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EAN : 9782070326310
371 pages
Éditeur : Gallimard (03/05/1991)
4.04/5   24 notes
Résumé :
En réalité, j'ai surtout combattu pour sauvegarder ma liberté d'esprit, ma liberté d'écrivain. Il est évident qu'il s'est agi, en grande partie, d'un dialogue de sourds, car les murs n'ont pas d'oreilles et les gens sont devenus des murs les uns pour les autres : personne ne discute plus avec personne, chacun voulant de chacun faire son partisan ou l'écraser [...]. L'œuvre d'art doit contenir en elle-même, et cristalliser, une plus grande complexité des débats dont ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
michfred
  01 mai 2015
Un "théâtre-de-l'absurde-mode-d'emploi...mais pas que!
Avec humour, pugnacité, en ramant presque toujours à contre-courant des modes ou du prêt-à-penser, le vieil écrivain éternellement jeune et iconoclaste nous éclaire sur la création, sur son matériau de prédilection, aussi dangereux à manipuler que la nitro-glycérine: le langage.
Il ouvre le rideau rouge sur le rite initiatique de la représentation théâtrale, véritable cérémonie religieuse, célébration magique où s'exorcisent dans le rire absurde nos peurs, nos obsessions, nos angoisses.
Il dévoile par la farce tragi-comique la nature bizarre et double du rire, et revendique pour siennes l'expérimentation et la recherche auxquelles doivent se vouer les vrais écrivains..
Décapant, toujours d'actualité: on peut lire tout,dans Notes et Contre notes ou simplement reprendre ce livre dans le désordre, en picorant un article puis un autre, selon le caprice du moment, comme on prend des vitamines en hiver ou des glaces quand il fait trop chaud...
Ionesco devrait être remboursé par la sécurité sociale...
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Bernardbre
  26 septembre 2012
Que l'oeuvre d'art est bien une aventure de l'esprit… que ce qui est original est vrai… que ce qui ressemble à tout ce qui se fait est mensonger… que la critique doit être l'élève de l'oeuvre… que le théâtre bourgeois est trivial et simpliste… que l'expression est fond et forme à la fois… Voilà comment ces affirmations d'Eugène Ionesco, et mille autres, ouvrent la porte à d'infinies réflexions et polémiques sur le théâtre, l'art, la politique, la condition humaine… Ces textes ont près de cinquante ans et on conservé tout leur mordant.
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mdlaix
  24 mars 2009
Ce texte est important à plus d'un titre : d'abord parce qu'il éclaire l'oeuvre de Ionesco de manière très efficace; ensuite, parce qu'il traite non seulement de l'art scénique de l'après-seconde guerre mondiale mais aussi de ce qui fait le propre du théâtre depuis ses origines : c'est donc un ouvrage à avoir dans sa bibliothèque si l'on s'intéresse à ce genre et, plus largement, à la littérature.
FB
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
CosaqueCosaque   18 décembre 2013
L'homme moderne, universel, c'est l'homme pressé, il n'a pas le temps, il est prisonnier de la nécessité, il ne comprend pas qu'une chose puisse ne pas être utile ; il ne comprend pas non plus que, dans le fond, c'est l'utile qui peut être un poids inutile, accablant. Si on ne comprend pas l'utilité de l'inutile, l'inutilité de l'utile, on ne comprend pas l'art ; et un pays où on ne comprend pas l'art est un pays d'esclaves ou de robots, un pays de gens malheureux, de gens qui ne rient pas ni ne sourient, un pays sans esprit ; où il n'y a pas l'humour, où il n'y a pas le rire, il y a la colère et la haine.
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yaubreeyaubree   09 avril 2021
Regardez les gens courir affairés, dans les rues. Ils ne regardent ni à droite, ni à gauche, l'air préoccupé, les yeux fixés à terre, comme des chiens. Ils foncent tout droit, mais toujours sans regarder devant eux, car ils font le trajet, connu à l'avance, machinalement. Dans toutes les grandes villes du monde c'est pareil. L'homme moderne, universel, c'est l'homme pressé, il n'a pas le temps, il est prisonnier de la nécessité, il ne comprend pas qu'une chose puisse ne pas être utile; il ne comprend pas non plus que, dans le fond, c'est l'utile qui peut être un poids inutile, accablant. Si on ne comprend pas l'utilité de l'inutile, l'inutilité de l'utile, on ne comprend pas l'art; et un pays où on ne comprend pas l'art est un pays d'esclaves ou de robots, un pays de gens malheureux, de gens qui ne rient pas ni ne sourient, un pays sans esprit; où il n'y a pas l'humour, où il n'y a pas le rire, il y a la colère et la haine. Car ces gens affairés, anxieux, courant vers un but qui n'est pas un but humain ou qui n'est qu'un mirage, peuvent tout d'un coup, aux sons de je ne sais quels clairons, à l'appel de n'importe quel fou ou démon se laisser gagner par un fanatisme délirant, une rage collective quelconque, une hystérie populaire. Les rhinocérites, à droite, à gauche, les plus diverses, constituent les menaces qui pèsent sur l'humanité qui n'a pas le temps de réfléchir, de reprendre ses esprits ou son esprit, elles guettent les hommes d'aujourd'hui qui ont perdu le sens et le goût de la solitude. Car la solitude n'est pas séparation mais recueillement, alors que les groupements, les sociétés ne sont, le plus souvent, comme on l'a déjà dit, que des solitaires réunis. On n'a jamais parlé « d'incommunicabilité » du temps où les hommes pouvaient s'isoler; l'incommunicabilité, l'isolement sont, paradoxalement, les thèmes tragiques du monde moderne où tout se fait en commun, où l'on nationalise ou socialise sans arrêt, où l'homme ne peut plus être seul, — car même dans les pays « individualistes » la conscience individuelle est, en fait, envahie, détruite par la pression du monde accablant et impersonnel des slogans : supérieurs ou inférieurs, politiques ou publicitaires, c'est l'odieuse propagande, la maladie de notre temps. L'intelligence est à tel point corrompue que l'on ne comprend pas qu'un auteur refuse de s'engager sous la bannière de telle ou telle idéologie courante — c'est-à-dire de se soumettre.
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michfredmichfred   01 mai 2015
En réalité, j'ai surtout combattu pour sauvegarder ma liberté d'esprit, ma liberté d'écrivain. Il est évident qu'il s'est agi, en grande partie, d'un dialogue de sourds, car les murs n'ont pas d'oreilles et les gens sont devenus des murs les uns pour les autres : personne ne discute plus avec personne, chacun voulant de chacun faire son partisan ou l'écraser [...].
L'œuvre d'art doit contenir en elle-même, et cristalliser, une plus grande complexité des débats dont elle est la réponse ou l'interrogation plus ample.»
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taktic66taktic66   14 mars 2017
La liberté d'imagination n'est pas une fuite dans l'irréel, elle n'est pas évasion, elle est audace, invention. Inventer n'est pas démissionner, n'est pas s'évader. Les routes de l'imagination sont innombrables, les puissances de l'imagination n'ont pas de bornes.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   25 mars 2016
S'il faut absolument que l'art serve à quelque chose, je dirai qu'il devrait servir à rapprendre aux gens qu'il y a des activités qui ne servent à rien et qu'il est indispensable qu'il y en ait.
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