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EAN : 9781091590007
104 pages
Éditeur : La Valette Editeur (20/08/2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 8 notes)
Résumé :
« ...poussant ma petite croisée, les coudes sur le toit, j’admirais les grands bois noyés dans l’azur du vallon... je comprenais que j’avais des ennemis et qu’ils venaient de me porter un mauvais coup... »

En 1816, Jean-Baptiste Renaud devient, sous-maître, puis instituteur, dans un village des Vosges Mosellanes. Il y invente un enseignement pertinent qui s’affranchit de la pensée unique imposée par la Restauration.

Jean-Baptiste devi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  15 juin 2013
Un grand merci à Babelio et aux éditions La Valette pour avoir eu le plaisir de lire ce sympathique roman. Je connaissais les auteurs de nom (oui, ils sont deux : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian, et je ne l'ai découvert que très récemment à ma grande honte) mais je n'avais jamais franchi le pas. Voilà qui est fait.

Bien entendu, le thème ne pouvait que m'être agréable puisqu'il traite de l'enseignement au XIXe siècle. Et même s'il ne s'agit pas d'un document mais bel et bien d'un roman, il n'empêche que toute la vision de la société est mise en relief dans ce livre. Alors, la première question est : qu'est-ce qu'un sous-maître ? Il s'agissait d'une jeune personne surveillant les élèves ou, à l'occasion, remplaçant l'enseignant en fonction. Mais attention, il ne s'agissait pas d'un pur et simple surveillant. le sous-maître était inspecté et devait obtenir sa validation. Inutile de préciser qu'il devait donc être un brin savant. Ainsi, Jean-Baptiste Renaud accède à cette charge au début du XIXe siècle. Son brevet de deuxième classe en poche, il aspire à une carrière. Il veut devenir instituteur lui aussi. Cependant, des événements importants vont faire prendre une autre tournure à son avenir. Il apprend à ses dépens l'hypocrisie des hommes.

Le roman se lit très vite, la lecture en est agréable. On apprend énormément de choses sur cette société : les enseignants étaient liés à l'Eglise et se retrouvaient souvent pieds et poings liés. Ils étaient payés par les familles et devaient donc avoir une classe conséquente s'il voulait avoir de quoi vivre. Cependant, il était hors de question de prendre "n'importe qui" : il fallait pouvoir enseigner le catéchisme et convertir ceux qui n'étaient pas catholiques.

Je vais désormais lire les autres oeuvres de ces deux auteurs car leurs romans, qualifiés de populaires, permettent de s'enrichir tout en ayant le plaisir de la lecture.

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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dourvach
  23 octobre 2019
Est-ce là LE chef d'oeuvre "erckmann-chatrianien" ? Pour nous, sans nul doute après lecture éblouie...
Ou : comment un sous-maître doit d'abord apprendre à savoir se soumettre...
La Restauration de 1815 en toutes ses horreurs (psychologiques et sociales). Pour survivre, devoir se plier. Ce qui n'exclue pas le sentiment dissimulé de révolte (plus que légitime mais guère "légitimiste"...).
Bref, après le triste règne de l'Usurpateur (son empire de pacotille puis la cohorte tardive des napoléonâtres nostalgiques), voici celui des revanchards de tous poils cernés de leurs tristes nuées de corbeaux (fort instruits, pour ce qui est du "bon" Curé Bernard, ce "saint homme"...), grands prescripteurs de nouvelles consignes pédagogiques...
En 1816, "sur le terrain" du Terroir vosgien fort accidenté et glacial, curés et nobliaux préfèrent - ici comme ailleurs - maintenir le peuple dans l'ignorance.
Voici donc l'histoire (vécue comme en immersion au plus près du personnage) de Jean-Baptiste Renaud, pauvre d'entre les pauvres, acharné à monter les barreaux - vermoulus ou pourris - de l'échelle sociale dans ce monde grisâtre de la Restauration de l'ancien Ordre (divin). On sait depuis "Le Rouge et le Noir" [1830] de l'ami STENDHAL combien ces barreaux sont intrinsèquement glissants et vous amènent à la chute - tout du moins (comme ici) à "l'accident" qui se répète... L'arriviste Julien Sorel amené incidemment (par simple sens de la survie en milieu hostile ou indifférent) à l'imprudence, à une tentative de féminicide et, au final, à l'échafaud. L'ordre règne : pauvre Julien Sorel, pauvre Jean Baptiste Renaud, qui tous les deux, se "trouvent" et ne regretteront diablement rien... Les pauvres ont cette espèce de fierté, n'est-ce pas...
Comme ses créateurs, Jean-Baptiste est, semble-t-il, un "bon chrétien" mais aussi un Républicain qui se cherche et se trouve (au chapitre X final) : il n'a que dix-huit ans et redevient dans les paragraphes conclusifs le vieil herboriste plein de clairvoyance qui nous conte "son histoire" édifiante...
"Histoire d'un sous-maître" est donc un court, dense et exceptionnel roman produit en 1871 par le "couple" (ils se sépareront tardivement sur motif financier) que formèrent si longuement Messieurs Emile ERCKMANN et Alexandre CHATRIAN, visiblement ici au sommet de leur art, tant la langue y est agile, inventive et merveilleuse : romanciers trop souvent sous-estimés (classés comme "régionalistes") dont la simple science a été de forger des "contes populaires" exigeants à la durabilité sans pareille, et qui parlent au coeur de chacun...
On se souvient encore de leur "Histoire d'un conscrit de 1814" puis leur "Waterloo" (ces deux envers de la triste médaille bonapartiste) ou de leur toujours charmant et tendre opus "L'Ami Fritz", mais leur oeuvre est immense (réédité en une quinzaine de volumes à couvertures jaunes par le courageux et si exigeant "Jean-Jacques Pauvert Editeur").
Ce roman se hisse - par son évidente perfection romanesque - à la hauteur du "tout premier" (jeune) C.F. RAMUZ : nous songeons là immédiatement à "Aimé Pache, peintre vaudois" [1911] comme à "Vie de Samuel Belet" [1913] ou même à "La guerre dans le Haut-Pays" [1915] pour leur pureté et leur dimension existentialiste, qui vinrent immédiatement après ces quatre premiers pas chatoyants que furent "Aline" [1905], "Les Circonstances de la Vie" [1907], "Jean-Luc persécuté" [1908] et "Le Village dans la montagne" [1908]...
La vie des pauvres et des humiliés est une Gnose ignorée.
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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Adl
  19 juin 2013
Avide de découvertes, ce livre à été choisi lors de la dernière Masse Critique à cause de son titre: il existait des maîtres, des maîtresses, mais des sous maîtres, je ne savais pas. Je n'avais pas lu de romans du 19 eme depuis un moment, qui plus est écrit à quatre mains.
La lecture est rapide et fluide, le style léger et agréable. L'idée d'incorporer au texte des illustrations est agréable, ça enjolive un peu le sombre paysage du lieu de l'histoire.
Quant au contenu je dois dire que j'ai été un peu déçue, je suis restée sur ma faim, j'attendais davantage de péripéties, d'anecdotes. Néanmoins la rapidité de lecture et justement cette impression de manque de contenu correspond tout à fait au temps de carrière du narrateur, courte!
Le message transmis est par contre très clair et de mon point de vue très actuel: pousser une personne réellement compétente à renoncer à l'enseignement, sous prétexte qu'elle n'utilise pas les bonnes méthodes ou n'enseigne pas les matières décidées en haut lieu... Finalement ça n'a pas beaucoup changé , triste constat suite à une lecture plutôt agréable.
Merci aux éditions La Valette et à Babelio pour cette découverte.
Si L'Histoire d'un sous maître vous intéresse, il fait partie de ma liste à changer.
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loganloup8
  15 juin 2013
Il s'agit ici de l'histoire d'un jeune garçon qui se fait sous-maître pour éviter l'armée, et qui va découvrir les esprits retords d'un siècle ou la puissance est tout. Il va apprendre à ses dépends que les plus instruits utilisent les plus faibles, les manipulent afin d'assurer leurs places...
Ce livre est une apologie à l'éducation. Il décortique les façons de penser d'un siècle passé, mais qui reste tellement d'actualité, qu'après avoir lu ce récit, on en a froid dans le dos...l'éducation reste donc primordiale, c'est peut-être pour cela que les gouvernements successif font tout pour qu'elle devienne si médiocre, que nos enfants ne voient que du feu dans toutes les magouilles qui se trament sous nos yeux.
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Emma57
  01 juin 2013
J'ai beaucoup aimé ce livre sincère et qui pose des questions intelligentes sur l'instruction, la laïcté et la pédagogie.
Il est bien écrit (ça fait du bien) On se plonge avec délice dans les paysages vosgiens qui changent au gré des hivers rigoureux et des soleils d'été. On s'évade et on réfléchit que demander de plus.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   15 juin 2013
Le solfège et le plain-chant pouvaient seuls réussir aux Roches ; à ces gens superstitieux il fallait les cérémonies de l'église, le chantre au lutrin était pour eux une sorte de personnage, qui venait après le bedeau et M. le curé ; qu'on se figure donc leur contentement. Il ne me restait que six semaines pour enseigner le catéchisme aux grands ; eh bien ! cela suffit. A chaque nouvel examen que nous allions passer tous les jeudis au Chêne-Fendu, M. le curé Bernard s'émerveillait de leurs progrès. Sœur Éléonore n'avait rien obtenu de pareil, il me disait en riant que c'était Dieu qui avait suscité les mauvaises langues contre moi, pour m'envoyer aux Roches, afin de civiliser ce pays ! Et le dernier dimanche avant Pâques il annonça que, ceux du hameau des Roches sachant le mieux leur catéchisme, ce serait Jacques Hutin, le fils du garde, qui réciterait l'acte de foi publiquement à la première communion. Dire la considération dont je fus entouré depuis ce moment par les habitants du hameau serait chose impossible ; c'est à moi qu'ils attribuaient cet honneur unique, extraordinaire. Tout le monde me tirait le chapeau, et les femmes me recevaient toutes avec un sourire agréable, lorsque j'allais dans leur baraque prendre mes repas.
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LydiaBLydiaB   14 juin 2013
Alors je renonçais pour toujours à la méthode de M. Guillaume. Ce n'est pas en battant les enfants, en les humiliant, qu'on peut en faire quelque chose ; c'est en les relevant à leurs propres yeux, en leur donnant le moyen de se relever, en les traitant comme des hommes et non comme des animaux.
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dourvachdourvach   29 septembre 2019
Les ordonnances, les arrêtés, les circulaires sur l'instruction du peuple n'ont jamais manqué depuis cinquante ans, mais l'argent. On a toujours trouvé l'argent pour les rois, pour les empereurs, les princes, les évêques, les ministres, les généraux et les soldats ; mais pour éclairer le peuple et récompenser les instituteurs, les caisses ont toujours été vides.

[ERCKMANN-CHATRIAN, "Histoire d'un sous-maître", 1871 , chapitre I - page 227 de l'édition de Jean-Jacques Pauvert "Maître Gaspard Fix et autres contes" (Tome X, Contes et Romans nationaux populaires, 1963)]
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PaulBLAIZEPaulBLAIZE   09 mars 2019
Toute ma vie j’aurai devant les yeux cette grande salle d’école remplie d’enfants, avec ses trois lignes de bancs au milieu pour les petits que le père Guillaume appelait bancs des chats, et ses tables en carré autour des murs, où se trouvaient assis des deux côtés les grands, tout crasseux, déguenillés, les vestes et les pantalons percés aux coudes et aux genoux, quelques-uns en sabots, d’autres pieds nus comme de vrais sauvages, pas un, j’en suis sûr, n’avait été lavé depuis des semaines et des mois. Tout cela ne sentait pas bon.
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AdlAdl   12 juin 2013
Oui c'est de l'habitude que vient presque tout, car bien peu d'hommes ont le courage et la persévérance nécessaires pour changer leurs mauvaises habitudes, lorsqu'ils s'en aperçoivent.
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Video de Erckmann-Chatrian (1) Voir plusAjouter une vidéo

Erckmann et Chatrian : Gens d'Alsace et de Lorraine
Olivier BARROT signale la publication aux Presses de la Cité (collection Omnibus) de "Gens d'Alsace et de Lorraine" d'ERCKMANN-CHATRIAN. Ce gros ouvrage rassemble six des Romans et Contes des deux célèbres Alsaciens.
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