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Jean-Paul Bruyas (Traducteur)
EAN : 9782864241935
197 pages
Éditeur : Editions Métailié (03/03/1995)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 8 notes)
Résumé :

" En la revoyant, je ne l'ai pas trouvée moins piquante qu'au cimetière ou que la première fois, chez ma soeur, et pas moins belle non plus. [...] Elle a la peau délicate, le teint clair, avec aux joues à peine une touche de rouge, rien qui puisse paraître déplacé chez une veuve. C'est là tout ce qui m'a frappé au premier abord, avec ses yeux et ses cheveux noirs ; le reste m'a été rév... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Christw
  17 avril 2018
Traduit du brésilien par Jean-Paul Bruyas.
"Ce que les hommes appellent amour" est considéré comme le récit le plus autobiographique de l'auteur brésilien Machado de Assis (1839-1908).
Un diplomate à la retraite, à Rio de Janeiro en 1888, est pris en amitié par un vieux couple sans enfants, les Aguiar, dont la merveilleuse vieille dame pourrait avoir été inspirée par la propre épouse de Machado (ils n'eurent pas d'enfants). Ces personnes se lient avec une belle jeune femme, Fidélia, veuve Noronha, qu'ils considèrent comme leur fille, tandis qu'ils désespèrent de voir jamais revenir Tristan d'Europe, qui fait aussi figure de fils adoptif. La soeur du diplomate parie avec son frère que la veuve Noronha, inconsolable mais ravissante personne, ne se remariera jamais, et certainement pas avec lui, seul et la soixantaine.
Ce dernier note les faits de sa vie dans un carnet, au jour le jour, avec sincérité et finesse d'esprit. Au-delà du récit, plutôt romantique et presque sans surprise, la manière de relater, amusante, sans emphase et élégante, attache le lecteur. le regard porté sur cette société aisée et sur sa propre vie, est vif et affable. L'événement capital est le retour de Tristan au pays. Les Aguiar voient leurs deux «enfants» temporairement réunis. Fidélia restera-t-elle veuve ?
Le titre de l'édition francophone vient d'un vers de Shelley (stances de 1821) "I can give not what men call love" [je ne peux donner ce que les hommes appellent amour] que Fidélia inspire au narrateur après l'avoir observée chez les Aguiar : "l'image d'une personne digne d'intérêt aussi bien par son aspect que par sa conversation". Que l'on s'éprenne d'elle, cependant, "si fermement qu'on la refuse, on ne laisse pas de savourer la passion que l'on inspire".
En version originale (portugais), le livre, publié l'année de la mort de Machado de Assis, est appelé "Mémorial de Aires", Aires étant un conseiller souvent présent dans les histoires de Machado, généralement un ami des personnages et qui figure l'auteur lui-même. Dans le présent roman, le carnet du 10 août commence : "Mon vieil Aires, brouillon de mon coeur, [...]".
Le lecteur habitué à des récits où il se passe beaucoup de choses et le plus souvent des événements désagréables ou surprenants, sera déçu par le côté «lisse», incroyablement idyllique, de ce qui survient (si l'on peut dire) dans l'entourage du narrateur. Néanmoins, cet homme très bienveillant, sincèrement heureux de voir le bonheur des couples amis, éprouve la résignation de la solitude et de l'âge. Elle se devine sous l'insistance à décrire la réussite sentimentale d'autrui, la propension à ironiser sur soi ou à moquer les personnes malveillantes. Ceci confère une dimension mélancolique, un peu désabusée, au beau journal de Aires.
"Dona Carmo a le don de s'exprimer, d'exprimer la vie par tous les traits de son visage, ainsi qu'un don de plaire à chacun que j'ai rencontré à ce degré chez bien peu de femmes. Ses cheveux blancs, arrangés avec un goût sûr, donnent à sa vieillesse un éclat particulier et semblent marier en elle tous les âges de la vie. Je ne sais si je me fais bien comprendre, mais pourquoi essayer de mieux dire dans des pages écrites par un solitaire et que connaîtra seul le feu où je les jetterai un jour."

Lien : https://christianwery.blogsp..
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CogitoRebello
  17 juillet 2013
"I can give you not what men call love" et via la traduction française "Ce que les hommes appellent Amour"
C'est donc cette phrase (tronquée) de P.B. Shelley citée par Machado de Assis dans ce doux roman que l'éditeur français aura décidé de retenir comme titre français alors que le titre original était Memorial de Aires.
Une erreur selon moi car elle induit une fausse idée dès le départ.
Je vous le dis tout net, Machado de Assis ne s'est pas attelé à décortiquer ce que les "hommes" appellent amour (ou alors je n'ai rien pigé au livre !).
Sous la forme d'un journal intime, l'ancien diplomate nommé Aires, rentré au Brésil à la fin de sa carrière, observe ses familiers.
Il nous conte sa solitude sans jamais dévoiler son passé ainsi que l'amour naissant, le frisson des prémisses (quoique diplomatie et 1908 obligent, les descriptions restent très sages) et la douleur d'aimer.
Cette histoire, pour ceux qui sont insensibles à la sublime écriture de Machado de Assis, restera un grand moment d'ennui.
Eh oui, je me dois d'être honnête, ce livre-là n'est sûrement pas LE livre de Machado de Assis à conseiller pour découvrir l'écrivain.
Pourtant, on y retrouve tout ce qui fait la magie de Machado de Assis : la pureté des phrases, la parfaite mesure du rythme, la lente progression vers une conclusion grinçante et cruelle, l'analyse des relations entre les êtres.
Seulement voilà, l'auteur n'est pas du genre à agripper ses lecteurs. Au contraire, beaucoup ont dû le lâcher en route mais le cadeau est au bout du chemin... comme toujours chez Machado de Assis.
Les habitués le savent et restent dans l'embarcation pour savourer le final qu'ils ont patiemment attendu au fil des pages. Final que l'auteur ne rate jamais (c'est assez rare pour être souligné).
Avec une langueur inouïe, Machado de Assis nous entraîne lentement vers une réflexion sur l'Amour en général, et sur son "don". Derrière cette idée, on découvre les notions de gratitude ou d'ingratitude, de retour ou pas sur investissement affectif...
Mais Machado de Assis ne nous livre pas une étude fouillée clef en main du comportement humain et les réflexions qui affleurent tout au long de la lecture restent subtiles. Ce qui est aussi la marque de fabrique de l'écrivain.
D'où l'idée que le titre peut amener à imaginer une toute autre lecture, à attendre une véritable observation du comportement amoureux masculin et ce sera la déception assurée.
De même la critique de Patrick Kéchichian dans le Monde me laisse dubitative : "[...] une période importante où l'esclavage est enfin aboli au Brésil. L'évènement est présent en filigrane dans le roman. Il marque la fin d'un monde, tout comme l'intrigue est le signe extérieur d'une autre fin, celle des affections humaines et du temps des passions."
Je ne crois pas que Machado ait pu penser un seul instant que le temps des passions était révolu (quelle drôle d'idée) et je n'y ai assurément pas vu cela ! D'ailleurs je n'y ai clairement pas vu de passion (ni de fin d'un monde) ! Mais les héros du livre ne portent pas non plus à cela.
J'y ai vu de l'amour intense, certes, mais dénué de toute folie (propre à la passion).
Ce que Machado nous montre, c'est qu'à l'évidence l'amour peut faire mal même avec les meilleures intentions, les plus louables et les plus honnêtes, et c'est cette idée là qui m'a séduite.
Un livre à réserver donc aux amateurs de lenteur et de mélancolie, attention tout de même, la gamberge est de rigueur chez Machado de Assis et c'est cela qui est bon.
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Taramacha
  03 mars 2020
Il m'a fallu bien de la persévérance pour arriver au terme de ce journal fictif. Mais je suis restée extérieure au Brésil, à cette société, aux sentiments dépeints. Avec la sensation d'être passée à côté de quelque chose sans le voir vraiment.
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VACHARDTUAPIED
  02 mai 2013
Il faut être sensible à la poésie de José Maria Machado de Assis pour apprécier ce roman....
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   30 décembre 2016
Eh bien, voilà donc aujourd’hui un an que je suis rentré d’Europe. Ce qui m’a remis en mémoire cette date, pendant que je prenais mon café, c’est le cri d’un vendeur de balais et de plumeaux: “À mes balais! À mes plumeaux!” Les autres matins aussi je l’entends, mais cette fois il m’a rappelé le jour où j’ai débarqué, le jour où j’ai retrouvé mon pays, mon quartier du Catete, la langue qui est la mienne. Le même cri, oui, qu’il y a un an, en 1887, et peut-être lancé par la même bouche.
Au cours des mes trente et quelques années de service diplomatique, j’étais bien revenu quelquefois au Brésil, en congé. Mais tout le reste du temps – ce qui n’est pas peu – j’avais vécu à l’étranger. Si bien que j’ai d’abord craint de ne pas me réhabituer à la vie d’ici. Et puis cela s’est fait. Bien sûr, je garde le souvenir de gens et de choses qui maintenant sont loin, divertissements, paysages, usages, mais je ne me consume de nostalgie pour rien. C’est ici que j’ai ma place, ici que je vis, ici que je mourrai.
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tamara29tamara29   11 juin 2016
On a beau avoir contracté de nouvelles habitudes, noué de nouveaux liens familiaux, être resté longtemps absent, l’endroit où on a passé ses premières années parle nécessairement à la mémoire et au cœur un langage unique.
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tamara29tamara29   19 mars 2016
Surtout quand on est vieux, c'est un rude métier que de vivre.
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Video de Joaquim Maria Machado de Assis (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joaquim Maria Machado de Assis
Samuel Titan reçu par Artur Silva dans son émission Passage à niveau sur Radio Alfa pour parler de "Histoire d'un vaurien".
Histoire d?un vaurien est un des chefs-d?oeuvre de la littérature brésilienne. Écrit et publié en feuilletons dans un journal de Rio de Janeiro en 1852-1853, il est devenu un de ces ouvrages inspirateurs et sans lequel bien des écrivains et personnalités n?auraient pas été possibles ou connues : Machado de Assis, Lima Barreto, Carmen Miranda, Chico Buarque, etc. sont tous disciples de Manuel Antônio de Almeida. Leonardo, le protagoniste de ces Histoire d?un vaurien de Rio de Janeiro, n?a rien de commun avec les héros romantiques de son époque. Il serait né « d?un écrasement de pied et d?un pincement » lors d?un flirt en haute mer ; très tôt il choisi l?oisiveté comme seul mode de vie, créant ainsi le premier personnage si brésilien du malandro : sorte de héros mixte entre Oblomov et un malandrin, roi du hamac, de l?inconvenance, mal élevé, malgré lui? « L?enfant avait un penchant à l?effronterie, et l?indulgence de son parrain aidant, cela en fit un petit impertinent accompli. » On suit ainsi les frasques et péripéties de la vie de Leonardo dans le Rio du début du xixe siècle, résidence du roi, ville métissée, non sans rire et en nous attachant à ce personnage finalement faible, neutre et jouet des uns et des autres. Dans une telle ambiance, cette histoire avec le ton désinvolte du récit, la saveur piquante des conversations cueillies sur le vif et une foule de personnages robustes et vulgaires pataugeant joyeusement dans la plus tangible des réalités, peuvent sembler le produit d?un autre siècle, d?un autre monde.
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