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C. Tobewatner (Traducteur)Carl Oglesby (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782277232674
J'ai lu (21/03/2001)
3.86/5   92 notes
Résumé :
Jim Garrison - District Attorney de La Nouvelle-Orléans de 1962 à 1974 puis juge de la cour d'appel, il a été réélu pour un deuxième mandat de dix ans. « JFK - Affaire Non Classée » vient d'être adapté au cinéma et promet d'être un événement.

Dallas, 22 novembre 1963. On a tiré sur John Kennedy. Le Président est mort ! L'Amérique est en état de choc. On connaît la suite. L'arrestation de Lee Harvey Oswald, le rapport de la Commission Warren… En dix mo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Il y avait un moment que j'avais envie de lire JFK Affaire non classée de Jim Garrison. J'ai découvert son enquête grâce au film d'Oliver Stone et je m'étais promis de lire son livre pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de l'attentat contre Kennedy.

Je n'ai pas eu de grandes surprises à la lecture de ce document car, depuis son édition, le film de Stone et de nombreux documentaires sont revenus en long et en large sur l'assassinat du Président.

Il n'en demeure pas moins que le livre de Garrison est passionnant car il est écrit comme un polar - Garrison retranscrit même des conversations qu'il a eu avec des témoins, des suspects et des membres de son équipe.

J'ai ressenti une profonde admiration pour Garrison qui, malgré les tentatives d'intimidation et divers complots ourdis à son égard, n'a jamais lâché prise. Sa quête de vérité est impressionnante.

Sa théorie sur l'assassinat de JFK tient la route, ses arguments sont solides et étayés. Est-ce effrayant ? Oui et non car, à travers L Histoire, de nombreux chefs d'État ont été assassinés par des opposants ou des personnalités proches du pouvoir. Ce qui choque ici, c'est que ce complot ait eu lieu en Amérique, cette fausse terre de Cocagne qui se gargarise de Démocratie, de Justice et de Liberté. Nous savons à présent qu'il ne s'agit que de mots et que les États-Unis ne valent pas mieux que les autres nations du monde. Mais à l'époque de l'assassinat de JFK nombreux étaient ceux qui y croyaient.

Quoiqu'il en soit, on ne saura jamais la vérité sur cet attentat. La majorité des témoins sont morts et je doute qu'il reste une seule trace écrite d'un éventuel complot dans les archives nationales. Ce livre est probablement ce qui se rapproche le plus de la vérité.


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Ce livre est un ouvrage de référence pour les théoriciens du complot. Garisson était procureur à La Nouvelle Orléans, donc irréprochable a priori.
Il faut cependant nuancer : aux USA, le procureur (attorney general) cumule les fonctions du procureur français et du juge d'instruction. Il est seul maître de l'enquête. Par ailleurs, c'est aussi un homme politique, ses fonctions étant électives
Un mandat d, attorney general avec de "belles" condamnations permet de doper une carrière politique et est un bon tremplin pour des fonctions plus élevées par exemple un mandat de gouverneur
D'où la tentation de faire du chiffre. Beaucoup de procureurs n'hésitent pas à dissimuler des preuves favorables à l'accusé, voire à en forger contre lui. On trouve toujours un petit délinquant, souvent un toxicomane, prêt à porter un faux témoignage contre une remise de peine. Un toxico, Garisson en a justement un dans son dossier, qui se retractera au cours du procès. (Et tant pis pour les justiciables qui n'ont pas les moyens de payer un grand avocat et des enquêteurs privés. C'est ainsi que l'on ne trouve que des pauvres, souvent condamnés sur un dossier monté contre eux dans les quartiers des condamnés à mort. Mais assez médi de nos"amis" américains,)
En tout cas Garisson a pu voir dans le dossier Kennedy une affaire en or, sur laquelle il s'est précipité. le dossier ayant fait "pschitt" pour reprendre l'expression de l'un de nos défunts présidents, Garisson n'en toucha pas les bénéfices escomptés. Après avoir pousuivi ses fonctions quelques années, il fit l'objet d'une enquête fédérale pour fraude fiscale et perception de revenus illégaux provenant d'exploitants de machines à sous clandestines
Acquitté, il abandonna un temps la magistrature pour travailler comme lawyer privé, et réussit ensuite à de faire élire juge à la Cour d'Appel de l'Etat de Louisiane. Les complotistes diront que les comploteurs lui ont fait payer son enquête
Mais revenons à l'Affaire Kennedy

C'est sur le livre de Garisson que se basera Oliver Stone pour son film« JFK » (1991), lui-même monument du complotisme, et bénéficiant du pouvoir de conviction du film à thèse, qui, de par sa nature même d'oeuvre cinématographique, « montre » ce qui est censé s'être basé ; dès lors le spectateur a « vu ce qui s'est passé. C'est ce qui fait d'ailleurs du film à thèse un genre peu recommandable.
Pourtant la théorie de Garrison est totalement inconsistante, ne s'appuie sur aucune preuve matérielle, mais seulement sur les déclarations inconsistantes de quelques témoins, qui seront pour la plupart convaincus de mensonge après passage au détecteur de mensonges ou se rétracteront.
D'ailleurs le journaliste du magazine Life avec lequel Garisson avait passé un accord d'exclusivité refusera de publier quoi que ce soit vu les lacunes du dossier 
Venons-en aux faits.
Le procureur Garrison se saisit lui-même de l'enquête à l'automne 1966, ce qu'il peut faire en raison du fait qu'Oswald avait fait des séjours à La Nouvelle Orléans, ce qui permet à Garrison de se rattacher à l'assassinat, pour lequel il était incompétent ratione loci.
Il trouve diverses personnes supposées avoir été en rapport avec Oswald, et des témoins supposés les avoir vu ; en dehors de cela il n'aura jamais ni mobile, ni preuve matérielle.
Il n'est pas possible évidemment de reprendre ici en détail l'enquête, mais je donne quelques exemples du « sérieux » de ses méthodes :
-l'un des suspects, David Ferrie (dont on ne sait d'ailleurs pas ce qui le relierait à l'affaire) , décède à son domicile ; pour Garrison, la pression de l'enquête judiciaire l'a poussé à mettre fin à ses jours, ce qui prouve bien que,,,. Mais l'autopsie révèle qu'il a succombé à une rupture d'anévrisme. Qu'à cela ne tienne : pour le procureur, Ferrie a succombé à une dose mortelle de médicament pour la thyroïde, qui a la particularité d'être indétectable à l'autopsie ; mais pourquoi donc se suicider avec un produit indétectable ? La réponse est évidente : « On » l'a poussé à se suicider, ou assassiné.
-sur la foi de l'un d e ses témoins, Garisson recherche un dénommé Clay Bertrand, qui aurait été un des contacts d'Oswald ; on ne le trouve pas, mais on trouve un nommé Clay Shaw, personnalité locale connue et respectée. Garisson le fait arrêter et perquisitionne son domicile. On ne trouve rien, sauf son carnets d''adresses où figurent de grands noms de l'aristocratie européenne ; le procureur, qui sait lire entre les lignes en déduit l'existence de liens entre Shaw et la CIA ; en effet, déclare-t-il « la CIA a un penchant pour les régimes désuets » et « Clay Shaw, avec ses manières vieille Angleterre est précisément le genre de personnes que les services de renseignement recherchent pour infiltrer les familles royales étrangères » Puissante déduction
-en outre, Clay Shaw est homosexuel, ainsi que Ferrie, Oswald et Ruby ; il s'agit donc d'un complot homosexuel pour abattre « un homme, beau, viril, accumulant les succès
-Mais Garisson soupçonne aussi l'implication de l'OAS, pour des raisons trop longues à exposer ici.
Tout ce bel édifice va s'écrouler lors du procès de Clay Shaw (parce que le malheureux va passer en jugement!) comme le château de cartes branlant qu'il est.
(Pour les exemples ci-dessus, je me suis aidé de l'excellent livre de Vincent Quivy « Qui n'a pas tué John Kennedy ? », le Seuil, 2013 .)

Mais il y a et il y aura sans doute toujours des gens qui refuseront la prosaïque solution de cette affaire : comme on le sait depuis le départ, John Kennedy a été assassiné par un individu médiocre et frustré, semi-déficient mental, avec un fusil acheté par correspondance.
Et il est inquiétant de penser qu'une si petite cause ait entraîné un tel effet ; si cela a pu arriver à l'homme le plus puissant du monde, qu'en est-il ne nous ?
Alors rassurons-nous vite : JFK a été victime d'un beau et vaste complot, seul capable d'abattre un tel géant parmi les hommes.


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Le complotisme.
Cette notion millénaire qui n'a jamais été autant d'actualité que depuis la naissance d'Internet et des réseaux sociaux, encore plus avec cette crise covid mondiale : Michael Jackson, Elvis, Hitler et d'autres ne sont pas morts, la terre est plate, personne n'est jamais allé sur la lune, Bill Gates et sa horde de pédocriminels richissimes veulent pucer la population mondiale grâce à un faux vaccin, les attentats du 11 septembre n'ont jamais eu lieu,... Autant de théories fumeuses qui montent en épingle des détails bien souvent troublants, reconnaissons-le, et qui parviennent à semer le doute. Pour ma part, sans être complotiste mais sans être totalement fermé, je considère que si la pensée humaine peut exprimer une idée, elle peut tout aussi bien la mettre en pratique. le reste est du domaine du "à prouver", ce qui, et c'est relativement bien pratique, n'est jamais possible autrement que d'une manière somme toute indirecte. Ce qui nous amène à l'assassinat de JFK, dans notre inconscient collectif le premier et spectaculaire complot américain, revu et corrigé par le procureur Jim Garrison.

Car l'enquête et les conclusions de la commission Warren ne satisfont pas le district attorney de la Nouvelle-Orléans, et celui-ci va pointer du doigt les nombreux manquements, les illogismes et incohérences de la version officielle, encore aujourd'hui d'ailleurs fortement privilégiée. Ce sont des preuves, non pas du vaste complot mené par les services de renseignements, CIA, FBI et consorts, dans une entreprise de démolition du rapprochement initié par Kennedy vis-à-vis du bloc communiste, ce sont des preuves disais-je que les conclusions sont fausses, quand elles ne sont pas tout simplement impossibles à tenir.

Passionnant dans la contre-enquête, Jim Garrison n'oublie jamais de souligner qu'il interprète certains faits, qu'il les agrège pour en déduire notamment le rôle des hautes autorités, sans que cela soit parfaitement et clairement probant. Cela reste une théorie, basée sur un faisceau d'indices qui concordent tous dans une même direction - celle choisie par Garrison -, particulièrement plausible, vraisemblable. La véritable question est : l'Amérique peut-elle accepter, en tant que démocratie "exemplaire", lumière du monde, que ceux qui sont censés protéger le plus haut dignitaire de l'Etat, le garant de sa liberté, puissent fomenter un complot complexe destiné à assassiner JFK. L'accepter, c'est peut-être jeter le pays dans le chaos.

Et si l'on devait se positionner sur le sujet, posons-nous une seule question à laquelle personne n'a jamais répondu : qui a autorisé le changement d'itinéraire du convoi présidentielle le jour J, l'obligeant à ralentir dans le virage, et donner le temps au(x) tireur(s) de viser une voiture non protégée sur un espace complètement dégagé, depuis des bâtiments non sécurisés ?



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Même si les pièces maîtresses de ce dossier manquent indéniablement à l'appel, ce livre est fort en instruction sur la guerre que se livrent les instances américaines que sont la C.I.A, le FBI, le NSA. le travail du procureur Garrison a été remarquable et devant toutes les embuches qui lui ont été dressées, il n'a pas failli à son devoir d'instruction et de probité. Tout le monde sait que cet assassina transpire la guerre d'influence et de pouvoir. Les états-unis d'Amérique ont un gros soucis avec ce qu'il nomme la démocratie et sont beaucoup plus forts pour défendre une société de consommation plutôt qu'une société de droit. JFK le savait, JFK, au moment où il prend enfin conscience de la portée de sa fonction et du pouvoir de ceux qui l'entourent amorce l'idée, ce n'est pas encore un projet, de démantèlement de la CIA et cela suffira à amorcer ce complot et régler définitivement sont compte. En arrière plan de ce merdier, le passé ambigu de la famille Kennedy, la proximité de la mafia et du pouvoir, bref, tous les ingrédients pour créer une nébuleuse soigneusement orchestrée par ceux qui devraient, comme leur serment le dit, servir les intérêts des Etats-Unis d'Amérique et ses concitoyens. Une enquête pleine de sens !!!!!
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Lecture faite à l'adolescence, déclenchée par l'envie de comprendre cet évènement qui avait marqué l'enfance de ma mère. Car, même en France, la radio, les médias en ont eu que pour cette affaire là fin 1962. le président américain a été assassiné ! Ce type d'événement est devenu impensable. Mais dans les années 60, ça dézingue à tout va.

J. F. K, le livre, sort fin des années 80, il est écrit par un district attorney devenu juge. Il relate sa version documenté sur les origines du meurtre de Kennedy. Et il en a vu des documents passer, montrant que Oswald était un pantin dans tout l'appareil mafieux et politique ayant droit de vie et de mort. Rappelons au passage que Kennedy est d'origine irlandaise et premier président catholique de l'histoire des Usa: ce ne sont finalement pas des détails. La CIA et le FBI l'ont dans le nez, ainsi que sa famille. Il agit en électron libre partout où il va et ce n'est pas pour plaire.
Garrison montre comment lui-même, au coeur de l'enquête, a dû faire face aux intimidations et menaces.

Le film d'Olivier Stone, vu plus tard, est une très belle adaptation. Kévin Costner y joue le rôle de Garrison, au sommet de sa carrière, Gary Oldman celui d'Oswald (et une kyrielle d'autres bons acteurs dont Joe Pesci). le plus touchant reste la plaidoirie finale. Dans quel monde veut-on que nos enfants vivent ? Et d'en conclure : nous devrions nous demander, qu'est-ce que nous pouvons faire pour améliorer ce monde avant de penser à ce qu'il peut faire pour nous Un très bon moment de cinéma, complémentaire au livre.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Le jour de son arrestation, Lee Oswald fut soumis à un test de recherche de dérivés nitrés, lequel montra qu'il n'avait pas tiré de coup de fusil au cours des dernières vingt-quatre heures. Ce fait fut gardé secret pendant dix mois, à la fois par le gouvernement et la police de Dallas.
Pendant plus de cinq ans, le film amateur du témoin Abraham Zapruder fut dissimulé au public dans un coffre par le magazine Life. Cette vidéo montre Kennedy propulsé en arrière - ce qui prouve clairement qu'il a été touché de face.
Environ une heure avant l'arrivée du cortège de Kennedy, Jack Ruby, l'homme qui tuera ensuite Lee Oswald, a été aperçu le long de la butte, recevant d'un homme un fusil dans un étui. La déclaration de Julia Ann Mercer, le témoin de ce fait, fut modifiée par le F.B.I. de manière à ce qu'il en ressorte qu'elle avait été incapable d'indentifier Ruby. Cette frauduleuse modification n'a jamais été expliquée ni même déniée par le gouvernement.
Après l'autopsie du corps du Président par les services militaires le cerveau a disparu. Durci par le formol, il aurait pu montrer de quelle direction la balle était venue. Les photographies et les radios de l'autopsie qui auraient pu aussi résoudre ce problème, ne furent jamais examinées par la commission Warren. Le médecin légiste chargé de l'autopsie à l'hôpital naval de Bethesda brûla dans sa propre cheminée le rapport original de l'autopsie.

1096 - [p. 7-8]
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On effectua sur Oswald, le soir de l’assassinat, le test au nitrate. Ce test révèle les traces de poudre sur les joues d’un individu quand il a fait usage d’un fusil. Le test révéla qu’Oswald n’avait pas tiré avec une arme à feu durant la journée du 22 novembre 1963. Quoi qu’il en soit, pour des raisons que seul le gouvernement et ses enquêteurs connaissent ce fait fut gardé secret pendant 10 mois.
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Arnold assura que le lendemain, quand il mentionna la présence du deuxième homme à la peau sombre à la fenêtre du sixième aux agents du FBI, ceux-ci « me dirent qu’il n’avait rien à voir avec cette affaire. C’est tout juste s’ils ne m’ont pas demandé de l’oublier ».
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Je savais maintenant que Oswald avait le profil type d’une recrue des services secrets : issu d’une famille de militaires, il était en plus discret et silencieux de nature, et d’une intelligence au-dessus de la moyenne.
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On effectua sur Oswald, le soir de l'assassinat, le test au nitrate. Ce test révèle les traces de poudre sur les joues d'un individu quand il a fait usage d'un fusil. Le test révéla qu’Oswald n'avait pas tiré avec une arme à feu durant la journée du 22 novembre 1963.
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Vidéo de Jim Garrison
Bande annonce du film américain "JFK" réalisé par Oliver Stone (1991) à propos de l'Assassinat de John F. Kennedy.
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