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Les origines du totalitarisme tome 1 sur 3

Micheline Pouteau (Traducteur)
EAN : 9782020337915
288 pages
Seuil (02/02/1998)
4.06/5   62 notes
Résumé :
" Ce livre constitue une tentative de compréhension de faits qui, au premier coup d'œil, et même au second, semblaient simplement révoltants.
Comprendre, toutefois, ne signifie pas nier ce qui est révoltant et ne consiste pas à déduire à partir de précédents ce qui est sans précédent ; ce n'est pas expliquer des phénomènes par des analogies et des généralités telles que le choc de la réalité s'en trouve supprimé. Cela veut plutôt dire examiner et porter en to... >Voir plus
Que lire après Les origines du totalitarisme, Tome 1 : Sur l'antisémitismeVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Pourquoi eux? La question paraît d'emblée suspecte, parce qu'elle semble justifier l'ignominie. Elle est pourtant nécessaire. Les bribes de réponse d'Hannah Arendt me laissent un peu sur ma faim. Quelque chose échappe encore, et échappera toujours. Certes, il y a les rapports ambigus entre les Juifs et la société, qui va des Juifs de cours, utiles à l'Etat, aux magouilles de quelques financiers véreux, nuisibles, cristalisant sur eux le sentiment diffus de mépris des Juifs. Certes, les Juifs eux-mêmes oscillent entre l'assimilation, jamais complète, et la différence, qui, en devenant individuelle devient essentielle, le Juif ne devenant que le Juif, l'ennemi intérieur, le comploteur, l'exotique se faisant dangereux. Pourtant, on ne peut que continuer à se demander "pourquoi eux?", tant le saut du mépris au massacre est gigantesque, tant la frénésie antisémite a été (et est encore, Toulouse l'a prouvé la semaine dernière) absurde et criminelle. Sans doute faut-il que je lise la suite, celle où Hannah Arendt tent, autre mission impossible, d'expliquer ce qu'est le totalitarisme, ce monstre politique devenu monstre en chair et en os.
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Hannah Arendt déclare en introduction de son livre que "Comprendre, en un mot, consiste à regarder la réalité en face avec attention, sans idée préconçue, et à lui résister au besoin, quelle que soit ou qu'ait pu être cette réalité." Défi ambitieux que celui d'étudier les origines du totalitarisme par le biais de l'antisémitisme. Il est vrai que le cas de la communauté juive se prête particulièrement bien par ses spécificités à ce genre de rapprochement : de l'antisémitisme (porté à son apogée par l'affaire Dreyfus) à la Shoah, il est indéniable que la façon dont les nazis ont instrumentalisé la discrimination juive ait abouti au totalitarisme. Si l'on trouve dans l'histoire du peuple juif, quelques raisons à l'avènement du totalitarisme, l'exposé de Hannah Arendt n'explique pas tout : sa tentative de théoriser le concept de totalitarisme n'est pas convaincante. Les exemples exposés et les comparaisons faites avec le nazisme et le stalinisme ne sont pas toujours pertinents. Les innombrables références et notes de bas de page noient malheureusement le message principal. le développement parfois confus, perd le lecteur. Si l'approche reste intéressante, l'ouvrage est difficile à comprendre. La pensée de Hannah Arendt manque de clarté. Elle est parfois naïve, alambiquée. Probablement que je n'ai pas saisi toute la subtilité du raisonnement mais c'est sans regrets que je referme les pages de ce livre...
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
La vraie grandeur de Zola, difficile à retrouver dans ses pamphlets, est le courage indomptable avec lequel cet homme qui, dans sa vie et dans son œuvre, avait exalté le peuple "jusqu'à l'idolâtrie", se dressa pour défier, combattre et finalement convaincre les masses dans lesquelles, comme Clemenceau, il ne distinguait qu'à peine le peuple de la populace. "...On a trouvé des hommes pour résister aux rois les plus puissants, pour refuser de s'incliner devant eux : on a trouvé très peu d'hommes pour résister aux foules, pour se dresser, tout seuls devant les masses, égarées trop souvent jusqu'aux pires excès de la fureur, pour affronter, sans armes, les bras croisés, d'implacables colères, pour oser, quand on exige un "oui", lever la tête et dire "non". Voilà ce qu'a fait Zola 1. (p.247)
1. Clemenceau, discours au Sénat, le 11 décembre 1906, cité par Weil, op. cit., p.112-113, Journal officiel, ibid.
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Toute société exige de ses membres une certaine part de comédie, la capacité de présenter, de représenter, de jouer ce qu’ils sont réellement. Quant la société éclate en clans, cette exigence persiste, non plus à l’égard de l’individu, mais à l’égard des membres des clans. Le comportement est alors dicté par des exigences tacites, et non des capacités individuelles, de même que le jeu d’un acteur doit se fondre dans l’ensemble constitué par tous les autres rôles de la pièce. Les salons du faubourg Saint-Germain formaient ainsi un ensemble de clans, dont chacun possédait un modèle de comportement extrême. Le rôle des invertis était de montrer leur anomalie, celui des Juifs de pratiquer la magie noire (la « nécromancie »), celui des artistes de manifester une autre sorte de communication surnaturelle et surhumaine, celui des aristocrates de montrer qu’ils n’étaient pas comme les gens ordinaires (les « bourgeois »). En dépit de leur esprit de clan, il est vrai, comme le remarqua Proust, que « hors les jours de grande infortune où le plus grand nombre se rallie autour de la victime, comme les Juifs autour de Dreyfus », tous ces nouveaux venus évitaient la société de leurs semblables. La raison en était que, comme toutes les distinctions étaient décernées par l’ensemble des clans, les Juifs et les invertis savaient qu’ils perdraient leur caractère distinctif dans une société de Juifs ou d’invertis où la judéité ou l’homosexualité deviendraient les éléments les plus naturels, les plus banaux et les moins intéressants du monde. Il en allait de même, toutefois, pour les hôtes, qui avaient besoin eux aussi de vis-à-vis dont ils puissent se distinguer, de non-aristocrates qui admireraient les aristocrates comme ceux-ci admiraient les Juifs ou les homosexuels. (p.188-189)
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Les premières générations de Juifs instruits cherchaient sincèrement à effacer leur identité de Juifs, et Börne écrivit avec beaucoup d'amertume : "Certains me reprochent d'être juif, d'autres me félicitent de l'être, d'autres me le pardonnent, mais aucun ne l'oublie."
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Le peuple et la populace

La populace est avant tout un groupe où se trouvent les résidus de toutes les classes. C'est ce qui rend facile la confusion avec le peuple qui, lui, aussi, comprend toutes les couches de la société. Mais tandis que le peuple, dans les grandes révolutions, se bat pour une représentation véritable, la populace acclame toujours l'homme fort, le grand chef. Car la populace hait la société, dont elle est exclue, et le parlement, où elle n'est pas représentée.
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Comprendre, en un mot, consiste à regarder la réalité en face avec attention, sans idée préconçue, et à lui résister au besoin, quelle que soit ou qu’ait pu être cette réalité.
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Videos de Hannah Arendt (36) Voir plusAjouter une vidéo
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Fabrice Midal vous présente "La théorie du bourgeon", son nouveau livre, disponible en livre audio !
Résumé : Le découragement est le problème majeur de notre temps. Là où nous pourrions avancer, nous baissons les bras. Là où nous pourrions être victorieux, nous partons perdants. On nous a fait croire que nous devions être dans le contrôle permanent, dans l'efficacité absolue. Mais la vie ne se contrôle pas, elle ne se gère pas. Comment inverser le mouvement ? Comment retrouver l'élan pour sortir de la paralysie qui nous guette, pour rejoindre enfin le monde et essayer de le réparer ? Se fondant sur les enseignements de philosophes qui, comme Nietzsche, Bergson ou Hannah Arendt, ont affronté ce péril majeur avec lucidité, Fabrice Midal nous amène à reprendre confiance en nous et en l'humanité. Avec La théorie du bourgeon, il nous apprend à cultiver la vie dans son surgissement, ce bourgeon qui réside en nous et qui ne demande qu'à croître pour donner des fleurs, pour donner des fruits. C'est ce remède anti-découragement que je vous invite à découvrir.
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