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Caroline Fourest (Autre)
EAN : 9782875422415
195 pages
Éditeur : Luc Pire (10/06/2021)
4/5   2 notes
Résumé :
Lorsque la première édition de Fichu voile est parue en 2011, la question du voile se posait déjà sur le terrain scolaire, mais également dans la fonction publique et au parlement. La loi d’interdiction du voile intégral était alors en gestation.

Dix ans plus tard, les mêmes questions restent en suspens, mais d’autres s’y sont ajoutées : le voilement des fillettes se répand, les tenues de sport à connotation religieuse se multiplient, et l’idée selon ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
HypathieBlog
  17 septembre 2021
Dans cet ouvrage, la philosophe belge revient sur les évolutions de la loi concernant le voile islamique "signe convictionnel" d'une religion. " le voile islamique est le b-a ba de la prédiction islamique", un "prescrit", l'obsession de l'Islam politique qui veut rendre l'Islam visible, dans les espaces publics, à l'école, dans l'enseignement supérieur, au parlement, dans le sport, qui prescrit même le voilement des fillettes, hypersexualisation que Nadia Geerts compare aux concours de mini miss interdits dans la plupart des pays européens, car l'enfance doit être préservée de la sexualisation ; elle compare les deux systèmes belge (monarchie constitutionnelle dont les rois sont catholiques mais "neutres") et français (république laïque avec une loi séparant clairement les églises et l'état qui ne reconnaît aucun culte, le renvoyant au privé, à l'intime, en rappelant au passage que la loi de 1905 française combattait moins la religion que le pouvoir clérical tout-puissant à l'époque) en montrant une préférence pour le système républicain garant des libertés tout en interdisant dans ses enceintes républicaines tout signe religieux ostentatoire. L'école est un espace symbolique séparé de celui de la famille, de la mosquée ou de l'église, de la plage ou de la rue ; en entrant dans l'enceinte scolaire, l'enfant passe de l'autorité des parents à celle du corps enseignant, l'autorité parentale s'est toujours arrêtée à la porte de l'école, affirme Nadia Geerts.
L'autrice sépare clairement les deux sphères et réfute fermement les arguments des religieux : oui, le voile est un message explicitement sexuel, non on n'a pas à laisser les petites filles "faire comme maman", argument utilisé par les idiots utiles de l'Islam politique : les mêmes laisseraient-ils une fillette aller à l'école juchée sur des talons aiguilles, maquillée et apprêtée avec du rouge à lèvres ? Les tenants du voile sont renvoyés à la bigoterie communautariste obsédée par la biologie, au fanatisme de la différence, promouvant de plus une image des hommes incapables de contrôler leurs "pulsions" sexuelles forcément bestiales !
La comparaison avec le fichu de nos grands-mères des années 60 ne tient pas, pas plus que le voile des religieuses qui sont du clergé et ne prétendent pas exercer les métiers de policière, avocate, magistrate, banquière ou footballeuse ; elles exerçaient majoritairement les métiers d'enseignantes ou soignantes parce que ce sont elles qui les ont inventés à destination des plus pauvres, et s'il en reste quelques-unes pour les exercer encore, c'est dans un contexte séculier, en présentant les diplômes requis et en se conformant à leur dress code professionnel actuel.
Car toutes les professions ont un dress code : on ne va pas travailler à la banque en maillot de bain, mais le moniteur de natation oui, avec en plus un bonnet de bain, la commerciale est en tailleur ou costume cravate comme le banquier, et l'avocat porte une robe noire comme toutes les professions magistrales, assortie d'un jabot blanc, tête nue, ou portant perruque chez les anglo-saxons, et ce n'est pas négociable comme l'a précisé une jurisprudence face à une avocate revendiquant de porter le voile dans le prétoire. Il n'y a donc aucune raison pour qu'il n'y ait pas un dress code à l'école aussi.
L'autrice rappelle que le voile porté en Occident rate le but pour lequel il est prescrit : effacer les femmes de l'espace public lorsqu'elles sont contraintes de sortir pour des déplacement courts et purement utilitaires dans les théocraties musulmanes ; ici au contraire, il attire immanquablement le regard et les signale aux passants comme le nez au milieu de la figure. Pour Nadia Geerts, le libre choix mis en avant par les libéraux pour justifier le port du voile (mon corps, mon choix, mon voile, en détournant d'ailleurs le slogan des féministes matérialistes universalistes et de leurs combats collectifs) est un détournement opportuniste libéral, et l'expression "féministe musulmane" une supercherie, un oxymore.
Ferme sur les principes démocratiques qui permettent de vivre ensemble sans opposer à l'autre nos croyances, Nadia Geerts rappelle opportunément que tout choix engage celle ou celui qui le fait et qu'il oblige forcément à certains renoncements. Revendiquer de ne pas enlever son voile et vouloir dans le même temps, dans des pays sécularisés, recevoir le même traitement en matière d'embauche et d'emploi, d'engagement dans des associations défendant les droits des femmes par exemple, pour ne citer que cela, relève de l'inconséquence et de l'irresponsabilité. Pour faire bonne mesure, et pour respecter l'égalité des sexes, l'autrice refuse, pour les mêmes raisons et dans les mêmes circonstances, le port de la barbe islamiste arguant qu'en général elle est portée avec un qamis et que l'ensemble permet qu'on ne confonde pas cette barbe avec celle des hipsters parfaitement reconnaissables eux aussi par une vêture générale qui n'a rien à voir avec une quelconque tenue islamiste.
Nadia Geerts plaide pour une interculturalité plutôt que pour la multiculturalité sans cesse revendiquée par les différentialistes / relativistes culturels.
Une ouvrage indispensable pour bien recadrer les débats actuels sur les signes communautaires. Nadia Geerts revendique fort l'universalisme et le droit à l'indifférence dans et pour une société apaisée.
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Vidéo de Nadia Geerts
Interview de Nadia Geerts autour de son livre "Et toujours ce fichu voile" (Editions Luc Pire) réalisée par Gérard Durand pour le Comité Laïcité République le 24 juin 2021.
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