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Pierre Demarty (Traducteur)Pierre-Yves Pétillon (Préfacier, etc.)
EAN : 9782246740711
346 pages
Grasset (08/04/2009)
3.79/5   71 notes
Résumé :
Redécouverte en 2007 grâce à L'Année de la pensée magique, Joan Didion fut d'abord et avant tout l'une des plus fines chroniqueuses de l'Amérique désaxée des années 60 et 70. Les onze textes ici réunis (restés à ce jour inédits en France et parés d'une aura quasi mythique aux Etats-Unis) nous entraînent dans une plongée en immersion au coeur du quartier hippie de San Francisco en 1967 ; à la rencontre de John Wayne, des Doors ou des Black Panthers ; dans les colline... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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SPOUNY
  11 septembre 2020
Un livre que j'ai lu et qui m'a vraiment intéressée : « L'Amérique, 1965-1990 : Chroniques » (Éditions Grasset – paru en 2009) de Joan Didion. Un livre pas vraiment récent mais peu importe surtout qu'il parle de l'Amérique, (ce pays où j'ai eu la chance d'aller).
L'auteure est née en Californie (à Sacramento – Californie) et elle est très connue non seulement en tant que journaliste, mais aussi comme essayiste et romancière. de plus, elle avait été considérée comme une muse par des écrivains comme Bret Easton ou Jay McInervey…
Cet ouvrage est composé de plusieurs chroniques que l'on trouve dans différents chapitres : « Onze textes pour dire la violence, le courage et les errances d'un pays-continent. »
Joan Didion y évoque la musique (Jim Morrison ; Les Doors : « Les Doors étaient différents, les Doors m'intéressaient. Les Doors ne semblaient pas convaincus que l'amour, c'était la fraternité et le Kama Sutra. (…) Les Doors étaient les Norman Mailer du Top 50, des missionnaires de la sexualité apocalyptique. Break on through, exhortaient leurs paroles, et Light my fire, etc. « p.86 ; Les Black Panthers...), qui a tenu une grande place dans ce témoignage, mais aussi les problèmes de drogue, de vie pas facile avec ses propres erreurs, de l'amour qu'elle porte à son pays. « Janis Joplin chante avec Big Brothers dans le Panhandle, presque tout le monde est défoncé, c'est un beau dimanche après-midi entre trois et six heures, c'est-à-dire les trois heures de la semaine, selon les activistes, pendant lesquelles il est susceptible d'arriver quelque chose dans Haight-Ashbury, et qui vois-je débarquer ? Peter Berg. «  (p. 67)
Elle parle aussi des funérailles de Robert Kennedy pendant qu'elle se trouvait à Honolulu et tellement d'autres sujets : un vrai travail de journalisme. de même que pour l'horrible assassinat de Sharon Tate ; elle a rencontré John Wayne ; elle a fait partie des hippies de l'époque et elle n'y manque pas d'humour : « Un jour, Norris demande quel âge j'ai. Je lui dis que j'ai trente-deux ans. Ça prend quelques minutes, mais Norris finit par réagir : T'inquiète, dit-il, il y a aussi des vieux hippies. » (p. 35). Elle évoque aussi de graves questions sur le problème d'être Noir dans son pays ; le viol d'une joggeuse….
Elle nous fait voyager à travers les paysages et les villes parcourus en nous livrant un ouvrage très touchant sur cette Amérique qui est la sienne.
« Il fut une époque où j'appelais Los Angeles La Côte, mais il me semble que c'était il y a très longtemps. » (p. 283)
Ce livre reste un ouvrage tellement prenant qu'à mon avis, on peut le lire et le relire sans se lasser car les informations sont tellement nombreuses, variées, touchant à tout (ou presque). de toute façon, je le recommande chaudement.
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Jesselee
  24 août 2021
Ce recueil rassemble des reportages de la journaliste Joan Didion, sur l'Amérique désaxée des années 60 et 70.
Avec Joan, nous plongeons au coeur des mythes américains: elle rencontre les Doors, Janis Joplin, ou bien Huey Newton des Black Panthers. Interviewe des mineurs fugueurs constamment sous acide, explore le quartier hippie d'Aight- Ashbury, décortique les faits divers.. Jusqu'au moment où il est question du 9 août 1969, lorsque l'on découvre dans Cielo Drive, à Los Angeles, le cadavre éventré de Sharon Tate. Ce jour-là, tout le monde sut que les sixties étaient finies..
En août 1968, Joan Didion a été sacrée par le Los Angeles Time "Femme de l'année. le même été, elle a une dépression nerveuse.
Le recueil commence avec le rapport psychiatrique fait par une clinique de Santa Monica sur son état mental. Elle a "craqué" mais comme avec Fitzgerald dans Crack-up.. Son paysage intérieur ne fait que refléter le climat de l'époque..
Un ouvrage totalement prenant! Je ne connaissais pas du tout cette journaliste. C'est le livre qui m'a trouvé et j'ai été ensorcelé par Joan tout au long de cette lecture!
Elle m'a fait voyager dans cette Amérique qui semble sans cesse hésiter entre ordre et chaos, cette Amérique qui me fascine depuis si longtemps.
La couverture est une photo de Time Life. Joan Didion, à bord d'une belle voiture, accoudée à la portière, cigarette à la main, semblant nous attendre..
Vous êtes prêts pour un Road trip?
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MELANYA
  17 juillet 2021
Joan Didion, née à Sacramento en Californie est une écrivaine américaine bien connue comme journaliste et romancière à succès. Ici, avec ce livre "L'Amérique, 1965-1990 : Chroniques", paru en France en 2009 pour la traduction, elle nous livre onze nouvelles entièrement
consacrées à son pays. En fait, on dit d'elle qu'elle écrit principalement sur son pays et sur elle-même.
Ce livre est composé de quatre chapitres dont les titres sont :
* Requiem pour les années 60.
* Une Californie de rêve.
* New York.
* Ici et ailleurs.
Et c'est dans chaque chapitre que l'on trouve les nouvelles.
Joan Didion commence donc par un plaidoyer sur les années 60 où elle a rencontré Les Doors - avec un Jim Morrison qui portait des pantalons en vinyle noir sans sous-vêtements – les Black Panthers, Sharon Tate Polanski. Elle a connu ce milieu de Beatniks et de Hippies où tout le monde touchait à la drogue, où tout le monde planait. On l'a également jugée comme une désaxée de ces années-là (1960-1970).
Joan Didion se trouvait toujours au bon moment et au bon endroit, au coeur de l'événement. Elle est là quand circule la nouvelle du meurtre horrible de Sharon Tate Polanski par un fou furieux de Manson alors qu'elle était enceinte. Sharon faisait partie de ses meilleurs amis dans ses années d'errance.
Joan Didion n'hésite pas à nous faire part de ses impressions personnelles aussi dérangeantes soient-elles.
Parmi ses célèbres amis, elle compte aussi Janis Joplin, et d'autres qui deviendront très connus et qui connaissent d'abord la débrouille surtout pour se fournir de l'herbe et le minimum vital. D'ailleurs, elle entend souvent qu'il manque du lait : No milk today … chanson qui sera très connue.
Ce qui était étonnant à son époque c'est qu'elle n'a pas hésité à parler de ses dérives personnelles au milieu de ce monde très spécial et à part de la bonne société. Elle a connu des appartements miteux. Chez elle, on rencontre aussi bien des personnages célèbres que des inconnus et elle réussit à bien décrire le climat de cette époque qui reste encore en nos mémoires (pour ceux qui l'ont connue) et on continue d'en parler (pour ceux qui ne l‘ont pas connue). Bref, c'est un vrai requiem que ce premier chapitre.
Ensuite (ne vous inquiétez pas, je ne vais pas tous les détailler mais seulement un peu les survoler), elle écrit une nouvelle sur John Wayne (en fait Marion) qu'elle appelle : "Une chanson d'amour". Elle le retrouve par hasard au Mexique sur un tournage. Pour elle, c'est l'idole de sa jeunesse mais on apprend qu'il est atteint par le cancer alors qu'il pensait l'avoir vaincu. Il a gardé le moral. Quand elle était toute jeune, elle allait voir ses films trois à quatre après-midi par semaine, dans un hangar en tôle et comme sièges, des chaises pliantes. Dans cette nouvelle est est présente sur le tournage d'un film de son idole : Les Quatre Fils de Katie Elder. Mais si elle parle beaucoup de John Wayne, elle n'hésite pas à parler aussi du racisme envers les Noirs et elle écrit une bonne partie sur ce sujet brûlant lors d'une affaire de meurtre d'une joggeuse à Central Park. Cette histoire fait partie du chapitre assez important sur New York. C'est d'ailleurs le chapitre le plus long. Elle a tant de choses à raconter …
Quand on arrive au dernier chapitre, on se demande ce qu'elle peut encore avoir à nous raconter tellement le livre, jusque là, a été riche en informations et souvenirs. Elle y parle un peu de tout, de sa Californie, de Sacramento sa ville natale, qui n'était justement, au début en 1847, qu'un enclos. Elle parle de la découverte de l'or au pied de la Sierra et la ville, alors, a explosé. Elle nous raconte ses tout premiers souvenirs, les saisons… En fait, elle porte à Sacramento un grand amour ainsi qu'à la Californie de son enfance. Son retour y a été difficile et elle nous amène tout doucement à la fin de son livre.
Dans cet ouvrage, très touchant de par les souvenirs qui y sont racontés, elle nous a livré sa vision du monde. Elle l'a fait sans complaisance mais avec sincérité en n'hésitant pas à se moquer d'elle-même, quand elle se décrit comme une femme avec de longs cheveux raides, un vieux bikini et une crise de nerf.
Elle se trouvait à Honolulu quand elle a vu à la télévision les funérailles de Robert Kennedy.
Elle a même eu l'honneur d'être déclarée : Femme de l'Année, par Los Angeles Times avec une certaine Nancy Reagan.
Pour conclure, je peux dire que si la lecture de nouvelles n'est pas mon thème favori (je sais que j'ai tort car j'ai remarqué plusieurs fois que j'ai failli passer à côté de beaux textes), avec Joan Didion j'ai ressenti tout le message qu'elle a voulu nous adresser, avec un style tout simple, sans fioritures, en n'écrivant que la vérité, la vraie !
Dans une critique on dit d'elle : Joan Didion, haute en douleur. Et que : Ses chroniques sur la détérioration de son pays à la fin des années 60 n'ont pas pris une ride.
Lien : https://www.babelio.com/monp..
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QuelsCaracteres
  28 janvier 2018
En 3 mots... Sincérité, intelligence, bloc-notes
Impressions de lecture… J'aime beaucoup Joan Didion, que j'ai découverte avec Maria avec et sans rien. le présent ouvrage réunit sept textes écrits entre 1965 et 1990. Comme le titre du recueil l'indique, l'auteur nous entraîne sur le territoire des États-Unis d'Amérique. Les textes sont tirés de trois livres différents : Slouching Towards Bethlehem (1968), The White Album (1979) et After Henry (1992). On y trouve pêle-mêle les souvenirs de jeunesse de l'auteur (notamment ses années d'université), un reportage sur les adolescents fugueurs drogués dans les années 1960, des affaires célèbres (comme l'affaire Radin, l'assassinat de Ramon Navarro, ancien acteur de cinéma muet, le procès Miller ou l'histoire de Patricia Campbell Hearst), des agressions, des viols et une démystification de Central Park. On y croise des célébrités d'horizons différents : John Wayne le dernier cow-boy du cinéma américain, les Doors en plein enregistrement, Huey Newton cofondateur du Black Panther Party. On traverse des endroits : San francisco, Honolulu, New York, Hollywood, la rue, la prison, les tribunaux, les avions et la maison de Joan Didion. Bref, nous voyageons. Un voyage avec son lot de paysages, de rencontres, de rumeurs, de faits divers et l'auteur a même pensé à nous fournir la liste de ce qu'elle emporte dans son sac de voyage (p.107).
La couverture – une photo de Time Life – est parlante. On y voit Joan Didion à bord d'une belle voiture, accoudée à la portière, cigarette à la main, semblant nous attendre. Montons avec elle pour sillonner quelques coins de l'Amérique. le livre pourrait presque être un road trip, il contient en tous cas quelques confidences qu'on peut se faire dans l'habitacle, après avoir roulé des heures et fumé cigarette sur cigarette, comme les fragments de son rapport psychiatrique (p.81-82) que l'auteur nous livre tel quel, sans fards. le charme de Joan opère et il est à parier qu'avant la fin de la traversée vous serez tombé amoureux. Ce qui est frappant chez Didion c'est sa sincérité. Une sincérité qu'elle met au service de son écriture, quand elle parle d'elle bien sûr - et c'est déjà admirable - , mais aussi quand elle raconte les autres. Elle ne juge pas, elle observe, elle énonce avec un souci de justesse. Ce sont bien les textes et le regard d'une journaliste, et quand je dis cela je pense à ce que le journalisme fait de meilleur (et qui est rare), à ce qu'il devrait être. À noter une réflexion diablement intéressante sur la façon de parler des victimes de viol dans la presse américaine et de ce que cela induit, p.217-218. Joan Didion traite ses sujets avec recul, intelligence et sans se montrer dupe. Sa plume est concise, efficace, elle frappe juste. Pierre-Yves Petillon en parle très bien – et écrit très bien - ; à lire absolument : son excellente préface.
Revenons à Joan, ses souvenirs de l'université de Berkeley dans les années 50 me parlent particulièrement et me rappellent mes propres études de lettres pourtant suivies en France dans les années 2000. le texte « Adieu à tout ça » (à partir de la p.283) m'a bouleversée, tant je m'y suis reconnue, tant je l'ai trouvé merveilleusement écrit, tant elle a bien dit les choses. Elle y raconte son départ de New-York, ville dans laquelle elle est arrivée à 20 ans, qu'elle quitte à l'approche de la trentaine, quand elle se marie, et dans laquelle elle a toujours vécue sans s'y sentir vraiment chez elle, mais comme une « exilé[e] temporaire », « Quelqu'un qui vit en permanence avec des horaires d'avions dans son tiroir, vit selon un calendrier légèrement différent » (p.289). New-York, ville de sa jeunesse et de toutes ses incroyables possibilités, avant que n'arrivent les désillusions et les prises de conscience. « L'Album blanc » (à partir de la p.80) est une véritable compilation américaine, tandis que les premières pages de « Quelques rêveurs du rêve d'or » (à partir de la p.129) offrent une description admirable et prenante de la Californie. Rien qu'à la lecture on pourrait presque sentir « le souffle sec et brûlant du Santa Ana », l'odeur des incendies, les cris des couples au bord du divorce, les caravanes sous le soleil, l'écorce poussiéreuse des eucalyptus, le murmure fantomatique des coyotes.
Joan Didion entretient les images que nous pouvons avoir de l'Amérique. Un territoire sur lequel je n'ai jamais posé le pied, mais que j'ai découvert et imaginé à travers mes auteurs préférés. Ces images littéraires sont puissantes, elles laissent une empreinte peut-être plus profonde encore que les voyages qu'on fait pour de vrai, elles se mêlent à la réalité jusqu'à en reformer certains contours. Je cite Joan Didion : « Un lieu appartient pour toujours à celui qui se l'approprie avec le plus d'acharnement, s'en souvient de la manière la plus obsessionnel, l'arrache à lui-même, le façonne, l'exprime, l'aime si radicalement qu'il le remodèle à sa propre image » (p.341). C'est à un de ces « voyages sentimentaux » (selon le titre d'un des textes), que Joan Didion vous invite. Et visiter l'Amérique avec une guide pareille, pour une vingtaine d'euros, c'est une affaire.

Lien : http://quelscaracteres.eklab..
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jtriaud
  25 octobre 2009
En ouvrant le le livre de Joan Didion, vous allez entrer en contact avec une époque et un pays disparus, celui des USA des années 1960 et 1970. C'est un voyage quasi-lunaire que nous offre la journaliste américaine, originaire de Californie. En quelques lignes, elle dessine les contours d'une Amérique, pourtant superpuissance mondiale qui fait face à l'URSS, et qui ne cesse de voir se développer en son sein ce que l'on pourrait appeler des contre-cultures.
Mais Joan Didion est plus qu'une chroniqueuse de son temps, c'est une véritable sociologue et anthropologue en même temps. A partir de faits divers, de meurtres et de leur impact sur l'opinion publique, elle met en relief les ressorts de la vie sociale aux Etats-Unis. Et fidèle, si l'on peut dire, à l'école de sociologie de Chicago, elle nous fait voir sa Californie natale sous un angle peu ragoutant : celui d'un pays aride, d'un désert des sentiments où la folie guette les hommes.
Son regard, qui dissèque sans compromis, la vie des hommes s'applique ensuite à Big Apple, New-York, sa ville d'adoption. Là, elle nous fait voir une ville monstrueuse où tout n'est que magouilles, petits arrangements, loin de la légende dorée. Son texte sur Central Park et le viol d'un joggeuse en 1989 qui avait alors défrayé la chronique internationale, est un chef d'oeuvre de journalisme.
Vous l'aurez compris, mieux que de savants discours sur l'Amérique de la Guerre froide, il convient de lire Joan Didion et de la faire lire…Qu'on se le dise !
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critiques presse (2)
LeFigaro   05 décembre 2014
Des textes d'une grande acuité dans lesquels cette tenante du nouveau journalisme (avec Tom Wolfe et Norman Mailer) n'a pas hésité à inclure des épisodes de sa vie personnelle. Didion n'a pas sa pareille pour restituer le climat d'une époque.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   19 février 2014
Joan Didion analyse sans juger, se fait oublier pour mieux voir, distante et attentive à cette Amérique égarée qu'elle ne cesse de parcourir.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   03 juillet 2016
-Ici et ailleurs-

Certains lieux ne semblent exister que parce quelqu'un a écrit sur eux. Le Kilimandjaro appartient à Ernest Hemingway , Oxford, Mississippi, appartient à William Faulkner, et lors d'une semaine caniculaire en juillet à Oxford, j'ai été amenée à passer une après-midi à marcher dans le cimetière à la recherche de sa tombe, une sorte de visite de courtoisie au propriétaire des lieux. Un lieu appartient pour toujours à celui qui se l'approprie avec le plus d'acharnement, s'en souvient de la manière la plus obsessionnelle, l'arrache à lui-même, le façonne, l'exprime, l'aime si radicalement qu'il le remodèle à sa propre image (...) (p. 323)
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fanfanouche24fanfanouche24   04 juillet 2016
Ici et ailleurs

Je veux que vous compreniez exactement à qui vous avez affaire: vous avez affaire à une femme qui depuis quelque temps se sent radicalement étrangère à la plupart des idées qui paraissent intéresser les autres. Vous avez affaire à une femme qui, quelque part en cours de route, a égaré le peu de foi qu'elle a jamais eue dans le contrat social, dans le principe de progrès, dans le grand dessein de l'aventure humaine. (p. 307)
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SPOUNYSPOUNY   19 décembre 2019
Quelques rêves du rêve d'or

C'est une histoire d'amour et de mort en terre d'or, et elle a commencé par le pays. La vallée de San Bernardino n'est qu'à une heure de route à l'est de Los Angeles par la San Bernardino Freeway, mais à certains égards c'est un endroit étranger : non pas la Californie côtière des crépuscules subtropicaux et des deux vents d'ouest du Pacifique, mais une Californie plus rude, hantée par le Mojave juste derrière les montagnes, dévastée par le souffle sec et brûlant du Santa Ana. (p.123)
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MELANYAMELANYA   15 octobre 2021
Chanson de Bob Dylan
Combien de routes un garçon doit-il faire
Avant qu'un homme il ne soit ?
Combien l'oiseau doit-il franchir de mers
Avant de s'éloigner du froid ?
Combien de morts un canon peut-il faire
Avant que l'on oublie sa voix ?

Eh bien mon ami
Ecoute dans le vent
Ecoute la réponse dans le vent.

Combien de fois doit-on lever les yeux
Avant que de voir le soleil ?
Combien d'oreilles faut-il aux malheureux
Avant d'écouter son pareil ?
Combien de pleurs faut-il à l'homme heureux
Avant que son cœur ne s'éveille ?

Eh bien mon ami
Ecoute dans le vent.
+ Lire la suite
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SPOUNYSPOUNY   13 septembre 2020
Au printemps 1968, alors que Huey Newton attendait son procès, je suis allée le voir dans la prison du comté d’Alameda. |…] En octobre 1966, il monta avec un ami du nom de Bobby Seale une organisation qu’ils appelèrent le Black Panther Party. Le nom était emprunté à un emblème du Parti de la Liberté dans le comté de Lowndes en Alabama, et dès le début, ils se définirent comme un groupe politique révolutionnaire.
(p.93)
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Vidéo de Joan Didion
Avec Clotilde Hesme & Irène Jacob
Dans cette lecture musicale, Maud Lübeck met en résonance son nouvel album « 1988, chroniques d'un adieu » inspiré du journal intime de son adolescence, exhumant un drame survenu durant l'été de ses quinze ans, avec des fragments de journaux de deuil amoureux issus de la littérature, parmi lesquels ceux de Joan Didion, Frédéric Boyer ou encore Jean-Claude Grumberg. Elle sera accompagnée par deux comédiennes qui figurent au casting de son album imaginé comme un roman musical, la BO du film d'une époque, Irène Jacob et Clotilde Hesme.
À écouter – Maud Lübeck, « 1988, chroniques d'un adieu », Finalistes, 2022.
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Qui chantait ceci en 1977? On a tous dans le coeur une petite fille oubliée Une jupe plissée, queue de cheval, à la sortie du lycée On a tous dans le cœur un morceau de ferraille usé Un vieux scooter de rêve pour faire le cirque dans le quartier Et la petite fille chantait (et la petite fille chantait) Et la petite fille chantait (et la petite fille chantait) Un truc qui me colle encore au cœur et au corps Everybody's doing a brand-new dance now Come on babe do the locomotion I know you gonna like it if you give it a chance now Come on babe do the locomotion

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