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ISBN : 2070373673
Éditeur : Gallimard (06/04/1982)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 371 notes)
Résumé :
Deux naufragés de l'existence se rencontrent par hasard et tentent l'impossible : s'unir "le temps d'une révolte, d'une brève lutte, d'un refus du malheur", faire coïncider deux fragments de vie pour continuer de faire semblant de vivre. Tout en restant lucides quant à l'audace, à l'insolence même, de l'entreprise.

En quête d'oubli, Lydia et Michel font ce qu'ils peuvent pour surmonter la douleur d'une perte, imminente pour l'un, récente pour l'autr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  27 mai 2013
Le postulat de départ de " Clair de femme" est tout à fait tragique.
Tout commence par une rencontre entre un homme désespéré dont la femme est en train de mourir, et une femme endeuillée par la perte de sa fillette dont le mari lourdement handicapé est en sursis. Je craignais vraiment que cette fois-ci l'auteur ait un peu " chargé la barque ", pour être franche.
Mais cette rencontre sert avant tout de prétexte à Romain Gary pour disséquer avec brio, à sa manière aigre-douce, ce qu'est un couple, ce qui le soude mais aussi ce qui concourt à le désagréger. Les deux héros du roman, prisonniers chacun de leur indicible douleur, vont chaotiquement se rapprocher pour tenter de survivre et retrouver malgré tout le chemin de l'amour.
Toutes leurs tentatives de partage ou d'éloignement, telle une valse hésitante qui ne trouve pas son tempo, rythment le roman, comme elles rythment les débuts d'un couple. C'est à la fois douloureux ET plein d'espoir : c'est beau et fort bien écrit. J'ai beaucoup apprécié comme toujours avec Romain Gary son sens des formules ciselées qui touche au coeur du vécu et des émotions du lecteur.
Si je devais n'en retenir qu'une ce serait celle-ci :
" La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer ",
formulée par la femme du héros masculin qui sait qu'elle va mourir et lui demande de partir à la rencontre d'une autre femme. Triomphe de l'amour sur la mort.
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Ellane92
  13 novembre 2014
Michel et Yannick sont l'homme et la femme d'un couple de toute une vie. Mais Yannick s'éteint peu à peu, rongée par le cancer. Pour mourir dans la dignité, elle a demandé à Michel de partir. " La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer.", lui a-t-elle dit. Alors Michel part, pas très loin, c'est vrai, il tourne un peu en rond, rongé de l'intérieur, sans savoir quoi faire, et tombe, presque littéralement, sur Lydia, belle et jeune encore, malgré ses cheveux blancs. Elle s'est emmurée dans son chagrin : son mari a eu un accident de voiture, qui a tué leur petite fille, et l'a laissé handicapé, incapable de parler. le temps d'une nuit, leurs solitudes vont se rencontrer, que ce soit dans l'ombre d'une alcôve, sous les Spotlight du cabaret où se produit le Señor Galba qui fait danser les caniches, ou sous les lumières de la réception que donne Sonia, la belle-mère de Lydia.
Voilà quelques semaines que j'ai fini la lecture de ce Clair de femme, et force m'est de constater que ce roman m'émeut toujours autant. Emouvant, mais pas triste malgré le sujet, R. Gary dénonce dans ce roman l'égoïsme ambiant de la société et annonce sa vision d'un couple fusionnel, dans lequel l'homme et la femme s'effacent pour ne plus exister qu'au travers cette entité mystérieuse qu'est le couple " Vous avez vu dans la rue de très vieux couples inséparables qui se soutiennent en marchant ? C'est ça, la part du feu. Moins il reste de chacun, et plus il reste des deux…". Les personnages de Michel et Lydia sont criants de vérité, chacun dans leur rôle, dans leur conception du monde et de la vie. Pour une nuit, ils vont s'approcher, s'éloigner, se comprendre, se confondre et se confronter et qui sait ce qui naitra de leur solitude et de leur détresse ?
Au-delà d'une vision du couple intransigeante, Romain Gary évoque également quelques sujets douloureux comme l'euthanasie, la culpabilité, la peur de vivre aussi, avec pudeur et honnêteté, le tout sous le regard burlesque et pathétique du Señor Galba. L'écriture de Romain Gary est fluide et imagée, les idées et les dialogues s'enchainent, sans que les digressions ou retours en arrière ne freinent la lecture. La formulation des dialogues est particulièrement ciselée, les sentiments sont exposés au lecteur qui ne peut qu'être bouleversé de cette mise à nu de l'âme meurtrie de Michel et de Lydia.
C'est un roman superbe, émouvant et lumineux. A lire !
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fredho
  12 novembre 2013
Il y a les mauvaises rencontres qui quand on crève de solitude vous font faire de mauvais choix, et puis il y a la Rencontre celle de deux êtres qui ne pouvaient et ne devaient pas se rater.
Michel et Yannik s'aiment, c'est un amour intact, sans faille comme aux premiers jours.
Malheureusement, le destin est parfois cruel, Yannik atteinte d'un cancer, est condamnée. Tout s'écroule, Michel est paniqué, perdre la seule femme qu'il n'ait jamais aimée, à qui il a tout donné, est une douleur indescriptible et l'idée de partir avec elle lui effleure l'esprit.
Mais Yannik, digne, affronte sa mort avec beaucoup de lucidité, elle va accompagner et préparer son mari à vivre sans elle, elle décide même de mourir seule. Elle ne veut pas que son chagrin envahisse sa vie et que Michel s'enferme derrière un mur de souvenir, sa mort ne doit pas l'empêcher d'aimer à nouveau. Elle lui propose d'aller à la rencontre d'une autre femme, et que tout l'amour qui lui a donné puisse-t-il le donner à une autre.
« Dépense-moi- Donne-moi à une autre. Ainsi ce sera sauvé »
Après sa mort, Yannik s'imagine vivre dans l'idée d'occuper une autre !
Et cette femme, c'est Lydia.
Michel et Lydia se sont heurtés en ouvrant la portière d'un taxi.... un hasard, une chance ou peut-être la Rencontre !
Mais Lydia est une femme meurtrie, quelques mois auparavant, son mari Alain attrape un accident de voiture, tuant leur petite fille et le laissant infirme, son cerveau atteint, il a perdu tout contrôle de langage.
La mort de leur fillette a creusé un fossé entre eux, dorénavant la culpabilité domine leur couple et laisse une certaine aigreur dans leur foyer.
Parmi toutes ces douleurs, Michel et Lydia vont de nouveau apprendre à aimer, mais la mort de Yannik prend beaucoup de place, son absence devient trop présente ce qui complique leur relation.
Michel et Lydia sont comme deux naufragés qui essaient de se secourir...
« Clair de femme » est un hymne à l'amour à l'écriture sensible embellie par de somptueuses citations, un vrai délice.
Une histoire d'hommes, de femmes, de couples mais surtout de victimes de la vie au destin tragique, c'est également l'histoire de deux naufragés qui essaient de se reconstruire ensemble car « deux désespoirs qui se rencontrent cela peut bien faire un espoir ».
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lecassin
  23 septembre 2012
Il y a des livres qui vous marquent … Pour ma part, « Clair de femme » fait partie de ceux-là. Publié en 1977, peu de temps après un deuxième Prix Goncourt obtenu par romain Gary sous le pseudonyme d'Emile Ajar, on retrouve le Gary des causes taboues : après « Au delà de cette limite… » qui pointait l'impuissance dans le couple, voici, toujours dans le couple, la fin de vie… et après…
Adapté au cinéma en 1979 par Costa-Gavras, sur un scénario de Milan Kundera, avec Romy Schneider, Yves Montand… et Peter Ustinov dans le rôle du Señor Galba , dresseur de chiens, le film n'est pas moins remarquable.
« Clair de femme », c'est une histoire de rencontres.
D'abord celle, impromptue de Michel et de Lydia, sur un trottoir en sortant d'un taxi. En fait la rencontre de deux solitudes : celle de Michel dont la femme se meurt seule et dans la dignité, selon ses dernières volontés ; et celle de Lydia Kowalski qui continue à vivre malgré le décès de sa fille et les séquelles psychiatriques de son mari consécutives à un accident.
Ce sont ensuite celles d'une nuit d'errance et d'attente comme celle avec le Señor Galba qui attend dans la détresse la mort de son chien, ou celle de Sonia, la Russe…
Une nuit d'errance qui finira dans une aube naissante, et qui verra, qui sait, la naissance d'une nouvelle union, celle de Lydia et de Michel ; Michel à qui sa femme, mourante avait demandé : « Je suis obligée de te quitter. Je te serai une autre femme. Va vers elle, trouve-là, donne-lui ce que je te laisse, il faut que cela demeure. La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer.»
Décidément, un Romain Gary en grande forme pour publier en même pas deux ans, deux chef-d'oeuvres : celui-ci et « La vie devant soi, « avec l'aide » d'Emile Ajar.
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Malaura
  27 octobre 2011
Sait-on jamais comment naissent les histoires d'amour ?
Le destin frappe sans crier gare, à moins que ce ne soit le hasard, ou encore, peut-être est-ce les dieux-singes qui provoquent ces rencontres impossibles, insensées ?… « Des dieux-singes qui dansent sur notre dos, invisibles, sous couvert de destin, de fatalité, d'aveugle hasard, et nous versons nos vies pour leur verser à boire. Peut-être se réunissent-ils chaque soir, regardent-ils en bas et discutent-ils la qualité du programme » ?...
Entre Michel et Lydia, la rencontre est abrupte comme une collision. Il descend d'un taxi et la heurte en ouvrant la portière, pains, oeufs, lait…sur le trottoir.
Un seul regard et il sait que c'est elle.
Elle, avec ses longs cheveux blancs tumultueux, ses rides autour des yeux, son air désemparé.
Elle, qui remplacera Yannick, la femme chérie, adorée, idolâtrée, avec laquelle il formait le couple parfait mais qui, atteinte d'un cancer incurable, souhaite mourir seule, dans la dignité. Auparavant elle lui a fait promettre de retrouver une autre femme pour « profaner le malheur » et perpétuer l'amour, «je suis obligée de te quitter. Je te serai une autre femme. Va vers elle, trouve-là, donne-lui ce que je te laisse, il faut que cela demeure. La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer.»
Mais Lydia est-elle à même d'accepter cet amour que lui offre Michel, un inconnu rencontré sur le bord d'un trottoir ?
La vérité est que la vie les a jetés aux orties l'un et l'autre…
Six mois plus tôt, le bonheur que Lydia croyait acquis lui a été ravi. Sa petite fille est morte dans un accident de voiture et le conducteur, son mari Alain, en porte irrémédiablement les séquelles. Atteint de jargonaphasie, il a perdu tout contrôle du langage. Lydia se sent honteuse ne plus arriver à aimer ce qu'il est devenu, la culpabilité et le chagrin la rongent.
Alors…alors peut-on entrer en amour comme on entre en résistance ? « Il ne suffit pas d'être malheureux séparément pour être heureux ensemble »…
Pendant toute une nuit, ces deux-là vont s'aimer, se découvrir, s'épauler, s'entraider, se raccrocher l'un à l'autre, unir leur détresse, laisser parler leur coeur, partager leur vision du couple et de l'amour.
Ces « deux désespoirs qui se rencontrent » pourront-ils devenir un espoir pour demain ?
Si le sujet est triste, grave et douloureux, Romain Gary réussit à en délivrer une très jolie histoire douce-amère, aux ambiances tamisées, aux contours clairs, harmonieux, chargés d'espoir.
Au côté de ces deux êtres en déroute, des personnages loufoques et pathétiques - comme Sonia la russe ou Señor Galba le dresseur de chiens - soulagent un peu la souffrance, impriment un brin de drôlerie et apportent une touche de gaité par leur exubérance et leur loquacité.
La rencontre de Michel et de Lydia se déploie au gré de nombreux dialogues pleins de finesse, d'à-propos, d'un sens de la formule et de l'ironie douce, venant atténuer l'austérité du deuil, de la perte et de l'affliction.
Adapté au cinéma en 1979 par Costa-Gavras, sur un scénario de Milan Kundera, avec Romy Schneider et Yves Montand dans les rôles-titres, « Clair de femme » combine force et faiblesse, désespoir et détermination, instants poignants de détresse et moments de dérision.
Romain Gary, qui avait pris sa revanche face aux critiques assassines en obtenant un second Prix Goncourt avec le beau roman « La vie devant soi » écrit sous le pseudonyme d'Emile Ajar, offre avec « Clair de femme » un très bel hymne à l'amour, et particulièrement un hommage au couple, cette patrie où « un homme vit une femme et une femme vit un homme ».
De très belles phrases que l'on aimerait toutes citer, émaillent ce récit profondément tendre et émouvant, sensible et subtil.
Auteur de nombreux romans, « Les racines du ciel », « Charge d'âme », « Les cerfs-volants »…celui qui refusait de vieillir s'est suicidé le 2 décembre 1980 en se tirant une balle dans la bouche.
« Lorsqu'on a aimé une femme de tous ses yeux, de tous ses matins, de toutes les forêts, champs, sources et oiseaux, on sait qu'on ne l'a pas encore aimée assez et que le monde n'est qu'un commencement de tout ce qui vous reste à faire. »
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Citations et extraits (198) Voir plus Ajouter une citation
MathildeAuMathildeAu   08 juin 2018
Elle est inquiète, il faut du temps, nous sommes encore un peu étrangers l'un à l'autre, hésitants, incertains, il nous manque des discordes, des différends, des heurts, la découverte de nos travers, défauts et petitesses, toutes ces incompatibilités qui nous permettront de mieux nous sculpter l'un dans l'autre, de bricoler nos rapports, de nous ajuster, d'épouser peu à peu nos formes respectives, et la tendresse vient alors enrichir ce qui manque à l'un par ce qui manque à l'autre...
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MathildeAuMathildeAu   08 juin 2018
Je crois que j'ai un côté canaille : j'ai encore envie d'être heureux. Evidemment, il y a l'épuisement, les nerfs qui craquent et... vous. Je ne sais pas ce que c'est, la féminité. Peut-être est-ce seulement une façon d'être un homme. Mais un homme libre de femme, une femme libre d'homme souffrent dans leur moitié de vie jusqu'à ce que ça s'enfle et prenne toute la place. Le malheur fait bien sa propagande : indépendance, indépendance. Hommes, femmes, pays, nous avons été à ce point infectés d'indépendance que nous ne sommes même pas devenus indépendants : nous sommes devenus infects.
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MathildeAuMathildeAu   08 juin 2018
- Il n'y a rien de plus pénible qu'une couple qui se désagrège, qui traîne, alors que ça fait eau... Dans ces cas-là, il vaut mieux finir d'un seul coup.
- Ce qui désagrège un couple finit par le souder encore davantage. Les difficultés qui éloignent finissent par rapprocher ou alors, ce n'était pas un couple. Deux malheureux qui ont fait une erreur d'aiguillage et qui se sont trouvés ensemble...
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MathildeAuMathildeAu   08 juin 2018
On ne va pas commencer par déplacer les montagnes. Soyez tranquille, les montagnes viendront nous trouver. Si vous croyez qu'il y a chez moyen ce moment un côté "à votre bon coeur, madame", vous vous trompez. Et je ne vous dis pas : "Je vous aime". Je dis : essayons. Il n'y a aucune raison de respecter le malheur. Aucune.
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MathildeAuMathildeAu   08 juin 2018
Et je ne vous dis pas que l'on ne peut pas vivre sans amour : on peut, et c'est même ce qu'il y a de si dégueulasse. Les organes continuent à assurer la bonne marche physiologique et le simulacre peut se prolonger longtemps, jusqu'au moment où la fin du fonctionnement rend le cadavre légitime.
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