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EAN : 9782081460256
416 pages
Editions Arthaud (03/04/2019)
4/5   24 notes
Résumé :
Pourquoi les Russes et leurs voisins ex-soviétiques boivent-ils tant de vodka ? Que "dit" cette boisson à propos de leurs racines et de leur âme?
Pour tenter d'éclaircir ces mystères, Nicolas Legendre est parti durant quatre mois du Caucase à l'Asie centrale et de la Sibérie à Moscou. Son unique mot d'ordre : laisser faire le hasard. Errer jusqu'à ce que les rencontres surviennent et que les verres s'entrechoquent.
'Les Routes de la vodka' est le réci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Apikrus
  30 avril 2019
Le journaliste Nicolas Legendre (Le Monde, Géo) enquête sur les liens qu'entretiennent avec la vodka des populations de l'ex-URSS (Russes, Géorgiens, Arméniens, Azeris, Kazakhs, Ouzbeks, khirghizs…).
Pour cela, l'immersion est appropriée ! Et l'auteur n'hésite pas à trinquer abondamment avec ceux qu'il croise, à tel point que je me suis d'abord demandé s'il voyageait pour étudier sur la vodka, ou s'il prenait prétexte de son voyage pour picoler…
Ce sont finalement bien les personnes rencontrées et les témoignages recueillis qui sont au coeur de ce récit de voyage(s) :
- voyages dans le temps avec l'évocation fréquente du passé (marques de l'époque soviétique, catastrophe de Tchernobyl, assèchement de la mer d'Aral, effondrement du régime communiste…),
- et des voyages dans l'espace via les nombreux pays traversés.
La carte en début de livre est bienvenue, permettant de suivre l'itinéraire de l'auteur.
A travers ces petites histoires, Legendre nous fait visiter la géographie et l'Histoire de l'ex Union soviétique, mêlant des considérations géo-politiques (conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie pour la possession du Haut-Karabagh arménien…) et sociologiques (place de religions, rapports à l'alcool…).
Son style est agréable, et le tout est très instructif, même s'il m'a été difficile de m'identifier au narrateur tant la capacité à apprécier les alcools forts, notamment la vodka, m'est étrangère.
Si ces contrées, leurs histoires et leurs populations vous intéressent, alors vous apprécierez sans modération cette lecture.
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LaFeePetee
  02 août 2019
C'est l'été et cette saison est souvent synonyme de fare niente.
Et fare niente est souvent synonyme d'apéro. En terrasse, au jardin, au bord de l'eau, dans un festival, sur une barque ou au sommet d'une montagne, qu'importe : on trouve toujours une occasion de se concocter une petite parenthèse rafraîchissante. Pour qu'un apéro soit réussi il suffit d'un seul ingrédient : des amis. Tout le reste n'est que garniture !
Pourtant, je me retrouve régulièrement, avec mes amis, a dissoner en ce qui concerne les garnitures. Parce que depuis quelques années, une mode perdure : celle du Mojito. Sorte de boisson sacrée, on nous le propose à toutes les terrasses, du plus petit camping au grand restaurant, dans toutes les variations possibles, puriste du rhum ou potions expérimentales. Mais voilà, je n'aime pas le Mojito ! Si mon palais peut bien reconnaître quelques qualités gustatives aux différents Rhum, je ne comprends pas cet engouement pour une boisson noyée de flotte, de glace qui percent votre émail et de cet arrière-goût mentholé qui surplombe absolument tout. Moi j'aime le vin, qu'importe sa couleur et son origine, je l'aime avec passion ! Et si je dois me pencher sur des boissons plus fortes, c'est pour la Vodka que mon coeur balance ! Oui m'sieur dame, et quand je parle de Vodka, je n'entre même pas en matière en ce qui concerne ces infâmes liquides colorés et aromatisé aux chimiques! Non, de la vraie vodka agricole à base de patate ou de céréales.
Cette longue introduction à deux buts ; celui de vous donner soif et de vous parler d'un livre ! Parce qu'aux dernières nouvelles je suis blogueuse littéraire et non pas promotrice d'apéro.
Ce livre donc, c'est celui de Nicolas Legendre, Les routes de la Vodka aux éditions Arthaud.
On navigue entre récit de voyage et essai historique, et moi, L Histoire racontée comme ça, j'aime beaucoup !
Ce n'est pas la première fois que Nicolas Legendre se rend en ex-URSS et lors de ses précédents voyages, la vodka était déjà omniprésente. Parce que là-bas, quand on rencontre quelqu'un, qu'on partage un moment de vie, qu'on le reçoit, on sort de la vodka. C'est ainsi. Que ce soit dans des banlieues miteuses ou le fond de la campagne d'Arménie, la vodka est d'avantage qu'une boisson, c'est un moyen de fraterniser, un symbole culturel. C'est également un élément commun à ces pays qui ont fait partie d'un même empire mais qui sont très différents à de nombreux points de vue.
Utiliser la vodka comme prétexte narratif permet non seulement de rencontrer les gens du cru, de parler librement et du coup, de raconter toute l'histoire de l'ex-URSS.
En parlant de vodka, on parle de littérature russe, de politique, d'argent, de géopolitique. C'est aussi l'amour, la fraternité, les bastons à la sortie des bars, l'alcoolisme : le miroir d'une société.
A travers toutes ces anecdotes, on rencontre des Gens. On fait connaissance avec des vraies personnes qui ont des histoires à conter, avec leur pays, avec L Histoire, avec la vie. Parce que n'oublions pas que si ce sont les Grands Noms que nos livres retiennent, ce sont des gens comme vous et moi qui fabriquons le monde, au quotidien. Et bon dieu comme j'aime aimé rencontrer ces Humains 
Au fil de ma lecture, j'enviais Nicolas Legendre et les moments privilégiés qu'il a vécu. Des confidences, des liens, des amitiés fugaces mais sincères, des aveux, des colères, des rires. Tout est authentiques dans ces pages et profondément touchant.
L'on découvre les différentes sortes de Vodka, certaines si précieuses qu'on ne les sort que pour les grandes occasions mais également les grandes dates qui ont forgé une patrie : l'époque soviétique, la catastrophe de Tchernobyl, l'assèchement de la mer d'Aral, bien sûr l'effondrement du régime communiste tout comme on aborde le conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.
On voyage, parce que le rythme de ce livre est là, dans le déplacement : le seul moyen de rencontrer les gens étant d'aller à eux. On visite l'Azerbaïdjan, les canyons kazakhs, les bains publics de Tbilissi, les jailoos du Kirghizistan. On a parfois le vertige face à l'immensité de cette nation et aux vapeurs alcoolisée, on titube sous les fou-rires et le silence respectueux revient quand les récits se font plus intimes, douloureux parfois. On fait connaissance avec un peuple très surprenant, imprévisible, spontané. A croire que les dictatures inventent de chaleureuses hospitalités par réaction instinctive...
Un récit de voyage rock'n'roll merveilleusement bien écrit, digne d'un documentaire ou, quand on tourne la dernière page il ne reste qu'une envie : celle d'improviser un toast surréaliste en l'honneur de l'Humanité !
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christinebeausson
  24 septembre 2019
Une rencontre était prévue quelques jours plus tard avec Nicolas Legendre dans un bistrot de la grande ville à côté de chez moi.
Quelle bonne idée de retrouver cet auteur dans un tel lieu pour évoquer avec lui les routes de la vodka.
Soit dit en passant, je n'apprécie pas la vodka, je ne pourrais pas partager cela avec lui, et détail qui a son importance quand la rencontre a lieu dans un bar à bière ... que je n'aime pas non plus la bière ! Je devine qu'il aura bien un fond de bouteille de vin pour apaiser ma soif de connaissance ce soir là.
Un livre avec un itinéraire surprenant, départ par les ex républiques soviétiques du sud Géorgie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, seules sont oubliées le Turkménistan et le Tadjikistan.... pourquoi ? ( réponse : pour l'un, trop compliqué d'avoir le visa, pour l'autre, pas assez de temps !)
Passage chez le grand frère ou si vous préférez l'ex grand frère mais toujours celui qu'on ne peut pas oublier, avec lequel on vit encore et toujours pour une courte escapade à 3400 km à l'est de Moscou pour récupérer la civilisation et le transsibérien ... surprise ... voyage, Moscou Vladivostok 9400kms, réduit à une simple excursion de 3400 kms, évoqué pendant quelques pages ... très, trop rapidement évacué !
J'avoue que le rétrécissement voulu ou subi de l'exploration de ce qui a été un jour l'URSS se déçoit ... autant l'âme russe est présente dans ses ex république mais nous ne saurons rien pour ce que j'appelle le ventre mou de la Russie. ( réponse : les routes de la vodka sont longues, tortueuses et ne peuvent se résumer à un seul voyage ...ce pourrait être pour un autre jour ?)
À part cette frustration ressentie, j'ai beaucoup apprécié ce voyage depuis mon canapé, j'ai vu défilé d'autres pays que ceux que nous montrent les reportages sur ces contrées très éloignées du tourisme de masse, j'ai vu vivre des hommes et des femmes pour lesquels la France se résumait à Sarkozy, Joe Dassin et Mireille Mathieu ... et ressenti la fascination de tout un peuple pour celui qui a redonné du lustre et sa fierté à un peuple ... je n'oserai pas le nommer ! Lénine doit se retourner dans sa tombe ... enfin je l'espère !
Je souhaite vous rassurer lors des rencontres avec Nicolas, la vodka n'est pas obligatoire, il y avait bien du vin aux oiseaux de passages, nom du bar qui nous a accueilli, et même si je n'ai pas eu l'occasion de goûter à la boisson nationale du Kirghizistan, le koumis ou koumys, (boisson à base de lait fermenté de jument, avec un faible dosage d'alcool, son goût très particulier est fort et fumé), j'ai pu déguster les fameux cornichons russes ramenés par Nicolas qui a le bonheur de résider juste à côté d'une épicerie russe, la seule a des kilomètres à la ronde !
Excellente lecture suivie par une excellente soirée.
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lilicrapota
  21 juillet 2021
L'auteur, journaliste qui s'est déjà rendu plusieurs fois en Russie, fait le pari d'entreprendre un tour de l'ex-URSS afin de mieux comprendre les rapports des gens avec la vodka, et d'apporter par ce biais non seulement une approche humaine mais aussi géopolitique et sociale. A-t-il réussi son pari ? Je ne sais pas. Mais en tout cas la lectrice que je suis s'est émerveillée devant la pluralité des rencontres, l'hospitalité incroyable des gens, leur capacité à boire sans modération, sans parler de ce que l'on apprend, de ce quui s'ouvre à nous par le biais de ce regard direct : car oui, en France on est plutôt "méfiant" je crois envers les Russes, Poutine, le régime, etc, mais là on se rend mieux compte de ce que le peuple russe a traversé et du pourquoi le régime ne les choque pas, qu'ils n'aspirent pas à plus de démocratie, et que c'est un défi de comprendre "l'âme russe". La carte de début est la bienvenue (l'auteur a traversé Géorgie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizstan, puis la Russie... Une incroyable aventure !
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Eloisette
  03 mai 2019
Avec Les routes de la vodka, on voyage notamment dans ces fameux pays en "stan" qu'on ne prononce jamais correctement, qu'on ne situe que grossièrement sur le globe, et dont on ne connaît pas grand chose, si ce n'est rien. Une vraie découverte, donc, qui donne envie d'aller traîner ses baskets dans les environs. Oui, ce bouquin donne l'envie folle de vadrouiller dans les canyons kazakhs et d'errer dans les jailoos kirghizes. On rêve de rencontrer ces femmes et ces hommes (par tous!), d'échanger avec eux et de se laisser entraîner dans des situations cocasses. Et il y en a ! Contées avec humour, avec, toujours, un réel respect pour les gens. Des situations, des descriptions, des réflexions... Un cocktail succulent, bien écrit, avec un rythme parfaitement maîtrisé, dans le récit comme dans chaque phrase. On se verrait sans mal trinquer avec le narrateur - l'auteur donc - que l'on devine sympa, modeste ... et bon vivant !
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   20 juin 2021
La Sibérie était – et demeure – un Far West russe. Un Far East, donc. L'histoire de son exploration, presque inconnue en Occident, comporte assez d'épopées, de drames et d'anecdotes pour inspirer un million de films d'aventure. Mais Hollywood se trouve aux États-Unis d'Amérique et les cinéastes n'ont pas puisé dans ce réservoir pour nourrir leurs scénarios. Notre imaginaire grouille de renégats évoluant dans les déserts d'Arizona et de justiciers chevauchant dans les grandes plaines. Mais qui sait que des géographes, naturalistes, mercenaires, trappeurs et brigands s'aventurèrent, à partir du XVIème siècle, avec des moyens rudimentaires, en remontant des fleuves gigantesques, à travers la taïga et les marais infestés de moustiques, royaumes de l'ours et du loup, par 40 ºC au-dessous ou au-dessus de zéro, à plusieurs milliers de kilomètres du village le plus proche, et qu'ils y rencontrèrent des peuples qu'ils affrontèrent et soumirent, que des chefs ennemis fomentèrent des vengeances, que l'on pilla, s'étripa et fraternisa durant des siècles, avec comme décor les espaces les plus vastes et les moins densément peuplés au monde ?
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ApikrusApikrus   01 mai 2019
L'ivresse du pouvoir a de multiples carburants. Elle se nourrit de la psychologie des puissants, de leurs traumatismes, des guerres, de la solitude des hautes sphères, de l'espionnite, de la lutte des clans, de la paranoïa qui finit par rendre aveugle, ou fou, ou les deux, et alors, quand l'alcool et les psychotropes s'ajoutent à ce cocktail, le pot devient vraiment pourri. Et l'on finit par planter des statues dans les montagnes d'Asie centrale. En plus de borner le territoire, les effigies de Lénine symbolisaient le domination de l'homme sur la nature, autre obsession des hiérarques soviétiques. Il fallait barrer les fleuves, araser les collines, défricher les plaines, industrialiser les rivages, et tout cela sans limite, comme si rien ne pouvait arrêter l'Homme. A posteriori, cette philosophie apparaît d'autant plus pathétique ici, au Kirghizstan, où les montagnes tutoient les 7 000 mètres, et où chaque massif, chaque torrent, ridiculise par sa beauté les entreprises ridicules d'Homo Sovieticus.
(p. 180)
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OlivOliv   18 juin 2021
Comme beaucoup d'ex-Soviétiques, Liouba utilise simplement le terme "Soyouz" (Union) pour désigner l'ex-URSS, expurgée de fait des mots "républiques", "socialistes" et "soviétiques", soit tout le baratin politico-dogmatique. Ne reste plus que l'Union, uniquement l'Union : le plus important, au fond. Et Liouba dit cela sur un ton presque chantant, empli d'une nostalgie douce.
— Vous regrettez l'Union Soviétique ? dis-je.
— On est un seul peuple ! Larissa, par exemple, est ukrainienne. Mais elle est russe. Nous, on est kazakhs, mais russes aussi. On ne fait qu'un. Il n'y a pas de différences. C'est l'Union...
Tout le monde approuve et je comprends un peu plus que les liens unissant la Russie à son ex-empire ne consistent pas qu'en tracés de gazoducs et accords douaniers. C'est une question d'hommes, de femmes, une question d'âme et de racines, de culture partagée, un mariage pour le pire et pour le meilleur. Il nous est difficile, vu d'Occident, de comprendre les rapports russo-ukrainiens ou russo-kazakhs, parce qu'on ignore souvent la complexité de ces relations.
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OlivOliv   16 juin 2021
La douanière se lève et, sans desserrer la mâchoire, pose une bouteille de vin sur le comptoir. Il est 4 heures du matin, je n'ai pas fermé l'œil depuis près de vingt-quatre heures. Je crois à une erreur de la banque en ma faveur.
— C'est pour moi ?
Elle acquiesce. Je saisis la bouteille ornée d'une étiquette sur laquelle un laïus rédigé en anglais vante les mérites de la Géorgie, terre d'opportunités pour les entrepreneurs : régime fiscal avantageux, situation stratégique, et cætera. Force du marketing ! Dans la plupart des aéroports, on accueille les étrangers avec – au mieux – des regards torves. Ici, on leur offre du pinard.
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OlivOliv   17 juin 2021
En Géorgie, admirer un collègue lorsqu'il triture une canalisation et commenter les événements avec deux autres zigues oisifs n'est absolument pas anormal. On dirait même qu'il est conseillé de prendre du recul et, de fait, de prendre son temps. Les drogués au produit intérieur brut diront qu'un peuple se comportant de la sorte fonce vers l'Apocalypse. On peut aussi penser que ledit peuple se prémunit contre la dépression et l'infarctus. Quand l'Occident aura obtenu la crise de nerfs qu'il fomente, les Caucasiens tranquilles lui diront qu'il n'avait qu'à bosser moins.
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Interview du lauréat du Prix Objectif Plume 2018 du Club de la Presse de Bretagne, Nicolas Legendre
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