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ISBN : 2266128744
Éditeur : Pocket (04/11/2002)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 213 notes)
Résumé :
En Grèce, un petit café embué, peu avant la douceur vermeille de l'aube. Le narrateur, un jeune érudit, sirote une sauge, et attend que le passeur sonne le départ pour la Crète, où l'attend une vieille mine de lignites. Avec quelques ouvriers, il compte bien la remettre en route et surtout, selon les préceptes bouddhistes qu'il a appris, se laver de son embarrassant savoir. Soudain une bourrasque entre dans le café et dans la vie du jeune homme : c'est Alexis Zorba.... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
16 mars 2016
Je suis tombé sur Zorba le Grec un peu par hasard à la bibliothèque. J'en avais déjà entendu parler, le personnage éponyme du roman est devenu un référent culturel, même si on ne connaît pas vraiment son histoire. En tous cas, moi, je ne la connaissais pas. Je m'attendais surtout à des aventures pittoresques, dans le genre Tartarin de Tarascon. Erreur. Il s'agit d'un roman touchant, d'une ôde à la liberté et à la beauté du monde.
Tout commence dans un port De Grèce continentale. le narrateur attend le bateau qui l'amènera sur l'île de Crète où il désire exploiter une petite mine. Il croise alors le chemin d'Alexis Zorba, qui cherche du travail. L'entrée de ce personnage exubérant est assez marquante. Un peu comme une vision. C'est que le type est un original. Fin soixantaine, fier, mais qui a roulé sa bosse, un bon vivant. Ce sera le début d'une association heureuse.
Zorba, en plus d'être travailleur et bon cuisinier, est un excellent conteur. Toutes ces soirées en tête à tête avec le narrateur, après de dures journées à la mine, il raconte bride par bride sa longue existence. Ses aventures de coureur de jupon, de sa Macédoine natale à Constantinople, et même en Russie. Ses démêlés avec les Bulgares et les Turcs. Ses diverses occupations sur les mers du monde, d'Alexandrie à Alger. de toutes ses aventures, il en a retiré une certaine sagesse, une philosophie de la vie. Rien de trop cérébral, après tout, Zorba est un homme de terrain, qui aime le concret. Les deux vont discourir longuement sur les femmes, la Grèce, la vie, la mort. Ajoutez à cela quelques petites péripéties comico-tragiques, à propos de la mine ou de Dame Hortense, une ancienne femme de joie sur le déclin, vous ne pourrez qu'adorer.
Et le tout dans le décor enchanteur de la Crête. Sur la plage de sable blanc, sous les figuiers de Barbarie et les oliviers, envirés par les odeurs de fleurs d'oranger et de thym. En buvant un verre de santouri et en mangeant un repas copieux. Il y a un je-ne-sais-quoi de magique tant dans la description des lieux, dans l'atmosphère. Même l'écriture est sensuelle, évocatrice. Un grand roman de Nikos Kazantzaki que je recommande vivement !
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nameless
09 juillet 2015
Nous assistons en direct live à la mise à mort d'un peuple, que dis-je, d'une civilisation dont nous nous réclamons tous peu ou prou à travers ses philosophes éternels, le symbole n'en est que plus fort, plus violent et injuste. Déjà à genoux, on demande désormais aux grecs de se coucher, de préférence en baissant les yeux. Après d'innombrables négociations de la dernière chance qui se renouvelaient quotidiennement, on assiste désormais, chaque jour également, à des ultimatum qui se terminent tous à minuit, à 23h59 pour les plus intrépides de nos journalistes. Il s'agit bien sûr de journalistes d'investigation qui nous font croire qu'une seule minute peut changer la face du monde.

Après c'est le chaos. On vous aura bien prévenus, on vous aura bien fait peur, vous, nous français, allons payer pour la Grèce, ces feignasses qui vivent au soleil, sans cadastre, sans administration fiscale fiable, qui bénéficient de retraites exorbitantes, qui font la queue misérablement, devant des murs qui ne crachent plus que 60 € par jour, comme si en France, beaucoup de gens dépensaient plus journellement. Certains économistes ont même chiffré cette débâcle, 600 € par tête de pipe imposable, ça fait déjà moins de monde, vu que pas mal de nos compatriotes vivent sous le seuil de pauvreté et ne sont pas concernés par l'impôt, si beau, si juste, si égalitaire. En même temps que ces calculs sont faits, des êtres humains meurent, la mortalité infantile n'a jamais été aussi élevée en Grèce. Je suis maman. Pourrais-je accepter que mes enfants et petits-enfants désormais, soient sacrifiés sur un autel bancaire ? Faute d'argent, faute de soins rendus inaccessibles. Pourrais-je accepter de troquer un lapin contre une consultation médicale, et puis, où pourrais-je bien trouver un lapin ?

Sinon, si par chance, vous n'êtes pas en train de crever de faim dans le pays des droits de l'homme, sans boulot, sans espoir pour vos gosses, il serait temps de vous demander si vous ne payez pas déjà pour le scandale du Crédit Lyonnais, pour les frégates de Taïwan, pour des milliers (millions ?) de vaccins achetés pour rien, pour des projets pharaoniques irréalistes qui ne flattent que l'ego sur-dimensionné d'un nouveau ministre préoccupé de marquer son territoire en changeant les oeuvres d'art accrochées dans son bureau, pour d'innombrables autres raisons qu'il serait trop long de lister.

Ces temps-ci, je les regarde et surtout les écoute, les donneurs de leçons, les exilés fiscaux, les amis des dictateurs morts ou vivants, les politiques qui devraient être en prison depuis tellement longtemps si la justice de classe ne leur avait pas accordé des "non-lieux-circulez-y'a-rien-à-voir"....

Et je me dis, juste comme ça.... Que la Grèce relève pour ceux qui veulent garder leurs privilèges d'un autre temps, droit de cuissage, droit de vie ou de mort sur leurs serfs, d'un autre combat qui est celui d'une idéologie. C'est le combat de ceux qui pensent que les territoires et leurs habitants leur appartiennent, que les lois sont promulguées pour les protéger, eux, leurs familles, leur amis, électeurs. On ne reproche pas à Tsipras de venir “les mains vides” aux négociations, mais de venir “les mains dans les poches”, la nuance est subtile. Ses amis sont traités de “sans cravate”, et pourquoi pas de "sans-culotte" ? Que dire de son ami Pablo Iglesias de Podemos qui lui, porte une queue de cheval ?

Ca me laisse penser, et ce n'est que mon humble avis uniquement épidermique, que je ne demande qu'à partager, que la dette, tout le monde s'en fout. Il ne s'agit que d'un jeu d'écritures, facilement rayable qui ne coûtera rien à personne. Cette manipe a déjà été effectuée au profit de l'Allemagne notamment pour ses dettes de guerre et lors de la réunification. Vous souvenez-vous qu'à l'époque, on vous ait menacé de cracher au bassinet ? Au contraire, il fallait aider ce pays si courageux. L'essentiel est ailleurs. A chacun de réfléchir pour découvrir l'origine d'une telle haine à l'encontre d'un peuple, qui doit servir, malheureusement pour lui, d'exemple pour tous ceux qui souhaiteraient suivre le même chemin, celui de la dignité retrouvée, de l'envie de vivre debout. C'est sans doute parce que la dignité humaine est une richesse inestimable, qu'elle n'est pas négociable.

Vous aurez compris que je n'ai pas lu Alexis Zorba, mais que j'ai souhaité me servir de son symbole, si bien servi par Anthony Quinn pour ce micro-individuel coup de gueule. Ce soir, plus qu'hier, et moins que demain, je suis Grecque.



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bilodoh
10 octobre 2014
Les îles grecques, la plage, l'odeur de la mer, chanter, danser et rire, en oubliant la vie de « gratte-papier ».

Lorsque je reviens de voyage, j'essaie de le prolonger avec un livre qui me ramène dans ce coin de pays. C'est ainsi que j'ai rencontré Alexis Zorba, un Grec du siècle dernier.

Bien sûr, j'avais entendu parler du film, surtout de la trame sonore et de la danse « traditionnelle » inventée spécialement pour le cinéma. Mais, dans le roman, c'est toute une philosophie, une religion de la beauté, de la liberté et de la joie de vivre.

Des idées intéressantes, sauf pour la conception des femmes et des rapports hommes/femmes. On souhaite vraiment que ce discours soit chose du passé, que les Grecs actuels ne partagent pas sa façon de penser. Je ne suis pas du tout à l'aise avec l'image diabolique ou, au mieux, pitoyable, qu'il attribue aux personnages féminins.

Un roman à l'atmosphère attrayante, mais avec des idées misogynes vraiment dépassées… du moins je l'espère !
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Mimeko
18 juin 2017
De retour en Crète pour reprendre la gestion et l'extraction d'une mine de lignite, le narrateur, un jeune intellectuel rencontre le truculent Zorba dans un café. Alexis Zorba la soixantaine, éternellement accompagné de son santouri, fort en gueule, ayant vécu mille vies dont il partage les anecdotes avec beaucoup de verve. Deux personnalités diamétralement opposées, l'une cérébrale, l'autre volcanique, qui vont s'apprécier, s'enrichir l'une l'autre...
J'abordais ce roman avec un peu de crainte, me souvenant du magnifique film avec Anthony Quinn, Alan Bates et Irène Pappas, crainte de ne pas aimer le texte ou qu'il soit complètement divergent par rapport au souvenir lointain que j'avais du film. En fait j'ai été complètement séduite par cette amitié improbable entre un jeune intellectuel qui travaille sur un récit sur Bouddha, catapulté dans la vie par un Zorba qui vit toutes les expériences de façon épique, et plus il se livre, plus l'on découvre les failles et les malheurs qu'il a essayé de surmonter et l'on comprend mieux sa vision libre de la vie ; il remet tout en cause, le gouvernement, l'armée, la religion, le mariage, l'attachement, sa foi en l'homme, l'immobilisme, la paresse, se relevant de toutes les épreuves grâce à la musique de son santouri.
Le roman de Nikos Kazantzakis est une invite à vivre chaque jour comme s'il était le dernier, une promesse de se relever malgré les malheurs, un hymne à l'optimisme. C'est surtout le magnifique portrait d'un homme incroyablement vivant.
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Allantvers
21 juillet 2017
La vie de lecteur est pleine de surprise : voilà un livre qui sera passé directement de mon Inconnu à mon Panthéon ! et il est certain que je m'en viendrai régulièrement lui rendre hommage à ce magnifique, tellurique, truculent Zorba !
Tout du long, cette lecture fut une bénédiction : l'immersion dans ce paysage crétois magnifié et gorgé de soleil, le choc salutaire de la rencontre des contraires entre le narrateur engoncé dans ses livres et Alexis Zorba, l'ouvrier de la vie aux cent vies, pétulant de joie, d'intelligence sans fard et de liberté ; l'alchimie merveilleuse qui se crée entre ces deux hommes ; les danses de Zorba, ses maximes puisées au coeur du réel, son énergie vitale, son désespoir traversé de lumière, sa sagesse de guerrier mille fois meurtri et mille fois relevé.
Quelle leçon, quelle belle philosophie que celle de ce livre, à vous faire fermer tous les autres, défaire toutes les chaînes et sauter à pieds joints dans la vie !
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Citations & extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
AllantversAllantvers11 juillet 2017
C'est ça la liberté, pensai-je. Avoir une passion, entasser les pièces d'or et, brusquement, vaincre sa passion et jeter les pièces d'or aux quatre vents. Se libérer d'une passion pour obéir à une autre, plus noble. Mais cela n'est-il pas aussi une forme d'esclavage? Se sacrifier pour une idée, pour sa race, pour Dieu? Ou bien, est-ce que plus le patron se trouve haut placé, plus la corde de l'esclave s'allonge? Il peut alors s'ébattre et folâtrer sur une arène plus spacieuse et mourir sans rencontrer la corde. Est-ce donc cela qu'on appelle liberté?
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AllantversAllantvers12 juillet 2017
Laisse les gens tranquilles patron, ne leur ouvre pas les yeux. Si tu leur ouvres les yeux, qu'est-ce qu'ils verront? Leur misère! Laisse-les donc continuer à rêver!
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MimekoMimeko09 juillet 2017
- Quel est ton métier ? lui demandais-je.
- Tous les métiers : du pied, de la main, de la tête, tous. Manquerait plus que ça qu'on choisisse.
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MimekoMimeko09 juillet 2017
A ses côtés, le temps avait pris une nouvelle saveur. Ce n'était plus une succession mathématique d'évènements, ni, en moi, un problème philosophique insoluble. C'était du sable chaud, finement tamisé, et je le sentais couler tendrement entre mes doigts.
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Alice_Alice_12 janvier 2015
- Peut-être que je resterai avec toi, ici... fis-je, effrayé par la tendresse farouche de Zorba. Peut-être aussi que je reviendrai avec toi. Je suis libre!
Zorba secoua la tête:
- Non, tu n'es pas libre, dit-il. La corde avec laquelle tu es attaché, est un peu plus longue que celle des autres. C'est tout. Toi, patron, tu as une longue ficelle, tu vas, tu viens, tu crois que tu es libre, mais la ficelle tu ne la coupes pas. Et quand on ne coupe pas la ficelle...
- Je la couperai un jour! dis-je avec défi, car les paroles de Zorba avaient touché en moi une plaie ouverte et j'avais eu mal.
- C'est difficile patron, très difficile. Pour ça, il faut un brin de folie; de folie, tu entends? Risquer tout! Mais toi, tu as un cerveau solide et il viendra à bout de toi. Le cerveau est un épicier, il tient des registres, j'ai payé tant, j'ai encaissé tant, voilà mes bénéfices, voilà mes pertes! C'est un prudent petit boutiquier; il ne met pas tout en jeu, il garde toujours des réserves. Il ne casse pas la ficelle, non! il la tient solidement dans sa main, la fripouille. Si elle lui échappe, il est foutu, foutu le pauvre! Mais si tu ne casses pas la ficelle, dis-moi, quelle saveur peut avoir la vie? Un goût de camomille, de fade camomille! Ce n'est pas du rhum qui te fait voir le monde à l'envers!
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Videos de Nikos Kazantzakis (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nikos Kazantzakis
Alexis Zorba - Nikos Kazantzakis Extrait de la lettre envoyée par Zorba à la "souris papivore".
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