AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2370550317
Éditeur : Le Tripode (30/11/-1)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 135 notes)
Résumé :
Lire Andrus Kivirähk, c’est à chaque fois se donner la certitude que l’on va entrer de la façon la plus naturelle dans un monde proprement extraordinaire. L’Homme qui savait la langue des serpents (Le Tripode, 2013, Prix de l'Imaginaire 2014 du roman étranger) nous avait habitués à l’idée d’une époque où il était encore possible d’épouser des ours, d’avoir pour meilleur ami une vipère royale ou encore de voler dans les airs à l’aide d’ossements humains. Les Groseill... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  30 octobre 2014
Un petit village estonien au mois de novembre. La météo n'est pas folichonne, ce ne sont que pluies glaciales, gelées et averses de neige. En bons estoniens qu'ils sont, les habitants ne se laissent pas abattre par les mauvaises conditions climatiques, d'autant que ventre affamé n'a pas froid aux oreilles. Il faut se sustenter et pour cela ils se livrent à leur sport favori : le vol, le cambriolage, l'extorsion, chez le voisin, chez l'ami proche, mais surtout au manoir où le garde-manger du baron allemand, l'infâme !, est continuellement pillé par les affamés. Les plus débrouillards chargent leur kratt de rapporter nourriture et bois de chauffage, les autres vont se servir eux-mêmes grâce à quelques ruses dont ils ont le secret. Dans cette ambiance de rapine généralisée, certains refusent obstinément tout ce qui vient du château, abhorrant ceux qui y vivent, ceux qui y travaillent et plus généralement tout ce qui vient d'Allemagne. D'autres se servent avec parcimonie, se contentant de subvenir à leurs besoins au quotidien. D'autres encore préfèrent amasser, jamais repus, toujours dans la peur de manquer. Les plus rusés ne se font pas prendre, les plus idiots prennent tout et n'importe quoi. Bien sûr, voler n'est pas très chrétien mais peut-on être honnête dans un pays où les démons se promènent aux yeux de tous, où le diable, ce Vieux-Païen, exige une âme en échange de chaque service, où les maladies prennent forme humaine pour se faufiler dans les chairs et tuer ?! Pourtant, là où ne poussent que haine, acrimonie, jalousie, mauvaise foi et cupidité, parfois fleurit l'amour, pur, désintéressé, mais sans espoir véritable.

Bien sûr, Les groseilles de novembre n'est pas aussi profond et émouvant que L'homme qui savait la langue des serpents mais on aurait tort de le dédaigner pour autant. Ces petites chroniques villageoises, piquantes et burlesques, nous entraînent dans le folklore estonien, un peu à la manière des Racontars de Jorn Riel au Groenland. Inspiré par les contes traditionnels et porté par son imagination débordante, Andrus Kivirähk nous emmène dans un village reculé où la magie est au service d'habitants peu sympathiques, avares et envieux, seulement guidés par l'appât du gain. Cette clique rêve de pièces d'or, de garde-manger pleins à craquer et tout cela sans se fatiguer. Rusés, ils pactisent avec le diable mais toujours à leur avantage, sachant berner ce vieux fourbe trop naïf.
Dans cet univers peuplé de vaches de mer, de loups-garous et de maintes créatures diaboliques, il faut laisser sa raison de côté et retrouver son âme d'enfant. D'ailleurs, ne sont-ils pas de grands enfants ces estoniens qui se bricolent un kratt de bric et de broc, qui creusent la terre à la recherche d'un trésor, qui soignent la malaria à grands coups de vodka ? S'il y en a à qui l'âge a apporté un peu de sagesse, la plupart préfère se laisser aller à la paresse et à la facilité. On ne voudrait pas les fréquenter sur le long terme mais il est bien plaisant de passer le mois de novembre en leur compagnie, trente jours de pur délire et de fantaisie. Après le peuple des forêts, Andrus Kivirähk s'intéresse à la paysannerie, roublarde et débrouillarde, toujours en rébellion contre le seigneur local, tardivement convertie au christianisme, ayant adopté Jésus-Christ sans délaisser les anciennes croyances.
Kivirähk n'innove pas, mais ne déçoit pas non plus, et réussit encore une fois à nous emporter dans une belle aventure littéraire. A découvrir !

Un grand merci à toi Mollymoon pour le partage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          450
Shan_Ze
  16 août 2017
C'est donc ça un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) ? Un roman qui vous percute l'esprit d'une façon explosive ? Ça ne ressemble en rien de ce que j'ai lu précédemment mais j'ai vraiment adoré. Ça nous vient d'Estonie, de petites histoires d'automne (de novembre, plus précisément). du premier au dernier jour du mois de novembre, l'auteur nous fait découvrir un petit village de la contrée des kratts. Dans ce village, il y a un manoir où vivent des barons et sa cohorte de personnel et les autres pauvres paysans qui n'ont d'autres moyens pour survivre que de voler leurs voisins (surtout le plus riche). Mais c'est encore mieux si c'est le kratt, créature fabriquée à partir de matériel divers, qui s'occupe des tâches les plus ingrates…
Ce roman ne manque d'humour et d'imagination ! Les différentes légendes urbaines sont passées en revue et Kivirahk présente des personnages haut en couleur comme Sander, le granger ou le couple de vieux qui cherche le bon moyen de faire fortune ou encore celui qui a la bonne idée de tomber amoureux de la fille du manoir… Des histoires qui se croisent et décroisent en avançant doucement dans le mois et gagnent en puissance dans ses scènes du foklore estonien. La roublardise est reine chez ces villageois mais heureusement, car les créatures diaboliques ont du répondant. Attention car les contes n'ont pas toujours une happy end…
Parait-il qu'il y a d'autres romans d'Andrus Kivirahk encore meilleurs ? Génial !! (La couverture de l'édition française est vraiment très belle !)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          444
Sachenka
  05 septembre 2018
Dans un petit village d'Estonie, dans un passé incertain, plus ou moins lointain, une poignée d'habitants détraqués attendent l'hiver et fuient l'ennui (et la misère) avec leurs kratts. Il s'agit de créatures que l'on fabriquait avec des riens et qui, après un pacte avec le diable, s'animaient pour aider leurs maitres dans leurs travaux domestiques. Cela inclut aller voler chez les voisins… Bref, on peut les comparer à des sortes de lutins, d'elfes de maison à la pinocchio. Apparemment, le folklore local est rempli de ces objets. Ainsi, Andrus Kivirähk, avec son roman Les groseilles de novembre, nous présente un univers loufoque et original.
Ces kratts sont assez particuliers mais, assez souvent et surprenamment, les habitants leur volent la vedette. Il y a Kareel qui, pensant faire fuir la peste et la maladie avec une haleine d'alcool, boit et boit à n'en plus tenir debout. Son valet, pour qui toutes les excuses étaient bonnes pour s'éloigner de son travail, n'ose plus aller à la taverne de peur de tomber sur son maitre. Et il est tellement crédule qu'on peut lui faire manger du savon en le passant pour du pain parfumé… Il y a aussi ce vieux couple de radins, Imbi et Ärni, à qui l'on joue des tours. Sans oublier Oskar, Liina, Reïn et tous les autres. Cette galerie de personnages colorés est bidonnants.
Si l'univers et les personnages sont impressionnants, toutefois, il vint un moment où je me demandais où Andrus Kivirähk voulait m'amener. Après tout, ces personnages restent les mêmes du début à la fin. Chacun a ses petits désirs et subit des revers, mais aucun n'est plus important que l'autre et, au final, à part nous faire rire, ils ont peu accompli. Et pourtant, ça peut suffire. En fait, ça a suffi. J'en suis venu à la conclusion que l'auteur ne voulait m'amener nulle part, il s'est follement amusé en présentant à ses lecteurs une image romancée de son pays (de jadis) et de son folklore tiré des légendes païennes millénaires. Un joli divertissement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
Ellane92
  08 mai 2017
Je ne connais pas grand chose de l'Estonie. J'avais lu Purge de S. Oksanen dans le temps, qui apportait un certain éclairage assez noir il faut dire (formulation quelque peu contradictoire, je vous l'accorde) sur une partie de l'histoire de ce petit pays. Après avoir lu "Les groseilles de novembre", je ne suis pas sure d'en savoir tellement plus. Et c'est peu de le dire.
Dans cet ouvrage, Andrus Kivirahk nous raconte au jour le jour les évènements d'un petit village estonien dans lequel les lois qui régissent nos vies occidentales françaises sont complètement... comment dire, impropres ?!
Ce que l'on peut dire des Estoniens de ce petit village, c'est déjà qu'ils se positionnent par rapport au manoir et à ses habitants. Soit ils les détestent et les volent, soit ils travaillent pour eux et les volent. L'objectif principal des valets de ferme semble d'être d'en faire le moins possible, tandis que, au vu de la grande pauvreté de chacun, on subsiste grâce aux vols des kratts, créatures créées de bric et de broc et animées par une âme accordée par le Diable, ou le vieux païen comme on l'appelle par là-bas, que l'on paie de 3 gouttes de sang ou de groseille, pour peu que l'on soit prévoyant.
Le ton de Kivirahk est caustique, ses personnages bêtes et veules. Son génie est d'arriver à nous tenir en haleine sur les 30 jours que compte le mois de novembre en nous racontant les histoires de ces petites gens, histoires qui confinent à l'absurde le plus souvent. Mais il y a aussi de jolies envolées un peu lyriques (la passion amoureuse entretenue par les discours du kratt de neige parodie le roman courtois en en conservant la tragédie), mélancoliques (ah... je me suis beaucoup attachée à la sorcière et au granger), des idées très créatives (il faudrait vraiment trouver la formule qui permet de se transformer en loup garou, ou de passer les murs !) et des passages tout simplement géniaux (j'ai adoré l'incarnation de la maladie et sa confrontation avec le village !).
Au final, je ne connais toujours pas grand-chose à l'Estonie. Mais je sais à quoi servent les groseilles en novembre, et j'ai découvert un auteur qui est capable en quelques lignes de nous amener dans un tout autre univers peuplé d'histoires étranges et caustiques. Une belle découverte!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          334
gonewiththegreen
  20 décembre 2019
Quelque part en Estonie , à une certaine époque lointaine, entre celle de Jacquouille et la notre , mais plus près de Jacquouille...
Bienvenue chez les branques ! Dans ce village, tout le monde vole son prochain ! A l'aide de Kratts, sorte d'objet volant, parlant , faits de bout de bois que l'on peut pourvoir du âme en l'achetant au diable, les locaux s'adonnent à leur sport favori, la spoliation de son prochain. le vrai dindon de la farce est le baron , dont le manoir est un libre service pour les villageois et leurs kratts.
Cupidité, égocentrisme, orgueil déplacé , arrivisme, tout y passe, sans le moindre scrupule. Il y a même un raciste dans le lot !
Il y a Sander quand même le granger, un peu moins con que la moyenne, qui sort du lot et pourrait passer pour Gandhi au milieu de ses voisins. Toujours de bons conseils, il est à l'écoute des autres et fait souvent preuve d'humanisme . Il est bien le seul.
On peut se transformer en loup, en tourbillon maléfique...mais tout se paye. Les maladies, les démons peuvent aussi ruser et prendre différentes apparences.
Quel tourbillon ce bouquin ! On n'apprend rien de l'Estonie, si ce n'est que les Lettons sont des gros cons :). Mais que ça déménage ! Les personnages sont truculents et le livre qui nous narre les trente jours de Novembre est un succession d'aventures pour nos anti héro. mais on les aime , on se demande bien jusqu'où ils iront, à quelle bassesse ils peuvent se livrer pour un sac de grain ou une lampée de vodka.
Derrière la fable, il y a la critique acerbe de l'esprit humain , de sa cupidité et de sa promptitude à tromper son prochain pour s'enrichir.
Il y a beaucoup d'humour, aucun temps mort et le sentiment au final d'avoir lu quelque chose de singulier dont on se souviendra longtemps.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          317

critiques presse (1)
Elbakin.net   29 octobre 2014
On peut résumer le roman en un mot : génial. Voilà un titre dont il ne faut pas passer à côté cette année. La plume de l’auteur, l’histoire proprement dite brossée ici, les personnages que l’on croise, l’ambiance du livre, tout ici est fait pour passer un excellent moment.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Shan_ZeShan_Ze   31 juillet 2017
Toutes les âmes n'avaient pas une ferme où les attendait, ni une étuve bien chaude où l'on avait placé pour elles un bon repas et les meilleures fascinés de bouleau. Il y avait des âmes solitaires et sans famille, dont les maisons avaient brûlé et dont tous les parents étaient morts. Elles erraient tristement entre les maisons étrangères ou se morfondaient avec leur famille sous le rebord d'un toit, serrées comme des vers. Certaines allaient chercher refuge et compagnie dans une étable, et l'on entendait ici et là le mugissement effrayé des vaches lorsque les morts les trayaient avec leurs doigts froids.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
alberthenrialberthenri   30 janvier 2018
On alla au cimetière. Comme toujours, les morts déjà enterrés vinrent saluer leur nouveau compagnon et suivirent le cortège à quelque distance. Chacun d'eux chevauchait l'animal qu'on avait tué pour son repas de funérailles. la plupart montaient des moutons ou des veaux morts, mais deux ou trois étaient juchés sur le dos d'un cochon, et quelques paysans très pauvres essayaient désespérément de se tenir en équilibre sur un coq ou une poule.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
julienleclerc45julienleclerc45   23 juillet 2019
On alla au cimetière. Comme toujours, les morts déjà enterrés vinrent saluer leur nouveau compagnon et suivirent le cortège à quelque distance. Chacun d’eux chevauchait l’animal qu’on avait tué pour son repas de funérailles. La plupart montait des moutons ou des veaux morts, mais deux ou trois étaient juchés sur le dos d’un cochon, et quelques paysans très pauvres essayaient désespérément de se tenir en équilibre sur un coq ou une poule. Un coq jeta même son cavalier à terre et s’envola dans un cri par-dessus le portail du cimetière pour rejoindre le monde des vivants. Le malheureux défunt, qui était désormais condamné à marcher à pied éternellement, épousseta tristement ses vêtements, tituba jusqu’à sa tombe et, fourbu, s’installa au sommet de sa croix.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Erik35Erik35   01 juillet 2016
Le diable entendit effectivement le halètement des loups qui accouraient de toutes les directions. Ils étaient venus d'abord en réponse au son du sifflet. Mais en approchant de la clairière, il flairèrent l'odeur du Vieux-Païen et leur poils se dressèrent sur le dos.
Le diable avait lâché son bâton et se tenait debout en humant l'air avec son groin, cherchant un passage pour s'enfuir. Mais les loups cernaient complètement la clairière et le Vieux-Païen comprit qu'il était pris au piège.
Désespéré, il commença à grimper à un arbre, mais les premiers loups étaient déjà sur lui. Ils le saisirent par la queue, le firent tomber sur la neige et le déchiquetèrent en un clin d’œil.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MelopeeMelopee   29 mai 2015
Je pense que le meilleur moment pour se marier, c'est l'époque de Noël, finit par dire Endel. Le cochon, ce vieux salaud, ne veut vraiment pas grossir cette année, mais peut-être que d'ici Noël il aura tout de même un peu engraissé. Alors je pourrai l'égorger et il fera parfaitement l'affaire.
- Ah oui, vraiment ? répondit Liina. Mais comment pourras-tu te marier avec lui si tu lui as tranché la gorge ?
- A qui ?
- Mais à ta fiancée, voyons ! (p. 126)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Andrus Kivirähk (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrus Kivirähk
Extrait de "L'homme qui savait la langue des serpents" d'Andrus Kivirähk lu par Emmanuel Dekoninck. Editions Audiolib. Parution le 3 juillet 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/lhomme-qui-savait-la-langue-des-serpents-9782367629377
autres livres classés : littérature estonienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Compléter les titres

Orgueil et ..., de Jane Austen ?

Modestie
Vantardise
Innocence
Préjugé

10 questions
15553 lecteurs ont répondu
Thèmes : humourCréer un quiz sur ce livre
.. ..