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ISBN : 2894557272
Éditeur : Guy Saint-Jean (15/05/2014)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 9 notes)
Résumé :
" la maladie maudite". En 1844, ce mal que tous craignent et voient comme une punition divine sévit depuis des décennies au Nouveau-Brunswick. À une époque où la médecine est sujette aux superstitions et aux croyances religieuses, on choisit d'isoler les malades dans une léproserie de fortune sur la petite île de Sheldrake.

Parmi eux se trouve Isabelle, une adolescente de bonne famille qu'on soupçonne, à tort, d'avoir développé les symptômes du terrib... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Sourisetdeslivres
  04 décembre 2018
Me voilà une nouvelle fois conquise par une auteure québécoise cette année ; l'autre étant Louise Tremblay d'Essiambre avec « Les héritiers du fleuve » (tu peux lire mon avis ici).
Même si les deux fictions n'ont vraiment rien en commun j'ai retrouvé cette faculté identique qu'à Sergine Desjardins à t'immerger dès le premier chapitre dans son intrigue et à te créer des personnages forts, vrais.
Il me tarde vraiment de lire la suite de cette duologie.
Comme tu le lis en quatrième de couverture, tu vas te retrouver en 1844 au Canada dans la province du Nouveau-Brunswick où sévit une épidémie de peste. La petite commune de Tracadie est plus sévèrement touchée. Afin d'éviter la contagion, pour rassurer les acheteurs et riches marchands de la Province un « bureau de santé » composé surtout de riches hommes d'affaires décident de régler l'épineuse question de ces gens atteints de lèpre en les envoyant sur l'île Sheldrake, ancien poste de quarantaines pour des malades provenant des bateaux.
Ils attendaient là afin d'éviter toute épidémie sur le continent notamment de choléra.
Isabelle, l'héroïne de cette saga est accusée à tort d'avoir la lèpre.
Elle est emmenée à l'âge de 13 ans de force sur cette île.
Sa bonne santé ne lui sera d'aucun secours même quand le médecin en charge de la léproserie le remarquera.
Victime de l'ignorance et de l'injustice, comme, sûrement, d'autres à cette époque où la dermatologie n'était pas encore une spécialité, une époque où on ne savait pas encore grand-chose sur cette maladie, des hypothèses étaient émises quant à sa transmission, mais rien de probant.
Cette victime d'erreur médicale ne sera pas la seule à souffrir de l'exclusion.
Sa famille est elle aussi considérée comme des parias. Tu vas suivre Isabelle, Isa dorénavant, c'est son choix sur l'île.
Sergine Desjardins, outre de raconter ce triste épisode historique, va en plus traiter d'autres sujets très importants et qui vont alléger quelque peu les passages durs et poignants. Ainsi tu vas faire la connaissance de la soeur aînée de Isa, Fanny.
Fanny est partie chez la soeur de son père, Gus, chez sa tante Marjorie à Québec.
Avec Fanny et Marjorie entre autres tu liras la place de la femme dans cette société patriarcale et très religieuse.
Comment étaient traitées ces femmes indépendantes comme Marjorie, peintre, célibataire et qui porte le pantalon.
Par la cousine de Gus, Rosalie ; tu liras dans quel état précaire se retrouvaient les filles mères comme on les appelait enfin dernier thème, juste cité, mais qui a toute sa place c'est l'underground railroad, ce sujet est amené avec Rebecca une esclave en fuite.
Ce qui m'a le plus touché dans ce roman ? Les personnages.
Isabelle, en premier lieu. Comment, une jeune fille de 13 ans, innocente, victime d'une terrible injustice va tenir le coup. Une héroïne à la puissance de caractère incroyable. Elle garde foi malgré toutes les épreuves.
Isabelle va mûrir très vite et comprendre qu'elle a besoin d'une carapace pour survivre, mais que, même emprisonnée sur cette île ils ne peuvent pas brider son imagination.
« Pour se ressaisir, elle se disait que même si elle était emprisonnée, son esprit, lui était libre. En pensée, elle pouvait aller où elle voulait. »
« Les murs de n'importe quelle prison ne peuvent emmurer l'imagination. Elle s'envole où elle veut, quand elle veut. »
Une héroïne que je ne peux'qu'aimer vu l'amour qu'elle porte aux animaux. Son cheval Mage et plus'tard sa chienne Amy.
Elle protège les siens autant qu'elle le peut en taisant les conditions plus qu'insalubres dans lesquelles elle est obligée de vivre jour après jour.
« Une prison aux murs de vagues, de brume, de coquillages et de vent, mais une prison tout de même. Une prison dont les barreaux étaient faits de peur et de dégoût. Intangibles, mais aussi, sinon plus efficaces que de vrais barreaux de fer. Sheldrake était l'antichambre de la mort. »
Ensuite, tu as Fanny et Marjorie.
Marjorie c'est la femme indépendante. Elle a vécu à Paris et mène sa vie comme elle l'entend.
Elle ne veut jamais dépendre d'un homme. Avec Fanny, tu verras que la force de caractère est un trait commun de cette famille. Fanny amènera beaucoup d'espoir, de légèreté une belle romance au récit, mais aussi des drames.
Enfin, tu as Charlotte et Gus, les parents de Isa, Fanny, et Juliette, la cadette.
Gus est un homme bon, comme on en rencontre rarement. Un mari et un père aimant qui ne bride aucun talent de ses filles. Peinture, musique, médecine elles ont droit de tout étudier.
« Ma femme et moi sommes convaincus qu'il ne faut jamais briser un rêve, aussi impossible paraisse-t-il. On ne sait jamais comment les choses vont évoluer. »
Charlotte leur mère est une maman-louve. Elle aussi très en avance sur son temps. Une femme qui, malgré les coups durs, les mots blessants qu'elle va endurer, même de proches amis, arrivera à pardonner ou au moins à ne pas devenir une femme aigrie comme cette Théodora, la commère du village, je l'ai détesté comme d'autres. Car si tu rencontres des personnages remplis de bienveillance tu rencontreras aussi l'inverse.
Je pourrais te parler aussi du père François, plus encore de Rosalie, une femme qui m'a touché avec son dévouement pour son prochain, Théo, les docteurs Labergne et Key, les gardiens de l'île, etc. Toute une galerie de personnages impressionnante, tu as l'impression immédiate de les connaître et pourtant l'auteure reste très concise dans ses descriptions. Tu n'auras aucun temps mort grâce aux nombreuses intrigues qui s'entrecroisent.
J'ai vraiment adoré cette saga, pas autant que celle dont je t'ai parlé en introduction celle-ci n'est pas un coup de coeur, mais une très belle lecture, intéressante du point de vue historique, poignante avec le sort de ces malades laissés pour compte.
Laissé pour compte, sans remède ni soin, vivant dans des conditions désastreuses qui empiraient leur état général et mental. Ostracisés, ils sont même pour certains rejetés par leurs proches. Sergine Desjardins décrit le climat de délation et de paranoïa qui régnaient à cette époque.
Elle va te montrer la lâcheté des hommes face à l'amour inconditionnel d'un animal.
Sergine Desjardins à travers plusieurs femmes du roman va te décrire avec force, sensibilité et poésie ce qu'est l'amour maternel.
La famille de Isabelle est une famille libre et ouverte d'esprit loin des esprits étriqués des grenouilles de bénitier.
Des gens qui prient, prônent la charité, se rebellent contre ceux qui n'observent pas les préceptes de la bible, mais qui sont bien plus méchants et lâches que des personnes moins pieuses.
Cette saga historique a tout le potentiel des grandes sagas familiales historiques.
Nombre de thèmes sont traités intelligemment et justement. L'auteure mesure chacun des aspects du roman.
J'ai appris beaucoup de fait en lisant ce livre comme l'expression la plume du chapeau et l'origine du chapelier fou, d'Alice au pays des merveilles ou encore les ethnies de ce jeune état.
Richement documenté, mais jamais lourd je te conseille vivement ce premier opus et je termine en disant vivement la suite.
Quelques citations :
« Un jour, une lépreuse, étonnamment sereine malgré tous les maux qui l'affectaient, m'a dit que chaque épreuve est aussi un cadeau. Je n'ai compris que bien plus tard ce qu'elle voulait dire : chaque épreuve nous donne l'occasion de devenir une meilleure personne » Isa à Gus.
« Je suis sur une île lumineuse qui pourrait être paradisiaque. Pourtant, je suis dans un monde de ténèbres. »
« Quand on est jeune, on se laisse moins duper par les apparences. On sait d'instinct à qui l'on peut faire confiance. Plus on vieillit, plus on a l'occasion de constater que le mal ne creuse pas souvent son nid là où on le croit. Il habite aussi parfois le coeur des grenouilles de bénitier pour qui la charité n'est qu'une question d'apparences. »
« Dire qu'avant, elle la (NB : la musique) considérait comme allant de soi. Désormais, elle savait que rien que rien n'est n'acquit une fois pour toutes. La vie est terriblement fragile et imprévisible. L'espace d'une seconde, on peut perdre tout ce qu'on aime. »
« Jamais le nom d'une maladie ne devrait être une insulte. Les mots sont des tueurs silencieux. »
Notes :
C'est une fiction basée sur des faits historiques réels.
La lèpre est loin d'avoir disparu. Il y aurait de dix à quinze millions de lépreux dans le monde. (note de l'auteure)
Connais-tu les Micmacs ? On en parle dans le récit par le biais de Charlotte, ils étaient ses ancêtres.
Voici une définition : Les Micmacs, parfois appelés Mi'kmaq, sont un peuple amérindien de la côte nord-est d'Amérique, faisant partie des peuples algonquiens. Il y a aujourd'hui vingt-huit groupes distincts de cette ethnie au Canada, et un seul groupe ethnique, la « tribu d'Aroostock ».

Lien : http://unesourisetdeslivres...
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Sandra_C
  24 mai 2019
On retrouve Isabelle qui est injustement envoyée sur L'île Sheldrake où vivent reclus les lépreux. On va suivre également l'histoire des personnes de sa famille et la façon dont ils vivent avant et pendant ce drame. J'ai longuemment hésité à me lancer dans cette lecture. le thème de la lèpre étant assez reboutant pour ma part. Je pourtant adoré ce livre. Les personnes sont attachant, la lecture est facile est agréable et surtout, le fait que ce soit basé sur des faits réels . On peut y découvrir dans quelles conditions ils ont vécus ainsi que la place de femme à l'époque, les croyances, les lacunes des médecins devant cette maladie à l'époque inconnue. Lecture trés enrichissante bien que tout ne soit pas réels. Je recommande vivement ce livre et je vais m'empresser de continuer sur ma lancée avec le deuxième tome. Je suis restée sur ma faim, j'ai hâte de suivre les personnes de cette histoire.
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ingridfasquelle
  04 octobre 2018
Cadette d'une famille de treize enfants, Sergine Desjardins a passé son enfance sur une ferme, au Cap-à-la-Baleine, à l'est de Matane. Elle vite désormais à Rimouski et se consacre à l'écriture et aux conférences qu'elle donne aux quatre coins du Québec. Son roman précédent, Marie Major, est un best-seller international, couronné du Prix indépendant Marguerite Yourcenar. Avec L'île des exclus, l'auteure nous offre un nouveau roman qui met en lumière un pan méconnu sur l'histoire du Nouveau-Brunswick. Suivez Isa dans son dangereux et injuste périple sur l'île des horreurs…
En 1844, à Tracadie, une épidémie de lèpre fait rage depuis 50 ans. Pour tenter d'enrayer la contagion, les autorités décident d'isoler les malades sur la petite île de Sheldrake. Déportés de force, ils sont arrachés à leurs familles pour se retrouver dépourvus de soins adéquats et laissés dans des conditions de vie misérables à peine humaines… C'est ainsi qu'Isa, fille de Charlotte et de Gus, sera séquestrée, car on la suspecte, à tort, d'avoir contracté la maladie. Une erreur médicale qui aura des conséquences pour tous les membres de sa famille...
Tout aussi passionnant autant que poignant, le roman de Sergine Desjardins rend un hommage vibrant à tous les exclus ainsi qu'à tous ceux qui leur ont tendu la main. On se réjouit déjà de découvrir la suite des aventures de cette famille du Nouveau-Brunswick !
Lien : http://histoiredusoir.canalb..
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souslaplumedelline
  05 janvier 2019
Le style est soutenu, agréable, mais avec une pointe de mélancolie et en même temps une invitation au voyage, à la découverte. C'est un style très reposant, peut-être trop sur le long terme. Je tiens à féliciter le travail de recherche historique et d'information sur un sujet particulièrement difficile je trouve.Beaucoup de sensibilité dans ce récit, dans les descriptions des sentiments des personnages. le début du récit s'accompagne de quelques explications sur le Nouveau Brunswick et bien sûr, sur la façon dont les lépreux pouvaient être traités, l'ennui et les humiliations publiques sont le quotidien de ces malheureux. Ce livre est présenté comme l'histoire d'Isabelle, et au final elle n'est pas autant présente que les autres personnages. Isabelle est le point de départ de toute cette situation, et cela a influencé son entourage. le combat d'Isabelle contre les préjugés et l'humiliation, Charlotte et sa carrière refoulé de médecin, Marjorie l'indépendante qui vit de son travail mais est toujours jugée et critiquée, autant d'exemple, et il y en a d'autres, des femmes indépendantes que l'on rencontre.
Lien : http://souslaplumedelline.wi..
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sofy4
  27 juillet 2019
Belle lecture mais un peu déçue car j'ai trouvé que cela ressemblait beaucoup à "l'ile des oubliés" de Virginia Hislop.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
Je sème la terreur, la laideur, la mort, la discorde, la honte, la détresse, l’exclusion.
Je frappe indifféremment le riche ou le pauvre, le vieillard ou l’enfant, l’homme ou la femme.
Je défigure, mutile, isole, exacerbe la libido et blesse.
Je transforme les gens au point où une mère ne reconnaît plus son enfant, une femme, son époux, un homme, sa fiancée.
Je me moque des médecins qui me confondent avec la syphilis, la peste ou certaines maladies de la peau.
Je me ris des grands de ce monde, même du roi Louis XIV qui, jadis, a envoyé ce qu’il croyait être le dernier groupe de lépreux à l’hôpital Saint-Mesmin, près d’Orléans.
Imprévisible, je disparais et réapparais quand bon me semble.
On m’appelle la maladie de Hansen ou l’éléphantiasis des Grecs.
On pourrait tout aussi bien m’appeler douleur, honte, souffrance, désarroi et désespoir.
Je suis la lèpre.
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rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
Il est faux de prétendre qu’un malheur vécu collectivement unit et solidarise. Cela se produit bien sûr, mais il arrive aussi qu’une grande souffrance vécue dans la promiscuité engendre l’effet contraire. C’est alors la loi du plus fort qui prime.
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rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
C’est bien connu, à la longue, la souffrance engendre souvent la rage. Et l’injustice, la révolte. Contraints de vivre jour et nuit dans un espace réduit avec des personnes que la maladie leur imposait, ils se querellaient souvent.
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rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
La perfection d’un dessin ou d’une phrase, c’est quelque chose de volatile et d’éphémère. On finit par l’oublier. Mais pas ce qu’on a ressenti en posant les yeux sur une œuvre d’art ou en lisant un livre.
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rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
C’était insensé d’avoir honte d’être malade. Mais la honte, inexplicablement, s’attachait à la maladie autant qu’à la pauvreté et la laideur, comme si les personnes se sentaient responsables de leur état.
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