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Roselyne Majesté-Larrouy (Traducteur)
EAN : 9782020089111
198 pages
Éditeur : Seuil (01/10/1985)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 13 notes)
Résumé :
On te découvrit sur la montane, à plat ventre, les bras grands ouverts. De tes lèvres dépassait encore la petite tige verte d'une marguerite sauvage. Tu l'avais arrachée avec les dents peut avant de rendre l'âme, mais tu n'avais eu le temps que d'avaler la fleur.
Des années plus tard, lorsqu'on ouvrit ta tombe, tu étais toujours intact ! La chose fut attribuée à ton incroyable destin, à la prodigieuse aventure que fut ta vie de rebelle, de conquérant de terre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
miriam
  22 novembre 2018
Aris Fakinos(1935-1998) est l'auteur des Récits des temps perdus, de la Citadelle de la Mémoire, des Enfants d'Ulysse qui est mon préféré. Son univers littéraire se situe dans la plaine de l'Attique et dans les sommets de l'Épire et le thème de la mémoire paysanne et du bouleversement de la civilisation rurale par l'urbanisation est commun à ses ouvrages. 
Fakinos raconte l'Histoire de la Grèce, non pas celle des rois, des gouvernants ou des célébrités, mais celle des bandits et des paysans.La Citadelle de la Mémoire relate la lutte contre les Turcs des palikares dans la montagne pendant les guerres d'indépendance de la Grèce. L'Aïeul commence vers 1850 et se termine au milieu du 20 ème siècle, quand Athènes s'étend à la plaine d'Attique. Les Enfants d'Ulysse se déroule de la veille de la 2de Guerre Mondiale jusqu'à l'arrivée des Colonels.
L'Aïeul, Théophanis Photinos, est le  fils du Kapétan Photinos, bandit des montagnes. Tout jeune adolescent, il quitte le brigandage pour le travail de la terre. Il est le défricheur, ne possédant que la force de ses bras et une énergie sur-humaine. Comme il n'a pas un champ cultivable, il  commence par s'attaquer aux pierres dont la montagne est riche. Avec la charrette que sa femme, Eleni, lui a donnée, un cheval volé à un brigand, il va charrier les pierres et les vendre. Au pic et à la pioche, il fait le sourcier et découvre l'eau et irrigue la terre. Enfin il pourra défricher un champ puis un autre, les irriguer et distribuer la terre aux paysans. Pour assurer l'avenir, ensemble il planteront des oliviers.....A la pioche, au couteau et au fusil, les paysans défendent leur terre et leurs arbres contre les propriétaires terriens, et même contre l'Etat grec et ses gendarmes.

J'aurais pu choisir pour ce billet la page racontant la "cueillette des pauvres" qui viennent glaner dans les oliveraies les olives qui restent, ou plus épique, le duel de Théophanis avec le gendarme....je vous laisse les découvrir. Tout m'a enchanté dans ce livre.
Un aspect m'a frappée : la défiance si ce n'est l'hostilité des paysans envers l'administration et les représentants de l'Etat grec. Les paysans sont illettrés, seul Costandis, l'infirme, a appris à lire:

Pour garder leur terre, les compagnons de Théophanis se battaient contre les gendarmes. Mais le monde moderne a fini par gagner et le roman se termine par l'arrachement au bulldozer des oliviers et l'urbanisation de la campagne.



 
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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moustafette
  16 janvier 2011
Un arrière-petit fils nous entraîne sur les traces de son aïeul au coeur de l'Attique.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
miriammiriam   22 novembre 2018
"Bien calé sur son âne, un vieil homme aux cheveux blancs revient du travail en chantant un très vieil amané : il entonne un ou deux vers puis s'arrête, ferme les yeux, les pas cadencés de l'animal le bercent et le pauvre paysan s'endort. Au moment où il te croise, il se réveille et te dit bonsoir, il reprend son amané mais tandis qu'il s'éloigne le sommeil s'empare de lui. la route est longue jusqu'au village. le vieillard a du temps devant lui, il poussera plusieurs fois sa romance et il retombera souvent dans le sommeil. Ainsi, il ne se rendra pas compte du chemin parcouru. C'est un peu ce qui se passe avec la vie de l'homme songes-tu ; il peut être beau et doux le voyage que Dieu nous a donné à accomplir, pourvu qu'on ait le temps de chantonner ci et là un amané tant que l'on est assis sur son âne, de s'assoupir un peu , puis d'aiguillonner sa bête, et de continuer. 

Lorsque que tu aperçois au loin les arbrisseaux, fraîchement plantés, ton cœur se met à battre, tu fermes les yeux, tu rêves...Devant toi, s'étend déjà une immense oliveraie, les troncs des arbres sont énormes, couverts de nœuds par les années, les branches sont lourdes de fruits noirs gorgés d'huile; Là-bas, au village on nettoie le pressoir, on lessive à l'eau bouillante les sacs réservés au marc, on récure le fond des jarres. Les femmes aiguisent les canifs pour fendre les olives...."
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michelekastnermichelekastner   04 mai 2017
Les autres Grecs pouvaient bien se précipiter dans les écoles pour recevoir un peu d'instruction, devenir de nouveaux esclaves dans des bureaux obscurs, se faire traîneurs de sabre, avocats, petits commerçants. Ils étaient déjà nombreux ceux qui rêvaient pour leurs enfants d'une place de fonctionnaire, d'un salaire et d'allocations. Au tain où allaient les choses, tôt ou tard l'Etat finirait par être maître de tout, il prendrait la place du propriétaire d'autrefois, du seigneur, il distribuerait des pensions, des indemnités, des primes. Comment ferait le malheureux homme pour garder sa dignité et sa liberté ? Que resterait-il de toutes ces luttes, de tout le sang versé, quelle joie éprouveraient dans la l'autre monde les ancêtres qui s'étaient battus pour ces terres contre mille ennemis et autant d'envahisseurs ?
Quel intérêt pouvait avoir ce coin de terre pour les gens instruits, pour les savants, pour les professeurs avec leurs papiers et leurs encriers, leurs gros manuels ? Ils ne cessaient jamais de discourir sur les gloires antiques, de s'extasier en effleurant les marbres et les colonnes effondrées, de montrer avec une ridicule fierté aux visiteurs étrangers les temples en ruine et les statues que déterraient les paysans avec leurs charrues et leurs pioches. Peut-être devinais-tu déjà, aïeul Photinos, que tous dans ce pays nous finirions un jour hôteliers ou guides pour touristes, que nous creuserions partout afin de dénicher encore d'autres vieilles pierres, que nous irions jusqu'à racler le fond de la mer. Peut-être même imaginais-tu que nous deviendrions aussi des mendiants, que notre gouvernement irait à l'étranger faire la quête, non pas pour retaper la maison du paysan inconnu d'aujourd'hui, mais pour maintenir debout les ruines des glorieux ancêtres.
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michelekastnermichelekastner   04 mai 2017
Mais toi, tu sentais que les temps avaient commencé à changer, et avec eux les hommes et les guerres. Si les Turcs avaient quitté votre sol, à leur place avaient surgi d'autres maîtres, plus cruels, plus sournois, qui n'usaient pas du sabre et du poignard, qui n'entassaient pas les têtes des raïas en pyramides sur les routes et les places. Les nouveaux patrons du pays gouvernaient avec de l'encre et du papier, avec une arme jusque-là inconnue, dont personne ne soupçonnait la force réelle. C'était une grande boîte en bois que l'on appelait urne. C'est elle qui renversait à tout bout de champ gouvernements, ministres, généraux. Personne ne savait ni comment ni pourquoi, tout cela se déroulait loin, dans la capitale. La boîte passait de main en main, de parti en parti, comme la putain au lit : chacun la prend à sa façon, mais tous s'accommodent du même trou.
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miriammiriam   22 novembre 2018
"mais toi tu sentais que les temps avaient commencé à changer; et avec eux les hommes et les guerres. Si les Turcs avaient quitté votre sol, à leur place avaient surgi d'autres maîtres plus cruels, plus sournois, qui n'usaient pas du sabre et du poignard, qui n'entassaient pas les têtes des raïas en pyramides sur les routes et les places. les nouveaux patrons du pays gouvernaient avec de l'encre et du papier, avec une arme inconnue dont personne ne soupçonnait la force réelle. C'est une grande boîte en bois que l'on appelait urne. c'est elle qui renversait à tout bout de champ gouvernements, ministres, généraux. Personne ne savait pourquoi tout cela se déroulait loin dans la capitale.

Ainsi parlas-tu de la terre.

Pourtant elle n'était pas à toi, ni à aucun d'entre vous. Vous n'aviez ni papier s ni contrats. Ces usages étaient pour les "culs blancs comme vous nommiez cette bâtarde engeance d'Athènes, ces aristocrates qui suivaient  comme des chiens affamés les troupes bavaroises, anglaises et  françaises, tous les parvenus du pays. Pour vous les "sauvages", les "béotiens" les "voleurs" et "barbares" ainsi qu'ils vous appelaient, la parole donnée suffisait, et encore plus le respect du serment séculaire et sacré de l'homme"
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giatigiati   19 novembre 2016
Elle a la cinquantaine bien sonnée, son vernis est encore reluisant, sa beauté résiste toujours. Le feu du soleil, les innombrables journées de labeur avec leurs flots de sueur lui ont par endroits marqué la peau, mais les recoins les plus importants de sa chair demeurent encore intacts. LE corps de cette paysanne n'est pas de ceux qui se livrent facilement à la déchéance. Un jour, bien sûr, le temps finira par le grignoter, mails il ne le vaincra pas. Le le vois lutter jusqu'à l'ultime instant, reculer pas à pas, sans panique, sans désespoir.
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