le rideau peut toujours s'ouvrir pour laisser apparaître une autre réalité.

L'histoire de Yaël et de sa famille se situe dans le sud de la France de 1937 à 1942. Yaël a une mère juive mais son père est un « goy ». Cette petite fille fête ses huit ans en début d'album dans la joie d'être entourée par sa famille et leurs amis dans une maison bourgeoise. Quand sa mère décède par la suite d'un cancer, elle est élevée par son père, la gouvernante et la nouvelle épouse du père, tous non juifs.

L'histoire de Yaël est celle de tous ceux qui n'ont pas imaginé, n'ont pas pensé que l'impensable pouvait arriver. La spécificité est de le raconter à travers des yeux d'enfant. La spécificité est de montrer que la vie semblait encore assez normale, notamment pour les non-juifs, même juste avant les rafles les plus mémorables. La spécificité, c'est d'utiliser les ellipses pour donner encore plus de poids au récit. La spécificité, c'est de revisiter le journal d'Anne Franck différemment.

J'ai aimé les dessins avec la douceur des visages, les couleurs jamais dans l'agressivité, les enfants toujours un peu espiègles. Cette bande dessinée, parue le 8 avril 2022, est la première de Sara del Giudice. Elle est née d'un projet de fin d'étude à l'Institut européen de design de Milan. Une autrice à suivre !
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J'ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman graphique qui nous raconte la vie de Yaël et de sa famille à l'aube de la 2de guerre mondiale.
Le cadre familial de Yaël est introduit avec intelligence et annonce une subtilité non négligeable avec les histoires sur le même thème : seule la famille de la maman de Yaël est juive et non celle du papa.
Outre le questionnement de l'identification 'civile' par les nazis de cette enfant et de sa soeur comme étant, ou non, juif, se développe également une réflexion enfantine sur le sentiment d'appartenance à cette religion.
J'ai trouvé ça intéressant et très bien amené, tant pour le public jeunesse cible que pour un lectorat plus mur.
Les rapports humains sont également exposés avec beaucoup de finesse et même des choses très dures sont exposées avec beaucoup de délicatesse et même une très touchante naïveté.
Le dessin est très beau, enfantin et délicat qui, tout en servant admirablement le récit, permet de rappeler sans cesse l'âge de la narratrice.
Une très belle BD.
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L'histoire commence en 1937. Yaël et Emilie sont soeurs, elles vivent des jours paisibles en famille mais l'insouciance de l'enfance va vite disparaitre à la mort de leur mère et au regard des évènements qui se profilent, à plus forte raison quand on sait que la famille maternelle des 2 jeunes filles est de confession juive...

C'est une histoire que j'ai trouvée très touchante et qui m'a rappelé "Le journal d'Anne Frank" dans l'approche qu'en fait l'auteure (nous présenter les évènements à travers le quotidien d'une enfant).
Les dessins assez naïfs et les couleurs douces offrent une certaine sobriété à l'ensemble qui, à mon sens, sert l'histoire, d'autant plus que celle-ci nous est livrée à travers le regard de Yaël qui n'est qu'une enfant de huit ans quand tout commence. On pourra donc observer son évolution et sa compréhension des évènements qui secouent le monde.
J'ai été très surprise de lire que c'était la 1ère BD de Sara del Guidice et qu'elle l'avait réalisée dans le cadre de son projet de fin d'étude car j'ai trouvé celle-ci très aboutie tant par le scenario que par les graphismes : j'étais persuadée que c'était l'oeuvre de quelqu'un de très expérimenté.

Un très beau roman graphique à découvrir en famille et une auteure à suivre!
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1937, Un été dans le Sud de la France. La nature est gorgée de soleil. Yaël est ravie : on fête ses huit ans, elle joue à cache-cache avec ses cousins. Innocente et insouciante, elle ne saisit pas parfaitement ce que son père fait, caché lui aussi, avec une jeune femme derrière un rideau.

1939, Yaël a dix ans. Sa maman décède d'un cancer ; fin de l'insouciance. La fillette ne comprend pas le refus de ses grands-parents paternels de les rencontrer pour une histoire de religion et commence à s'interroger sur sa judéité.

1940, Yaël a onze ans, son père est parti au front. le monde autour d'elle devient (vert de) gris et oppressant.

1941, Yaël a douze ans. Elle grandit. Elle éprouve les bouleversements de l'adolescence mais surtout du monde qui l'entoure : les lois sur les statuts des juifs sont promulguées. Ses questionnements se multiplient…

La jeune autrice Sara del Guidice, si elle s'inspire d'anecdotes qui lui ont été racontées par ses grands-parents, choisit de le faire à hauteur d'enfant en prenant comme narratrice un personnage fictif crée pour l'occasion : la petite Yaël. Son récit est finement construit car elle nous relate à la fois les bouleversements ordinaires dans la vie d'un enfant durant ces années charnières que sont le passage de l'enfance à l'adolescence mais également son regard de plus en plus aiguisé sur le monde qui l'entoure. Sa candeur initiale quand elle découvre son père en charmante compagnie peut prêter à sourire mais son regard innocent sur les événements dramatiques des années 1940 confère à ceux -ci une portée encore plus grande et une dimension tragique. Yaël est « derrière le rideau », c'est-à-dire un peu cachée et avec un angle de vue qui n'est pas tout à fait le même que celui des autres spectateurs. L'on peut comprendre cela comme une métaphore de la démarche de l'autrice. Les bandes dessinées sur la Seconde Guerre Mondiale abondent, c'est presque un genre à part entière, et il faut désormais trouver un nouvel angle pour aborder ces épisodes dont l'aspect terrible est quelque peu émoussé par les clichés. Sara del Giudice ne fait pas de grands effets de manche et ne se complaît pas dans le pathos. Au contraire. Elle adopte parfois une écriture blanche et sait aussi très bien mettre à profit l'ellipse si emblématique dans le 9 e art dans une fin qui devrait vous marquer longtemps.

Son dessin est tout aussi pudique que son écriture. La douceur et la rondeur des traits contrastent d'autant plus avec la menace qui se précise. Elle joue avec virtuosité des couleurs, des ombres, des lumières et même des textures (intégrées par Photoshop sur une base au crayon) pour suggérer un intérieur chaleureux ou au contraire le dénuement qui s'installe. Grâce à la lisibilité du trait, à la sobriété des dialogues et surtout au glossaire final (initialement envisagé pour la version italienne de l'album et donc à destination d'un public qui ne connaissait pas forcément l'histoire de France), cette oeuvre participe pleinement au devoir de mémoire. Elle pourra sans nul doute être très utile en cette période du triste anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv pour faire découvrir à tous, enfants et adultes, des épisodes de notre histoire qu'il ne faut pas oublier.

Merci à Dargaud et à Netgalley France pour m'avoir fait découvrir cette première oeuvre très prometteuse.
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critiques presse (5)
BDGest
04 août 2022
Derrière le rideau traite d'un thème lourd avec beaucoup de sensibilité et de justesse, surtout grâce à un personnage principal touchant et un dessin parfaitement dans le ton.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi
19 juillet 2022
Sara del Giudice réussit à offrir un point de vue original et très sensible sur des événements mille fois contés, et profite de ses larges cases pleines de motifs et de traits crayonnés pour poser une ambiance funèbre palpable – on les verrait bien s’animer…
Lire la critique sur le site : BoDoi
Bedeo
29 avril 2022
L’aspect immersif comme les près de cent trente pages de bande dessinée - complétées par dix de dossier de mise en perspective - peuvent parfois entraîner un certain décrochage. Il n’empêche que ce récit rend compte avec justesse et finesse d’une insouciance enfantine balayée progressivement par les épreuves et l’innommable. Le dessin aux belles rondeurs et aux couleurs automnales apporte une douceur qui accentue l’impact des situations et événements narrés.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Sceneario
26 avril 2022
On ne peut pas rester insensible à l'émotion qui se dégage de certaines séquences, de ce regard d'enfant qui cherche à comprendre cet univers d'adulte qui sombre petit à petit dans l'absurdité d'une guerre sans pitié !
Lire la critique sur le site : Sceneario
LigneClaire
17 avril 2022
La progression narrative est un modèle du genre car elle est à l’image de ce qu’a été l’époque. La négation de la réalité, du possible, des lois juives françaises que Vichy aggravera par rapport à ce que demande les Allemands.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
- Maman, tu ressens de la nostalgie pour ton avenir ?
- Mais, ma chérie, la nostalgie, c'est un sentiment qu'on éprouve envers quelque chose de passé...
- Je pensais que c'était ce qu'on éprouve en songeant à quelque chose qu'on n'a plus...
- Eh bien... Si c'est comme ça, oui. J'éprouve de la nostalgie pour mon avenir.

[p17]
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L'inquiétude, c'est un phénomène bizarre. Normalement quand on passe quelque chose à quelqu'un, on ne l'a plus. Or, avec l'inquiétude, ça ne marche pas comme ça. Plus on l'a passe aux autres et plus on en a soi-même. Vraiment bizarre.
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Elle invitait souvent des dames bizarres qui s’enflammaient pour les droits de la femme, la lutte contre la prostitution, le droit à l’éducation et d’autres sujets que je trouvais alors de moindre intérêt.
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Il nous invitait vivement à nous mettre à l’œuvre en aidant nos pauvres mères à surmonter les désagréments de la guerre ainsi que nos pères héroïques qui étaient au front en envoyant des colis contenant des biens de première nécessité.
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Comme presque toujours cela dépend du ton et du contexte dans lequel on l’utilise. Les mots peuvent devenir méchants.
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Vidéo de Sara Del Giudice
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