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Jean-Paul Naudon (Traducteur)
EAN : 9782844120779
254 pages
Joëlle Losfeld (17/01/2001)
3.21/5   26 notes
Résumé :
San Francisco dans les années 50.
Jim Fergusson, patron d'un garage, décide de prendre sa retraite à la suite d'une défaillance cardiaque. Il compromet ainsi la situation de Al Miller à qui il loue une partie de son local. Al Miller vivote en vendant des voitures. Sa situation est précaire mais sa femme a de l'ambition pour deux... Aux prises avec ses contradictions, Al tente de les résoudre sans pour autant perdre son âme.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
« Humpty Dumpty sat on a wall.

Humpty Dumpty had a great fall. »
Une comptine du 18e siècle, des hommes et des voitures du vingtième siècle…

Les années 60, sur la côte ouest des États-Unis, on construit des autoroutes pour de grosses voitures qui roulent comme l'économie. Une société en mutation et l'histoire d'un vieux garagiste et un vendeur d'autos d'occasion.

Un roman surprenant de Philip K. DIck qui est davantage connu pour ses oeuvres de science-fiction. Car il s'agit d'un roman très terre à terre, dans le quotidien de ces États-Uniens. On y travaille dur et on rêve de fortunes, mais on vit une existence déprimante, à la merci de la chance qui pourrait se pointer un jour.

Et alors, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce que comme Humpty Dumpty on s'assoit sur un mur en attendant la chute?
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Un roman sur une histoire en apparence simple : Al louait un terrain pour vendre ses voitures d'occas à Jim, mais celui-ci part en retraite et il va donc se retrouver sans terrain. Dans le même temps, un client dont se méfie Al propose à Jim d'investir dans un garage . En apparence une histoire assez simple...mais au final à la fin on ne sait plus trop qui a un comportement normal, qui a raison ou non ! La logique ne prévaut pas, c'est clair dans ce roman assez cynique au final , où l'on ne sait plus si l'on doit rire ou froncer les sourcils. Des personnages atypiques, ça c'est sûr, dont je n'ai pas toujours compris les motivations. N'empêche lu très vite, un petit ovni il semble dans toute la production de l'auteur.
Challenge Vance et K.Dick
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Même avec un contexte des plus banales, K. Dick parvient à perdre son lecteur dans une histoire de plus en plus déroutante. le speech de départ semblait pourtant clair : un type veut continuer à vivre, l'autre essaye de survivre. du point de vue de Jim Fergusson, tout se passe bien. Sa retraite est assurée, et un riche producteur lui offre même l'opportunité de gérer le garage d'une zone commerciale en construction. Il hésite. Sa passion pour la mécanique le laisse très tenté malgré les mises en garde de son médecin. Après tout, il aura une équipe, ce ne sera plus à lui de mettre les mains dans le cambouis.
Pour al Miller, les choses ne sont pas aussi simples. En fait, les choses ne sont jamais simples pour ce tout juste trentenaire qui vit avec sa femme « comme un noir », et même un moins que noir, puisque les propriétaires de son misérable appartement ne sont pas blancs. Dans une Amérique encore très marquée par la ségrégation raciale, al ne vaut vraiment rien. En découvrant l'existence du riche producteur et en entendant quelques rumeurs à son sujet, le jeune homme est convaincu d'être en présence d'un grand manipulateur. Il se met en tête de déjouer ses plans et prouver ses mauvaises intentions même si, dans le fond, il n'a aucune idée de leur nature. Pourtant, le commercial semble des plus accorts. Serait-ce un piège ?

Humpty Dumpty à Oakland rendrait n'importe qui paranoïaque. L'auteur nous perd, nous ne savons plus très bien qui croire. Faut-il faire confiance à Jim que la maladie rend peut-être un peu sénile, ou à Al, qui a tout du parfait looser ? Comme lui, nous nous surprenons à nous méfier de tout, à entrer dans les calculs très méfiants d'un petit prolétaire qui se sent pris au piège d'une logique capitaliste et cherche désespérément à sauver son libre arbitre. Derrière tout cela, une machinerie infernale le dépasse. N'est-il pas suspect de voir le riche, le puissant, essayer d'aider un pauvre type comme lui ? Les questions tournent sans cesse, les thèses se confirment à un chapitre, sont écartées au suivant. Une seule chose est certaine, cette histoire tournera mal.
Il serait difficile d'en dire plus sans spoiler. al est un cas désespéré à la logique défaillante mais parfois surprenante de lucidité. Son combat, qu'il soit fondé ou non, semble perdu d'avance. On ne lutte pas contre sa propre société quand on n'a aucun moyen d'exister. Quant aux conclusions à tirer de ce roman, je ne saurais me prononcer. Je ne suis pas certaine que l'auteur ait cherché à faire passer un message concret tant al inspire peu d'empathie. Ce serait plutôt une expérience de lecture, l'histoire hallucinée d'un pauvre type qui ne fait que se couler, en détruisant des choses au passage. Un Humpty Dumpty à Oakland, tout simplement…

Hors des sentiers de la science-fiction, Philippe K. Dick est un excellent auteur, maître de l'absurde et de l'humour grinçant. Ce n'est ni drôle ni tragique, c'est quelque chose entre les deux, si cela peut exister. Tout ça pour une histoire de garage à vendre ! On referme le livre avec la sensation d'avoir fait un voyage des plus curieux, même si la fin est peut-être un peu en-dessous de ce qui pouvait être espéré. Si vous voulez découvrir l'auteur dans un autre registre, ou même le découvrir tout court pour les frileux de SF, n'hésitez pas sur ce titre. A défaut d'en tirer une leçon de philosophie, vous aurez le cerveau retourné bien comme il faut.
Lien : http://unityeiden.fr.nf/hump..
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Jim Fergesson est garagiste à Oakland, et s'apprête à quitter son affaire à cause de problèmes de santé et de son âge. Allen Miller occupe une partie du terrain de Jim, en location. Allen achète de vieilles voiture qu'il retape/maquille, puis revend. Pour Al, la retraite de Jim est synonyme d'expulsion prochaine.
Un homme d'affaire s'intéresse aux affaires de Jim, mais al y flaire une entourloupe. Bien qu'Al en veuille à Jim de l'abandonner ainsi, il n'entend pas laisser le vieil homme se faire arnaquer des fruits d'une vie de labeur.

L'étrangeté de l'ambiance et du propos m'a parfois fait songer à 1Q84, mais ici sans une once de fantastique (contrairement au livre de Haruki MURAKAMI), ni de SF (genre pour lequel P. K. DICK est connu, notamment avec « Ubik »).
Le style est impeccable et les descriptions sont précises, mais il y a des longueurs qui n'apportent rien à l'intrigue (par exemple la description de quelques déplacements de Jim).

Ce roman montre que P.K. Dick a écrit autre chose que de la SF, sans y faire preuve d'un talent exceptionnel.
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Pas de fantastique ou à dose homéopathique, pas de science-fiction même pas à dose homéopathique, un récit, une histoire assez simple, sans pour avoir queue et tête pour autant, une histoire compliquée sans pourtant savoir où elle va. de l'humour délicieusement grinçant, sans chercher l'effet. Ca sent le huis-clos dont on ne cesse de (ne pas) vouloir s'échapper, comme l'un des personnages principaux, ou comme tous les personnages ? Enfin, toujours est-il que j'ai lu ce livre avec plaisir, mais qu'au final je pense que je l'oublierai bien vite, j'attends encore le K. Dick qui me bouleversera, comme beaucoup ont pu le vivre.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
- Tu n'es qu'un Humpty Dumpty, dit Tootie. Tu restes là, sans rien faire, pendant que tout te tombe dessus. Comme Humpty Dumpty, tu te perches sur un mur et tu regardes. Alors, comme ça, maintenant tu n'as même plus de femme. Une gentille femme comme ça.
- Pourquoi ne partez-vous pas à sa recherche ? demanda Mary Ellen.
- J'ai hurlé contre Mary Ellen parce qu'elle te disait de partir, dit Tootie. Maintenant je pense qu'elle avait raison. Tu devrais t'en aller et arranger tes affaires. Alors, tu pourras revenir nous voir. Et t'asseoir à notre table. D'accord ?
Al remit sa veste et quitta leur appartement. Ils le regardaient tous les deux, lorsqu'il tira la porte derrière lui.
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- C'est l'honneur qui est indispensable, dit Al Miller. Comme la solvabilité dans le monde des finances. Un chèque passe dans quantité de mains avant de se transformer en espèces sonnantes et trébuchantes. Mon point de vue est que l'honneur doit être pris en compte exactement comme on le fait pour un chèque. Autrement, tout le système s'effondre.
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… la vérité est énormément surestimée. La vérité aujourd’hui, c’est que tout le monde pue. La vie est une course de dingues. Tout ce qui vit va mourir. La vérité, c’est que rien ne vaut la peine d’être fait. Tout finit mal de toute façon.

(Terrain vague, p. 145)
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- Tu dois évidemment te rendre compte que seul un type trempant dans un truc pas clair peut envisager de te payer presque huit cents dollars par mois. S’ils étaient honnêtes, ils ne te paieraient rien du tout. Parce que tu sais très bien au fond de toi-même, et je dis cela parce que je suis un de tes amis et que je te connais très bien, tu sais très bien que tu ne vaux rien.
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Elle l'attira contre elle, le pressant sur sa poitrine et lui tapotant l'épaule. Puis elle embraya et démarra, tenant le volant de la main gauche.
- C'est une bonne chose que cette voiture ait une boite automatique, dit-elle. Sinon je risquerais d'ici peu de rentrer dans quelqu'un en changeant de vitesse.
Bientôt ils traversaient des rues qu'il ne connaissait pas.
- Je n'ai encore jamais fait de mal à personne, dit Mes Lane.
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Depuis Jules Verne, de Philip K. Dick au groupe Limite, la science-fiction n'a cessé d'évoluer jusque dans ses propres définitions. Ainsi, ses différentes déclinaisons se démarquent d'abord entre elles pour mieux se mêler ensuite. Quand le genre mille fois déclaré mort sort du cadre et rebat les cartes pour mieux se réinventer…
Avec : Serge Lehman, Olivier Paquet, Hervé de la Haye, Guilhem Modération : Caroline de Benedetti
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