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EAN : 9782072935640
128 pages
Gallimard (13/05/2021)
3.49/5   72 notes
Résumé :
"Finbarr repoussa la couverture, repoussa l'idée de la bière et du tabac, l'idée d'un tour au pub ou d'un racket crapuleux derrière les tanneries, il repoussa l'idée des filles de Belgooly. Il écarta tout cela et alors, il ne resta plus devant lui que l'avenir tout nu et qui n'en finissait pas."
Irlande, 1915. La nuit où Finbarr Peary décide de quitter le petit village misérable dans lequel il a grandi, un navire échoue près de la côte. Les décisions qu'il p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Quel talent! Deux courts romans, deux époques, deux mondes différents mais un point commun incontournable le talent de Maylis de Kerangal.
Ni fleurs ni couronnes. Irlande mai 1915. 7 mai 1915, Finbarr a 16 ans il lui faut quitter Sugàan. Finbarr a 16 ans, il a voulu voir la mer. 7 mai 1915 Finbarr voit le Lusitania couler et sa vie va changer...
Sous la cendre. Pierre et Clovis, deux amis à la vie à la mort, décident de faire une escapade sur les îles éoliennes. Être à Naples et ne pas aller gravir le Stromboli, impensable. Et puis à la gare maritime juste devant il y a une très belle fille..; Antonia va croiser leur route se perdront ils en chemin?
Les phrases de Maylis de Kerangal semblent être taillées au scalpel. Pas de mot inutile, pas de digression superflue, rien que le strict nécessaire mais quelle efficacité!
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Ni fleurs ni couronnes est l'un des premiers titres de Maylis de Kerangal, paru aux éditions Verticales en 2006.
La plume de la romancière de Réparer les vivants se déploie avec brio et poésie dans ces deux magnifiques récits.
le premier récit qui donne son titre au volume, se situe en Irlande, en 1915. Rescapé d'une famille décimée par la pauvreté, Finbarr Perry tente de s'embarquer pour les États-Unis. Il va être le témoin du naufrage du Lusitania, torpillé par un sous-marin allemand. Accompagnée d'une inconnue, il part alors en mer repêcher les noyés.

Le second récit, Sous la cendre, se déroule dans l'Italie contemporaine. Été 2003, une expédition nocturne s'organise sur les pentes du Stromboli. Deux amis, aux prises avec leurs vertiges volcaniques, vont tomber sous le charme d'une inconnue, Antonia.

Deux récits en miroir pour faire entendre le souffle des corps qui se libèrent, dire la matérialité physique et poétique du monde qui les contient et concilie leurs gestes, la tension entre l'animé et l'inerte, entre le mort et le vivant.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Après "La naissance d'un pont" (2010), roman que je n'avais que moyennement apprécié, j'avais été conquis par "Réparer les vivants" (2014). Il est parfois intéressant de découvrir a posteriori les premiers textes d'un écrivain. Les deux nouvelles dont il est question ici ont été publiées en 2006 et laissent clairement apparaître le style et la manière de Maylis de Kerangal.

Prémonitoires, ces deux récits mettent face à face morts et vivants. Les morts et les primes qu'ils peuvent rapporter à ceux qui les repêchent, les vivants avec la jalousie qui peut s'intercaler entre deux garçons quand survient une fille.

Qu'elles soient fondées sur une sérieuse recherche bibliographique pour la première ou sur une expérience probablement partiellement autobiographique pour la seconde, ces deux nouvelles manifestent l'aptitude de l'auteure à rendre présent et prégnant le cadre dans lequel se déroule l'action.

La phrase, elle, mélange un peu tout : l'environnement physique, l'action, la pensée et la parole. « Elle a dit j'ai froid alors que l'aube montante grisait la mer, révélant leur sillage — une mousse langoureuse et furtive, il faut dire qu'ils allaient si lentement — et Finbarr a répondu on rentre. ». le vocabulaire est d'une grande (trop ?) grande richesse quoique ne faisant appel qu'à un registre de termes courants. Brassez le tout sans guillemets, ajoutez-y des incises entre tirets et vous aurez un aperçu du style de l'auteure. Je ne sais par quelle magie elle arrive à vous embarquer dans l'instant. Est-ce par le rythme même de la phrase ? Par le recours fréquent aux petits détails ?

Quoique abusant moi-même des parenthèses et autres tirets pour glisser un commentaire au sein d'un énoncé, je reste perplexe devant l'usage qu'en fait Maylis de Kerangal. On s'y perd parfois, surtout quand l'incise termine la phrase : là où on attend un tiret de fermeture on tombe sur un point, ce qui est correct, mais déconcertant quand dans la même page plusieurs paires de tirets cadratins sont utilisées. Ainsi : « Il déchiffre l'affichette placardée sur le mur — lire, il sait, un mot après l'autre, mais toujours il se méfie, la peur de ne pas comprendre ce qui se dit dans les mots. » aurait pu être présenté autrement, par exemple en remplaçant le "—" par un point-virgule. Il est vrai qu'au temps des émoticônes, ce signe double a entrepris ailleurs une rapide reconversion...

Mais qui suis-je pour juger du style de l'auteure ? Ne devrais-je pas me contenter de vous transmettre le plaisir que la lecture de ces deux escapades —l'une en mer, l'autre sur les pentes d'un volcan— m'a procuré ?
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Dès les premières lignes de ni fleurs ni couronnes, j'ai pensé "Qu'est ce que c'est bien écrit !".
Un rythme dans la langue dans lequel je me coule naturellement, des images non éculées, pas d'associations cent fois vues, pas de clichés.

Au-delà de ces généralités, ce qui est "bien écrit" pour moi l'est il pour vous ? Je sais que je n'aime pas les contes car les traits sont exagérés et je préfère la veine naturaliste.
Les digressions ne me dérangent pas, elles me ravissent même quand elles sont bien employées et drôles mais je sais qu'elles insupportent d'autres personnes.

Est ce que le fait que Maylis de Kerangal pose sa plume en Irlande, sur une île, qu'elle parle de mer, de bateau, est totalement indifférent au fait que j'ai été comme totalement sous le charme rapidement ? Sûrement pas !

En tous cas, je me suis délectée de chaque phrase de Ni fleurs ni couronnes regrettant presque son format très court même si même la chute est parfaite.
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Ces deux petits romans sont bien ficelés. Bien que très différents dans l'époque, dans les personnages, dans les lieux et dans le style de l'écriture, ils racontent tous les deux la rencontre entre des jeunes hommes et femmes. La première impression, pas toujours flatteuse, la cohabitation qui rapproche et le désir qui monte, particulièrement sensible dans Sous la cendre, puisqu'en plus il y a rivalité entre les deux jeunes garçons pour la conquête de la fille.

Commençons par Ni fleurs ni couronnes dans lequel Finbarr Peary, le jeune homme se supporte plus la vie dans son village perdu et souhaite partir comme l'ont fait avant lui tous les garçons de seize ans. L'auteure ne s'embarrasse pas de précautions et malgré de longues phrases, de nombreuses digressions, elle va droit au but
Les rencontres dans ces petits textes sont très courtes, comme si, finalement, il n'y avait que cela qui comptait ; la rencontre entre deux personnes comme le moment le plus fort qu'elles vivront ensemble.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Le dernier segment du parcours est une longue crête sablonneuse, qui contourne le cratère par l'est. La pente est abrupte, le sable lourd, le convoi est lent, donc la fatigue pèse. [..] Et, plus les corps sont en prise avec la pente, impliqués dans l'effort que commande ce tronçon du parcours, plus les idées prennent forme et s'affermissent, plus elles chauffent et se tordent. Le corps à corps avec la montagne est aussi activateur de langage, fabrique de mots.

SOUS LA CENDRE
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Finbarr Peary naît dixième enfant d'une fratrie qui n'en compte alors plus que deux, les sept autres ayant été tour à tour enveloppés de draps rêches puis déposés au fond d'un trou dans le cimetière de l'église catholique de Belgooly -trou profond, trou sans fond, trou du malheur, on dira même plus tard Trou des Enfants Peary. (p.11/12)
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Il est midi et tout est blanc. Une brume de chaleur est montée des eaux, a pastellisé les taches de couleurs sur les embarcations, caviardé les silhouettes égarées et les anecdotes les plus fragiles du paysage, est venue s'enrouler autour de la montagne -on pense à un foulard dont les bordures se déchirent et s'effilochent jusqu'à terre-, ne laissant dépasser que la tête noire du volcan, et l'île est prise sous une vapeur de tulle. (p.92)
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Dans la plantation qui les entoure, des grouillements se font entendre, des vagissements, comme si bêtes cachées dans la jungle, rats à la course ou chasse au tigre, alors voltige de particules en suspension, tourbillons ascensionnels, il semble que le vent se soit levé. (p.123)
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Il déchiffre l'affichette placardée sur le mur -lire, il sait, un mot après l'autre, mais toujours il se méfie, la peur de ne pas comprendre ce qui se dit dans les mots.
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Videos de Maylis de Kerangal (95) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maylis de Kerangal
Avec Marc Graciano, Maylis de Kerangal, Christine Montalbetti & Martin Rueff Table ronde animée par Alastair Duncan Projection du film d'Alain Fleischer
Claude Simon, prix Nobel de Littérature 1985, est plus que jamais présent dans la littérature d'aujourd'hui. Ses thèmes – la sensation, la nature, la mémoire, l'Histoire… – et sa manière profondément originale d'écrire « à base de vécu » rencontrent les préoccupations de nombreux écrivains contemporains.
L'Association des lecteurs de Claude Simon, en partenariat avec la Maison de la Poésie, fête ses vingt ans d'existence en invitant quatre d'entre eux, Marc Graciano, Maylis de Kerangal, Christine Montalbetti et Martin Rueff, à échanger autour de cette grande oeuvre. La table ronde sera suivie de la projection du film d'Alain Fleischer Claude Simon, l'inépuisable chaos du monde.
« Je ne connais pour ma part d'autres sentiers de la création que ceux ouverts pas à pas, c'est à dire mot après mot, par le cheminement même de l'écriture. » Claude Simon, Orion aveugle
À lire – L'oeuvre de Claude Simon est publiée aux éditions de Minuit et dans la collection « La Pléiade », Gallimard. Claude Simon, l'inépuisable chaos du monde (colloques du centenaire), sous la direction de Dominique Viart, Presses Universitaires du Septentrion, 2024.
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