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Critiques sur L'angoisse du roi Salomon (27)
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peloignon
  11 janvier 2013
Le génie de ce roman, c'est d'être écrit dans les termes du personnage principal. Ce dernier est un homme de la rue, qui n'a pas beaucoup étudié, mais qui l'aurait certainement fait si il en avait eu les moyens. Il tend d'ailleurs constamment à combler le manque de connaissance dont il souffre cruellement en autodidacte, comme il le dit lui-même en ses propres termes de manière répétitive.
Dès les premières pages, surtout par les “explications” naïves, on voit à qui on a affaire: “il avait encore toute sa moustache et une courte barbe qu'on appelle à l'espagnole, car c'est en Espagne qu'elle est apparue pour la première fois”, le roi Salomon avait “un air résolu et implacable, comme s'il ne craignait rien ni personne et avait déjà battu plusieurs fois l'ennemi à plate couture, alors qu'on était seulement boulevard Poissonnière” (p.9). Cette naïveté géniale n'empêche personne de se débrouiller dans le monde et ouvre des possibilités poétiques précieuses à quiconque à la patience d'aller prêter attention.
C'est donc à travers la sincère bizarrerie du personnage principal que nous découvrons ce “roi Salomon” et ce, “avant même qu'il ne s'appelle comme ça à [s]a connaissance” (p.10). Cet homme riche, devenu philanthrope “car plus on devient vieux et plus on a besoin des autres” (p.11), va lui ouvrir la possibilité du merveilleux, et ce, même si le narrateur n'est pas croyant, car “même quand on ne croit pas, il y a des limites. On ne peut pas ne pas croire sans limites, vu qu'il y a des limites à tout” (p.15).
Notre narrateur cherche souvent conseil chez son ami Chuck, dont il se méfie pourtant comme la peste puisqu'il peut tout expliquer et que pour lui, “l'explication, c'est le pire ennemi de l'ignorance” (p.17).
Cette modalité narrative met le lecteur en un état de tendre amusement idéal pour savourer la douce mélancolie du récit de ce dur au coeur tendre.
Difficile de trouver plus sympathique comme passe-temps.
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noor
  14 décembre 2014
30 novembre 2014:
Ca y est, ça recommence. 4ème page et j'aurais déjà pu poster une phrase sur deux dans les citations. le sourire ne quitte pas mes lèvres et mes yeux.
Mon 4ème et dernier livre de Gary publié sous le pseudo d'Emile Ajar.
Je vais le lire
le plus
lentement
possible.

14 décembre 2014:
Ca y est, c'est terminé.
Qu'est ce que je vais devenir maintenant? ?
(L'angoisse de Noor)
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Missbouquin
  28 juin 2012
Pour ce roman, il a suffit de deux pages. Deux pages et j'avais déjà le sourire aux lèvres en découvrant le ton gouailleur et tellement marqué "Romain Gary" de son personnage Jean. Jean qui n'a pas la tête qui faut mais qui a un coeur d'or. Jean est taxi, jusqu'au jour où il rencontre Salomon, le roi Salomon comme il l'appellera bientôt, roi du pantalon à la retraite qui a ouvert un standard SOS jour et nuit pour les désemparés, les solitaires. Pour Jean, c'est le travail rêvé. Il peut montrer toute sa naïveté, toute sa générosité, en allant jusqu'au bout de son engagement.

D'un optimisme contagieux ("On peut tout perdre [...] mais si on garde espoir, rien n'est perdu".) d'une ironie dévastatrice (ses relations avec le concierge raciste, anti-communiste : Si les Juifs n'étaient plus là, si les communistes s'évaporaient et si les travailleurs immigrés étaient renvoyés chez eux, ce serait pour Monsieur Tapu le désert affectif." Alors il l'encourage dans ses préjugés, pour le rendre heureux !), d'une grande tendresse ("Tu devrais te laisser les cheveux encore plus longs. Pour qu'il y ait plus de toi." dit-il à sa petite amie), Jean est un personnage terriblement attachant. Autodidacte, accro des dictionnaires alors qu'il massacre le français à tour de bras, Romain Gary dessine un personnage un peu dérangeant, qui met en péril tous les clichés et préjugés de la société.

En face de lui, le roi Salomon : "Je ne savais pas que Monsieur Salomon ne pouvait pas souffrir l'oubli, les oubliés, les gens qui ont vécu et aimé et qui sont passés sans laisser de traces, qui ont été quelqu'un et qui sont devenus rien et poussière, les ci-devant, comme je sais maintenant qu'il les appelait."

Monsieur Salomon est la générosité et l'attention même, très bien conservé pour ses 84 ans ! Il a l'impression d'avoir une dette envers ceux que la vie n'a pas gâtée et veut faire réparation, même quand c'est trop tard.

"et puis il y a un moment où tu commences à sentir que c'est trop tard, que la vie ne va jamais te rembourser, et c'est l'angoisse. C'est ce que nous appelons l'angoisse du roi Salomon, à SOS"

Cette angoisse transparait dans toute le texte d'une façon extrêmement puissante, semblant répondre à celle que j'ai perçu à la lecture de la Nuit sera calme par Jacques Gamblin récemment. Une angoisse à laquelle il n'y a pas de réponse ...

Enfin, l'auteur dresse une belle galerie de portraits, comme Mademoiselle Cora, ancienne chanteuse tombée dans l'oubli et que Jean exhorte à sortir de son égoïsme, lui parlant cocassement de la marée noire qui vient de survenir sur les plages bretonnes : "Quand on ne pense pas assez aux autres, on pense trop à son propre cas mademoiselle Cora." Alors que Jean finit par trop penser aux autres et plus assez à lui-même...

Au final, j'ai retrouvé la grande délicatesse et le même ton de voix, toujours un brin désespéré de la Vie devant Soi et de Clair de Femme, mes deux premiers romans de Gary. Cependant, j'ai été un peu déçue car j'ai trouvé ce roman-ci un peu long, l'histoire n'avance pas assez vite et tourne un peu en rond autour du personnage de Jean. Ce qui l'empêche d'être un vrai coup de coeur tout en étant un très bon roman, à découvrir, comme toutes les oeuvres de Gary dont je deviens accroc !
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meeva
  03 avril 2016
Étonnant comme le regard n'est pas du tout le même après une deuxième lecture. Ou après environ vingt ans qui ont passé…

Le roi Salomon est un vieux monsieur de quatre-vingt-quatre ans. Ancien « roi » du prêt-à-porter.
Il vieillit seul et se porte au secours des autres, en finançant un standard d'écoute aux gens en détresse et en offrant des cadeaux à de nombreux gens esseulés.
Il rencontre Jean, jeune bricoleur et chauffeur de taxi et il en fait son chauffeur personnel, souvent chargé d'aller rendre visite aux appelants de SOS.
Jean est rapidement gagné par l'angoisse du roi Salomon, du moins le prétend-il car il est difficile de croire que ce sentiment ne l'habitait pas avant.

On dit qu'un auteur écrit toujours le même livre. C'est tellement vrai pour Romain Gary.
Je suis frappée de la ressemblance entre Jean, le narrateur ici, et Lenny, le personnage principal de « Adieu Gary Cooper ». Sauf que Lenny ne parlait que très peu. C'était, déjà, un jeune qui pouvait passer pour un peu simple, qui avait des difficultés dans ses relations aux autres, qui avait une vision très désabusée – malgré son jeune âge – de la société, qui avait connu beaucoup de femmes et qui tombait amoureux.
Jean semble aussi assez simple, de par son élocution et ses réflexions un peu particulières et son recours systématique aux dictionnaires, comme s'il voulait comprendre ses idées en trouvant la définition des mots qu'il emploie.
Cette manière de parler particulière n'est pas sans rappeler « La vie devant soi » ou « Gros câlin » ou même « Adieu Gary Cooper ».

Gary avait utilisé le thème du « prêt-à-porter » dès « le grand vestiaire », écrit en 1947-1948.
Le prêt-à-porter, c'est les sentiments ou les idées dont les hommes habillent leurs vies.

« - Dès qu'un enfant vient au monde, que fait-il ? Il se met à crier. Il crie, il crie. Eh bien, il crie parce que c'est le prêt-à-porter qui commence… Les peines, les joies, la peur, l'anxiété, pour ne pas parler d'angoisse… la vie et la… enfin, tout le reste. Et les consolations, les espoirs, les choses que l'on apprend dans les livres et qu'on appelle philosophies, au pluriel… et qui sont du prêt-à-porter aussi. Quelquefois, celui-ci est très vieux, toujours le même, et quelquefois on en invente un nouveau, au goût du jour…
Et puis il m'a mis, comme il le fait souvent, une main sur l'épaule d'un geste éducatif, et il s'est tu pour m'encourager, car, des fois, la pire des choses qui peut arriver aux questions, c'est la réponse. »


Jean est chargé par le roi Salomon de rendre visite à Cora Lamenaire, une vielle femme de soixante-quatre ans, chanteuse réaliste avant la guerre, dont la carrière a été gâchée par sa vie amoureuse. Jean va la « baiser » et il s'agit bien d'amour, mais pas pour elle spécialement, c'est de l'amour en général.

On retrouve la solitude, l'amour et la Connerie universels, qui prennent tant de place tout au long de l'oeuvre de Gary.
Mais, depuis quelques années déjà, la vieillesse et de la fin de vie deviennent deux idées plus prégnantes, au fil de romans tels « Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable », « La vie devant soi », « Clair de femme », jusqu'à sûrement virer à l'obsession pour Gary/Ajar.
Croyez-vous Romain Gary assez cynique pour écrire ces lignes en imaginant déjà ce qu'il ferait environ deux ans plus tard ?

« Mon cher garçon, je ne compte plus du tout être remboursé, mais évidemment, d'ici dix-huit mois, ou encore mieux, d'ici dix ou vingt ans, il me serait très agréable de pouvoir en reparler et peut-être de remettre le remboursement à encore quelques années plus tard, dit-il, et cette fois, il s'est mis franchement à rire à l'idée d'être là encore dans dix-huit mois ou dans dix ans, à son âge. »

Gary habite sûrement un peu chacun de ses personnages dans ce livre. Je suppose que c'est Cora Lamenaire qui lui ressemble plus et le roi Salomon doit être celui qu'il essaie de s'imaginer devenir.


Alors peut-être Gary ne fait-il que se répéter dans ce livre. Mais le narrateur, Jean, fait preuve d'une sincérité totale et la candeur qui persiste en lui, pourtant avisé et même « renseigné » sur le monde – pour reprendre une expression qu'affectionne Gary – ne pourra que vous émouvoir.

« Quand on a fini de se répéter mais ce n'est pas moi, ce sont les nazis, ce sont les Cambodgiens, ce sont les… je ne sais pas moi, on finit quand même par comprendre que c'est de nous qu'il s'agit. de nous-mêmes, toujours, partout. D'où culpabilité. »

Toujours trop de lucidité…

Un détail : dès son premier livre (publié), « Éducation européenne », Gary évoquait un trou dans lequel les partisans se cachaient dans la forêt polonaise. Dans « La vie devant soi » c'est madame Rosa qui se cache dans son « trou juif ». Ici le narrateur avoue avoir eu son trou aussi quand il était enfant :

« Quand j'étais môme, j'avais moi aussi creusé un trou dans le jardin et je venais me cacher là-dedans avec une couverture au-dessus de ma tête, pour faire le noir, et je jouais à être bien. »

En osant un humour particulier, je dirais bien que Gary a gardé cette histoire de trou en tête jusqu'à sa fin…





A cause de Cora qui fredonne quelquefois, j'avais envie de finir en chanson. En pensant au grondement de l'océan que Gary évoque si souvent, c'est Jacques Brel qui m'est venu en tête…

« […]
Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour
Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre un tambour
Alors sans avoir rien
Que la force d'aimer
Nous aurons dans nos mains
Amis le monde entier »

Extrait de « Quand on n'a que l'amour », Jacques Brel :
https://www.youtube.com/watch?v=jLVd_mO3yX4


Lien : https://chargedame.wordpress..
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ChrysteleCorbery
  13 février 2018
Le meilleur livre de ce début d'année 2018 pour moi!
Je n'avais jamais rien lu de Romain Gary (alias Emile Ajar), et j'ai été conquise par cette écriture précise, affûtée, si drôle! Car oui, je crois que son but est d'injecter de la légèreté dans le grave avec ce héros qui souffre d'empathie excessive, au point de vouloir soulager la peine de tous, surtout des hommes vieux et des vieilles femmes. Il veut leur prouver que la mort n'est pas si proche, quitte à leur mentir comme un arracheur de dents, dans le don de soi d'un homme qui voudrait sauver le monde. Très touchant, vraiment.
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Laerte
  06 février 2016
Ce qui m'a frappé en lisant ce roman, c'est le parallèle que l'on peut faire avec « La Pitié dangereuse » de Stefan Zweig. Bien sûr, les styles de Zweig et de Gary sont totalement différents mais sinon, le thème est sensiblement le même : un jeune homme se trouve entraîné dans une relation amoureuse dont il ne veut pas et dont il n'ose pas sortir par peur de faire du mal.
Je ne me permettrai pas de faire une analyse des deux auteurs, ce dont je serais incapable. Tout ce que je peux dire, c'est que ces deux-là sont en haut de la liste de mes écrivains préférés. Ils sont pour moi des écrivains majeurs du XXe siècle.
Mais pour en revenir au Roi Salomon, on y retrouve un style assez proche de celui de "La Vie devant soi", à l'exception que la narration est le fait d'un adulte.
J'ai dégusté avec bonheur ce roman plein d'humour et ponctué de petites phrases croustillantes (il n'y a qu'à voir le nombre de citations qu'il a suscité sur Babelio).
Cela me confirme dans l'idée de continuer à visiter l'oeuvre de Romain Gary jusqu'à ce que j'ai tout lu. Je ne suis pas près d'y arriver car il a énormément produit, et ce n'en est que plus réjouissant.
Il est d'ailleurs dommage de constater que les rayons des librairies n'en proposent qu'un choix limité où on retrouve toujours les mêmes titres.
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Didili
  10 novembre 2012
Ma découverte de Romain Gary a commencé en 2005 avec l'excellent "La vie devant soi " un livre que j'ai beaucoup aimé. Une belle histoire entre un petit garçon arabe Momo et une vieille dame juive Madame Rosa.

A l'époque j'avais déjà été surprise par le style de Romain Gary qui prenant comme narrateur Momo en adoptait alors le style et le verbe plutôt haut en couleurs. Ce roman reçut le prix Goncourt en 1975 sous le nom d'Émile Ajar.

Dans l'angoisse du roi Salomon le procédé stylistique est le même sauf que là c'est Jean qui prends la parole avec une gouaille et un style purement fantaisiste. Jean est un accro du dico. dans lequel il cherche toutes les solutions aux différents problèmes.

"Je suis un fana des dictionnaires. C'est le seul endroit au monde où tout est expliqué et où ils ont la tranquillité d'esprit. Ils sont complètement sûrs de tout, là-dedans. "


Monsieur Salomon est un vieux monsieur juif qui n'a pas envie de mourir et qui pour tromper son angoisse aide les autres par ses largesses (il a fait fortune dans le prêt à porter) et la création d'un centre d'appel téléphonique : S.O.S.

Il va recruter Jean pour être son chauffeur et son livreur de cadeaux et aide en tout genre.

Jean est un jeune homme plein d'empathie pour les autres et Monsieur Salomon trouve en lui très certainement ce qu'il a été à son âge. Une belle histoire entre ces deux hommes là va se construire, une belle histoire d'amitié inter-générationnelle.

Il y a le personnage de Cora Lamenaire l'ancienne chanteuse, ex amour de Monsieur Salomon qui va être une femme qui compte dans la vie de ces deux hommes de manière très particulière.

"La chanson réaliste est un genre qui demande beaucoup de malheurs, parce c'est un genre populaire. C'était surtout à la mode au début du siècle, quand il n'y avait pas la sécurité sociale et qu'on mourait beaucoup de misère et de la poitrine, et l'amour avait beaucoup plus d'importance qu'aujourd'hui car il n'y avait ni la voiture, ni la télé, ni les vacances, et lorsqu'on était enfant du peuple, l'amour était tout ce qu'on pouvait avoir de bien."

Il y a aussi des personnages secondaires assez sympas : Chuck, Tong, Aline et Monsieur Tapu entre autre.

" Chuck dit qu'avec l'humour juif, on peut même se faire arracher les dents sans douleur, c'est pourquoi les meilleurs dentistes sont juifs en Amérique. Selon lui, l'humour anglais n'est pas mal non plus comme arme d'autodéfense, c'est ce qu'on appelle les armes froides. l'humour anglais vous permet de rester un gentleman même quand on vous coupe les bras et les jambes, et que tout ce qui reste de vous c'est un gentleman. Chuck peut parle de l'humour pendant des heures parce que c'est un angoissé, lui aussi. "


Chukh énerve parfois Jean :

" C'est lui. C'est lui. Il passe son temps à se branler sur moi. Tantôt il dit que je suis métaphysique, tantôt il dit que je suis historique, tantôt il dit que je suis hystérique, tantôt il dit que je suis névrotique, tantôt il dit que je suis sociologique, tantôt il dit que je suis clinique, tantôt il dit que je suis comique, tantôt il dit que je suis pathologique, tantôt il dit que je ne suis pas assez stoïque, tantôt il dit que je suis catholique, tantôt il dit que je suis mystique, tantôt il dit que je suis lyrique, tantôt il dit que je suis biologique et tantôt il ne dit rien parce qu'il a peur que je lui casse la gueule. "


Dans ce livre il y a avant tout, le temps qui passe, la vieillesse, la peur de la mort, la peur de l'oubli, mais aussi l'amour.

" Quand on a aimé quelqu'un, il reste toujours quelque chose. "

" Quand vous êtes heureux, ça donne de l'importance à la vie, et alors on a encore plus peur de mourir."

Quand on sait que Romain Gary se suicidera peu de temps après la sortie de ce livre on comprends le rapport angoissé que Gary avait par rapport à la vieillesse. Il ne souhaitait pas devenir vieux ...

Un peu finalement à l'inverse de Monsieur Salomon qui nous dit :

Je vous préviens que ça ne se passera pas comme ça. Il est exact que je viens d'avoir quatre-vingt-cinq ans. Mais de là à me croire nul et non avenu, il y a un pas que je vous ne permets pas de franchir. Il y a une chose que je tiens à vous dire. Je tiens à vous dire, mes jeunes amis, que je n'ai pas échappé aux nazis, pendant quatre ans, à la Gestapo, à la déportation, aux rafles pour le Vél' d'Hiv', aux chambres à gaz et à l'extermination pour me laisse faire par une quelconque mort dite naturelle de troisième ordre, sous de miteux prétextes physiologiques. Les meilleures ne sont pas parvenus à m'avoir, alors vous pensez qu'on ne m'aura pas par la routine. Je n'ai pas échappé à l'holocauste pour rien, mes petits amis. J'ai l'intention de vivre vieux, qu'on se le dise ! "


Pour finir je vous dirais que j'ai apprécié ce livre mais que celui ci souffre de quelques répétitions et qu'il m'a paru long à certains moment. Je n'arrivais plus à apprécier Jean et le style m'a apparu un peu lourd parfois ... Néanmoins dans l'ensemble, c'est un livre intéressant.

Je vous invite donc à le lire et si vous ne connaissez pas cet auteur
je vous conseille de lire aussi et surtout le fabuleux "La vie devant soi"
que je garde précieusement pour occuper mes vieux jours.


Lien : http://imagimots.blogspot.fr..
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tiebb
  02 juillet 2015
Ce qui m'a plu:
- une histoire originale et intéressante philosophiquement: comment lutter contre le temps, l'angoisse
- j'ai pas mal ri
- il y a beaucoup de tendresse

Ce qui m'a déplu
- les personnages sont décrits à l'emporte-pièce, trop caricaturaux à mon goût
- la narration dans un style populaire (pourquoi pas mais là ça ne le faisait pas)
- une fin en queue de poisson avec beaucoup de bons sentiments

Bref, je reste dubitative pour ma part; mais je pense qu'il peut plaire beaucoup
et en tout cas je ne le déconseillerai pas.
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nbocklandt
  14 mai 2018
Touchant ! Surprenant par son écriture simpliste, et répétitive (sachant qu'Emil Ajar était quelqu'un d'érudit.) Par la répétition, il nous transmet cette angoisse de l'âge de la vieillesse, de tomber dans l'oubli absolu. Pour cela, le roi Salomon garde les cartes postales de gens qui sont tombés dans l'oubli. C'est un livre curieux, plein de tendresse pour tout le monde (même pour le concierge qui est un roi des cons.)
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myriampele
  30 janvier 2012
Des personnages inoubliables sont nés de la plume d'Emile Ajar...Je pourrais relire ce livre des milliers de fois, et je trouverai toujours matière à philosopher!!!!
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