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Aimé Desfontaines (Traducteur)
EAN : 9782290301364
154 pages
Éditeur : J'ai Lu (16/03/2000)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 40 notes)
Résumé :
"Le suicide est une forme de meurtre - de meurtre prémédité. Ce n'est pas quelque chose qu'on fait dès la première fois qu'on y pense. Il faut d'abord s'y habituer. Et il faut en avoir les moyens, l'occasion et la motivation. Un suicide réussi exige une bonne organisation et du sang-froid" 1967, Susanna Kaysen a dix-huit ans. Elle a du vague à l'âme, elle est mal dans sa peau - comme beaucoup d'adolescentes, en somme. Mais de là à se retrouver internée comme malade ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  05 octobre 2018
"When you're alone and life is making you lonely
you can always go downtown..."
Comment est-il possible que cette chanson de la pétillante Petula Clark - une invitation directe à la sociabilité - me donne toujours tant de spleen ?
J'ai beaucoup aimé le film tiré de ce livre; c'est la seule raison pourquoi cette couverture m'a attirée...
J'ai encore devant les yeux les deux "folles" qui la chantent pour remonter le moral de la troisième "folle"; celle qui commence à aller "mieux" juste pour réaliser que ça n'ira plus jamais...
C'est un roman autobiographique... sur la folie.
L'histoire date des années 60, tout juste avant l'éclatement de la période "rebelle" aux Etats-Unis. A l'instar de toutes ses amies, Susanna est censée de faire des études, pour se marier ensuite afin de les oublier - mais il se trouve quelle n'en a pas envie. Comme beaucoup d'adolescents, elle ne sait pas de quoi elle a envie et ce qu'elle attend de la vie; et plutôt qu'écrire une thèse inutile, elle préfère avaler les cachets...
"Une vie volée" n'est pas une très bonne traduction. le titre original est "Girl, interrupted" - à cause d'un tableau de Vermeer, "La jeune fille interrompue dans sa musique". Son regard dit que la musique l'ennuie; elle a envie de sortir de ce tableau.
Mais c'est de son plein gré que Susanna donne l'accord pour son internement au MacLean Hospital. C'est peut être la société qui "vole" la vie des jeunes, en les forçant de prendre les chemins qui ne sont pas les leurs ?
Susanna est intelligente, et elle s'interroge sans arrêt sur sa "folie"... peut-on se poser telles questions si on est vraiment une "folle" ?

C'est pour ça que le récit est intéressant...
Les moments de lucidité glissent parfois dans les obsessions des "durées" et des "trames", assez inquiétantes.
Le roman est fait de très courts chapitres, qui observent et analysent tout dans cet hôpital - lieux, infirmières, thérapies, médicaments, sorties, et, bien sûr, les amies...
Les filles comme elle, chacune sa galère - Polly, immolée par le feu, Cynthia l'anorexique, Georgina la schizophrène, et surtout Lisa - sociopathe, et fière de l'être !
Susanna est internée avec un simple "désordre caractériel" (je crois que c'est ce qu'on appelle de nos jours la personnalité "borderline"), et elle décortique souvent son diagnostique, pour essayer de comprendre ce qui la différencie de tant de gens "sains d'esprit".
Malgré le manque d'une suite logique dans les chapitres, ses réflexions forment une histoire cohérente sur la vie à l'hôpital, la vie en général, sur les amitiés qui peuvent exister en dehors du monde "normal", sur la folie, et la société... ou "la folie de la société" ?
Le film reprend le roman avec suffisamment de délicatesse pour ne pas retomber dans les clichés larmoyants d'Hollywood - il trouve un bon équilibre entre les moments légers, voire hilarants, et cette atmosphère lourde de l'hôpital psychiatrique.
La plupart de ces filles s'en sortent, mais elles ont du mal à oublier - oublier les médicaments ou la cellule d'isolement, peut-être - mais comment oublier une Lisa ou une Georgina ?
"So, when you're alone..."
Les accords sont faciles - C, Emi, F, G - et la chanson reste dans la tête.
Le livre aussi, mais un peu moins...
Toutes ces choses qu'on doit garder dans nos têtes...!
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darkmoon
  10 novembre 2013
“The only way to stay sane is to go a little crazy.”
Une vie volée est une autobiographie qui a le mérite de troubler et de déranger, plaçant le lecteur dans une position délicate, entre juge, témoin et voyeur. Un roman troublant, un roman qui soulève en nous des questions profondes et qui ébranlent nos certitudes. Tout est convaincant, bouleversant, un hymne à l'amitié et à l'espoir tout à fait inoubliable.
C'est une magnifique et éprouvante aventure sur l'univers psychiatrique que nous livre Susanna Kaysen, l'univers psychiatrique au féminin cette fois-ci. C'est donc l'histoire de Susanna, jeune fille un peu déprimée, un peu perdue, que nous suivons, de son arrivée dans la clinique jusqu'à sa sortie. Les lieux, les patients, les infirmières et surtout les impressions sont ainsi passés au crible de ses critiques, de ses remarques et de ses observations. Susanna Kaysen reprend les codes du genre, mais arrive à en faire quelque chose de beau, qui ne cherche pas à faire pleurer dans les chaumières mais qui nous tire quand même des larmes, et même si la construction est un peu trop linéaire, on oublie vite les défauts. L'ambiance du roman est splendide, chaque personnage, unique en son genre, on se prend donc au jeu et on entre dans cet univers à la fois sombre et éclairé, drôle et triste, optimiste et pessimiste, et d'ailleurs, jusqu'à la fin, c'est un sourire et des larmes qui se distillent sur notre visage. le roman pose une réflexion sur le monde de la psychiatrie et le pourquoi du comment de la folie : car oui, ce livre pourra en étonner certains qui ont une vision bien formatée des soit disant "fous" et qui se sont rarement mis à leurs place. Et pour ceux-là, je pense qu'il y aura un avant. On se rend rapidement compte au fil des pages que la folie, si elle est réellement présente chez la majorité des pensionnaires, n'est en fait rien d'autre qu'un sentiment de rejet, de non-compréhension et de dépression. “Was I ever crazy? Maybe. Or maybe life is… Crazy isn't being broken or swallowing a dark secret. It's you or me amplified. ”
C'est ainsi que ce court roman nous livre un aperçu sur les années soixante, leurs perceptions particulières, leurs senteurs, aperçu décalé et totalement clos d'une fenêtre intérieure sur le petit monde de l'aile "soft" des aliénés. C'est ce beau reflet de certaines personnes, dans un certain lieu et dans une certaine période de temps qui conduit vers une étude sociale de l'Amérique de l'époque.
Incontournable !
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lenoir_emilie_72
  12 janvier 2019
J'ai beaucoup aimé ce roman se déroulant dans le milieu psychiatrique. On va suivre Lisa, une personne Borderline. Les médecins commencent à mieux connaître cette pathologie qui est riche de nombreux symptômes changeant.
C'est lors de son hospitalisation qu'elle prend connaissance de sa pathologie. Elle va nouer des liens amicaux avec d'autres patients.Un peu perdue, elle se cherche, afin de se faire une place dans la vie. Elle nous montre comment se déroulent les soins ainsi que la complexité de sa pathologie très invalidante d'un point de vu psychique. Elle se bat contre ses démons, qui ne la lâche pas, elle analyse tout, observe tout ce qu'il y a autour d'elle.Tout cela est source de grandes fatigue.
J'ai adoré le style, simple à lire. On ressent de l'empathie pour elle, mais également pour tous les autres patients. Si vous vous intéressé à la psychiatrie, foncez il est très bien.
PS: Je l'avais déjà découvert en film avec Angelina Jolie. J'ai préféré le film qui est bien mis en scène, le jeu d'acteur est excellent. J'avais hâte de le lire, c'est choses faites
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Pandorra
  12 janvier 2019
J'avais lu ce livre lorsque j'étais encore au lycée et j'en garde un souvenir assez vif. Beaucoup d'émotions à suivre cette jeune femme mal dans son corps et dans sa tête. Un fort sentiment de révolte car elle est internée suite à un banal rendez-vous chez un médecin généraliste et personne ne semble trouver cela dérangeant, pas même ses parents. Elle-même ne le comprends pas et s'interroge beaucoup puisqu'elle ne s'est jamais sentis "folle". Alors qu'est ce que la folie ?
Dans ce microcosme qu'est l'hôpital psychiatrique dans lequel la jeune femme est internée, son regard très critique nous plonge dans l'inconnu et n'épargne personne : les autres patients (dont certaines avec lesquelles elle partagera une belle et profonde amitié) comme le personnel médical jusqu'au lieu en lui-même.
Au fur et à mesure elle se questionne beaucoup sur la folie et la normalité, la limite mince, la ligne fragile qui les séparent et l'on se rend bien compte que n'importe qui, à n'importe quel moment de l'existence peut basculer de l'autre côté. le format et l'écriture assez incisive de l'auteure en fait une lecture rapide et poignante sans tomber dans le mélo-dramatique.
J'avais beaucoup apprécié ce regard interne et réel puisque c'est autobiographique.
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Maliae
  16 avril 2020
Susanna se retrouve internée dans un hôpital où elle va rester presque deux ans. La façon dont le livre est écrit, on la sent par moment plus observatrice des autres, plutôt que d'elle-même. On dirait qu'elle ignore un peu ce qu'elle fait là, malgré sa tentative de suicide. le style est brut, les chapitres sont courts et percutants. C'est difficile d'écrire une chronique sur un tel livre, très court et d'une certaine façon, assez étrange. On se retrouve vraiment plongé dans le quotidien de femmes internées dans les années 1960. C'était intéressant. Sauf vers la fin où ça devenait plus de l'analyse qu'une histoire et qui m'a un peu saoulé, même si c'était bien expliqué et que ça pouvait être explicatif de ce qui était arrivé à Susanna.
En très bref, j'ai bien aimé, sans plus.
Lien : https://jetulis.wordpress.co..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   03 octobre 2018
Six patientes, trois infirmières.
Il y avait dix ou quinze minutes de marche. Il fallait descendre la colline, longer les massifs de roses et les bosquets de notre bel hôpital. Plus nous nous éloignions du bercail, plus les infirmières étaient tendues. Quand nous débouchions dans la rue, elles serraient les dents et ouvraient l'oeil en affectant un air dégagé, du style je-ne-suis-pas-une-infirmière-escortant-six-folles-jusqu'au-salon-de-thé.
Mais elles l'étaient pourtant, et, puisque nous étions six folles, nous nous comportions comme des folles.
Nous ne faisions rien d'inhabituel. Nous continuions simplement à faire ce que nous faisions à l'hôpital : maugréer, geindre, pleurer. Daisy donnait des coups de coude aux gens. Georgina répétait qu'elle n'était pas aussi folle que les autres.
- Cessez de vous extérioriser, disait l'une ou l'autre infirmière.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   01 octobre 2018
La maladie mentale semble être un problème de communication entre les interprètes 1 et 2.
Un exemple de mauvaise communication :
Interprète 1 : Il y a un tigre dans le coin.
Interprète 2 : Non, ce n'est pas un tigre. C'est un bureau.
Interprète 1 : C'est un tigre, c'est un tigre !
Interprète 2 : Ne sois pas ridicule, allons voir.

Alors, toutes les dendrites, tous les neurones, tous les interprètes se donnent la main pour aller voir dans le coin en question.
Si vous n'êtes pas fou, l'affirmation de second interprète, selon laquelle il s'agit d'un bureau, sera admise par le premier interprète. Si vous êtes fou, le point de vue du premier interprète, la thèse du tigre, prévaudra.
L'ennui, ici, c'est que le premier interprète voit réellement un tigre. Le message envoyé par les neurones est incorrect. Il y a erreur dans les interconnexions et les réactions chimiques. Apparemment, cela se produit souvent, mais le premier interprète est là, en principe, pour rectifier le tir.
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darkmoondarkmoon   02 novembre 2013
Suicide is a form of murder - premeditated murder. It isn't something you do the first time you think of doing it. It takes getting used to. And you need the means, the opportunity, the motive. A successful suicide demands good organization and a cool head, both of which are usually incompatible with the suicidal state of mind.
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darkmoondarkmoon   29 octobre 2013
In a strange way we were free. We'd reached the end of the line. We had nothing more to lose. Our privacy, our liberty, our dignity: all of this was gone and we were stripped down to the bare bones of our selves.
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berouneberoune   04 janvier 2013
Les fous sont des boucs émissaires. Souvent, c'est la famille entière qui est folle mais, on ne peut pas envoyer toute la famille à l'hopital, on choisit un bouc émissaire, qu'on enferme et qu'on laisse aussi longtemps que possible derrière les barreaux afin de rassurer la famille sur sa propre santé mentale.
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