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Marie-Claire Bancquart (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070381869
320 pages
Éditeur : Gallimard (04/10/1989)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Jacques Ménétrier, dit dans sa jeunesse Jacques Tournebroche à cause de la profession à laquelle l'a voué son rôtisseur de père, tient la librairie A l'image sainte Catherine quand il entreprend de raconter ses aventures de jeunesse.

C'est un roman picaresque plein de bouleversements, tragiques ou burlesques, au terme desquels un jeune homme, naguère ingénu, se trouve avoir fait son éducation morale.

Mais La Rôtisserie de la reine Péda... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
gill
  10 mars 2020
Elme-Laurent-Jacques Ménétrier, finalement devenu libraire rue St Jacques, a ici pour dessein de rapporter les rencontres singulières de sa vie.
Il en fit de belles et d'étranges ...
Ce récit d'Anatole France résonne comme une parabole.
Il semble léger et fait pour sourire, embarrassé comme un vieux grimoire d'alchimiste de vieilles références mystérieuses.
Jacques Tourne-broche était promis à succéder à son père rotisseur à l'enseigne de "la reine Pédauque".
A-t-elle d'ailleurs jamais existé cette reine wisigoth aux pieds d'oison ?
Cette controverse, un temps, fit rage dans le coeur du peuple.
Et de controverse, il sera ici question, puisque c'est le coeur du livre d'Anatole France.
Jacques Tournebroche aimait les livres.
Il eût pour maître Jérôme Coignard avec lequel il travailla à des traductions pour Mr d'Astarac, un étrange philosophe à la recherche d'une science perdue ...
Les personnages d'Anatole France sont truculents et originaux, teintés aux pigments anciens.
"La rotisserie de la reine Pédauque" est, vu d'ensemble, un magnifique tableau du XVIIIème siècle.
Mais regardé de plus près, au détail scruté, le décor contourné se révèle comme un passage secret vers la pensée profonde d'Anatole France.
Car, ce récit est entremêlé de philosophie et de théologie.
Il est tissé d'une littérature d'ironie sereine, mais lucide et déterminée.
Il est parfois sagement leste, mais jamais grivois.
Ce livre est celui d'un homme de qualité qui aimait la vie et les gens.
Les idées, pourtant exprimées dans un style classique faussement désuet, y sont modernes.
Elles sont exprimées sans détours, ni circonvolutions.
L'Eglise, les gens de bien, les détenteurs de toute vérité y sont écornés sans faiblesse.
En quelques mots, le compte est réglé.
Mais jamais définitivement.
Il faut savoir ignorer, et ne pas porter rancune aux gens de bien car à leur table se tiennent deux serviteurs vêtus de noir : la contrainte et l'ennui ...
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feanora
  13 novembre 2015
Une oeuvre truculente et un style classique mais d'une richesse de vocabulaire et des tournures de phrases rendent ce livre éminemment vivant.
Un jeune garçon, destiné à reprendre la rôtisserie de son père a appris à lire avec un capucin, moine mendiant et pouilleux.
Un soir, un abbé vient dîner à la rôtisserie familiale et découvre que Jacques surnommé tournebroche a de vraies capacités. L'abbé Coignard, propose à ses parents de l'enseigner en grec et en latin, moyennant le couvert, ce qui n'est pas une petite choses au vu de l'appétit colossal de l'abbé et de sa capacité à absorber de gandes quantités d'alcool.
J'avais l'impression de me trouver face à Gargantua, mais ce qui différait était le fait que l'abbé était d'une grande piété, même si ses mains s'égaraient dans la gorge des soubrettes car il faut savoir jouir de l'existence.
Outre l'abbé Coignard, que Jacques appellera mon bon maître, nous rencontrons un vieil alchimiste fou qui les engagera tous deux â venir dans son étrange château pour faire des traductions
Là, il veut lui enseigner le merveilleux commerce que l'on peut avoir, en amour avec les salamandres.
Les aventures se succèdent au fil des pages et tiennent les lecteurs en haleine.
Dommage, que cet auteur soit tombé dans l'oubli car il y a matière à réjouir le coeur des lecteurs
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Corboland78
  26 mars 2012
Anatole France (1844-1924) de son vrai nom Anatole François Thibault, doit son pseudonyme au métier de son père, libraire, qui tenait une boutique appelée « Librairie de France », à ses débuts d'écrivain il signera France-Thibault avant d'opter définitivement pour Anatole France. Dès l'enfance il vivra au milieu des livres.
C'est en 1893 que paraît La rôtisserie de la reine Pédauque, l'un de ses romans les plus aboutis qui lui vaudra d'être considéré comme un nouveau Voltaire. le roman se déroule au XVIII siècle et est écrit dans le style de l'époque. Un jeune garçon employé dans la rôtisserie de son père est pris sous la protection de l'abbé Coignard - « mon bon maître » - qui se chargera de l'instruire en latin et en grec car il devine sous l'apprenti un potentiel intellectuel. Roman initiatique, le jeune homme va croiser des personnages truculents, des prêtres qui ne crachent pas sur la bouteille ou un frais minois, des jeunes femmes particulièrement rouées, un vieux fou alchimiste à ses heures qui le mettra en garde contre les Salamandres « ce sont des créatures infiniment aimables et belles. Il nous est possible et convenable de former avec elles des unions dont les délices ne se peuvent concevoir. » le jeune croisera l'amour et la jalousie avant qu'au bout de toutes ces aventures il ne retourne auprès de ses parents et ne s‘établisse comme libraire.
J'ai lu ce roman avec délice et jubilation, tant le rythme est enlevé, le ton d'époque très réussi et les piques assassines sur le clergé sous couvert de réflexions anodines particulièrement drôles. Un excellent livre à lire et relire, un classique.
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Notos
  26 octobre 2013
Roman de l'ironie contenue et maîtrisée telle que seule Anatole France en était capable : élégance et audace s'y mêlent, sans fausse note.
Sous un titre des plus triviaux, on y trouve une plume subtile qui articule les paradoxes d'un prêtre aussi pieux qu'immoral avec les délires d'un savant rongé par l'idéal jusqu'à la folie et les soupirs passionnés d'un jeune homme qui brûle son illusion première sur l'autel de la suivante.
Un livre qui peut se lire d'une traite comme servir de chapelet profane ; il est surtout un merveilleux moyen d'entrer dans la littérature d'Anatole France.
Si le personnage de Coignard vous intéresse, n'hésitez pas à vous lancer dans la lecture des Opinions de M. Jérôme Coignard.
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Anaid07
  10 avril 2017
J'étais adolescente lorsque j'ai lu ce livre, prêté par une amie. J'ai adoré, lui ai rendu puis vite suis allée l'acheter pour le posséder. C'est dire comme il a pu me parler et trouver une résonance en moi.
Depuis J'ai une passion pour les salamandres, mais là c'est du domaine de la psychanalyse.
Plus sérieusement c'est un récit initiatique, à clés, à multiples lectures, tragique,comique.
De plus l'écriture est riche, complexe.
Un grand monde littérature.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   10 mars 2020
La bible, mon fils, et principâlement les livres de Moïse, contiennent de grandes et utiles vérités.
Cette opinion paraît absurde et déraisonnable, par suite du traitement que les théologiens ont infligé à ce qu'ils appellent l'Ecriture et dont ils ont fait par leurs commentaires, explications et méditations, un manuel d'erreur, une bibliothèque d'absurdités, un magasin de niaiseries, un cabinet de mensonges, une galerie de sottises, un lycée d'ignorance, un musée d'inepties et le garde-meuble enfin de la bêtise et de la méchanceté humaine.
Sachez, mon fils, que ce fut à l'origine un temple rempli d'une lumière céleste ...
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gillgill   04 mars 2020
J'ai dessein de rapporter les rencontres singulières de ma vie. Il y en a de belles et d'étranges. En les remémorant, je doute moi-même si je n'ai pas rêvé.
J'ai connu un cabaliste gascon dont je ne puis dire qu'il était sage, car il périt malheureusement, mais qui me tint, une nuit, dans l'île aux cygnes, des discours sublimes que j'ai eu le bonheur de retenir et le soin de mettre par écrit.
Ces discours avaient trait à la magie et aux sciences occultes, dont on est aujourd'hui fort entêté...
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gillgill   10 mars 2020
Un honnête homme ne peut sans dégoût manger la chair des animaux et les peuples ne peuvent se dire polis tant qu'ils auront dans leurs villes des abattoirs et des boucheries.
Mais nous saurons un jour nous débarrasser de ces industries barbares ...
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Corboland78Corboland78   26 mars 2012
Je descendis en chemise à l’office et tirai d’une certaine armoire, dont la veille je m’étais prudemment assuré la clef, une bouteille que je vidai avec plaisir. Après quoi, remontant l’escalier, je rencontrai entre les deuxième et troisième étages une petite demoiselle en pierrot, qui descendait les degrés. Elle parut très effrayée et s’enfuit au fond du corridor. Je la poursuivis, je la rejoignis, je la saisis dans mes bras et je l’embrassai par soudaine et irrésistible sympathie. Ne m’en blâmez point, mon fils ; vous en eussiez fait tout autant à ma place, et peut-être davantage. C’est une jolie fille, elle ressemble à la chambrière de la baillive, avec plus de vivacité dans le regard. Elle n’osait crier. Elle me soufflait à l’oreille : « Laissez-moi, laissez-moi, vous êtes fou ! » Voyez, Tournebroche, je porte encore au poignet les marques de ses ongles. Que n’ai-je gardé aussi vive sur mes lèvres l’impression du baiser qu’elle me donna !
— Quoi, monsieur l’abbé, m’écriai-je, elle vous donna un baiser ?
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gillgill   09 novembre 2012
J'ai dessein de rapporter les rencontres singulières de ma vie. Il y en a de belles et d'étranges. En les remémorant, je doute moi-même si je n'ai pas rêvé.
J'ai connu un cabaliste gascon dont je ne puis dire qu'il était sage, car il périt malheureusement, mais qui me tint, une nuit, dans l'île aux cygnes, des discours sublimes que j'ai eu le bonheur de retenir et le soin de mettre par écrit.
Ces discours avaient trait à la magie et aux sciences occultes, dont on est aujourd'hui fort entêté...
(extrait de l'édition de poche parue en 1965)
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