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ISBN : 2330047789
Éditeur : Actes Sud (15/04/2015)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 116 notes)
Résumé :
Une petite orpheline grandit dans un château, aux côtés de ses grands-parents......
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  01 juillet 2015
Fin des années 70, petit village de la Brie. Constance vit avec ses grands-parents dans une demeure bourgeoise. A dix ans, elle n'a jamais eu le droit de sortir de l'enceinte de la propriété ni de côtoyer d'autres enfants, sa seule compagnie est un chat, c'est sa grand-mère qui s'occupe de son instruction cinq heures par jour. De ses parents, elle sait seulement qu'ils sont morts. De sa tante Eléonore décédée à dix ans, en revanche, elle entend beaucoup parler - des photos et des souvenirs de la défunte trônent partout.
Constance est souvent punie : « Grand-mère m'obligeait à passer la nuit dans le grenier si je faisais une grosse bêtise. Elle voulait m'éduquer à la dure. Sur l'échelle des punitions, le grenier était la plus haute, juste au-dessus du martinet. » Le grand-père est alcoolique et couard, il se laisse mener par le bout du nez par son acariâtre de bonne femme et ne réagit pas lorsqu'elle se montre excessivement sévère avec Constance. Il la laisse même *** attention spoil *
Je ne spoile pas vraiment ici, puisque la quatrième de couverture l'annonce d'emblée, et c'est d'ailleurs cette thématique qui m'a donné envie de découvrir cet album. Mais je trouve dommage que cet élément de l'histoire soit dévoilé dès la présentation par l'éditeur, alors qu'on l'apprend assez tard et que son annonce participe à la montée en puissance de l'intrigue.
Cette BD m'a déçue, parce que j'attendais davantage de subtilité *** re-spoil *
On est mal à l'aise dès les premières pages, la maltraitance est vite affichée, et le graphisme épais et ingrat alourdit encore l'ambiance pesante. Certes, on va de surprise en surprise dans cette intrigue sombre, et pourtant on se dit qu'on aurait pu deviner les rebondissements et le dénouement, tant on a déjà lu/vu ce genre d'histoire.
• Merci à Babelio et aux éditions Actes Sud pour ce partenariat.
Lien : http://www.canelkiwi.com/arc..
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trust_me
  06 janvier 2016
Pas de résumé sur la quatrième de couverture, aucune information permettant de savoir de quoi il retourne avant de se lancer, c'est rare et ça me plait. On entre donc dans cette BD sur la pointe des pieds pour découvrir Constance, jeune fille enfermée dans le grenier du château familial par sa grand-mère et obligée d'y passer la nuit sans matelas ni couverture au milieu des araignées. Glaçant.
Constance ne sait rien de ses parents. Élevée à la dure par cette mamy acariâtre, elle ne peut trouver de soutien auprès d'un grand-père lâche et alcoolique. Constance n'a aucun contact avec l'extérieur, elle ne va pas à l'école et tâte du martinet à la moindre occasion. L'arrivée d'une famille portugaise et de ses deux enfants dans une dépendance du domaine va changer la donne. A leur contact, Constance va découvrir sa véritable nature. Car Constance n'est pas celle que l'on croit…
Un sujet plombant mais traité sans le moindre apitoiement, à hauteur d'enfant. Constance souffre mais elle rêve, elle s'évade, elle joue. Surtout, elle se révèle au contact des autres et face à leurs réactions. Il y a beaucoup de folie, de naïveté et de cruauté dans ce récit. Une bonne dose de méchanceté aussi, de la rancoeur, de la bêtise, des secrets de famille profondément enfouis dans les placards. La tragédie en cours reste malgré tout porteuse d'espoir et laisse au final la porte ouverte à une possible reconstruction.

Le noir et blanc est d'une densité incroyable, le trait vif et souple oscille entre réalisme et caricature avec une facilité déconcertante. Mathias Lehmann ose des planches totalement déstructurées où s'insinuent des touches de fantastique. Il marche sur un fil, enchaînant les prouesses graphiques en restant constamment au service de son récit, son travail est bluffant.

Un drame social troublant, qui met mal à l'aise mais reste, dans son traitement, d'une surprenante subtilité. Un album impressionnant qui va me marquer durablement, c'est une certitude.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Belzaran
  23 janvier 2016
À force d'entendre du bien de « La favorite », j'ai fini par arriver à me le procurer. La bande dessinée de Matthias Lehmann proposait un parti pris graphique intéressant couplé à une histoire intrigante. Mais les promesses étaient-elles tenues ? le livre est paru chez Actes Sud BD et pèse pas moins de 150 pages.
Constance est orphelin. Élevé par ses grands-parents, elle subit les brimades de sa grand-mère qui n'hésite pas à la punir pour un oui ou pour un non. Son grand-père, lâche et passif, laisse faire. Les brimades sont à un point tel que Constance doit s'habiller en petite fille alors qu'il est un garçon ! Isolé dans cette grande maison de la Brie, l'âge aidant, des envies de se rebeller commencent à germer en lui. L'arrivée d'une famille de Portugais et de leurs deux enfants dans la maison, pour entretenir l'ensemble, va rompre la solitude de l'enfant.
Quel curieux ouvrage que voilà ! Outre le thème malsain, Matthias Lehmann développe des planches variées, pleines d'inventivité et souvent déconstruites. Ainsi, il n'y a pas réellement de continuité dans le livre. Des scènes se succèdent, racontées par Constance. Cela peut-être une anecdote, une explication d'ensemble, des flashbacks… Cette richesse pourrait rebuter, mais c'est au contraire ce qui fait toute la force du bouquin. Varié et inventif, on a l'impression d'être devant une oeuvre assez unique, porté par un thème fort.
Malgré la haine et la cruauté très présentes dans « La favorite », le livre évite tout manichéisme. L'auteur aurait pu se contenter de montrer l'horreur de la situation, façon fait divers, mais ce n'est pas le cas ici. Chaque personnage est porté par son caractère, son histoire et ses motivations. On ne cherche pas d'excuses aux grands-parents, mais des explications.
Au-delà du cercle familial, très fermé, la description de la Brie, de son village et de ses notables est savoureuse également. Leur culpabilité est abordée implicitement, leur cruauté bien plus frontalement. Que de petitesse et de frustration se dégagent de « La favorite ! ».
Afin de mieux encrer dans l'ambiance « fin de race » de l'ouvrage, Matthias Lehmann utilise un dessin en noir et blanc hachuré, façon gravure du 19ème siècle. le choix est très pertinent, renforçant les ambiances de vieille France. le dessin reste simple en soit, mais sait s'adapter aux situations, montrant une grande maîtrise de l'auteur dans la gestion des noirs.
Doté d'une histoire forte et de planches déconstruites remarquables, « La favorite » fait partie de ces livres qui pousse la bande-dessinée dans ses retranchements. Voilà un one-shot de grande qualité qui vous tiendra en haleine du début à la fin. du grand art !
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alouett
  16 décembre 2015
Constance a une dizaine d'années. Orpheline, elle vit avec ses grands-parents dans la riche demeure familiale.
Constance n'a pas d'amis, elle ne connait aucun autre enfant. Sa grand-mère lui donne des cours, à raison de cinq heures par jour. le reste du temps, elle lit les livres qui lui sont « prescrits » par sa grand-mère. Au mieux, elle a le droit de jouer dans le jardin de la propriété.
Constance ne sait rien de ses parents d'ailleurs, elle ne sait même pas si ce sont les parents de sa mère ou ceux de son père qui l'élèvent.
Constance ne peut profiter d'aucun geste d'affection, d'aucun signe de tendresse. Ses journées se déroulent dans un huis-clos où grand-mère impose sa loi, son diktat. La vieille bique acariâtre est omniprésente, omnipotente. le pépé quant à lui préfère procrastiner, limitant ses déplacements de la chambre au salon. Ses loisirs : lire le journal et descendre ses litrons d'alcool.
Constance a peur. La moindre entorse à la règle est sévèrement réprimée par les coups de martinet de la vieille… quand ce n'est pas l'isolement dans le grenier… quand ce n'est pas les coups de poings.
Rien ne semble capable d'ébranler ce quotidien morose et silencieux. Jusqu'à ce que la grand-mère décide d'embaucher un couple de gardiens pour veiller sur le manoir.

Matthias Lehmann livre un récit prenant. L'huis-clos se déroule dans une riche demeure familiale et met en scène un couple qui inculque à leur petite-fille des règles d'éducation très strictes. La matriarche fait régner sa loi et toute entorse au code de conduite qu'elle impose est sévèrement réprimé. Bien qu'il désapprouve les positionnements de sa femme, son époux se montre pourtant totalement incapable de faire front face à elle. le couple d'aïeuls part à la dérive, incapable de se donner de l'affection, chacun se mure dans on monde et leurs rares échanges donnent lieu à des confrontations verbales d'une grande violence. Perdue dans cet univers austère, l'enfant n'a d'autres choix que celui de satisfaire les désirs de sa grand-mère. L'enfant ne remet rien en question, ni le fait qu'elle est consignée à demeure, ni le fait que ses temps de sortie dans le jardin sont réglementés et chronométrés, ni le fait qu'elle ne peut fréquenter l'école ce qui la prive du contact avec ses pairs. Enfin, l'absence de communication est telle que l'enfant ne sait rien de ses origines.
L'auteur fait évoluer trois personnages torturés, aigris et désabusés. le grand-père brille par sa passivité ; on le sent détenteur d'un lourd secret mais il préfère noyer ses pensées dans l'alcool plutôt que d'affronter la réalité. La grand-mère quant à elle est une femme intelligente et machiavélique ; elle est omniprésente et omnipotente auprès de ses proches. le manoir familial est plus qu'une demeure, c'est son territoire : elle y agit en chef de meute et ne cherche même pas à épargner ses proches des différentes humeurs dont elle peut être l'objet. Méchante, malsaine, colérique, elle ne peut vivre sans régner sur les autres, obligeant ces derniers à subir la violence psychologique qu'elle entretient à chaque instant. Pire encore, elle exulte presque lorsqu'il s'agit de corriger la petite qui n'a pas bien débarrassé la table ou qui est rentrée une minute trop tard de son temps de jeu quotidien dans le jardin. Généralement, le tête-à-tête entre l'enfant fautif et l'adulte autoritaire se termine dans le grenier, lieu où les coups pleuvent, où parfois les liens qui enserrent les poignets sont si serrés qu'il est impossible de bouger les mains, où les privations de nourriture tenaillent le ventre… Ce qui sauve l'enfant, c'est finalement la richesse de son monde imaginaire, un univers dans lequel l'orpheline peut se réfugier.
(...)
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Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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Bdziles97
  05 mai 2015
(EM971) Ouah !!!! Eh bien voilà une BD qui décape, déroute, dérange, détonne tant par le dessin que par le scénario. Malheureusement les pulsions sadiques d'une grand-mère hystérique du martinet conjugué aux démissions d'un grand-père sans doute castré par cette même grand-mère (heureusement pas complètement finalement...) et à l'identité troublée (et pour cause !!!!) de notre héros (dont l'imagination débridée (faut bien s'échapper !) nous réserve de belles surprises)...me semblent un peu dures à digérer dans le cadre du Prix....Mais vaut pleinement le détour par ailleurs .
(LX971) bof bof ! Je me suis forcé à aller au bout, pas vraiment passionné par cette histoire tirée par les cheveux (de la petite). Si le dessin est parfois séduisant, j'ai trouvé l'humour souvent facile et la caricature trop grossière. J'ai trouvé la narration bizarrement menée ; l'auteur m'a donné l'impression de se débarrasser du dernier tiers du récit en livrant tout d'un coup, sans crier gare, un flash-back super explicatif . Il résout ainsi une enquête qu'on ignorait sans ménager de suspense ou d'intrigue. L'époque et l'univers me semblent en plus très (trop) loin des élèves ; le côté franchouillard avé l'accent en plus, c'est very too much. Non merci pour le Prix !
(SC971) Brrrr ! C'est glauque, ça fait froid dans le dos et en même temps un peu tiré par les cheveux, servi par un graphisme qui ne me séduit pas du tout. Bref pour moi c'est non pour la sélection collège.
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critiques presse (5)
BoDoi   14 août 2015
Dans une mise en scène parfois proche du strip, son livre manque toutefois d’intensité par moments, mettant peut-être une distance trop grande entre ses personnages et le lecteur. Mais l’album est original et bien mené, et mérite donc d’être découvert.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Liberation   15 juillet 2015
Dans la Favorite, la plume de Lehmann creuse la fibre de la page comme on travaille la terre. En profondeur.
Lire la critique sur le site : Liberation
BDGest   12 mai 2015
Avec ce dessin qui rappelle les gravures d’antan et ces planches aux constructions éclatées, il propose de fait une succession de tableaux, de pans de vie qui, ensemble, forment une destinée morcelée, chahutée.
Lire la critique sur le site : BDGest
Telerama   22 avril 2015
Avec son dessin à la plume d'une vivacité très loquace, dans une mise en scène d'un éclectisme déstructuré, il déjoue le réalisme pour insinuer ce qu'il faut d'imaginaire, de fantastique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Chro   31 mars 2015
La beauté des images de Lehmann est bien de s’en tenir toujours au cauchemar, (...) sans s’égarer dans les dévoilements faciles d’une sauvagerie qui ne serait que du voyeurisme.
Lire la critique sur le site : Chro
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LilizLiliz   17 janvier 2016
Gna gna gna
"Si on vous prend pour une fille, c'est parce que vous êtes beau"... VIEUX FOU !! Ça serait pas plutôt parce que ma grand-mère m'oblige à porter des robes et les cheveux longs !!?
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JulverJulver   09 août 2015
Sur l'échelle des punitions, le grenier était la plus haute, juste au-dessus du martinet. (Et selon l'intensité des coups.)
Commenter  J’apprécie          40
JulverJulver   09 août 2015
Parfois, il pleurait, et j'ignorais si c'était à cause de sa vie, du vin ou de Gustav Mahler.
Commenter  J’apprécie          50
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