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ISBN : 9791030702583
Éditeur : Au Diable Vauvert (21/03/2019)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 8 notes)
Résumé :
2040. Dans un monde socialement fracturé, Foogle décrète la Grande lumière, rendant publiques les données personnelles de chacun. Dépourvus d’intimité, les gens s’isolent et vivent avec des androïdes facilitateurs de vie. De plus en plus nombreux, les pauvres sont chassés des centres, et perdent tous leurs droits. Après des années de dépression et de solitude, un écrivain quinquagénaire tombe fou amoureux de son androïde et rompt avec son statut protégé…Cette magnif... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Root
  26 juin 2019
« Alors que le lien social se déchirait comme une complainte sans fin depuis l'arrivée de Facebook, il s'est d'un coup brisé net en 2040 avec la Grande Lumière. »
La Grande Lumière qui a rendu publiques toutes les données partagées informatiquement. Les vôtres, les leurs, les nôtres. Messages, e-mails, photos, historiques de navigation… tout est à présent en accès libre. L'an 2040 n'est pas si loin. Pourtant, le monde a beaucoup changé. C'en est fini des pays, il se découpe aujourd'hui en régions : la Région France, la Région Suisse… Facebook est obsolète, la toute-puissance s'appelle Deus.
Divorcé, Maxime a cédé à l'appel de la technologie après avoir longtemps lutté. Il a remplacé sa femme par Jane, un androïde créé pour le satisfaire. Jane le connaît mieux que personne – mieux qu'il ne se connaît lui-même. Une contrariété, un coup de fatigue ? Une petite dose de soma, la drogue de cette nouvelle ère, et les problèmes disparaissent. Pour un temps. Maxime ne fait pas partie des plus à plaindre, il est un Désigné, ce qui équivaut à la classe moyenne. C'est ainsi que la population est répartie : les Élites, les Désignés et les Inutiles, ces derniers étant destinés à s'éteindre, parqués dans des villages en ruine et stérilisés à leur insu via l'eau potable boostée aux hormones. En tant que scénariste d'un programme à succès, Maxime côtoie les Élites, sans oublier l'équilibre relatif de sa situation : de l'autre côté de la frontière sociale, son ex-femme et son fils, dont il n'a plus de nouvelles, se meurent parmi les Inutiles.
C'est à travers les yeux de Max que l'auteur nous invite à découvrir le futur. Celui qui nous attend ? On n'en est pas si loin. Et ce roman fait froid dans le dos. Je ne lis pas d'anticipation, c'est un genre dans lequel je ne me reconnais pas, dont les codes me sont hostiles et qui ne m'intéresse pas. Avec Simili-love, Antoine Jaquier propose une vision réfléchie de demain, sans jamais trop en faire. le côté science-fiction est parfaitement intégré au quotidien du personnage principal, et ne demande pas au lecteur de déployer des trésors d'imagination pour y adhérer. On se situe aisément dans cette nouvelle société où les anonymes ont succombé à la curiosité de fouiller sans vergogne l'intimité d'autres anonymes. « Tout ce que vous avez pu dire pourra être retenu contre vous » ferait une bonne devise de la Grande Lumière. Mais dans ce monde informatisé jusqu'à la déshumanisation, l'auteur a laissé à son héros la capacité de s'émerveiller. D'un voyage, d'un paysage, d'une sortie en mer. Maxime cite John Fante et continue d'éprouver les sentiments d'un homme, et d'une certaine façon, il est tombé amoureux de Jane, qu'il refuse de considérer comme un vulgaire robot que son statut de semi-privilégié lui a permis de s'offrir.
Ce n'est pas tant l'histoire, assez simple en soi, qui m'a plu dans ce bouquin, que la conception d'un futur où les réseaux sociaux se sont retournés contre leurs utilisateurs, où la haute technologie a pris le pouvoir – que nous avons bien voulu lui laisser –, et cette effrayante facilité avec laquelle l'auteur nous assimile, tous autant que nous sommes, à ses personnages. Sans nous cloisonner dans l'une des catégories qui régissent la population, il nous entraîne dans les bas-fonds du monde, et se pose alors la question du choix : qui sont les plus aliénés ? Et quelle place reste-t-il à la nature humaine, à son essence, ses émotions ?
Si le discours est parfois un peu entendu, ce roman n'en demeure pas moins visionnaire, intéressant, perturbant, et propice à la réflexion. Ce qui ne se refuse pas par les temps qui courent.
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yogo
  10 avril 2019
Le big data, ces données personnelles que nous donnons sans sourciller et que les GAFA utilisent à nos dépens... nous connaissons, nous faisons avec, souvent sans nous rendre vraiment compte de ce qui se trame derrière tout cela. D'après les dernières études, il semblerait que les algorithmes nous connaîtraient mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes…
Aujourd'hui ces données restent "confidentielles" mais voilà Simili Love nous emmène en 2040 où elles sont dorénavant en accès libre, tout le monde peut les consulter. Que ce soit les profils utilisateurs, les mails ou l'historique de navigation de chacun d'entre nous, tout est en libre service !! le monde que nous connaissons s'écroule, l'individu déjà très égoïste par nature devient solitaire, il s'enferme chez lui et coupe tout contact avec ses semblables. Heureusement les androïdes de dernière génération sont là pour pourvoir à tous les besoins.
Encore faut-il être dans la bonne caste. La population est divisée en trois catégories : les Élites (5% de la population) – les Désignés (25%) et les Inutiles (70%). Il va de soi que seule la première catégorie, la plus riche, peut se permettre d'avoir recours à ces robots. Une partie des Désignés y a aussi accès mais dans une moindre mesure. C'est au travers de la vie quotidienne d'un écrivain/scénariste, un Désigné, que nous allons découvrir le monde merveilleux de demain...
Ce roman se divise en deux parties bien distinctes. La première est une dystopie cinglante qui insiste sur l'utilisation de nos données personnelles et des dérives que cela engendre. Rien de nouveau, rien qu'on ne sache déjà. Cela nous renvoie à notre utilisation du web, à tout ce qu'on laisse comme trace sur les blogs, les réseaux sociaux et à ce qu'on croit être plus invisible. Antoine Jaquier rend cette réalité plausible. L'intelligence artificielle est aussi au coeur de cette première partie. Par l'intermédiaire des androïdes, l'auteur nous questionne sur le libre arbitre et le degré de liberté de l'Homme face à la Machine.
Alors que la première partie s'appuie sur les Élites et les Désignés, la seconde s'intéresse aux Inutiles. le roman change complètement de registre. L'auteur nous emmène à la rencontre de la majorité de la population, celle des oubliés et des laissés-pour-compte. Un petit coté road movie dans le monde dévasté. Cette partie est un peu moins crédible. L'auteur use de quelques facilités narratives permettant d'arriver au point d'orgue du récit qui marque les esprits.
La conclusion, assez prévisible, est à l'image du roman, classique mais diablement efficace. le roman n'est pas parfait, on y trouve quelques défauts : manque de fluidité, construction parfois décousue ou discours entendu... mais rien de rédhibitoire.
Au final, Simili Love sans être original est un roman intelligent, percutant qui a le mérite de nous interpeller et de nous faire réfléchir. On ne va pas bouder notre plaisir !

Lien : https://les-lectures-du-maki..
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Sangpages
  26 mars 2019
Antoine Jaquier, tu connais ? Non ? Tu rates vraiment quelque chose !
Perso, je suis total in love et pas simili love de sa plume. 🙂
Je me suis donc, bien évidemment, jetée sur ce petit dernier sans même savoir ce qu'il en était...
La décision de Foogle de rendre publiques les données de chacun, provoque une vague dévastatrice. Les états ne sont plus et tout part en cacahuète. L' humanité s'effondre. Elle se retrouve, alors, gérée, classée en trois catégories: les élites, les désignés et les inutiles. Pas besoin de te préciser que les inutiles n'auront pas grand-chose à dire. le fric, le pouvoir d'achat fera la différence.
Ce Nouveau Monde est si proche de la réalité que tu le toucheras du doigt.
J'ai eu cette impression de plonger dans quelque chose de la même lignée que "The handmaid's tale" avec un petit goût de "Blade Runner" et "Black mirror". Je jubilais.
Et puis cet ultra-réalisme m'a percutée de plein fouet et là, j'avoue, c'était moins drôle...
La boule au ventre, la larme à l'oeil, j'ai dû faire face à ma plus grande peur: notre futur ainsi qu'à ma plus grande haine: la bêtise humaine.
Ce récit m'a bouleversée au point qu'il m'est difficile de t'en parler.
On le sait tous que nous allons droit dans le mur. On le sait tous, et pourtant la plupart d'entre nous continuent à suivre le troupeau...bêtement (non ce n'est pas le mot, j'ai toujours trouvé qu'il était insultant pour ces, soit-disant, bêtes).
Antoine nous dépeint ce monde nouveau avec brio. Il joue avec l'anticipation de main de maître. Pas juste comme ça à la légère, mais avec une gigantesque réflexion. Avec une observation sans faille de notre monde actuel pour en déduire un futur.
Un monde où l'amour et la confiance ne sont plus. Un monde détruit par nos affres sur les réseaux sociaux. Un monde sans vie privée. Un monde où l'androïde se commande sur mesure pour remplacer ses amours perdus. Un monde où il n'est plus question d'amour mais de simili-amour... Magnifique, non ?
Pour ma part, j'ai très hâte d'y être….Et toi ?
My god ! Quel livre, quel récit engagé, criant de vérité et porteur d'un message.
Antoine Jaquier nous offre, cependant, au travers de ce récit, une belle histoire touchante et surtout, peut-être, une SOLUTION…
J'aurais pu choisir des centaines d'extraits, je pourrai dire des milliers de choses sur tout ce qui ressort de cette lecture mais je suis sans voix, le caquet bouclé…
Je n'ajouterai qu'un seul mot puisque quoi je dise sur les qualités de ce récit, ce ne sera jamais assez et plutôt que de te faire perdre ton temps à lire ma pseudo analyse, mon avis, mes blabla, je te laisse tes précieuses minutes pour tout simplement le lire parce que, oui, c'est: EXCEPTIONNEL ET PERCUTANT
Lien : https://sangpages.com/2019/0..
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Charybde2
  26 mai 2019
Une fable dystopique, incisive et enlevée, mêlant motifs bien connus et échappées plus surprenantes.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2019/05/26/note-de-lecture-simili-love-antoine-jaquier/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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unlivredanslesac
  11 mai 2019
Bien que nous sommes dans une fiction littéraire, ce livre paraît étonnamment réaliste ! En fait, je dirais plutôt que c'est un mélange de fiction et de réalité et je peux vous dire que ça fait peur ..
L'auteur nous entraîne dans une remise en question sur notre mode de vie et l'avenir qui nous attend. Nous entrons petit à petit dans des questionnements socio-politique environnementaux qui mettent votre cerveau en mode ébullition.
Pour en savoir davantage, voir l'article :
Lien : https://unlivredanslesac.wor..
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critiques presse (2)
Liberation   17 avril 2019
Ecrit dans un style fluide qui tente d’éviter la surcharge de détails, Simili-love, à l’inverse de l’acceptation de la Grande Lumière, raconte le cheminement d’une conscience qui finit par se réveiller.
Lire la critique sur le site : Liberation
Actualitte   09 avril 2019
Dans Simili-Love paru au Diable Vauvert, Antoine Jaquier nous sert une vision implacable de ce que pourraient devenir nos vies dans un récit terrible de réalisme et d’anticipation.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   26 mai 2019
Novembre 2040, jugeant que l’anarchie n’était pas à son comble, Foogle a décidé de rendre gratuit l’accès à toutes ces informations. Le domaine public. Le monde s’est tétanisé. Des milliards de gamins décadents qui jouaient dans l’obscurité de leur chambre étaient surpris par Big Mama qui allumait la lumière. On est restés figés, conscients du ridicule de notre posture de l’instant. Humiliés. Terrorisés d’avoir oublié le détail de nos premières années de surf mais conscients que tout cela ne devait pas être glorieux. D’un jour à l’autre il a été possible de consulter sans la moindre démarche préalable les historiques des navigateurs, lire les emails de chacun depuis l’invention du web, découvrir chaque photo prise sur smartphone ou transmise d’une manière ou d’une autre. Nos textos. Nos déplacements jour par jour, heure par heure, et bien entendu chaque profil de l’ancien Facebook, WhatsApp et Snapchat, ainsi que de leur rejeton dévorateur qui les incluait tous – Foogle.
Et les interminables fils des chats sur plus de trente ans. « Supprimer la conversation » ne l’effaçait que pour nous. « Vider la corbeille » aurait dû être titré « Ajouter au grand dossier vous concernant ».
Ma femme avait enquêté sur ma vie avec une ex, cherchant à percer je ne sais quel mystère de ma personnalité. Décembre 2040 a vu les rues désertées, chacun passait en revue, jour après jour, nuit après nuit, l’intimité de ses connaissances. C’était plus fort que nous, il fallait aller voir. S’en est suivi la fin du couple traditionnel et des vagues de licenciements sans précédent. Des crimes passionnels et un bouleversement brutal du rapport à l’autre.
Contraints à un déplacement, les gens baissaient les yeux, craignant famille, amis, voisins et collègues. Le simple fait d’être identifié pouvait exciter la pulsion voyeuriste. La honte s’était abattue sur le monde et il s’était voûté.
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Charybde2Charybde2   26 mai 2019
Le Grand Tri a été effectué par des algorithmes. L’humanité a été classée en trois catégories : les élites, 5 %, les désignés, 25 %, et les inutiles, 70 %.
À un poil près, j’échouais dans le groupe de queue. Ce qui m’avait sauvé était un héritage. Un pur hasard survenu au bon moment, quelques mois avant la Grande Lumière. On avait voulu me faire croire que mon statut d’écrivain avait suffi à m’inclure à la caste des désignés mais c’était un mensonge. La répartition a été effectuée sur la base de nos moyens financiers ainsi que sur notre prédisposition à la soumission. Riches indignés et nantis révolutionnaires n’ont, du jour au lendemain, plus eu accès à leur patrimoine.
Mes auteurs préférés ont été déblayés. Comme au temps du bloc de l’Est, l’éviction d’un artiste confirmait sa valeur. Vexé dans un premier temps de ne pas être persona non grata, la démangeaison dans mon amour-propre a rapidement laissé la place à un triste soulagement.
Une boîte de production liée à Foogle m’a spontanément proposé un contrat pour l’écriture de scénarios de séries à rallonge. D’improbables saisons onze, douze, treize, sans substance, qui pourtant marchaient bien. Ce job plan-plan sans réelles gratifications me convenait parfaitement. M’autorisait à continuer de me plaindre sans pour autant ruer dans les brancards.
À défaut de ce pactole j’aurais sans doute dû quitter l’appartement du centre-ville et perdu l’ensemble de mes droits aux divertissements, à l’instar de mon ex-femme et de mon fils, dont j’ai perdu la trace. Les inutiles ont été relégués au statut d’errants, chassés des localités, sans devoirs, mais sans droits non plus. Ils ont été déconnectés de la toile car le 4.0 ne fonctionne qu’entre gens du même monde.
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Charybde2Charybde2   26 mai 2019
J’avais pourtant résisté, payé cash tant que c’était possible. Soutenu le petit commerce. Quelques chapitres assassins dénonçant les GAFA dans mes derniers romans. Crié au loup chaque fois que l’occasion se présentait.
Qu’est-ce qu’on avait dû les faire marrer à tweeter que le piège se refermait. Avec nos blogs, articles et films engagés on a juste réussi à les engraisser, faire tourner la machine. Eux construisaient le nouveau monde et la poignée du signal d’alarme nous restait dans la main. Personne n’était en charge. On gueulait dans la nuit.
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