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EAN : 9782070313525
240 pages
Gallimard (12/02/2004)
3.64/5   119 notes
Résumé :
«Après avoir signé plusieurs centaines de fois, si bien que la moquette de ma piaule était recouverte de feuilles blanches avec mon pseudo qui rampait partout, je fus pris d'une peur atroce : la signature devenait de plus en plus ferme, de plus en plus elle-même, pareille, identique, telle quelle, de plus en plus fixe. Il était là. Quelqu'un, une identité, un piège à vie, une présence d'absence, une infirmité, une difformité, une mutilation, qui prenait possession, ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Levant
  25 juin 2020
Tu t'es bien moqué de moi Émile, ou Paul, ou tant d'autres noms derrière lesquels tu brouilles les pistes tout au long de ces quelques deux cents pages. Tu t'es bien moqué de moi pour m'avoir mis sous les yeux ce galimatias de fulgurances schizophréniques.
J'ai bien cru avoir à faire avec un dingo. J'avais fait confiance à la notoriété d'un Goncourisé, un certain Ajar. J'apprends qu'Ajar n'est qu'un pseudo. Qui cache un certain Paul. Paul Pavlowitch. Qui pourrait bien être encore quelqu'un d'autre. Attention un auteur peut en cacher un autre. Ne franchissez cette limite qu'après avoir regardé de tous côtés. Vous êtes cernés par les pseudos, au point que dans le corps du texte tu enfonces le clou et te fais appeler pseudo-pseudo. Faut-il y mettre la majuscule ?
Il faut être sûr de soi pour faire avaler pareille potion à un éditeur. Qui lui-même la glissera dans le gosier des tourneurs de pages crédules. Ils auront acquis cet ouvrage sur une couverture. Car en le feuilletant sur l'étal du libraire ils auront reconnu quelques formules au cynisme assassin comme ils les aiment. Comme on achète un vin sur l'étiquette. Gare au gogo ignorant des cépages et des crus, il pourrait bien avaler de la piquette.
Je m'étais régalé avec La vie devant soi, amusé d'une certaine loufoquerie avec Gros-câlin. Quand j'ai retrouvé Émile Ajar avec Pseudo, je n'ai pas hésité. J'ai bien cru y reconnaître un furieux sens de la dérision, lequel m'a rappelé un certain Romain Gary. Tu vois de qui je veux parler, un Prix Goncourt lui-aussi. Mais je me suis convaincu que tu n'aurais quand même pas osé.
Oser faire un pied de nez pareil à l'Académie, pour leur refiler un autre chef-d'oeuvre sous le manteau, subrepticement comme ça. Comme quelqu'un qui aurait le talent chevillé à l'âme aussi vrai que moi j'ai le doute. Mais Gary n'aurait jamais fait ça.
Tu t'es bien foutu de moi, mais je te pardonne. Je suis beau joueur. J'ai bien conscience que lorsqu'on est arrivé au sommet, on ne peut que redescendre. Alors forcément ça angoisse. Parce qu'un troisième prix Goncourt sous un autre pseudo, ce n'était plus possible. Tu commençais bien à te rendre compte que certains affranchis dans les milieux littéraires affichaient un sourire pincé par la suspicion. de la jalousie à n'en pas douter.
Je ne t'en veux pas parce qu'avec tout ce que tu nous avais déjà offert sous tant de masques grotesques on retrouvait toujours ce même regard insondable. On le savait scruter son intérieur obscur, en quête des mots assez forts pour nous dire à quel point ce qu'il voyait à l'extérieur lui faisait peur.
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meeva
  23 octobre 2015
Eh ! Toi ! Tu viens faire pseudo-pseudo avec moi…
- Oh, mon Dieu ! Crée moi… gémit Adam.
- Crées-toi toi-même, répondit Dieu.
Et Dieu créa la femme.
Et Adam se créa des tas d'emmerdements…
En 1937, Kacew décide de créer le Roman de sa vie.
Il extrait le vin des morts mais il a soif de reconnaissance, son talent restant dans l'ombre.
Il brûle de devenir Romain Gary de par son éducation européenne : Adieu Gary Cooper.
Monté tout en haut aux racines du ciel, il se fait à l'aube une promesse : la nuit sera calme.
En attendant, il est entré dans la danse de Gengis Cohn et tourne un peu en rond, il fait des noeuds, s'étouffe et s'éteint.
Mais il reste des braises. Alors, enchanteur, à l'occasion d'un gros câlin, il crée Emile Ajar.
Le feu reprend quelquefois dans cette nuit calme, au clair de femme, mais au-delà de cette limite, son ticket n'est plus valable, alors qu'Ajar, lui, a la vie devant soi.
C'est alors qu'il décide de faire pseudo-pseudo avec Paul-Alex Pavlowitch, couverture nécessaire au risque d'étouffer les braises.
Paul-Alex Pavlowitch fait dans ce livre le récit de la genèse d'Emile Ajar.
Schizophrène mâtiné de paranoïaque, Paul-Alex se trouve dans l'obligation d'écrire par réalisme et refus de « bêlant-lyrisme ».
Pour cette raison, il se fait soigner par différents psy qui ont pour mission de le soulager du poids du monde.
« J'ai failli pisser de joie. Je pisse toujours hors de propos. Je rêve de soulagement. »
Pavlowitch a donc toutes les raisons du monde de ne pas vouloir se faire repérer, dictatures, génocides, guerres… et il se cache derrière Emile Ajar.
Il parle souvent de Gary, « tonton Macoute », personnage cynique qui cache une fausse paternité. La fausse paternité concerne plus Ajar que Pavlowitch, mais nous ne sommes pas censé le savoir et en plus c'est un mensonge.
L'occasion dans ce livre de démentir toute forme de canular au sujet de l'écriture de « Gros câlin » et de « La vie devant soi ».
C'est bien lui, Pavlowitch, qui a écrit ces livres, n'en déplaise à tonton Macoute ou au psychiatre qui cherchent à le piéger pour qu'il continue à écrire.
« le directeur littéraire a été très gentil avec moi. Il m'a simplement dit une fois que « ça n'a pas empêché Hölderlin de faire une immense oeuvre poétique ». Je ne sais pas ce qu'il entendait par « ça ». Tout ce que je sais c'est qu'Hölderlin est resté fou près de trente ans et c'est beaucoup trop cher, comme prix littéraire. Aucune oeuvre poétique ne vaut ça. »
Roman très subtil lorsque l'on sait que Gary et Ajar ne font qu'un.
L'écriture nous emmène vraiment dans la folie supposée de l'auteur, d'un bout à l'autre.
Réflexion, au passage, sur la responsabilité, la culpabilité de l'homme en tant que représentant de l'espèce humaine, thème qui aura suivi Gary toute sa vie littéraire, donc toute sa vie.
On retrouve ici tout le sens de la formule de Gary, mais bien sûr, il est sûrement plus facile de le voir une fois que l'on sait qu'il s'agit bien de Gary.
« - Allons, allons. Les fous, oui. Il y a surtout des millions de gens qui gardent le silence parce qu'ils ont toute leur raison et ils savent que ce n'est pas la peine d'appeler au secours. Que c'est même dangereux, il y aurait des représailles. »
Et la folie de ce livre ressort bien plus quand on sait que Kacew s'était enfermé dans Gary, lui-même enfermant Ajar, mais secrètement.
« Il faut se lever tôt pour m'avoir. Malheureusement, le jour se lève tôt. »
Malheureusement, oui…
« Ceci est mon dernier livre. » conclut Pavlowitch-Ajar-Gary-Kacew.
Cet homme est-il digne de confiance ?
Un petit air, pour l'océan et parce qu'il repose l'esprit…
« Sittin in the morning sun,
I'll be sittin' when the evening come,
Watching the ships roll in,
And I'll watch 'em roll away again, yeah,
I'm sittin' on the dock of the bay,
Watching the tide roll away, ouh,
I'm just sittin' on the dock of the bay,
Wasting time.
[…]”
Extrait de “Sitting on the dock of the bay”, Ottis Redding :
https://www.youtube.com/watch?v=PyxLaHmOaYM
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Mouche307
  05 octobre 2022
Est-ce Paul Pavlowitch qui se prend pour Emile Ajar ou Emile Ajar qui se prend pour Romain Gary ? Virtuose mascarade.
Pour le lecteur de 1976, Pseudo est peut-être un moyen de lever le voile et de confirmer qu'Emile Ajar est bien le nom de plume de Paul Pavlowitch. Mais pour le lecteur d'après 1981, c'est plutôt Romain Gary qui prend la plume pour se disculper d'être Emile Ajar, et ce faisant, contribue à légitimer l'existence controversée du même Emile Ajar. Schizophrénie totale.
Dans cette spirale infernale, on ne sait plus qui est qui, qui est créateur, qui est créature, les miroirs ne renvoyant que reflets masqués et non conformes. Tout se mêle, les liens familiaux, les liens littéraires, les parentés et les inimitiés, le père qu'on voudrait tuer, le double qu'on voudrait renier, le lecteur qu'on voudrait semer. Avec ce talent qui est le sien (mais de qui, au juste ?), l'auteur donne à chaque phrase ou presque une double lecture possible, à chaque signe, une correspondance, dans une mise en abyme de l'écriture où les personnages eux-mêmes se livrent à l'activité de "pseudo-pseudo" dont on ne sait pas très bien en quoi elle consiste : faire semblant qu'on est un autre ? Ne pas révéler qu'on n'est qu'un seul ?
Emile Ajar, qui signe ce livre, reconnaît qu'il n'est qu'un pseudo. Pourtant, il essaie de vivre et de montrer sa réalité, ou comment il s'est emparé de l'âme de Paul Pavlowitch. C'est donc Romain Gary se faisant appeler Emile Ajar, qui serait le pseudo de Paul Pavlowitch, qu'il aurait choisi pour mieux renier son oncle auteur, Romain Gary. Un vertige me prend pour ne plus me quitter. La folie guette. J'aime beaucoup.
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lanard
  26 octobre 2014
Le narrateur de "Pseudo" est Emile Ajar, l'auteur de « Gros-câlin » et de « La vie devant soi ». le succès de "La vie devant soi" expose Ajar à la célébrité. Mais il a de gros problèmes avec son oncle, un autre écrivain célèbre qu'il affuble du sobriquet de tonton Macoute pour masquer son identité réelle. Comme le titre le suggère d'amblée, Ajar a des problèmes d'identité ; dans cette histoire, l'identité de tous les personnages du roman est brouillée tant le narrateur prend soin de changer leurs noms en cours de récit ; l'épouse d'Ajar est prénommée ici Elyette, là Annie, ailleurs Aline et j'en ai oublié d'autres. Il s'agit d'une stratégie délibérée de brouillage car le narrateur -en paranoïaque ambigu - veut nous faire croire que tout ce qu'il raconte à un rapport réel avec des personnes réelles dont il veut (ou fait semblant de vouloir) masquer l'identité réelle.
Il est facile au lecteur d'aujourd'hui, de deviner Romain Gary derrière le personnage de tonton Macoute car une solide documentation historique établi désormais Romain Gary comme l'auteur de Pseudo. La pièce maîtresse du dossier étant la publication posthume de « Vie et mort d'Emile Ajar ».
Mais pour les premiers lecteurs de « Pseudo », les choses étaient beaucoup plus troubles. le Goncourt avait récompensé Ajar pour « La vie devant soi » conférant à celui-ci une existence sociale pétrie dans la pulpe du papier journal et amplifiée aux rayons cathodiques. En 1976, lorsque ce roman paru, ses premiers lecteurs avaient été prévenus par voie de presse que le nom d'Emile Ajar pouvait cacher une personnalité très en vue du monde des lettres ; quelques éminents critiques soupçonnaient, qui Queneau, qui Aragon derrière ce masque.
Pour le lecteur d'aujourd'hui ce trouble embrouille encore les pages de ce roman fantasque. Mais l'esprit du lecteur n'est désormais plus parasité par les incertitudes de l'actualité des années 1970 et les véritables enjeux de ce roman sont désormais bien perceptibles ; ce qui pouvait passer pour un canular bon enfant ou une simple farce littéraire est en réalité l'expression d'une terrible angoisse d'être soi (« J'avais deux personnages qui luttaient en moi : celui que je n'étais pas et celui que je ne voulais pas être » p. 144).
Toutefois, si Pseudo est incontestablement l'expression littéraire d'une sorte de désarrois existentiel ce texte est aussi une mise en cause de la littérature et de sa fonction sociale. Ce qui tourmente véritablement Romain Gary, c'est le constat désespérant que la littérature ne sauvera jamais l'humanité des Pinochet, des Staline et de toutes les horreurs que l'homme est capable de faire à l'homme. Pire ! la posture « créatrice », le statut d'écrivain y est fortement soupçonné de n'être qu'une pose narcissique à la limite de la perversion comme Néron jouant de la lyre devant Rome en feu (Camus). Seul espoir de salut ; l'humour. Et il y a quelque chose de pathétique à voir Romain Gary se débattant, gesticulant, « Clown lyrique » finalement mal à l'aise dans cette posture du bouffon - grotesque à la fois complice et contempteur du pouvoir.
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sarahdu91
  14 janvier 2021
Pseudo, tout est dit dans le titre, tout est clair et Ajar a enfin mis à jour son dédoublement de personnalité avec ce livre. Et quelle pépite merveilleuse!!
Il faut s'accrocher pour le suivre à la lecture, entre les moments de lucidité et les égarements délirants, on est plutôt bien tenus et sans ennui loin s'en faut.
Plein de sarcasmes qui m'ont fait sourire et même rire plus d'une fois, les métaphores sont plus que réalistes et franchement la folie qui habitait notre narrateur valait la peine d'être lue et qu'on y passe un bon moment. Ce n'est pas donné à tout le monde d'aller faire un séjour au Danemark en internement psychiatrique et de défier tous ces médecins qui essayent de toujours tout décrypter au moindre mouvement.
Entre les crises dépressives, la paranoïa ou encore ses crises de pythonisme, franchement Pavlowitch, notre narrateur est plus que décérébré.
Mais on sent bien à la lecture que l'auteur avait plein de choses à nous dire concernant les dérives de cette société, à chacun d'en comprendre les subtilités qu'il nous a glissées.
En résumé, pas si dingo que ça le gars!!
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meeva
meeva  
Schizo comme pas possible, et génétique, au nom du Père, de la Mère et du Fils : puant d’un côté, il se mettait à rayonner de sainteté de l’autre et, avec du sang plein la gueule, il lui venait en même temps des poèmes d’amour là où normalement il n’y aurait dû y avoir que sa bestialité foncière. Il réussissait parfois, dans un prodigieux effort de vérité, à avoir un trou du cul à la place d’un orifice buccal, mais là, donc, où normalement il n’y aurait dû y avoir que de la merde, il lui sortait comme chez d’habiles fumeurs des auréoles de sainteté, de beauté et de martyr, qu’il utilisait aussitôt habilement pour cacher ses infamies. Il faisait des chefs-d’œuvre avec des gargouillements d’agonie, et avec la puanteur de son souffle, il fabriquait des canulars qui dégorgeaient une odeur que l’on aurait pu qualifier d’immortelle, si ce mot n’avait pas tant servi à lécher le cul de la mort.
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Piatka
Piatka  
J'avais peur d'aller à Paris à cause des passages cloutés. Étant donné la nature au volant, c'est sur les passages cloutés que l'on a le plus de chance d'être écrasé. C'est étroit, bien défini et le gars au volant peut viser juste.
Et puis il y a les feux verts qui cherchent à vous baiser, en vous encourageant à traverser pour vous piéger. Moi je traverse toujours au feu rouge.
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VALENTYNE
VALENTYNE  
Alyette avait passé une licence de lettres pour devenir vendeuse au Prisunic, et puis, sur mes conseils, elle est devenue reine d’Espagne et avait ainsi la sécurité sociale. Je lui ai donné des cours d’histoire d’Espagne pendant trois mois, pour la préparer, parce que les hôpitaux psychiatriques sont encombrés et il y a sélection. J’étais alors plombier, maçon, colleur d’affiches, puisque le travail vous rend ce qu’il y a de plus pseudo et de moins perceptible. On donne satisfaction. Tout cela en attendant, car je suis sûr que le cerveau aura son 1789.
Grâce à mon expérience et à mes encouragements, Alyette est donc d’abord devenue reine d’Espagne et puis simple princesse : nous avions découvert que les reines d’Espagne étaient soumises à un Grand Cérémonial, une Étiquette et un Protocole implacables. C’était trop con de se fourrer délibérément dans quelque chose d’aussi compliqué.
Quand la Sécurité sociale en avait marre ou que Tonton Macoute se foutait en rogne à cause de nos frais de clinique, Annie allait travailler comme monteuse de films, parce que c’était quand même encore du cinéma. J’ai fait vingt métiers les uns plus inaperçus que les autres, je me faisait bien voir. On a eu une petite fille mais on ne la montrait pas tellement : c’était une enfant parfaitement normale, et cela risquait de jeter sur mon pseudo-pseudo et sur ma princesse une ombre de suspicion. Je m’étais mis d’accord avec Tonton Macoute que j’avais seulement trois semaines de clinique par an, et pas un jour de plus. C’était avant le Danemark, avant ma grande crise d’authenticité. Je n’avais donc que trois semaines par an pour m’entraîner, regarder autour de moi, apprendre et me préparer.
J’avais acheté un python et je l’observais attentivement pour mon premier ouvrage documentaire, Gros-Câlin, mais ce salaud-là se fourrait dans des coins impossibles et disparaissait à vue d’oeil, parce qu’il ne voulait pas donner naissance à une œuvre littéraire.
En dépit de notre accord quant à ces trois semaines de clinique par an, j’ai pu resquiller dix jours supplémentaires, grâce à mon python, justement. A ce moment-là, je n’avais plus un rond, Annie ne trouvait pas de film à monter, à cause de la crise de l’imagination, et je n’avais aucune envie de me muer en plombier ou éboueur.
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carre
carre  
Je finirai mon livre parce que les blancs entre les mots me laisse une chance.
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Piatka
Piatka  
L'incompréhension va toujours plus loin que tout le savoir, plus loin que le génie, et c'est toujours elle qui a le dernier mot.
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