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ISBN : 2710330806
Éditeur : La Table ronde (25/08/2011)

Note moyenne : 2.22/5 (sur 9 notes)
Résumé :
De Bois-Colombes à Paris, des Sables d'Olonne à Stockholm, Revenants met en scène la génération post-68, celle des silences et des non-dits, des causes incertaines, des gloires éphémères, des amours plurielles. Une génération perdue, qui a le rock pour bannière. Peuplé de fées désenchantées et de princes sans royaume, Revenants est une fresque underground, un roman choral écrit au cordeau.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
tilly
  30 septembre 2011
[lu pour l'opération Masse Critique de la rentrée]
Patrice Lelorain s'allonge sur le lit-divan en peluche rouge de sa chambre d'enfant à Bois-Colombes et déroule d'une seule traite vingt années de sa vie, de l'adolescence à l'âge adulte, à l'attention du lecteur assis qui tient son livre entre ses mains.
Qui sont les revenants ? Si l'on en croit la table des matières et la structure du livre, ils sont quatre (Monsieur V, Francis, Claudia, Madame X). Mais en fait ils sont une multitude derrière ceux-là, à chaque page, amis perdus, amis morts, filles quittées, dont les vies se sont mêlées un temps, comme des voix, à celle du narrateur. Il y a aussi d'autres revenants moins privés et plus fugitifs, ce sont Roger Chapman, François Mitterand, Jacques Chirac, Jean Carmet, et quelques autres.
Car on est dans les années 80 et 90. Au début, le centre du monde de Patrice Lelorain est une gare où passe le train gris métallisé qui relie en quelques minutes la banlieue ouest à la capitale. le lycée, la gare, les cafés, et les voies ferrées tiennent lieu de réseaux sociaux aux lycéens en ce temps-là. On se réunit chez les uns, les autres, on fume, on écoute et on joue de la musique.
Patrice Lelorain n'a rien oublié : ni les visages, ni les corps, ni les humeurs, ni surtout la qualité des relations dans ce groupe d'amis qui grandissent ensemble mais pas au même rythme. Mieux, pour chacun d'entre eux il reconstitue fratrie, parentèle et affinités électives, à tous les niveaux, créant ainsi un gigantesque maillage où il y a beaucoup de Didier, de Michel, de Philippe, de Vincent, etc. On s'y perd un peu, c'est vrai, mais qu'importe. 
Il n'a pas oublié non plus les accidents de la vie, les maladies, la drogue, et les trahisons qui cassent les fils entre amis. Lorsqu'il le faut, il s'échappe comme il peut des carnages familiaux et amicaux en partant vers le Nord à la recherche d'inaccessibles sirènes blondes aux prénoms se terminant par “a”. Il reviendra et repartira encore.
Un peu plus tard, Patrice Lelorain poursuit des études cinématographiques jusqu'à sa thèse sur Arthur Penn. C'est en l'écrivant qu'il comprend qu'il est meilleur, et surtout plus heureux, avec un stylo qu'avec une caméra en main. Par le jeu de rencontres et d'opportunités dans les milieux de la presse spécialisée musicale et cinéma, il commence à placer chroniques et biographies. Sa vie sentimentale se construit au rythme de cohabitations entrecoupées de retours au logis familial. Jusqu'à Claudia, la merveille.
La fin de l'histoire avec Claudia correspondra à une longue période de vaches maigres. Patrice Lelorain sera longtemps un garçon bohème fauché, un demi salaud dit-il, soutenu par son amour pour le sport, la course à pied, le rock et l'écriture. Par l'écriture justement, et avec le temps, Patrice Lelorain réussira à solder sans drame la relation conflictuelle à sa mère qui avait empoisonné son adolescence.
Finalement, une vie personnelle ni très flamboyante, ni très remarquable, si ce n'était la force dégagée par la confiance en l'amitié de filles et garçons qui se sont rencontrés à vingt ans. le roman que Patrice Lelorain a tiré de sa propre histoire au milieu d'eux est plein d'une humanité clairvoyante.
L'écriture est belle, fluide, peut-être pas aussi simple qu'elle le parait. Il n'y a pas de dialogues, seulement la narration. La description physique au cordeau des nombreux personnages, et de leur comportement, est parfaitement mêlée, intégrée au récit, très dense.
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Skorpionnan
  12 juillet 2011
Lecture
Le narrateur a grandi au Nord-Ouest de la région parisienne, à Bois-Colombes. de son adolescence à la cinquantaine, il évoque les rencontres, les personnes, les « revenants » qui apparaissent lorsqu'il regarde son passé. Entre l'école, la fac, le rock, le cinéma, les amis et les femmes, il nous livre son histoire. Il expose ses passions, ses défaillances et ses rencontres. Célébrités ou anonymes, les hommes et les femmes se croisent dans un mouvement constant qui les éloigne, les rapproche ou les télescope.
Avis
On peut penser que le "héros" du livre est Patrice Lelorian, l'auteur, tant leurs biographies se recoupent.
Le premier chapitre est superbe, il évoque la figure fantomatique d'un voisin, le père décédé, simple mais apprécié d'un ami, une ombre qui hante parfois les lieux qu'il a fréquentés et fait ressurgir les souvenirs de la vie de l'auteur. Ces visions qui ne sont que des impressions fugaces sont l'occasion de revenir sur son enfance, sa jeunesse, sa vie. Elles font revenir tout un flot de personnages et d'histoires qui ont été la trame de sa vie.
La suite m'a fait très peur. Suivre toute une foule d'adolescents, dadais et vantards dans leurs frasques amoureuses, imbibées ou enfumées m'a rebuté. Qui plus est, un très grand nombre de personnes est évoqué, des références sont assez obscures, ce qui m'a craindre un livre de mémoires écrit par l'auteur pour lui-même et lui seul.
Heureusement ces ados grandissent et, s'ils n'en deviennent pas pour autant des anges immaculés, ils gagnent énormément en profondeur. de cette foule assez bigarrée s'extraient peu à peu les personnes réellement importantes, celles qui ont compté. Des cercles se forment autour de l'auteur, parfois concentriques, parfois justes tangents. Patrice Lelorain analyse finement l'histoire de ses relations amicales ou amoureuses. Avec beaucoup de lucidité, il raconte les flux qui traversent son monde. de très bons amis s'éloignent, fâchés ou usés ou juste écartés par les circonstances. Des personnes peu appréciées s'avèrent adorables, des amis se révèlent lâches et indignes. Mais dans toute cette ébullition, l'auteur reste amical, bienveillant, pas de haine et peu de colère, jamais de condescendance, malgré un certain égocentrisme, roman (auto?)-biographique oblige. On se dit tout de même à la lecture que sa mémoire, comme celle de chacun d'entre nous, a effectué sa fonction sélective, édulcorante. On sent parfois poindre quelques piques sur cette sphère trop lisse. L'auteur laisse transparaître un certain « caractère » et j'aurais aimé qu'il le montre plus. Observateur et acteur posé, il livre ses impressions sur ces satellites, ces météores, ces comètes au milieu desquels trônent quelques planètes : amis véritables, solides et durables mais aussi femmes qu'il a aimées. Dans la foule mouvementée se dessine donc petit à petit une carte céleste, précise mais en éternel mouvement.
Avec le temps, les épreuves et les joies, les personnages évoluent, s'affinent, leur idéalisme se teinte de réalisme. La tendresse et l'humanité, mais aussi la lucidité qui se dégagent de certaines descriptions m'ont fait penser que le cercle Verdurin se réunissait au café « le central » à Bois-Colombes, un vrai plaisir.
Quelques lignes sous tendent ce mouvement : la fidélité d'abord, l'amitié ensuite. J'ai particulièrement apprécié l'écriture de ses relations amoureuses, son optimisme , son idéalisme, sa candeur parfois trompée mais aussi ses inquiétudes.
Le style d'écriture est assez dense. Il faut parfois faire un effort pour y entrer complètement, pour ne pas se laisser aller au simple survol. Quelques mots de vocabulaire tribal éclosent de-ci de–là : cinéma, journalisme, rock mais jamais au point de devenir envahissants. Quelques passages demandent donc un effort d'attention.
J'avoue de na pas avoir même tenté de mémoriser les acteurs, les laissant d'eux-mêmes disparaître ou se mettre en avant . La mémoire fait le tri, comme elle l'a fait pour l'auteur.
Conclusion :
Une lecture parfois lourde qui m'a par moment un peu perdu. Même si ce livre agréable et édifiant aurait gagné à un peu plus de caractère, j'ai passé de vrais moments de vie avec ce personnage imparfait mais sympathique.
Ma note : 15/20
Lien : http://www.atelierdantec.com..
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Hebephrenie
  16 octobre 2011
*** reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique de la rentrée ***
Qu'est ce que l'on critique quand l'aridité d'un livre vous empêche de continuer, quand la vacuité de l'histoire ne vous permet pas de tourner, une à une, les pages ?
Dans Revenants (c'est rigolo, au départ, j'ai pensé à Pérec face à ce titre) , Patrice Lelorain fait revenir et revivre, presque dans une danse des fantômes, ses amis d'enfance, sa famille. Sa vie petite bourgeoise dans la banlieue parisienne. Ses copains adolescents, fondant sur la défonce par négligence, par désintérêt pour autre chose. Lelorain nous décrit aussi son amour-fascination pour les "jeunes filles venues du froid", les suédoises, qui, l'attireront toujours, sans raison énoncée. Ses études de cinéma qui ressemblent plus à une errance qu'à un projet.
Ce que je reproche à ce livre, c'est son écriture qui ne m'a pas touchée. J'aurais presque envie de dire, son manque de littérarité, mais il faut s'accorder sur la pluralité des sensibilités...
L'histoire m'a semblé trop ténue, enfin, comme un puzzle sans modèle, comme un puzzle dont les pièces ne s'emboîtent qu'avec force et effort.
Suis-je trop jeune pour ne pas me reconnaître, m'identifier dans cette jeunesse post-soixante-huitarde sans repère ? Qui écoute du rock que je ne connais pas. Au moins, je me suis posée la question de ce que l'on écrirait dans quelques années, sur la nôtre, de génération...
Bien sûr, comme toujours, je suis en peine lorsque je ne parviens pas à finir un livre que je juge assommant, d'autant plus lorsque je l'ai reçu généreusement. Mais combien de temps perdre quand l'immensité des publications nous convie à une sélection drastique?
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angelita.manchado
  27 août 2011
Patrice Lelorain nous offre dans ce roman, biographie, autobiographie toute une chronique des années 1980 en France. de ces débuts à l'école avec ses amis, ses connaissances, ses voisins, jusqu'à la fin des années 1980.
Nous avons une très grande quantité de personnages, tous désignés par leur prénom et au départ par leur initiale. Trop de personnages nuisent à la qualité de l'ouvrage, à mon avis, mais ils sont tous liés. Ils ont tous des liens parce qu'ils sont amis les uns avec les autres.
Patrice Lelorain en a vu du beau monde. Personnellement, même s'il donne les noms d'artistes de ces personnes quand elles ont réussi, je n'en ai reconnu aucune. Il faut dire que dans ces années-là, j'étais très jeune et plutôt préoccupée par ce qui se passait sur la scène anglaise, américaine et non française.
Ah oui, j'ai reconnu quelques noms de personnes, des noms de journaux que j'ai plus ou moins lu.
Cette chronique des années 1980 nous donne une société vraiment décadente, faite de soirées, d'alcool et surtout de drogues. Des drogues les plus soft aux drogues les plus dures. Certains s'en sortent comme l'auteur, car sportif, il a vite fait de comprendre que ce n'était pas fait pour lui. Mais d'autres trainent leur mal de vivre, jusqu'à la mort.
Nous assistons donc à l'évolution de Bois Colombe, de Paris, de ses bars, de ses sorties.
L'auteur s'attache à nous raconter sa vie amoureuse, surtout consacrée à des filles des pays du Nord de l'Europe ou de l'Allemagne.
Personnellement, dans ce livre, ce que j'ai aimé est le premier chapitre destiné à un de ses voisins et qui est un véritable souvenir et le dernier chapitre destiné à sa mère, qui est aussi un atout et une pièce maîtresse de ce roman.
Voilà, j'ai fini ce roman car comme d'habitude je n'aime pas laisser les romans en plan, par respect pour celui qui les a écrits. Mais personnellement, je trouve que cela ne vaut pas tellement le coup.
Lu dans le cadre du Jury Littéraire de la FNAC.
Voici la présentation du roman par l'éditeur :
De Bois-Colombes à Paris, des Sables d'Olonne à Stockholm, Revenants met en scène la génération post-68, celle des silences et des non-dits, des causes incertaines, des gloires éphémères, des amours plurielles. Une génération perdue qui a le rock pour bannière.
Peuplé de fées désenchantées et de princes sans royaume, Revenants est une fresque underground, un roman choral écrit au cordeau.
Lien : http://angelitam.com/blog/?p..
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deashelle
  30 septembre 2011
Je trouve que ce roman est finalement décevant à cause du nombre incalculables de personnages qui circulent au fil des pages et se ressemblent tous, plus ou moins. Aucun n'est vraiment attachant, pas même le narrateur qui est un être fort nombrilique et vain.
Le fait d'appeler ces personnages réels par des initiales est très gênant : on perd sans cesse le fil, surtout que la caractérisation de chacun est souvent des plus sommaires. Il serait utile d'avoir une photo de groupe ou un trombinoscope, on s'y retrouverait mieux. On est donc devant une pléthore d'énergumènes des années 80 dont le fond de commerce est la drogue, le sexe, les sorties nocturnes. Big deal !
Fait de futiles préoccupations, ce roman ne démarre jamais. Pas d'intrigue visible à l'oeil nu. Pas de points d'ancrage. Tout flotte, tout glisse, tout se perd. La langue, par contre est très belle et très souple, comme si elle appartenait à une autre époque. Ce n'est certes pas le vocabulaire qui étonne, ou les métaphores, mais le balancement et le rythme des phrases. Cet auteur a un don d'ensorceleur là, qui vous empêche d'interrompre la lecture de façon définitive, bien que la tentation soit grande.
Transposons à notre époque: il serait épuisant d'écouter des histoires d'adolescents qui se raconteraient en cascades, énonçant les faits et gestes de leurs amis Facebook en boucle. Il ne suffit pas d'avoir une existence biologique ou virtuelle pour être un personnage de bon roman. Il faut que l'auteur utilise l'écriture pour faire jaillir une nécessité. Qu'il ait ses personnages dans la peau, et les fasse prendre vie de façon radicale et inventive. Ici on reste dans l'effleurement et la superficialité. Image des années 80 ? Manque de substance et de vrai tissu humain de toute façon.
Même si à la manière d'adolescents rêvant d'une image forte, ces personnages semblent vouloir nous accaparer, avec cette prétention de nous charmer aux petites heures jusqu'à la lisière du sommeil, on s'endort. le joli ronron de la langue ne chante que le vide. Comme dans Monsieur Plume … « et il s'endormit » .

Lien : http://artsrtlettres.ning.co..
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critiques presse (2)
Telerama   12 octobre 2011
Fresque mélancolique, précise et poétique, Revenants est un roman de coureur de fond. L'auteur a du souffle, le sens du rythme, mais il sait également décrire le déséquilibre, les mauvais choix - avant de nous offrir une grande scène finale secouée par l'émotion.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   20 septembre 2011
Nouvelliste aguerri, Patrice Lelorain se lance dans la course de fond. Et prouve qu'il a du coffre dans un récit sur des naufragés de l'après-Mai 68.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Video de Patrice Lelorain (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrice Lelorain
« A partir du moment où on écrit bien, on est soupçonné d'être de droite » Patrice parle des formes artistiques moralisantes, raconte comment il est devenu un « anar de droite », évoque Nicolas Sarkozy, l'imposture, la trahison et Burt Reynolds.
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