AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070373673
Éditeur : Gallimard (06/04/1982)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 356 notes)
Résumé :
Deux naufragés de l'existence se rencontrent par hasard et tentent l'impossible : s'unir "le temps d'une révolte, d'une brève lutte, d'un refus du malheur", faire coïncider deux fragments de vie pour continuer de faire semblant de vivre. Tout en restant lucides quant à l'audace, à l'insolence même, de l'entreprise.

En quête d'oubli, Lydia et Michel font ce qu'ils peuvent pour surmonter la douleur d'une perte, imminente pour l'un, récente pour l'autr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  27 mai 2013
Le postulat de départ de " Clair de femme" est tout à fait tragique.
Tout commence par une rencontre entre un homme désespéré dont la femme est en train de mourir, et une femme endeuillée par la perte de sa fillette dont le mari lourdement handicapé est en sursis. Je craignais vraiment que cette fois-ci l'auteur ait un peu " chargé la barque ", pour être franche.
Mais cette rencontre sert avant tout de prétexte à Romain Gary pour disséquer avec brio, à sa manière aigre-douce, ce qu'est un couple, ce qui le soude mais aussi ce qui concourt à le désagréger. Les deux héros du roman, prisonniers chacun de leur indicible douleur, vont chaotiquement se rapprocher pour tenter de survivre et retrouver malgré tout le chemin de l'amour.
Toutes leurs tentatives de partage ou d'éloignement, telle une valse hésitante qui ne trouve pas son tempo, rythment le roman, comme elles rythment les débuts d'un couple. C'est à la fois douloureux ET plein d'espoir : c'est beau et fort bien écrit. J'ai beaucoup apprécié comme toujours avec Romain Gary son sens des formules ciselées qui touche au coeur du vécu et des émotions du lecteur.
Si je devais n'en retenir qu'une ce serait celle-ci :
" La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer ",
formulée par la femme du héros masculin qui sait qu'elle va mourir et lui demande de partir à la rencontre d'une autre femme. Triomphe de l'amour sur la mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          675
Ellane92
  13 novembre 2014
Michel et Yannick sont l'homme et la femme d'un couple de toute une vie. Mais Yannick s'éteint peu à peu, rongée par le cancer. Pour mourir dans la dignité, elle a demandé à Michel de partir. " La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer.", lui a-t-elle dit. Alors Michel part, pas très loin, c'est vrai, il tourne un peu en rond, rongé de l'intérieur, sans savoir quoi faire, et tombe, presque littéralement, sur Lydia, belle et jeune encore, malgré ses cheveux blancs. Elle s'est emmurée dans son chagrin : son mari a eu un accident de voiture, qui a tué leur petite fille, et l'a laissé handicapé, incapable de parler. le temps d'une nuit, leurs solitudes vont se rencontrer, que ce soit dans l'ombre d'une alcôve, sous les Spotlight du cabaret où se produit le Señor Galba qui fait danser les caniches, ou sous les lumières de la réception que donne Sonia, la belle-mère de Lydia.
Voilà quelques semaines que j'ai fini la lecture de ce Clair de femme, et force m'est de constater que ce roman m'émeut toujours autant. Emouvant, mais pas triste malgré le sujet, R. Gary dénonce dans ce roman l'égoïsme ambiant de la société et annonce sa vision d'un couple fusionnel, dans lequel l'homme et la femme s'effacent pour ne plus exister qu'au travers cette entité mystérieuse qu'est le couple " Vous avez vu dans la rue de très vieux couples inséparables qui se soutiennent en marchant ? C'est ça, la part du feu. Moins il reste de chacun, et plus il reste des deux…". Les personnages de Michel et Lydia sont criants de vérité, chacun dans leur rôle, dans leur conception du monde et de la vie. Pour une nuit, ils vont s'approcher, s'éloigner, se comprendre, se confondre et se confronter et qui sait ce qui naitra de leur solitude et de leur détresse ?
Au-delà d'une vision du couple intransigeante, Romain Gary évoque également quelques sujets douloureux comme l'euthanasie, la culpabilité, la peur de vivre aussi, avec pudeur et honnêteté, le tout sous le regard burlesque et pathétique du Señor Galba. L'écriture de Romain Gary est fluide et imagée, les idées et les dialogues s'enchainent, sans que les digressions ou retours en arrière ne freinent la lecture. La formulation des dialogues est particulièrement ciselée, les sentiments sont exposés au lecteur qui ne peut qu'être bouleversé de cette mise à nu de l'âme meurtrie de Michel et de Lydia.
C'est un roman superbe, émouvant et lumineux. A lire !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          493
lecassin
  23 septembre 2012
Il y a des livres qui vous marquent … Pour ma part, « Clair de femme » fait partie de ceux-là. Publié en 1977, peu de temps après un deuxième Prix Goncourt obtenu par romain Gary sous le pseudonyme d'Emile Ajar, on retrouve le Gary des causes taboues : après « Au delà de cette limite… » qui pointait l'impuissance dans le couple, voici, toujours dans le couple, la fin de vie… et après…
Adapté au cinéma en 1979 par Costa-Gavras, sur un scénario de Milan Kundera, avec Romy Schneider, Yves Montand… et Peter Ustinov dans le rôle du Señor Galba , dresseur de chiens, le film n'est pas moins remarquable.
« Clair de femme », c'est une histoire de rencontres.
D'abord celle, impromptue de Michel et de Lydia, sur un trottoir en sortant d'un taxi. En fait la rencontre de deux solitudes : celle de Michel dont la femme se meurt seule et dans la dignité, selon ses dernières volontés ; et celle de Lydia Kowalski qui continue à vivre malgré le décès de sa fille et les séquelles psychiatriques de son mari consécutives à un accident.
Ce sont ensuite celles d'une nuit d'errance et d'attente comme celle avec le Señor Galba qui attend dans la détresse la mort de son chien, ou celle de Sonia, la Russe…
Une nuit d'errance qui finira dans une aube naissante, et qui verra, qui sait, la naissance d'une nouvelle union, celle de Lydia et de Michel ; Michel à qui sa femme, mourante avait demandé : « Je suis obligée de te quitter. Je te serai une autre femme. Va vers elle, trouve-là, donne-lui ce que je te laisse, il faut que cela demeure. La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer.»
Décidément, un Romain Gary en grande forme pour publier en même pas deux ans, deux chef-d'oeuvres : celui-ci et « La vie devant soi, « avec l'aide » d'Emile Ajar.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          430
fredho
  12 novembre 2013
Il y a les mauvaises rencontres qui quand on crève de solitude vous font faire de mauvais choix, et puis il y a la Rencontre celle de deux êtres qui ne pouvaient et ne devaient pas se rater.
Michel et Yannik s'aiment, c'est un amour intact, sans faille comme aux premiers jours.
Malheureusement, le destin est parfois cruel, Yannik atteinte d'un cancer, est condamnée. Tout s'écroule, Michel est paniqué, perdre la seule femme qu'il n'ait jamais aimée, à qui il a tout donné, est une douleur indescriptible et l'idée de partir avec elle lui effleure l'esprit.
Mais Yannik, digne, affronte sa mort avec beaucoup de lucidité, elle va accompagner et préparer son mari à vivre sans elle, elle décide même de mourir seule. Elle ne veut pas que son chagrin envahisse sa vie et que Michel s'enferme derrière un mur de souvenir, sa mort ne doit pas l'empêcher d'aimer à nouveau. Elle lui propose d'aller à la rencontre d'une autre femme, et que tout l'amour qui lui a donné puisse-t-il le donner à une autre.
« Dépense-moi- Donne-moi à une autre. Ainsi ce sera sauvé »
Après sa mort, Yannik s'imagine vivre dans l'idée d'occuper une autre !
Et cette femme, c'est Lydia.
Michel et Lydia se sont heurtés en ouvrant la portière d'un taxi.... un hasard, une chance ou peut-être la Rencontre !
Mais Lydia est une femme meurtrie, quelques mois auparavant, son mari Alain attrape un accident de voiture, tuant leur petite fille et le laissant infirme, son cerveau atteint, il a perdu tout contrôle de langage.
La mort de leur fillette a creusé un fossé entre eux, dorénavant la culpabilité domine leur couple et laisse une certaine aigreur dans leur foyer.
Parmi toutes ces douleurs, Michel et Lydia vont de nouveau apprendre à aimer, mais la mort de Yannik prend beaucoup de place, son absence devient trop présente ce qui complique leur relation.
Michel et Lydia sont comme deux naufragés qui essaient de se secourir...
« Clair de femme » est un hymne à l'amour à l'écriture sensible embellie par de somptueuses citations, un vrai délice.
Une histoire d'hommes, de femmes, de couples mais surtout de victimes de la vie au destin tragique, c'est également l'histoire de deux naufragés qui essaient de se reconstruire ensemble car « deux désespoirs qui se rencontrent cela peut bien faire un espoir ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          412
Malaura
  27 octobre 2011
Sait-on jamais comment naissent les histoires d'amour ?
Le destin frappe sans crier gare, à moins que ce ne soit le hasard, ou encore, peut-être est-ce les dieux-singes qui provoquent ces rencontres impossibles, insensées ?… « Des dieux-singes qui dansent sur notre dos, invisibles, sous couvert de destin, de fatalité, d'aveugle hasard, et nous versons nos vies pour leur verser à boire. Peut-être se réunissent-ils chaque soir, regardent-ils en bas et discutent-ils la qualité du programme » ?...
Entre Michel et Lydia, la rencontre est abrupte comme une collision. Il descend d'un taxi et la heurte en ouvrant la portière, pains, oeufs, lait…sur le trottoir.
Un seul regard et il sait que c'est elle.
Elle, avec ses longs cheveux blancs tumultueux, ses rides autour des yeux, son air désemparé.
Elle, qui remplacera Yannick, la femme chérie, adorée, idolâtrée, avec laquelle il formait le couple parfait mais qui, atteinte d'un cancer incurable, souhaite mourir seule, dans la dignité. Auparavant elle lui a fait promettre de retrouver une autre femme pour « profaner le malheur » et perpétuer l'amour, «je suis obligée de te quitter. Je te serai une autre femme. Va vers elle, trouve-là, donne-lui ce que je te laisse, il faut que cela demeure. La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer.»
Mais Lydia est-elle à même d'accepter cet amour que lui offre Michel, un inconnu rencontré sur le bord d'un trottoir ?
La vérité est que la vie les a jetés aux orties l'un et l'autre…
Six mois plus tôt, le bonheur que Lydia croyait acquis lui a été ravi. Sa petite fille est morte dans un accident de voiture et le conducteur, son mari Alain, en porte irrémédiablement les séquelles. Atteint de jargonaphasie, il a perdu tout contrôle du langage. Lydia se sent honteuse ne plus arriver à aimer ce qu'il est devenu, la culpabilité et le chagrin la rongent.
Alors…alors peut-on entrer en amour comme on entre en résistance ? « Il ne suffit pas d'être malheureux séparément pour être heureux ensemble »…
Pendant toute une nuit, ces deux-là vont s'aimer, se découvrir, s'épauler, s'entraider, se raccrocher l'un à l'autre, unir leur détresse, laisser parler leur coeur, partager leur vision du couple et de l'amour.
Ces « deux désespoirs qui se rencontrent » pourront-ils devenir un espoir pour demain ?
Si le sujet est triste, grave et douloureux, Romain Gary réussit à en délivrer une très jolie histoire douce-amère, aux ambiances tamisées, aux contours clairs, harmonieux, chargés d'espoir.
Au côté de ces deux êtres en déroute, des personnages loufoques et pathétiques - comme Sonia la russe ou Señor Galba le dresseur de chiens - soulagent un peu la souffrance, impriment un brin de drôlerie et apportent une touche de gaité par leur exubérance et leur loquacité.
La rencontre de Michel et de Lydia se déploie au gré de nombreux dialogues pleins de finesse, d'à-propos, d'un sens de la formule et de l'ironie douce, venant atténuer l'austérité du deuil, de la perte et de l'affliction.
Adapté au cinéma en 1979 par Costa-Gavras, sur un scénario de Milan Kundera, avec Romy Schneider et Yves Montand dans les rôles-titres, « Clair de femme » combine force et faiblesse, désespoir et détermination, instants poignants de détresse et moments de dérision.
Romain Gary, qui avait pris sa revanche face aux critiques assassines en obtenant un second Prix Goncourt avec le beau roman « La vie devant soi » écrit sous le pseudonyme d'Emile Ajar, offre avec « Clair de femme » un très bel hymne à l'amour, et particulièrement un hommage au couple, cette patrie où « un homme vit une femme et une femme vit un homme ».
De très belles phrases que l'on aimerait toutes citer, émaillent ce récit profondément tendre et émouvant, sensible et subtil.
Auteur de nombreux romans, « Les racines du ciel », « Charge d'âme », « Les cerfs-volants »…celui qui refusait de vieillir s'est suicidé le 2 décembre 1980 en se tirant une balle dans la bouche.
« Lorsqu'on a aimé une femme de tous ses yeux, de tous ses matins, de toutes les forêts, champs, sources et oiseaux, on sait qu'on ne l'a pas encore aimée assez et que le monde n'est qu'un commencement de tout ce qui vous reste à faire. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
Citations et extraits (167) Voir plus Ajouter une citation
lanardlanard   25 août 2010
p. 43
Comment veux-tu distinguer le faux du vrai, quand on crève de solitude? On rencontre un type, on essaie de le rendre intéressant, on l’invente complètement, on l’habille de qualités des pieds à la tête, on ferme les yeux pour mieux le voir, il essaie de donner le change, vous aussi, s’il est beau et con on le trouve intelligent, s’il vous trouve conne, il se sent intelligent, s’il remarque que vous avez les seins qui tombent, il vous trouve de la personnalité, si vous commencez à sentir que c’est un plouc, vous vous dites qu’il faut l’aider, s’il est inculte, vous en avez assez pour deux, s’il veut faire ça tout le temps, vous vous dites qu’il vous aime, s’il n’est pas très porté là-dessus, vous vous dites que ce n’est pas ça qui compte, s’il est radin, c’est parce qu’il a eut une enfance pauvre, s’il est mufle, vous vous dites qu’il est nature, et vous continuez ainsi à faire les pieds et des mains pour nier l’évidence, alors que ça crève les yeux et c’est ce que l’on appelle les problèmes du couple, le problème du couple, quand il n’est plus possible de s’inventer l’un l’autre, et alors, c’est le chagrin, la rancune, la haine, les débris que l’on essaie de faire tenir ensemble à cause des enfants ou tout simplement parce qu’on préfère encore être dans la merde que de se retrouver seule.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          931
fredhofredho   11 novembre 2013
Tu savais bien que je ne pourrais vivre sans toi, et c'est ainsi que tu lui as fait beaucoup de place. Je ne lui parlerai plus jamais de toi, comme je te l'ai promis, parce que tu ne voulais pas l'encombrer d'une autre, tu ne voulais pas lui imposer tes goûts, tes habitudes, tu voulais qu'elle soit libre de toute référence. Je cacherai toutes les photos et tous les objets que tu as aimés, je ne vivrai pas de mémoire. Il me suffira toujours de voir les forêts, les champs, les mers, les continents, le monde, pour aimer le peu qui me reste de toi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
thursdaynextthursdaynext   21 novembre 2010
Je croyais pourtant que, vu de l'extérieur je n'étais pas trop visible.

A chaque minutes qui passait, il restait de moins en moins de moi-même, mais il y a aujourd'hui des pneus crevés qui peuvent faire encore mille kilomètres.

Il vaut peut-être mieux qu'on se parle, parce que sans ça, les choses vont beaucoup trop vite nulle part et après, il faut revenir...

Prêter à rire, il n'y a rien de plus généreux.

Il fouilla dans son portefeuille, tira encore une carte de visite...
- Vous me l'avez déjà donnée, répétai-je
Il multipliait les preuves d'existence.

Elle m'observait attentivement, médicalement pour ainsi dire. C'était une curiosité légitime, lorsqu'on reçoit un inconnu qui présente tous les signes extérieurs d'un naufrage. Elle devait se demander s'il y avait d'autres survivants.

Je n'avais encore jamais vu un sourire aussi immuable et je me demandais si elle l'enlevait pour dormir.

Tout le monde aujourd'hui exige d'être heureux... même les Juifs !

Elle conduisait très lentement, comme si elle craignait d'arriver quelque part.

Les vérités ne sont pas toutes habitables. Souvent, il n'y a pas de chauffage et on y crève de froid.

Nous "reprendrons nos esprits", comme on dit chez les lucides, ces lucides dont le nom lui-même sonne comme des graisses dans le sang.

Il se tut et attendit, comme pour me laisser le temps de fouiller ma vie à la recherche d'une réplique.

Je faisais une remarque optimiste d'une portée générale.

Elle m'observa attentivement et décida que je pouvais encore servir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
OlivierH77OlivierH77   25 février 2015
Towarski attendit quelques instants, écoutant très attentivement, puis replia une jambe, le genou en l'air, et resta ainsi un moment sans aucune raison apparente.
-Cloclo baba pisse pisse macache, dit-il, et il eut un geste aimable vers la moquette, comme pour m'inviter à m'asseoir.
- Merci, dis-je, car cela ne pouvait faire de mal.
Le garde du corps avait posé Rikiki sur un guéridon et s'était levé.
- Petit pouce mordieu asticot tac tac ? demanda Towarski.
Je jetai un coup d'oeil autour de moi, mais il n'y avait rien à boire.
- Gardafui fonce pilate et couscous agaga, dit Towarski. La bébine, ma foi. Polygone de Vincennes ?
C'était décidément un bavard.
- Camomelle ou la la, hypogramme et grenouille. La cocache a blapi mais la grute a pcha pcha...pchi pchi...a poupette...
J'en avais marre. Je savais que c'était une sale nuit à passer, mais je n'avais pas à ce point besoin de divertissement.
- Zip-zip, dis-je. Pouëte pouëte. Apsia psia.
Towarski parut enchanté.
- Mon pruneau bidule a touché Montaigu, m'informa-t-il. Clarinette à os et rouba ba ba ba.
Sonia était heureuse.
- Tu vois, Lydotchka, Alain prononce maintenant des mots entiers, très cohérents...
- Perrette choucha tête, déclara Towarski.
Les chabigots bchappis des abbèches...
- Nous apprenons ensemble les fables de La Fontaine, expliqua Sonia. C'est un excellent exercice.
- Biyoneau des Carpates la clapoque vec la bouche...
Merde, pensai-je. C'est peut-être un poète. Je connaissais mal les modernes, je m'étais arrêté à Eluard.


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
CoCo   24 septembre 2008
"Je t'ai appelé et je te parle parce que je suis incapable de penser, et les mots sont justement là pour nous dépanner. Les mots sont des espèces de ballons d'air qui te permettent de flotter à la surface. Je te téléphone pour essayer de me trouver au bout du fil."

"Yannik, comment est-ce possible, après tant d'années, et c'est toujours là, intact, comme aux premiers jours? Ils disent pourtant : tout passe, tout casse, tout lasse...

C'est seulement chez ceux qui ne font que passer, casser, se lasser...

(...)

C'est paraît-il souvent très difficile, douloureux, ça se décolle, ça fait eau. ça fout le camp...

Ecoute, Michel, qu'est-ce que c'est cette idée de me réveiller au milieu de la nuit pour me parler des problèmes du couple? C'est la paella qui t'est restée sur l'estomac?

Je veux savoir pourquoi on a pas de problèmes du couple, bon sang!

Il y a de mauvaises rencontres, c'est tout. A moi aussi, ça m'est arrivé. A toi aussi. Comment veux-tu distinguer le faux du vrai, quand on crève de solitude? "
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Romain Gary (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Gary
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 12 janvier 2018 :
- Vie de David Hockney de Catherine Cusset aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/103782-divers-litterature-vie-de-david-hockney.html
- Traité de savoir-rire à l'usage des embryons4 janvier 2018 de Anne AKRICH aux éditions Julliard https://www.lagriffenoire.com/102855-romans-traite-de-savoir-rire-a-l-usage-des-embryons.html
- Par amour de Valérie Tong Cuong aux éditions du Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=100958&id_rubrique=368
- Deux remords de Claude Monet de Michel Bernard aux éditions La Table Ronde https://www.lagriffenoire.com/49683-divers-litterature-deux-remords-de-claude-monet.html
- Romain Gary s'en va-t-en guerre de Laurent Seksik aux éditions Flammarion https://www.lagriffenoire.com/67180-divers-litterature-romain-gary-s-en-va-t-en-guerre.html
- Peggy dans les phares de Marie-Eve Lacasse aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/103270-divers-litterature-peggy-dans-les-phares.html
- Les enfants du dernier salut de Brull-Ullmann Colette et Jean-Christophe Portes aux éditions City https://www.lagriffenoire.com/99913-divers-histoire-les-enfants-du-dernier-salut.html
Vous pouvez commander cette sélection sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
+ Lire la suite
autres livres classés : amourVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Tout sur Romain Gary

Dans quelle ville est né Romain Gary ?

Kaunas
Riga
Vilnius
Odessa

12 questions
389 lecteurs ont répondu
Thème : Romain GaryCréer un quiz sur ce livre
. .