AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2868535895
Éditeur : Le Temps qu'il fait (02/05/2013)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Les poèmes de ce volume ont été écrits entre 1917 et 1923 — date du départ de Fundoianu pour la France, à l’âge de 24 ans — et publiés de 1920 à 1930 dans différentes revues roumaines. C’est donc de Paris que le poète compose son recueil, en effectuant un choix parmi de nombreux textes. On trouve dans Poèmes d’autrefois (Le temps qu’il fait, 2010) un certain nombre de «paysages» d’inspiration similaire.

Cette poésie n’est traditionnelle qu’en apparenc... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
coco4649coco4649   12 février 2019
IV


De leur ancienne maison, les vieux sont sortis,
jusqu'au portail, près du grillage rongé de lierre;
dans leurs yeux un sourire d'étang de plaine, serein.
T'en souviens-tu ? T'en souviens-tu encore
Le verger jetait des pierres aux mirabelliers.
Les coings à la peau lisse, derrière les carreaux,
jouaient sur deux claviers pour échanger leurs propos.
Le divan mollissait comme une poire, mon matou,
et on était bien dans le vieux fauteuil moldave,
aux feuilles de bois toujours plus ternies par les ans.
Ils cachent si bien notre jeunesse, les albums
au fermoir de cuivre ! Le passé gît sous la lampe
et comble est le miroir au visage ridé.
Il est si long le temps depuis qu'aujourd'hui n'est plus,
stérile et languissant comme une convalescence.
Tu attends tous les soirs la même diligence
qui débarque toujours les mêmes juifs de retour.
Dans les foyers je sais des navires en partance
et des plages vers New York que l'océan charge d'os.
Un phare fait encore des signes apeurés à travers les volets ;
C'est tout. Te voici devant la claie rongée de lierre :
deux jeunes gens frappent au vieux portail. Tu es sorti,
tu as dans les yeux un sourire immobile, serein,
d'étang de plaine, en automne. T'en souviens-tu encore ?

                                             1922

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
coco4649coco4649   12 février 2019
LE SPLEEN


Dans la maison de silence, de lierre et d'ortie,
pleine du sommeil de hiboux camus, aux yeux petits,
personne ne sait quand l'automne a franchi le seuil,
quand les années se mirent à forcer les murs, pour sortir.
Une cloche sourde appelait au repas et au coucher ;
lors, son airain était déjà fêlé et se couvrait de vert-de-gris ;
je l'écoutais, la bouche contre les dalles, geindre
pour retenir le mortier et la fuite du temps.
Des matous de porcelaine, aux yeux verts, ont ronronné
le départ de ceux qui ne sont plus revenus;
mais on entendait, le soir, dans des gémissements d'accouchées,
les touches s'attarder sur les mains, comme des lèvres.
Peut-être maman est-elle ici, somnolant dans son fauteuil –
elle tricote des bas de douce laine, pour les grands-parents.
Si les pluies rousses soudainement tombaient,
elles couleraient encore dans mes membres, comme dans des gouttières,
et tu serais dans la maison seul, vide et monotone –
comme dans l'île de quelque farouche Robinson.

                                             1921
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
coco4649coco4649   12 février 2019
L'HEURE DE VISITE
                                 à Gala Galaction


Ce soir, ma tête comme une lampe
brûle les vestiges fumants de l'huile –
et quelqu'un a posé la main sur la poignée,
et quelqu'un m'effleure la joue.

En ce soir sans fin, quelqu'un
tousse en moi, crache et rend l'âme,
mais pour rien au monde je ne voudrais fuir – ni
toucher de nouveau le ciel de mes mains !

Je suis dans la chambre comme dans un train
attendant qu'un paysage brise le carreau,
et je tiens à la main mon âme solaire –
mon malheureux passeport de voyage.

Le silence qui s'est levé en moi me fait mal –
l'obscurité qui s'est levée me fait mal,
comme un sol boueux où dorment, recroquevillés,
les buffles noirs de l'inconnu.

On dirait qu'une ombre en moi a pris la fuite,
et ce soir je me sens si bien,
que j'ai presque envie d'arracher de mes mains
les orties qui ont assailli mon corps.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
TandaricaTandarica   18 avril 2015
Le bourg sent la pluie, l'automne et le foin.
Le vent apporte du sable, bouillant, dans le poumon,
et les filles attendent dans la ruelle salle
le silence qui tombe sur chaque soir,
et le facteur encapuchonné, lourd et indifférent.
Des chariots pourchassés par la pluie sont passés,
et le silence sur toute chose depuis longtemps moisit.
Dans les maisons, des hommes simples parlent le yiddish.
Des oies, chaussées de jaune, longent d'un pas lent une palissade ;
écoute la pluie étouffer les réverbères à gaz,
et la feuille vieillir dans les cloches de cuivre.
Écoute le long silence gris de l'automne
et la diligence de Dorohoi qui s'approche.
De la plaine, montent, désolés, les troupeaux de bœufs,
et parce qu'ils mugissent, le cou tendu, comme s'ils tétaient –
les yeux rouges, le bourg, saisi d'effroi, mugit.
(Herţa)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Benjamin Fondane (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benjamin Fondane
Benjamin FONDANE – Tout ce que vous avez voulu savoir... (France Culture, 1980)
autres livres classés : poésie roumaineVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
693 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre