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EAN : 9782021219142
356 pages
Éditeur : Seuil (15/01/2015)
1.25/5   2 notes
Résumé :
Notre planète traverse une crise écologique majeure.

Le développement effréné des activités humaines se solde par la dégradation des espaces naturels et l'érosion de la diversité du vivant à un rythme stupéfiant. Cette crise de la biodiversité est devenue une épreuve clé de nos sociétés. Elle interroge ouvertement les valeurs susceptibles de guider notre rapport à la nature.

En l'espace de trente ans, les savoirs écologiques et les enje... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  10 novembre 2016
Savoirs écologiques, biodiversité et dynamique du vivant
Posture apocalyptique, ou plus optimiste (les activités humaines ne seraient pas si destructives que cela !) ou de bon gestionnaire, modérée et modératrice de compromis raisonnable. « Enquêter sur la « nature en crise » est un prétexte idéal pour amorcer un pas de coté par rapport à ces postures contemporaines du monde ».
Réfléchir et enquêter « sur l'état et le devenir des phénomènes naturels au sens large », sur le « tissu d'interactions et processus impliqués dans la dynamique du vivant », penser « le vivant et le devenir des sociétés »…
Nature, biodiversité, représentations et savoirs, éthique, science et politique, interaction entre les êtres humains – entre eux – et avec le non-humain… « L'objet de cet ouvrage est de proposer des antidotes aux postures simplistes sur la crise de la nature ».
Vincent Devictor propose des analyses autour de la science, de la diversité du vivant. Il insiste particulièrement sur les processus de coévolutions, les interactions écologiques et leurs dynamiques évolutives, la destruction rapide des habitats, la destruction massive des espèces et des populations, les différentes forces responsables du déclin de la biodiversité, l'emballement de l'impact des activités humaines sur l'environnement, la croissance infinie construite sur l'exploitation de ressources finies…
Je souligne notamment les paragraphes sur les interactions entre niveaux d'organisation du vivant, la multi-causalité complexe, « la synergie entre différentes causes », la non-limitation de la crise à une question biologique, ce qu'est l'Anthropocène, la critique du dualisme nature/culture, la configuration proprement sociale et politique des problèmes qui touchent la nature…
S'il est bien nécessaire de ne jamais oublier d'où nous humains (et cela est vrai aussi pour les scientifiques) nous parlons, d'adopter un point de vue situé contre le fantasme de neutralité, si les questions d'éthique et de morale sont partie intégrante des choix politiques, je reste dubitatif sur certaines formulations de l'auteur, « Investir les problèmes de biodiversité, c'est investir cette imprégnation réciproque entre faits et valeurs ». Quoiqu'il en soit, Vincent Devictor souligne, à juste titre, les tensions entre faits et valeurs, les conflits de justifications, la « valeur » intrinsèque de la nature, « valeur non-instrumentale de la nature… sortir la nature et ses constituants de l'état de « choses », de simples « moyens »… »
Qu'en est-il des savoirs sur la bio-diversité ? L'auteur analyse les délimitations, les classifications, les quantifications… espèces, répartition des individus et des espèces, distance évolutive entre espèces, « interactions » entre espèces, diversité dans l'espace et le temps, structuration spatiale, interactions entre niveaux d'organisation du vivant – (pré)moléculaire, génétique, phénotype, individus, (méta)population, (méta)communauté, (méta)système.
Dans la présentation des différents niveaux d'organisation du vivant, de l'histoire des questionnements et de celles des « réponses » scientifiques, nous sommes loin des simplifications médiatiques et des souvenirs scolaires… Loin aussi des linéarités, des réductions et des simplismes. Interactions et évolutions…
L'auteur poursuit avec les développements scientifiques et les politiques institutionnelles, dont les conférences internationales, autour de la « conservation ». Il aborde, entre autres, les échelles spatiale et temporelle, les logiques de priorisation, les délimitations spécifiques ou territoriales, les protections de site… et souligne « l'irréductible complexité d'une protection prédictive », les fantasmes du contrôle et de la conservation, « conserver une espèce en oubliant les aspects écologiques et évolutifs n'a aucun sens », les problèmes de temporalité, les politiques de néo-libéralisation de la nature…
Vincent Devictor revient sur le dualisme entre faits et valeurs, les limites des savoirs, l'importance de penser en termes de trajectoires. Il analyse les discours internationaux, la financiarisation de la nature, les problèmes juridiques autour de la nature, les lois spécifiques de protection d'espèces, la notion d'« anticipation des dommages », les enjeux normatifs et prescriptifs. L'auteur critique les notions de « capital naturel, » de « services écosystémique », les conceptions de « bien » échangeable dans l'oubli de la spécificité et de la complexité… Il souligne les relations non-quantifiables, les problèmes de commensurabilité, l'impossibilité de réduire la biodiversité à une ressource, les interactions et les singularités, l'importance de l'interdisciplinarité et du recul…
En conclusion, Vincent Devictor revient sur l'exigence de « valeurs nouvelles », la constitution des savoirs, la nécessité de reconnaître « de l'altérité, de l'autonomie et de la spontanéité », les dynamiques et la complexité du vivant. « Il est devenu possible et nécessaire d'assumer certaines incompatibilités. Il est devenu nécessaire et urgent de jeter par-dessus bord les anesthésiants de la pensée, des valeurs et des émotions. On agit mal si on pense mal et on pense mal si on n'éprouve rien ».

Lien : https://entreleslignesentrel..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
dede   10 novembre 2016
Il est devenu possible et nécessaire d’assumer certaines incompatibilités. Il est devenu nécessaire et urgent de jeter par-dessus bord les anesthésiants de la pensée, des valeurs et des émotions. On agit mal si on pense mal et on pense mal si on n’éprouve rien
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JLB21JLB21   17 février 2021
La biodiversité n’est pas une catégorie achevée. Le terme de biodiversité est lui-même vivant. Voilà le contexte stimulant dans lequel la notion de biodiversité doit s’étudier.
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dede   10 novembre 2016
conserver une espèce en oubliant les aspects écologiques et évolutifs n’a aucun sens
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dede   10 novembre 2016
L’objet de cet ouvrage est de proposer des antidotes aux postures simplistes sur la crise de la nature
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Video de Vincent Devictor (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vincent Devictor
Avec Benoît Fontaine et Vincent Devictor, biologistes de la conservation, et Joëlle Zask, philosophe.
Changement climatique, menaces sur la biodiversité, mutation des systèmes agroalimentaires, transition énergétique – autant de sujets abordés par un nouveau cycle de conférences qui fait dialoguer des spécialistes issus de différentes disciplines. La première saison du cycle est intitulée « Demain, la vie ? ».
En savoir plus sur le cycle Débats au coeur de la science : https://www.bnf.fr/fr/agenda/debats-au-coeur-de-la-science
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