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Françoise Brun (Traducteur)
ISBN : 207078150X
Éditeur : Gallimard (06/09/2007)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 99 notes)
Résumé :


Ultimo Parri est un jeune homme qui vieillit en s'efforçant de remettre de l'ordre dans le monde.

Il a cinq ans lorsqu'il voit sa première automobile, l'année de la course mythique Versailles-Madrid de 1903, dix-neuf le jour de la grande défaite de Caporetto en 1917, vingt-cinq lorsqu'il rencontre la femme de sa vie, et beaucoup plus le soir où il meurt, loin de sa campagne piémontaise natale.

Cette histoire-là est son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
  13 novembre 2016
Cette histoire là, c'est une bien belle histoire.
Une histoire d'automobiles
Une histoire de guerre
Une histoire de passion
C'est l'histoire d'Ultimo Parri, un doux rêveur qui rêve de circuit automobile. C'est aussi l'histoire d'Elizaveta, une russe étrange et révoltée.
L'ouverture est bizarre, avec des blancs dans le texte, un rythme particulier qui épouse celui de la course automobile Versailles-Madrid.
Qui est je ? Qui est tu ? Qui est il ? On ne le sait pas trop dans cette course démentielle.
Puis vient l'enfance d'Ultimo, plus limpide. Puis la guerre, où la encore les personnages sont confus, mais l'ambiance si bien décrite. Souffrances et absurdité de la guerre !
A chaque nouvelle partie, on ne sait vraiment pas à quoi s'attendre. Qui va parler ? Quand cela se passera-t-il ?
Mais petit à petit, de bons en bonds, toute l'histoire et la vie d'Alessandro se reconstituent.
Un grand travail d'écrivain dans un style irréprochable. Et même si au départ, le sujet ne m'attirait pas vraiment, c'est un beau et grand livre qui m'a emportée.
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noos
  02 septembre 2015
Je viens de tourner la dernière page de "Cette histoire là" et je me dis j'adore définitivement Barrico que j'ai découvert avec le petit bijou Soie.
J'ai retrouvé la plume si poétique, si délicate de Barrico qui m'a séduite dans soie.
En lisant le résumé , je m'attendais à une histoire autour des courses automobiles, mais en avançant dans la lecture, on se rends compte que c'est une histoire d'amour , de passion, de rêves...L'histoire d'une vie.
Un petit passage que j'ai beaucoup aimé et qui donne une idée sur l'esprit du livre " Vous savez, les gens vivent pendant tellement d'années, mais en réalité ils ne sont vivants que quand ils arrivent à faire ce pourquoi ils sont nés. Avant et après, ils ne font qu'attendre et se souvenir. Mais ils ne sont pas tristes quand ils attendent ou qu'ils se souviennent. ils ont l'air tristes. Mais ils sont seulement un peu loin."
Commenter  J’apprécie          121
brigittelascombe
  31 octobre 2011
"Ce n'est pas un circuit c'est une vie".
C'est cette quête, cette obsession, cette passion, l' abstraction de l'esprit qui consiste à réaliser un circuit parfait car "c'est la route qui dompte les automobiles et non l'inverse", l'axiome inscrit dans le "cerveau-enfant" d'Ultimo Barri qui va conditionner sa vie future que nous offre Alessandro Baricco dans Cette histoire là.
Portrait-puzzle, comme écrit à plusieurs mains, d'Ultimo qui a "l'ombre d'or", la force car il est mort deux, trois fois et a survécu.
Rêve ébloui d'un enfant dont le père, passionné, hypothèque sa ferme pour implanter un garage au milieu d'un nulle part boueux, dont la première voiture qu'il voit négocie une courbe parfaite,qui reçoit en cadeau sa première motocyclette d'un comte et les lunettes de la Fontaine, le plus grand.
Espoirs de fraternité lors de la défaite de Caporetto.
Amour des femmes.De la mère aux "deux coeurs" qui aime son mari "à la française" et son amant le comte d'Ambrosio dont elle aura post-mortem un enfant débile. D'Elizaveta, l'émigrée russe professeur de pianos, qui écrit un journal autodestructeur mi vrai-mi faux qu'il prendra au pied de la lettre.
"Négocier une courbe", changement parfait et controlé de direction, est-ce celà qu'il va réaliser lui même en disparaissant ne laissant à Elizaveta qu'un simple dessin de circuit pour le retrouver?
L'amour est-il toujours un rendez vous manqué pour un passionné à la passion par trop dévorante?
Avec le monde de l'automobile,des courses,des circuits et du XX° siècle en toile de fond et la rencontre avec Fangio qui est entré dans la légende,
Cette histoire là a fait partie de la première sélection du Fémina étranger.
Différent du poétique et dépaysant Soie, du déstabilisant Sans Sang, du philosophique Océan mer et des réflexions philosophiques et de musicologie de Constellations, Alessandro Baricco (qui a obtenu le prix Médicis étranger 1995 pour Les chateaux de la colère) nous livre ici ses talents de conteur en relate l'histoire d'un personnage hors normes un peu à la manière de Novocento le pianiste.
Et toujours cette prose poétique aux images fortes qui donne à l'auteur une pâte inimitable!
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Celkana
  19 décembre 2013
C'est un livre dont j'ai su apprécié la poésie au fur et à mesure de sa lecture. L'histoire d'un homme au travers de différents personnages qui l'ont connu, fréquenté et qui se découvre un but dans sa vie, construire son circuit automobile à 18 courbes. Un rêve fou mais qui va guider sa vie.
A.Baricco est un auteur que je ne connaissait pas du tout et j'avoue que son style d'écriture m'a dérouté au début. Puis, on suit le rythme de la narration et surtout, on se transporte aux côtés d'Ultimo pour voir si son rêve va pouvoir être réalisé...
Un périple qui part d'Italie et qui nous entraîne en Angleterre, dans les tranchées de la première guerre mondiale, en France et en Espagne même si c'est bref... Et nous fait rencontrer des personnages étranges, complexes mais dont on se surprend à apprécier la présence.
Un livre attachant au style particulier.
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VALENTYNE
  17 janvier 2016
Épopée d'un homme ordinaire dans un XXème siècle peu ordinaire.Cette histoire-là est formidablement racontée par Alessandro Baricco.
Ultimo naît en 1898. Son père et sa mère sont fermiers, durs à la tâche dans une région d'Italie plutôt pauvre. Fragile, il manque mourir plusieurs fois avant ses 5 ans. Un jour, son père l'emmène voir une course fabuleuse, une des toutes premières courses automobiles, des bolides leur passent sous le nez dans d'un fracas et à un train inimaginable. Tous deux en sont émerveillés pour leur vie entière. Cela changera la vie du père, qui vend ses 26 vaches pour monter un garage dans un coin perdu où il ne passe aucune voiture : nous sommes en 1903…
Un certain comte D'Ambrosio s'arrêtera avec son automobile de 931 kilos et là aussi la vie sera changée.
Ultimo grandit et bascule dans l'âge adulte à 15 ans.
Dans la deuxième partie, plus opaque, on retrouve le soldat Ultimo Parri sur le front à Caporetto, lors de la première guerre mondiale.
Le narrateur change et nous apporte une autre vision d'Ultimo avec en toile de fonds le carnage humain que furent ces 4 années.
La troisième partie est celle du journal d'une émigrée russe aux USA . Là aussi, Elisaveta nous décrit un autre Ultimo, 25 ans cette fois, silencieux et secret.
Et cela continue ainsi avec une partie où le narrateur est le frère d'Ultimo en 1947… Puis Elisaveta revient et rencontre le père d'Ultimo…..dans les années 50….
Au final, Alessandro Baricco nous emmène dans une longue balade avec de nombreux mensonges, rebondissements, fausses pistes, virages finement négociés, freinages brusques, sorties de route et belles voitures…..
J'ai beaucoup aimé la complexité du personnage d'Elisaveta, tour à tour amoureuse, méchante, cruelle, tenace, attachante, fragile et ….
Du grand art avec une fin à laquelle je ne m'attendais pas …
Tout au long du livre, une écriture fluide en lignes, courbes, virages et dos d'âne qui donnent envie de crier comme son héros : ULTIMO PARRI…
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   07 mai 2016
Le livre sur lequel Libero Parri et son fils Ultimo apprirent comment étaient faites les automobiles était en français (Mécanique de l’automobile*, Editions Chevalier). Ce qui explique que, pendant les premières années, quand vraiment ils ne s’en sortaient pas, couchés sous une Clément Bayard 4 cylindres ou penchés sur l’intérieur d’une Fiat 24 chevaux, Libero Parri ait eu coutume de sortir de l’impasse en disant à son fils :
– Appelle ta mère.
Florence arrivait les bras chargés de linge, ou la poêle à la main. Ce livre, elle l’avait traduit mot après mot, et elle se le rappelait par cœur. Elle se faisait raconter le problème, sans accorder le moindre regard à l’automobile, remontait mentalement à la bonne page et délivrait son diagnostic. Puis elle faisait demi-tour et rapportait le linge à la maison. Ou la poêle.
– Merci * – marmonnait Libero Parri, hésitant entre l’admiration et la crise de rogne pure et simple. Quelques temps après, de l’ancienne étable devenue garage, montait le vrombissement du moteur ressuscité. Et voilà *.
Du reste, la chose arrivait très rarement, puisque, pendant toutes les premières années, le garage Libero Parri dut s’adapter, pour survivre, aux réparations en tout genre, sans faire dans le détail. Des automobiles, il en arrivait peu, et ça allait donc des lames de charrues aux poêles en fonte, en passant par les horloges. Quand, à la demande générale, Libéro Parri dut ouvrir un service de ferrage pour les chevaux du coin, un autre y aurait vu une défaite humiliante : pas lui, qui avait lu quelque part que les premiers à se faire de l’argent en fabriquant des armes à feu avaient été ceux-là mêmes qui, la veille encore vivaient de l’affilage des épées. Le fait est – comme n’avait pas manqué de le relever Florence, en son temps – que les automobiles n’existaient pas encore, ou du moins, si elles existaient, n’existaient pas par ici. Si bien que l’arrivée à l’horizon du nuage de poussière salvateur accompagné de son concerto mécanique était une rareté saluée avec ironie par toute la circonscription. Ça arrivait si rarement que quand ça arrivait, Libero Parri montait sur sa bicyclette et allait chercher son fils à l’école. Il entrait dans la salle de classe, le chapeau à la main, et disait seulement :
– Une urgence.
La maîtresse savait. Ultimo jaillissait tel un projectile, et une demi-heure plus tard tout deux se lubrifiaient les idées sous des capots qui pesaient aussi lourd que des veaux. (p 38)
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JeannepeJeannepe   22 octobre 2013
Mais moi, ajouta-t-il, j’ai un plan. Quel plan ? lui demandai-je, en souriant. C’est un bon plan, dit-il. Il tira un peu sa chaise vers moi. Ses yeux s’étaient illuminés. Moi, je construirai une route, dit-il. Où, je n’en sais rien, mais je la construirai. Une route comme jamais personne n’en a imaginé. Une route qui finit là où elle commence. Je la construirai au milieu de nulle part, pas une baraque, pas une palissade, rien. Ce ne sera pas une route pour les gens, ce sera une piste, faite pour courir. Elle ne mènera nulle part, parce qu’elle mènera à elle-même, et elle sera hors du monde, loin de toute imperfection. Elle sera toutes les routes de la terre en une seule, et elle sera là où rêvent d’arriver tous ceux qui un jour sont partis. Je la dessinerai moi-même et, vous savez quoi ? je la ferai suffisamment longue pour pouvoir y mettre toute ma vie bout à bout, courbe après courbe, tout ce que mes yeux ont vu et qu’ils n’ont pas oublié. Rien ne sera perdu, ni la courbe d’un coucher de soleil, ni le pli d’un sourire. Rien de tout cela n’aura été vécu en vain, parce que cela deviendra un pays spécial, un dessin pour toujours, une piste parfaite. Je veux vous le dire : quand j’aurai fini de la construire, je monterai dans une automobile, je démarrerai, et tout seul je commencerai à tourner, de plus en plus vite. Je continuerai sans m’arrêter jusqu’à ne plus sentir mes bras et j’aurai la certitude d’avoir parcouru un anneau parfait. Alors je m’arrêterai à l’endroit exact d’où je suis parti. Je descendrai de l’automobile et, sans me retourner, je partirai.
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VALENTYNEVALENTYNE   17 janvier 2016
Le comte D’Ambrosio enclencha la vitesse, en se demandant ce qui, chez ce petit garçon, n’était pas normal. Il se le rappelait la veille, sous cette pluie, penché sur la bicyclette, sous l’enseigne G A R A G E : si absurde que cela puisse paraître, il y avait surtout lui, dans ce petit paysage : tout le reste était un pas derrière. Tout à coup l’idée lui vint qu’il avait déjà vu quelque chose de semblable, et c’était justement dans les tableaux qui racontent la vie des saints. Ou du Christ. Il y avait toujours des tas de gens, et certains pouvaient même faire des choses bizarres, c’était le saint qu’on voyait tout de suite, pas besoin de le chercher, ce que les yeux captaient en premier c’était le saint. Ou le Christ. Si ça se trouve je suis en train de trimbaler l’Enfant Jésus dans la campagne, se dit-il en riant tout bas : et il se tourna vers lui. Ultimo regardait droit devant, les yeux tranquilles, sans se soucier de l’air et de la poussière : sérieux. Il ne tourna même pas la tête, quand il dit à haute voix :
– Plus vite, s’il vous plaît.
Le comte D’Ambrosio recommença à s’occuper de la route et vit le dos-d’âne juste devant lui, absurde et évident, dans la paresse de la campagne. En d’autres circonstances, il aurait relâché l’accélérateur pour accompagner la bosse du terrain avec la force légère d’une inertie contrôlée. Ce fut avec un certain étonnement qu’il se surprit tel un gamin à mettre les gaz. Sur le talus, les 931 kilos du monstre de fer se détachèrent du sol avec une élégance qu’il avait gardé par-devers soi, secrètement, depuis longtemps. Le comte D’Ambrosio entendit le moteur rugir dans le vide, et devina le battement d’ailes des roues qui s’enroulaient dans l’air. Les mains serrées sur le volant, il lança un cri de surprise pendant que le petit garçon à côté de lui, avec une froideur et une joie tout autres, hurlait, curieusement, son propre nom, à gorge déployée.
Nom et prénom, pour être exact.
La voiture, ce fut Libero Parri qui dut venir la récupérer, avec la carriole et les chevaux. Ils la tirèrent jusqu’à l’atelier et il leur fallut ensuite travailler dessus une semaine. Pour voler, elle avait volé et bien. C’est après qu’elle s’était un peu désunie.
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VALENTYNEVALENTYNE   17 janvier 2016
Et je vois le vert émeraude de l’herbe, la courbe douce d’une colline à peine esquissée, une vague rangée d’arbres fruitiers, le lit sec d’un petit cours d’eau, un tas de bois à couper, la clarté sombre d’un sentier, les dépressions inégales du terrain, un maquis de fleurs, le profil acéré d’un roncier, une palissade au loin, la terre remuée d’un champ abandonné, une pyramide branlante de bidons d’essence, des buissons qui ont poussé suivant un ordre mystérieux, une carcasse d’avion au soleil, quelques roseaux au bord du marais, le ventre d’un réservoir ouvert, l’ombre des arbres sur le sol, la souple descente en piqué des petits oiseaux sur l’herbe, la toile d’araignée des branches au milieu des feuilles, le reflet tremblant des flaques d’eau, beaucoup de nids légers, un calot militaire dans l’herbe, le jaune d’épis solitaires, une empreinte de pas toute sèche dans la boue du sentier, le pendule des tiges trop longues dans le vent, le vol de l’insecte incertain, la racine soulevée au pied du chêne, les tanières cachées de bestioles frénétiques, le bord dentelé de feuilles sombres, la mousse sur les pierres, le papillon sur un pétale bleu, les petites pattes recroquevillées du bourdon en vol, les pierres bleuâtres dans le lit à sec du ruisseau, la maladie qui brûle les fougères, le reflet vert sur le dos du poisson dans l’étang, la larme de sève sur l’écorce l’arbre, la rouille d’une faucille oubliée, la toile d’araignée et l’araignée, la bave de l’escargot et la fumée de la terre. Puis je vois les automobiles, flamboyantes. (p275)
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noosnoos   02 septembre 2015
Vous savez, les gens vivent pendant tellement d'années, mais en réalité ils ne sont vivants que quand ils arrivent à faire ce pourquoi ils sont nés. Avant et après, ils ne font qu'attendre et se souvenir. Mais ils ne sont pas tristes quand ils attendent ou qu'ils se souviennent. ils ont l'air tristes. Mais ils sont seulement un peu loin.
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