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ISBN : 2070322874
Éditeur : Gallimard (12/02/1985)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 66 notes)
Résumé :
« Si un homme attribue tout ou partie des malheurs du pays et de ses propres malheurs à la présence d'éléments juifs dans la communauté, s'il propose de remédier à cet état de choses en privant les juifs de certains de leurs droits ou en les écartant de certaines fonctions économiques et sociales ou en les expulsant du territoire ou en les exterminant tous, on dit qu'il a des opinions antisémites. Ce mot d'opinion fait rêver... » Jean-Paul Sartre.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
NMTB
  20 décembre 2014
Sartre a écrit ce livre à la fin de la deuxième guerre mondiale, en se focalisant principalement sur l'antisémitisme français et chrétien. Sa première démarche est de démontrer que l'antisémitisme n'est pas une opinion mais une passion. Dans ce mot d'opinion il entend une signification assez stricte en excluant tout goût irrationnel, qui ne se base sur rien de concret et dont on ne peut pas débattre. Un antisémite est avant tout un être passionné à qui on ne peut pas faire entendre raison. le but de Sartre est bien sûr d'empêcher les antisémites de se réfugier derrière la liberté d'opinion. Cette acception du mot d'opinion aurait mérité, à mon avis, un plus large développement qui aurait pu déboucher sur des questions essentielles, sur le droit et même sur une certaine « moralité démocrate ». Mais Sartre a préféré faire du Sartre, c'est-à-dire de la psychologie synthétique et l'essentiel du livre est consacré à la description psychologique de l'antisémite, puis du juif. Ainsi, on apprendra que l'antisémite est non seulement un être passionné et irrationnel, mais aussi un homme qui refuse d'envisager sa condition humaine. L'antisémite a peur de ses responsabilités et de sa solitude. Quant au juif, il est surtout juif à cause du regard porté sur lui : « le juif est un homme que les autres hommes tiennent pour juif ». Toutes ces descriptions psychologiques sont loin d'être dénuées d'intérêt et je les crois assez justes. Seulement, elles pourraient être appliquées à un grand nombre d'hommes et de femmes pas forcément antisémites ou juifs. Ses portraits à charge ne nous disent rien de fondamental sur l'antisémitisme. Alors, finalement, quelle est la réponse de Sartre à la question juive ? A long terme, pour qui connait l'idéologue Sartre, sa solution n'a rien de surprenante. A court terme, l'éducation et la répression étant insuffisantes, il préconise la constitution d'une « ligue » pour défendre les juifs et la solidarité de tous ceux qui ne sont pas antisémite, car : « Pas un français ne sera en sécurité tant qu'un Juif, en France et dans le monde entier, pourra craindre pour sa vie. » Un essai qu'il faut lire mais remettre dans son contexte. Il a été écrit à la fin de la deuxième guerre mondiale et concerne particulièrement l'antisémitisme français et chrétien. La situation des juifs n'a pas évolué depuis cinquante ans, elle s'est métamorphosée et beaucoup de réflexions de Sartre sur les juifs ne sont plus du tout valables à notre époque. Sartre effleure, parfois, des questions sur la constitution des communautés, l'exclusion ou le rapport à soi et aux autres qui mériteraient aujourd'hui d'être approfondies.
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DanielGauthier
  10 mars 2010
Certes, Sartre ne se livre à aucune méditation sur la Shoah dans ce livre écrit en 1946 - peu différent en cela de ses contemporains.
Certes encore, il ne connaît manifestement ni l'histoire du peuple juif, ni sa culture, ce qui l'amène à dire que le Juif est le simple produit de l'antisémitisme.
D'où sa solution : supprimons l'antisémitisme (en bâtissant la "société sans classes"), et le "problème juif" disparaîtra de lui-même.
Ces bémols énoncés, il y a quand même de belles choses dans ces "Réflexions".
L'analyse de l'antisémitisme y est lumineuse : c'est la peur (de la modernité, de l'autre, de l'étranger) qui explique l'antisémite.
Il y critique également (en contradiction avec lui-même, d'ailleurs), l'assimilationnisme démocratique, qui ne voit dans le Juif que l'homme et lui demande purement et simplement de s'intégrer.
Et puis, comme toujours chez Sartre, à côté des systèmes idéologiques (il s'est pratiquement toujours trompé !), ces fulgurances de style et de pensée...
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Donna22
  06 mai 2012
Puisque les citations sont impossibles sur ce livre (pourquoi?), je vais m'exprimer ici.
Il y a un passage que je trouve vrai et universel et qui dépasse même les frontières de la question juive. Celui de l'adhésion à une communauté d'idées et d'opinions, non pas par conviction ou affinités idéologiques mais par peur de l'isolement. Il s'agirait plus de se sentir membre du groupe, membre de la "masse", que de croire aux idées défendues.
Voici le passage :
"Quant à l'antisémite, il ne se fait pas d'illusion sur ce qu'il est. Il se considère comme un homme de la moyenne, de la petite moyenne, au fond comme un médiocre." Puis, plus loin : "Mais il ne faudrait pas croire que sa médiocrité lui fasse honte : il s'y complaît au contraire ; je dirai qu'il la choisie. Cet homme redoute toute espèce de solitude, celle du génie aussi bien que celle de l'assassin : c'est l'homme des foules ; si petite que soit sa taille, il prend encore la précaution de se baisser, de peur d'émerger du troupeau et de se retrouver en face de lui-même.
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Lestempsmodernes
  12 février 2014
D'après cet ouvrage le juif est un homme que les autres tiennent pour juif, et n'a donc pas de consistance autre que celle que le regard d'autrui lui confère. Sartre pensait que ce n'était ni leur passé, ni leur religion, ni leur sol qui unissaient les fils d'Israël, et que bien que le juif fût parfaitement assimilable, il se définissait comme celui que les nations ne voulaient pas assimiler.
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Amelie44
  16 août 2013
L'ouvrage présente une réflexion intéressante, même si cela ne s'applique pas qu'à la haine envers les juifs, mais à d'autres haines raciales également.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
HarmonideHarmonide   22 mai 2018
Ainsi, le Juif est en situation de Juif parce qu'il vit au sein d'une collectivité qui le tient pour Juif. Il a des ennemis passionnés et des défenseurs sans passion. Le démocrate fait profession de modération ; il blâme ou admoneste pendant qu'on met le feu aux synagogues. Il est tolérant par état ; il a même le snobisme de la tolérance, il l'étend jusqu'aux ennemis de la démocratie : ne fut-il pas de mode, dans la gauche radicale, de trouver du génie à Maurras ? Comment ne comprendrait-il pas l'antisémite. Il est comme fasciné par tous ceux qui méditent sa perte. Et puis peut-être a-t-il au fond de lui-même comme un regret de la violence qu'il s'interdit. Et surtout la partie n'est pas égale : pour que le démocrate mît quelque chaleur à plaider la cause du Juif, il faudrait qu'il fût manichéiste lui aussi et qu'il le tînt pour le Principe du Bien. Mais comment serait-ce possible ? Le démocrate n'est pas fou. Il se fait l'avocat du Juif parce qu'il voit en lui un membre de l'humanité ; or, l'humanité a d'autres membres qu'il faut pareillement défendre, le démocrate a fort à faire : il s'occupe du Juif quand il en a le loisir ; l'antisémite n'a qu'un seul ennemi, il peut y penser tout le temps ; c'est lui qui donne le ton. Vigoureusement attaqué, faiblement défendu, le Juif se sent en danger dans une société dont l'antisémitisme est la tentation perpétuelle. Voilà ce qu'il faut examiner de plus près.
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NatLucchNatLucch   10 août 2013
Pas un Français ne sera en sécurité tant qu’un juif, en France et dans le monde entier, pourra craindre pour sa vie.
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Videos de Jean-Paul Sartre (187) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Paul Sartre
Amélie Nothomb, morte ? Elle ne se souvient de rien. Voici pourtant qu?une dénommée Plectrude lui annonce la sinistre nouvelle. Elle lui révèle également qu?une identité posthume est attribuée à chacun au terme d?une cérémonie. L?un ira au paradis des cinéastes et l?autre au paradis des boulangers, par exemple. L?éternité est moins longue lorsqu?on échange autour d?une passion commune... Amélie s?attend donc à retrouver Stendhal et Virginia Woolf au paradis des écrivains. Stupeur ! Elle se retrouve au paradis des philosophes, aux côtés de Platon et de Nietzsche ! S?agit-il d?une erreur ? En faisant appel de cette décision, Amélie va subir un drôle de Jugement dernier au cours duquel viendront témoigner les illustres gloires de la philosophie, depuis Spinoza jusqu?à Sartre.
Écrit « à la manière » d?Amélie Nothomb, ce conte philosophique de Marianne Chaillan est un voyage aussi drôle que méditatif qui invite le lecteur à découvrir autrement l??uvre de la romancière mondialement célèbre.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/ainsi-philosophait-amelie-nothomb-9782226397140
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